| Année: |
1878 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Mayssour |
| Rédacteur: | Mgr Chevalier |
Mayssour.
1878
« Béni soit Dieu, écrit Mgr Chevalier, qui sait faire servir au salut des âmes les fléaux mêmes par lesquels il nous châtie ! Durant les onze mois écoulés depuis mon dernier compte-rendu, j’ai eu la consolation de voir mes chers collaborateurs, mettant à profit les circonstances malheureuses où nous nous trouvions, continuer avec un zèle admirable leur œuvre de charité et de dévouement . Dieu aidant, leurs efforts sont couronnés de succès incontestables : 8,054 adultes ont été régénérés dans les eaux salutaires du baptême. »
Ces résultats aussi bien que les malheurs qui ont frappé le pays ont nécessité la fondation de nouveaux catéchuménats où déjà des centaines de païens ont été préparés au baptême. Il a fallu multiplier le nombre des orphelinats ; actuellement, le chiffre des orphelins à la charge de la Mission s’élève à plus de 1,400. Après avoir arraché ces pauvres enfants à une mort certaine, il fallait songer à leur avenir et travailler à en faire tout à la fois et de bons chrétiens et des hommes utiles à la société . Pour cela, la Mission vient d’ajouter à ses nombreux établissements une ferme-école où , écrit encore le Prélat , un grand nombre de ces enfants abandonnés trouveront de l’ouvrage et, sous la direction d’un Missionnaire , se formeront tout à la fois à des habitudes d’ordre et d’activité et à la pratique des vertus chrétiennes.
C’est surtout dans les maisons de secours établies par le gouvernement anglais que nos Confrères ont glané de nombreux épis pour le Père de famille. « Si ce ministère est fructueux, continue Mgr de Hiérapolis, j’avoue qu’il est particulièrement pénible à la nature. Il faut avoir vu de ses yeux ces demeures de la souffrance, leur aménagement, l’état des malades, leurs guenilles, la malpropreté qui les entoure pour se faire une idée de l’abnégation et du dévouement nécessaires au prêtre catholique qui visite régulièrement ces hôpitaux. Il devra faire taire en lui toutes les répugnances de la nature ; et, tour à tour debout, penché , assis ou accroupi à côté de son malade, il lui faudra s’immoler en chacun de ses sens pour ne songer qu’aux intérêts éternels de son prochain. »
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