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Rapport annuel des évêques

Année: 1882
Pays: Inde
Mission: Mayssour
Rédacteur:Mgr Mgr Coadou

Mayssour.


Dans le Mayssour l’œuvre des conversions continue ses pacifiques conquêtes ; ce n’est pas, il est vrai, la moisson abondante, mais ce sont quelques épis glanés péniblement dans le champ du père de famille et perdus au milieu de l’ivraie que l’homme ennemi y a semée. « Néanmoins, écrit Mgr Coadou, j’ai confiance que le Cœur de Jésus voudra bien, dans sa miséricorde, transformer cette ivraie en bon grain, et la rendre par cette transformation digne d’être cueillie par les Anges et agréée pour le Ciel.
« Plein de cette confiance, continue le vénérable Prélat, je prêche partout où je vais la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus, comme étant le moyen le plus sûr de convertir les pécheurs et les païens. Je fais cependant remarquer à mes auditeurs que la prière ne suffit pas, mais qu’il faut encore l’action. Il faut, leur dis-je, donner le bon exemple et exhorter ses amis et ses connaissances à embrasser la Religion. Une longue expérience prouve, en effet, que des chrétiens pieux et zélés pourraient facilement décupler le nombre des conversions. A Bangalore, il y a maintenant un soldat indigène retraité qui, il y a une vingtaine d’années, a converti presque tous les soldats parias de son régiment et bien d’autres encore. Il a toujours continué partout où il est allé, de remplir ses fonctions de prédicateur des païens, et aujourd’hui qu’il est libre de son temps et de sa personne, il est occupé exclusivement de son œuvre favorite. Dans le nord du Vicariat, une bonne vieille baptisée jadis par M. Jarrige à l’insu de son mari, exerce aussi un véritable apostolat, prêchant à tous, païens, musulmans et protestants. Dieu a béni son zèle, son mari fut sa première conquête et son village est devenu presque entièrement chrétien. »
Comme à Pondichéry, on comprend au Mayssour l’importance de la question de l’éducation et rien n’est négligé pour répondre à ses exigences. Le collège de Bangalore vient d’être affilié à l’université de Madras ; désormais les élèves pourront y recevoir tous les grades, et à leur sortie toutes les carrières libérales leur seront ouvertes.
Les œuvres des deux couvents du Bon-Pasteur à Bangalore et à Mayssour continuent d’être prospères. « L’école des jeunes Brahmines, sous la protection de la reine, est un véritable succès. La princesse prend elle-même des leçons de musique auprès d’une religieuse qui va pour cela au palais plusieurs fois la semaine. Sa Majesté, bien timide d’abord, devient très aimable et s’ouvre peu à peu. Puisse, un jour, la lumière de la foi trouver entrée dans son cœur ! Les couvents indigènes, tant pour les filles de caste que pour les pariates, travaillent de leur côté à instruire les petites Indiennes et à les former à la vertu.
« A l’occasion des maisons religieuses, je ne puis, écrit encore Mgr de Chrysopolis, passer sous silence la victoire inappréciable que nous avons remportée cette année sur l’opinion. Il y a quelques années seulement on avait tenté, mais sans succès, d’introduire des religieuses dans les hôpitaux ; la proposition qui en a été faite à la fin de 1881, a trouvé un meilleur accueil ; elle a été acceptée par l’unanimité des membres de la municipalité de Bangalore, au grand contentement de la population tout entière, qui sait apprécier le dévouement de nos sœurs de charité. Aujourd’hui cinq religieuses de Saint-Joseph de Tarbes dirigent l’hôpital de cette ville ; cet exemple, sans nul doute, sera bientôt suivi ailleurs. »


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