| Année: |
1894 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Coïmbatour |
| Rédacteur: | Mgr JOSEPH-LOUIS |
III. ─ Coïmbatour.
Population catholique 31.307
Baptêmes d’adultes 471
Baptêmes d’enfants de païens 731
Conversions d’hérétiques 31
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LETTRE DE MGR BARDOU, ÉVÊQUE DE COIMBATORE,
A MM. LES DIRECTEURS DU SÉMINAIRE DE PARIS.
Coïmbatore, le 31 octobre 1894.
Messieurs et vénérés Directeurs,
L’année qui vient de s’écouler restera célèbre dans les annales de l’église de Coïmbatore, à cause du pretnier Concile de la Province ecclésiastique de Pondichéry qui s’est tenu, à Ootacamund. Ouvert au mois de mars dernier, sous la haute présidence de Son Excellence le Délégué apostolique, Mgr Zaleski, le Concile provincial s’est terminé le saint jour de Pâques. C’est sur les Nilgheries que les représentants de nos quatre missions, unis dans un même esprit de dévouement et de fidélité au Saint-Siège, ont avisé aux meilleurs moyens de remplir les instructions données par la Propagande pour l’avancement de l’évangélisation aux Indes, et l’organisation canonique des diocèses créés par l’immortelle bulle Humanœ salutis auctor de notre glorieux Pontifé Léon XIII.
L’unité de vues et de sentiments qui n’a cessé de régner entre les membres du Concile a prouvé une fois de plus que l’esprit des premiers siècles de l’Église est encore vivant aujourd’hui. Inutile d’ajouter que nos chrétiens étaient justement fiers de l’honneur qui leur était dévolu. Ils ont manifesté leur joie en offrant, le jour même de la clôture du Concile, un repas à Son Excellence le Délégué apostolique et à tous les membres de la vénérable Assemblée.
Les travaux de nos chers confrères, pendant l’exercice qui finit, ont donné des résultats un peu inférieurs à ceux de l’an dernier : il y a une légère diminution dans le nombre des baptêmes, et les espérances que la moisson nous faisait concevoir naguère ne se sont pas réalisées.
Erode. ─ A Erode, M. Le Bonzec, malgré le zèle qu’il déploie pour amener les païens à notre sainte religion, n’a recueilli que 11 baptêmes d’adultes. Il ne s’est pas épargné cependant, car nous l’avons vu se condamner à vivre seul, plusieurs mois durant, au milieu des infidèles, épiant jour et nuit le moment favorable pour les exhorter à se convertir ; subissant en toute patience les résistances, les moqueries, les humiliations même qu’il rencontrait dans l’exercice de ce ministère ingrat. Le démon lui a suscité toute espèce d’embarras et a réussi à paralyser son action sur l’esprit et le cœur des pauvres Indiens. Est-ce à dire que notre cher confrère ait perdu son temps et sa peine ? Non, bien certainement. Il a jeté la bonne semence dans une terre aride sans doute ; mais cette terre, si stérile qu’on la suppose, est encore capable de produire quelques fruits, et M. Le Bonzec ne se décourage pas. Il va poursuivre l’œuvre qu’il a commencée. Prions le Soleil de Justice de faire germer le grain que l’apôtre jette dans le sillon. Neque volentis neque currentis, sed miserentis est Dei.
