| Année: |
1885 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Mayssour |
| Rédacteur: | Mgr Coadou |
Mayssour. 1885
Population catholique 29,728
Baptêmes de païens 590
Baptêmes d’enfants de païens 46
ÉTAT DE LA POPULATION CATHOLIQUE ._ Bangalore, 13,243 catholiques; Chicca-Balapouram, 644; Camanapally, 764; Shimoga, 2,975; Mayssour, 1,168; Ganjam, 1,123; Mercara, 1,284; Virajendrpett, 1,200; Sathally, 1,170; Hassan, 1,410; Madagoundapally, 1,056; Tamkur, 277; Winaad-Manantoddy, 1,292; Harobally, 449; Collegal, 297. (Madras catholic Directory.)
Les missions continuent de faire avec succès l’œuvre de Dieu. Cette année, malgré les efforts toujours croissans du protestantisme, le nombre des baptêmes d’aldultes s’est élévé à 590 ; c’est 150 de plus que l’année dernière.
Dans la ville de Bangalore, le missionnaire, spécialement chargé du catéchuménat, a baptisé 300 païens. Si l’adaministratin des chrétiens lui laisser plus de loisir, il pourrait faire beaucoup plus; mais il doit ses soins à une paroisse de 4.000 âmes, et il n’a qu’un seul prêtre pour l’aider.
Le Grand Séminaire sera bientôt ouvert ; deux jeunes gens, dont l’un est gradué, font actuellement leurs philosophie, et seront tonsurés au commencement de 1886, avant d’entrer en théologie.
Le collègue anglais a pris un nouvel aspect ; presque entièrement rebâti à neuf et sur un plan grandiose, il est un des plus beaux monuments de Bangalore. Les élèves y accourent de toutes parts, et déjà il est au premier rang des écoles de la ville. « S’il continue à répondre à notre attente, dit Mgr Coadou, il sera sous peu une des gloires de notre mission, à laquelle il assurera d’une manière incontestable la prépondérance en matière d’éducation.»
Les Sœurs hospitalières de Saint-Joseph de Tarbes travaillent toujours avec zèle dans l’hôpital du cantonnement de Bangalore : elles sont animées et estimées des malades et ne rencontrent aucune hostilité ouverte ; toutefois, certaines vexations qu’on leur fait éprouver de temps en temps leur rappellent qu’elles sont en présence de protestants toujours disposés à empêcher le bien de se faire par les catholiques. Malgré ces difficultés, elles ont pu assurer le baptême à quelques païens, et préparer à une fervente réception des derniers sacrements un certain nombre de chrétiens.
Les couvents du Bon-Pasteur à Bangalore et à Mayssour, rendent, comme par le passé, de grands services à la mission. Les religieuses viennent , en outre, d’ouvrir un établissement pour recevoir les pauvres femmes chargées de petits enfants en bas âge, et même les petits garçon trop jeunes pour pouvoir être admis dans les orphelinats de la mission.
L’hôpital que la Mère Supérieure du Bon-Pasteur et M. Bonnétraine ont entrepris de fonder à côté de la ville indigène de Bangalore, pourra bientôt être ouvert aux malades. Le bâtiment central est déjà fini, et il n’est pas douteux que de nombreux baptêmes de païens ne viennent dédommager les fondateurs de leurs travaux.
Un nouveau poste a été établi sur la route de Bangalore à Mayssour. M. Correc, que en est chargé, a déjà eu le bonheur de baptiser 21 païens. La présence du prêtre a produit aussi d’exellents résultats parmi les anciens chrétiens fixés dans ce district. « Une pieuse chrétienne, raconte Mgr Coadou, voyant son époux éloigné depuis de longues années de Dieu et des sacrements, avait fait vœu de jeûner tous les samedis jusqu’à ce que la sainte Vierge voulût bien le convertir. Il y avait huit ou neuf samedis qu’elle remplissait fidèlement son vœu lorsque, la veille de la fête de Notre-Dame des Sept-Douleurs, la bonne Mère, refuge des pécheurs, vint sécher les larmes de la pieuse épouse. Depuis douze à quinze ans, le malheureux ne s’était pas confessé. Il était en rupture ouverte avec son frère qu’il traitait avec injustice. Une maladie assez sérieuse est survenue, la conscience a parlé, et la paix a été signée entre Dieu et le pécheur, qui a reçu la sainte communion après s’être réconcilié avec son frère. »
ŒUVRES DE LA SAINTE-ENFANCE._ L’établissement de la Sainte-Enfance, fondé naguère à Samanhally sous la direction de M. Sigean, est dans un état très florissant ; de vastes terrains ont été défrichés, les bâtiments sont achevés, excepté la chapelle.
L’établissement de Silouveipourah voit grandir son antique prospérité. Voici le tableau que M. Gouarin nous fait de son orphelinat :
« Tout le monde chante, rit, travaille et prie. Le laboureur dans les champs excite les pas des bœufs ; les jardiniers, toujours attentifs à diriger sur leurs légunes le filet d’eau qu’ils tirent du puits ou de l’étang leur envoie, courent à travers leurs carrés ; les plus petits enfants s’appellent de loin, bondissant sur le coteau. De l’aurore au crépuscule, courbés sur leur métier, les tisserands font courit la navette d’un côté à l’autre de la trame et préparent des toiles que les tailleurs mettent aussitôt en habits. C’est un véritable plaisir de voir tout ce monde également appliqué au travail comme à la prière.
« En même temps, l’esprit de procélytisme se développe parmi les orphelins, et le bon Dieu récompense souvent leur zèle. Je ne veux citer qu’un exemple :
« Une jeune Turc qui est des nôtres depuis six ou sept ans, voulait attirer chez nous son frère élevé à l’orphelinat protestant, établis à quelques lieues de Silouveipourah. Les protestants, grâce à leur argent, fournissent à leurs adeptes tout ce qui flatte davantage l’Indien : habits de couleurs, aisance de la vie avec peu ou point de fatigue. La voie de notre jeune homme était donc tout tracée. Il n’avait point à parler de bien-être ; c’est le bien de l’âme qu’il faillait chercher, montrer et rendre tangible. Notre jeune apôtre prêcha longtemps et revint souvent à la charge. « Tu fais fausse route, tu vas en enfer, je te le prouve. Veux-tu « donc damner ton âme ? » Souvent rebuté, il ne se décourage point, et il a la consolation de voir enfin ses efforts couronnés de succès.»
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