| Année: |
1896 |
| Pays: |
France |
| Ville: |
Marseille, Montbeton, Paris, Rome |
Procure de Marseille.
L’uniformité de la vie de procure a été rompue, cette année, par un événement extraordinaire : l’instruction et le baptême d’un jeune païen annamite. Amené de Saïgon à Marseille par un officier français, il fut, après divers incidents, placé au service des prêtres grecs catholiques de Marseille. Le jeune homme, qui savait à peine quelques mots de français, fit entendre à l’archimandrite qu’il voulait se faire chrétien. Très heureux de cette ouverture, celui-ci en parla aussitôt à notre cher confrère, M. Beauté, et, après entente préalable avec le Supérieur de Paris, il fut convenu que le jeune païen serait instruit à la procure par M. Le Gall. Ce confrère qui possède bien la langue annamite, s’estima très heureux de venir de Montbeton pour remplir ce ministère. L’instruction dura du milieu du mois d’août au 7 décembre, jour fixé pour le baptême. Quelques jours avant cette date, le démon, voulant sans doute retenir sa proie, suscita dans l’âme du catéchumène une forte tentation d’infidélité. Mais celui-ci, encouragé par un songe providentiel qui lui représentait la puissance du Dieu des chrétiens et la vanité des idoles, ne tarda pas à surmonter la tentation, et à retrouver toute l’énergie de sa volonté pour embrasser la foi chrétienne. Il fut donc baptisé solennellement par M. Beauté, la veille de l’Immaculée Conception, dans l’église des Grecs unis. Le même jour, dans la chapelle de l’évêché, Monseigneur de Marseille lui conférait le sacrement de confirmation, et, le lendemain, fête de l’Immaculée Conception, le nouveau baptisé recevait pour la première fois le pain des forts des mains de M. Le Gall, dans la même église des Grecs. Pendant la messe, le missionnaire adressa, en langue annamite, une chaleureuse exhortation au communiant, et ce langage insolite, accompagné d’une visible émotion, produisit une impression profonde sur la nombreuse et sympathique assistance, attirée par cette cérémonie extraordinaire.
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Sanatorium de Montbeton.
Nous n’avons rien de particulier à signaler relativement à cette maison, qui a continué de rendre de précieux services à nos confrères malades. Dans le courant de 1896, nous avons eu la consolation de voir quinze d’entre eux, qui se sentaient suffisamment rétablis, reprendre avec joie la route de leur mission.
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II. — SÉMINAIRE DE PARIS ET AUTRES
ÉTABLISSEMENTS COMMUNS EN EUROPE
Séminaire de Paris.
Le dernier compte rendu a fait connaître le grand deuil qui avait ouvert pour nous l’année 1896. La mort du cher et toujours regretté M. Armbruster laissait un grand vide au milieu de nous, et, comme il restait plus d’une année avant les élections triennales, nous avons dû, selon les prescriptions du Règlement de la Société (art. 61) songer à la nomination provisoire d’un nouveau Supérieur. Le Conseil du Séminaire s’étant réuni, à cette fin, le 10 février, M. Delpech a été élu Supérieur, et M. Fleury, Assistant. Le cours de Dogme professé par M. Delpech a été provisoirement confié à M. Lesserteur, et la classe d’Ecriture Sainte, à M. Fleury. Depuis, nous avons eu la joie de recevoir deux nouveaux directeurs, M. Mathon, du deuxième groupe des Missions de Chine, et M. Delmas, du groupe des Missions du Nord. M. Mathon est chargé de la procure des commissions, et M. Delmas prendra la classe de Dogme, à partir du deuxième semestre de l’exercice courant.
Cette année encore, Dieu a visiblement béni notre communauté en nous envoyant de nombreuses recrues. Le chiffre maximum de nos aspirants s’est élevé (17 octobre) à 331 dont 202 à Paris et 129 à Bièvres, soit une augmentation de 17 sur l’année précédente, qui avait été elle-même la plus favorisée depuis la fondation de notre Séminaire. Toutefois, au 31 décembre, après tous les départs, notre communauté ne comptait que 265 aspirants, dont 147 à Paris et 118 à Bièvres, soit une diminution de 7 sur la précédente année. Mais cette diminution n’est qu’apparente, et tient uniquement au plus grand nombre d’aspirants que nous avons, cette année, à la caserne. Ils sont malheureusement 40, tandis qu’ils n’étaient que 23 en 1895.
Le 15 juin, notre communauté de Bièvres a eu la douleur de perdre un de ses aspirants, M. Fayard, du diocèse du Puy, emporté par une méningite, après huit jours de maladie. Il appartenait à une famille éminemment chrétienne. Son père, qui était venu le voir, trois jours avant sa mort, nous disait, les yeux pleins de larmes : « Ce pauvre enfant allait faire son année de caserne. Peut-être Dieu a-t-il prévu qu’il y perdrait sa vocation S’il devait en être ainsi, j’aime mieux que Dieu le prenne en ce moment où il est si bien disposé. » Son corps repose dans notre enclos de Bel Air, où il avait passé près de deux années.
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Procure de Rome.
Comme on le sait toutes, les formalités de la procédure canonique ont été remplies, en ce qui concerne les 52 Vénérables Martyrs de notre première Cause de béatification, dont la liste intégrale a été donnée dans la Lettre commune de 1890. Il ne manque plus que les animadversions du promoteur de la Foi, qui ont dû subir un retard par suite de la mort du vénéré et regretté Mgr Caprara. Pourrons-nous avoir ces animadversions dans le courant de l’année 1897 ? Nous le désirons ardemment, mais la chose n’est pas certaine. Redoublons de ferveur dans nos prières, afin d’obtenir de Dieu l’heureuse conclusion d’une affaire qui intéresse à un si haut point toute notre Société.
O prima martyrum rosa
Deique Mater inclyta,
Hoc servulis a Filio
Honoris augmen impetra.
Veuillez agréer l’expression des sentiments de très affectueux respect avec lesquels nous avons l’honneur d’être, en union de prières et de saints sacrifices,
Nosseigneurs et Messieurs,
Vos très humbles et très dévoués serviteurs,
Pour les Directeurs du Séminaire :
P. FLEURY.
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