Wellington. ─ A Wellington, MM. Foubert et Robin ont été plus heureux que M. Le Bonzec, à Erode. Dans un bon nombre de postes, nous avons à déplorer chez nos vieux chrétiens, l’absence presque complète de zèle pour la conversion des païens ; mais il y a d’heureuses exceptions et nos confrères de Wellington ont rencontré, à Houlicoul, deux familles qui par leur piété et leur conduite irréprochable exercent une influence très salutaire sur les païens du voisinage. M. Foubert, pour les récompenser et leur donner un témoignage de sa satisfaction, a construit une petite chapelle à Houlicoul. La bénédiction du nouvel oratoire a été un événement dans la contrée. « De toutes les plantations environnantes, m’écrit « le missionnaire, chrétiens et païens accoururent à la fête. Le matin, il y eut messe « solennelle ; le soir, procession aux flambeaux, dans laquelle on porta triomphalement la « statue de saint Joseph et qui fut suivie d’un feu d’artifice. La joie brillait sur tous les « visages ; les païens eux-mêmes voulurent que saint Joseph passât dans leur quartier pour « bénir les maisons et les familles. Il les bénit, en effet, car un mois ne s’était pas écoulé « depuis la cérémonie que deux nombreuses et honorables familles du village demandaient le « baptême à M. Robin. Nous avions remarqué, mon confrère et moi, pendant la procession, un « païen de haute taille et à l’allure distinguée qui suivait religieusement la statue du bon saint « Joseph : c’était Kandasamy, chef d’une de ces familles. Son frère, sacrificateur des idoles, « l’avait empêché de se convertir jusqu’alors. La perte d’un de ses enfants finit par le décider « à suivre l’appel de la grâce ; il nous raconta lui-même ce qui s’était passé : « Mon fils, nous « dit-il, avant de mourir, a invoqué les divinités païennes qu’il adorait pour se les rendre « favorables et obtenir sa guérison. Comme il priait avec ferveur, la divinité lui parla. Il resta « quelques instants en communication avec un être invisible. Revenu à lui-même, il me dit à « plusieurs reprises : « Ne reste pas païen ; ta religion n’est pas la vraie. Va trouver le « sami » (prêtre catholique) et fais-toi baptiser. La doctrine du paganisme n’est pas la bonne ; « le dieu me l’a dit. » Et l’enfant mourait peu de temps après m’avoir fait cette déclaration. ─ « Pourquoi, dis-je alors à ce païen, n’as-tu appelé le catéchiste afin qu’il baptisât ton fils ? ─ « Mon fils, répondit-il, m’a déclaré qu’il appartenait au dieu qu’il avait vu et qu’il ne pouvait « plus songer à se faire chrétien. » O desseins incompréhensibles de la Divine Sagesse ! ce « pauvre enfant est mort païen en exhortant son père à se convertir.
« Kandasamy n’eut, dès ce moment, qu’un désir : apprendre le catéchisme pour recevoir le « baptême. La cérémonie fut fixée au 27 juin. Le fervent catéchumène invita les chrétiens et « les païens de Houlicoul à être témoins de son abjuration de l’idolâtrie et de son entrée dans « l’Église. Si sa joie fut bien grande ce jour-là, la nôtre ne fut pas moindre. Kandasamy reçut « le nom de Gabriel au baptême ; il travaille activement à convertir son frère aîné et ses autres « parents païens.
« Nous quittions Houlicoul pour retourner à Wellington, le jour même du baptême de « Gabriel, lorsque nous fîmes une heureuse rencontre, à deux pas du village. Une païenne « portait dans ses bras un tout petit enfant qui respirait à peine : Allons, dis-je à M. Robin, « prenons-le et retournons à l’oratoire pour le baptiser. Aussitôt fait que dit la mère touchée de « l’intérêt que nous prenions à son enfant malade consentit à le laisser baptiser, et, quelques « jours après, le ciel comptait un ange de plus. Le 27 juin 1894 a donc été une journée de « bénédiction pour Houlicoul, pour mon confrère et pour moi. »
Palghat. ─ Je suis heureux de vous annoncer l’ouverture d’un hôpital à Palghat. « L’hôpital de Saint-Sébastien, m’écrit M. Roy, est définitivement fondé, malgré les « difficultés contre lesquelles nous avons dû lutter longtemps. Nos ennemis essayaient par « tous les moyens possibles d’éloigner de nous les habitants de la ville et des environs ; il n’y « ont pas réussi. Les Indiens savent maintenant par leur propre expérience ou par celle de « leurs parents et amis ce qu’ils peuvent attendre de la charité des bonnes religieuses « franciscaines, missionnaires de Marie. L’hôpital civil est presque entièrement abandonné, « tandis que celui de Saint-Sébastien distribue chaque jour des remèdes à 500 malades ; 106 « enfants de païens et 11 adultes ont été déjà baptisés par nos excellentes sœurs infirmières. « Le malheur est que notre dispensaire trop étroit et mal aéré ne nous suffit pas ; il faudrait le « remplacer par un autre plus vaste et mieux installé. Songez que les sœurs infirmières « doivent passer jusqu’à quatre et cinq heures de suite dans un local où elles ne respirent « qu’un air empoisonné par l’odeur des plaies gangrénées et l’haleine fétide des malades. « Elles subissent joyeusement ce martyre que la saison des pluies rend un peu moins « insupportable en ce moment ; mais la position sera intenable au fort de l’été. Voilà pourquoi « je vais entreprendre bientôt la construction d’un nouveau dispensaire.
