| Année: |
1879 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Coimbatour |
| Rédacteur: | Mgr Bardou |
Coïmbatour .
1879
« Le compte-rendu de cette année , nous écrit Mgr Bardou , ne ressemble pas , hélas ! à ceux des deux dernières années . Le chiffre des catéchumènes baptisés n’approche même pas de celui de l’an passé . « (Le nombre des adultes qui , cette année , ont reçu le baptême au Coïmbatour , s’élève cependant à 1503) . « Pourtant , continue le Prélat , les peines et les fatigues n’ont pas manqué aux Missionnaires , ni leur zèle ne s’est relâché ; mais l’état de la contrée s’est un peu amélioré , et bien que ce pays soit réellement pauvre et que les malheureux affluent de toutes parts , cependant ceux qui viennent nous demander des secours sont déjà chrétiens , pour le plus grand nombre , et ceux qui sont païens ne se montrent pas tous disposés à embrasser la foi . Ainsi , depuis le mois de février , nos catéchuménats ont bien diminué , et les conversions sont peu nombreuses . J’espère toutefois qu’après un certain temps , lorsque les nouveaux convertis auront contracté des habitudes chrétiennes , ils attireront à notre sainte Religion plusieurs de leurs parents et de leurs amis encore païens .
« Comme à Pondichéry , les Missionnaires surchargés de travail pendant la famine , et impuisants à faire face aux nécessités d’une situation extraordinaire , n’avaient pu donner à la formation des catéchumènes tous les soins désirables . Aussi depuis que le mouvement des conversions s’est ralenti , toute leur attention s’est-elle portée sur ces âmes nouvellement nées
à la fois . C’est à compléter l’instruction des néophytes et à les former aux habitudes d’une vie toute chrétienne , qu’ils s’appliquent actuellement . Le laboureur , en effet , ne se contente pas de confier la semence à la terre et de la voir germer et grandir , il doit , s’il veut obtenir une moisson , il doit préserver les jeunes plantes de tous les dangers qui les menacent et qui peuvent , en un instant , détruire ses espérances .
« Dernièrement , nous écrit encore Mgr de Telmesse , j’ai fait faire le recensement de la population chrétienne du Vicariat , et il a donné le chiffre de 24,027 chrétiens . Ce recensement prouve avec évidence combien grande a été la mortalité pendant la famine . Avant de l’avoir pu constater , je n’aurais jamais pensé que les décès eussent été aussi nombreux parmi nos chrétiens ; ils ont cependant reçu de plus grands secours que leurs compatriotes païens . Nous devons avoir perdu 8,590 de nos anciens néophytes , sans compter près de 3,000 nouveaux baptisés , morts aussi pendant la famine .
« Voilà un aperçu de nos chrétientés , de nos misères et de nos tracas . Nous avons bien besoin , et pour supporter patiemment nos épreuves et pour continuer notre travail , que le bon Dieu nous assiste . Demandez-lui pour nous ces secours qui nous sont nécessaires ; priez-le aussi avec nous , par l’intercession de notre bonne Mère et les suffrages de nos saints Patrons , pour que ces âmes , rachetées au prix du sang de l’Agneau sans tache , et qui sont entrées récemment dans le bercail du divin Pasteur , persévèrent jusqu’à la fin dans la foi et demeurent fidèles à la pratique des vertus chrétiennes ! »
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