| Année: |
1883 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Coimbatour |
| Rédacteur: | Mgr Bardou |
Coïmbatour
1883
Quoique nous n’ayons encore reçu des autres Missions aucun détail, sur la célébration des fêtes du Rosaire, pendant le mois d’octobre, conformément au désir du Saint-Père, nous sommes heureux de commencer cet article, en disant un mot sur la façon dont ces fêtes ont été célébrées dans la Mission de Coïmbatour.
La solennité du Rosaire est la fête patronale de l’église de Carmattampatty, berceau et premier centre de cette Mission. Aussi cette église est-elle un lieu de pèlerinage, et, tous les ans, les chrétiens de tout le vicariat y accourent en grand nombre, au jour de la fête.
Mais cette année, excités et encouragés par l’invitation du Saint-Père, ils y sont venus en nombre encore plus con-sidérable. On évalue à environ 6.000 le nombre de ceux qui s’y sont rendus ce jour-là ; c’est beaucoup pour une Mission qui ne compte que 24.000 chrétiens ! Les offices ont été célébrés avec la plus grande solennité ; les processions ont été nombreuses et bien suivies ; et le Rosaire a été récité avec la plus grande dévotion.
Dans les districts, on a constaté le même empresse-ment à répondre au vœu du Saint-Père, pendant le mois d’octobre. Ces pauvres néophytes, bien que peu au courant de la politique athée qui détruit les nations, comprennent que les vieilles contrées catholiques n’ont pas pour la religion et le Souverain Pontife les égards, le respect et l’amour qui lui sont dus, et ils ont demandé de tout leur cœur à leur bonne Mère, pour laquelle ils ont la plus grande dévotion, de protéger le Saint-Père, et de rendre l’Eglise victorieuse de ses ennemis.
La question de l’enseignement est actuellement très en vogue dans cette Mission, comme d’ailleurs dans presque tout le reste de l’Inde. De tous côtés on ne s’occupe que de cela ; partout les protestants, les païens mêmes, se remuent et établissent des écoles. Pour empêcher les enfants catho-liques de fréquenter les écoles sans Dieu ou contre Dieu, les Missionnaires se voient obligés d’en établir où la foi soit protégée, et où il soit donné une instruction assez complète, pour permettre ensuite aux élèves de se maintenir dans leur position sociale.
Ce besoin s’est fait sentir cri particulier à Ottacamund, dans les Nilghéries, où résident habituellement plusieurs des principaux officiers du gouvernement, et où le gouverneur lui-même avec ses conseillers passe huit à neuf mois tous les ans. Or, comme dans leurs bureaux un grand nombre d’employés européens ou indiens est catholique, il est devenu indispensable d’ouvrir une école pour leurs garçons, comme il y en a déjà une dirigée par des Religieuses pour leurs filles ; sans quoi, ces enfants ne fréquentant que des écoles protes-tantes finiraient par perdre leur foi.
En outre, Mgr Bardou a résolu de fonder à Coïmbatour même, centre de la Mission, un externat pour recevoir les enfants de tout le vicariat qui désirent faire leurs études et se présenter aux examens. Depuis longtemps il existait un externat ; mais la chrétienté de Coïmbatour étant de fonda-tion récente, le nombre des enfants catholiques y était trop restreint pour permettre d’y donner un enseignement complet. Désormais avec l’internat les familles de l’intérieur des terres ayant la facilité d’y envoyer leurs enfants, ces élèves réunis à ceux de la ville seront assez nombreux pour per-mettre d’élever le niveau des études, et cet établissement donnera, nous en avons l’espoir, les meilleurs résultats.
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