« L’effet moral produit en ville par l’ouverture de notre hôpital a été excellent ; il jette un « grand relief sur la religion catholique et dispose favorablement les esprits à notre égard.
« Des protestants luthériens de Bâle viennent d’établir une grande manufacture de briques « et de tuiles à Palghat. Ils emploient un nombre considérable d’ouvriers ; mais ils exigent que « tous se fassent protestants. Les catholiques, qui ne demanderaient pas mieux que de se « procurer du travail, n’ont pas voulu souscrire à cette honteuse condition qu’on impose à tous « les ouvriers. Puissent-ils ne se laisser jamais séduire par l’appât du gain et rester fermes « dans la foi ! Cette fabrique constitue un danger de plus pour nous ; c’est un ennemi qu’il « nous faudra combattre, mais cet ennemi est puissant parce qu’il a beaucoup d’argent. »
Atticolou. ─ M. Bachelard me fait également part de ses craintes du côté des protestants. « Il est à redouter, me dit-il, que les protestants qui sont déjà venus sonder le terrain, ne « trouvent, par ce temps de disette, des catholiques disposés à les écouter. Ils auraient « l’intention d’acheter un terrain, paraît-il, et la discorde qui règne entre nos chrétiens, à cause « des procès qu’ils se font les uns aux autres, ne favoriserait que trop l’ingérence des sectes « protestantes à Atticodou. Daigne la Vierge Immaculée éloigner de cette pauvre chrétienté le « malheur qui nous menace ! »
Coïmbatore. ─ M. Baldeyrou a enregistré cette année 118 baptêmes d’adultes, dont 25 à l’hôpital. Notre-Dame des Oliviers a voulu avoir sa part dans la conversion des païens. Voici ce que raconte M. Baldeyrou à ce sujet. « Au mois de novembre dernier, un païen de bonne « caste, Karouppanen, venait me déclarer qu’il était décidé à se faire chrétien, et qu’il avait « quitté son village avec toute sa famille. Je lui dis de m’amener sa femme et ses quatre « enfants. Cet homme était réellement bien disposé à se convertir ; mais sa femme, qui est « assez instruite, se mit à discuter il lui répugnait de croire qu’il n’y a pas de salut pour les « païens et que tous tombenten enfer. Nous perdîmes notre temps, mes chrétiens et moi, à « débattre cette question avec la païenne, qui ne fut nullement convaincue. La première grâce, « sans laquelle les infidèles sont sourds à toutes nos exhortations, n’avait pas encore illuminé « son cœur. Toute la famille allait s’en retourner pour ne plus jamais revenir. J’étais navré ; « six âmes se trouvaient sur le bord du chemin qui mène au ciel, et refusaient d’y marcher. « Une idée me vint à l’esprit : donnons à cette femme une médaille de Notre-Dame des « Oliviers : « Voulez-vous accepter, lui demandai-je, une médaille de la Mère de notre Dieu, « en souvenir de votre visite à notre église ? Toutefois ne la profanez pas ; rapportez-la-moi si « vous ne voulez pas la garder. » Elle recut la médaille et me promit de la traiter avec respect, « et ils s’en allèrent. Des jours, des semaines se passent....; enfin je vois le mari, la femme et « les enfants revenir. ─ Dieu nous attire, me dit Karouppanen ; ma femme, qui ne voulut pas « rester ici quand nous vînmes une première fois, a changé d’avis tout d’un coup, et m’a « pressé de revenir : nous voici. » Inutile de vous dire ce que je ressentis alors au fond de mon « cœur ; je remerciai la sainte Vierge, et lui promis de me servir de ses médailles pour la « conversion des païens. Le 29 décembre, je baptisai toute la famille et donnai à la femme le « nom de Marie des Oliviers, en reconnaissance de la grâce que notre bonne Dame des « Oliviers lui avait accordée. »
Je ne puis résister au plaisir de raconter à la gloire de Marie, une autre conversion que rapporte le même confrère. « Un jour, après avoir parcouru les diverses salles de l’hôpital « civil, je m’arrêtai devant une vieille femme étendue à terre sur une simple natte. Je me « hasardai à lui parler de religion ; mais ce fut en pure perte. Ce que je lui disais de l’enfer où, « après avoir tant souffert en ce monde, elle allait tomber bientôt, ne paraissait pas l’émouvoir « le moins du monde. ─ « Vous pouvez me mettre dans un trou d’ordures, ou dans un trou de « feu, répliquait-elle, je ne veux pas de votre religion ; qu’on m’enterre sur les bords du fleuve « comme les autres païens, c’est tout ce que je désire. » ─ J’ajoutai encore quelques mots et « j’allais sortir de la salle, quand l’idée me vint de faire prier cette païenne malgré elle. Je lui « fis dire lentement : «─ Seigneur, ayez pitié de moi, montrez-moi la vraie voie. ─ O Marie, « conçue sans péché, priez pour moi. » ─ Elle répéta trois fois cette dernière invocation. Alors « le nuage qui voilait ses yeux se dissipa. Elle porta la main à son front, et me salua en disant : « ─ Vous êtes mon père, instruisez-moi, je crois tout ce que vous enseignez. » ─ La sainte « Vierge était intervenue ; elle avait sauvé cette âme. Je lui expliquai immédiatement ce qu’il « fallait croire pour aller au ciel, l’excitai à la contrition et la baptisai sous le nom de Marie. « Quelques jours après, je lui administrai les derniers sacrements, et lui confiai mes « commissions pour le ciel où elle ne tarda pas à aller. Bénissez donc notre bonne Mère qui « nous fait voir de la sorte sa main toute-puissante, et exauce ceux-là même qui ne la « connaissent pas, qui lui parlent sans savoir à qui ils s’adressent.
« Un païen se mourait à l’hôpital de la Mission et ne voulait pas se convertir. La religieuse « qui le soignait, désolée de voir cette pauvre âme lui échapper, s’avise de cacher sous le drap « du malade une image de Notre-Dame des Sept-Douleurs, et s’approche du lit quelque temps « après. ─ « Mada (mère) ». s’écrie le mourant (c’est le nom sous lequel la bonne Vierge est « invoquée par les Indiens). La sœur est tout heureuse de l’entendre demander le baptême : « elle l’ondoie et il part presque aussitôt pour le ciel. »
M. Baldeyrou a établi, à Coimbatore, le tiers ordre de Saint-François ; le nombre des associés est encore très petit ; on peut cependant déjà voir le grand bien que la pieuse confrérie est appelée à faire parmi nos chrétiens.
Nos œuvres générales continuent toujours à se développer. Le collège compte maintenant 500 élèves dont 66 à l’internat. Il nous faudra bientôt agrandir nos bâtiments et construire un étage pour loger les internes. D’un autre côté l’orphelinat, qui ne compte pas moins de 105 enfants, est devenu insuffisant.
Nous nous sommes vus obligés d’acheter, au prix de 4.000 francs, un terrain avoisinant l’école des Frères, à Counour. Nous sommes aussi en pour parlers pour l’achat d’un emplacement, à Ootacamund, afin d’y ériger une nouvelle paroisse. La dépense s’élèvera à 15.000 roupies (21 .000 francs). Tant de dépenses m’effraient. Puisse le bon Dieu inspirer à quelques âmes généreuses de France la pensée de nous venir en aide pour mener à bonne fin ces différentes œuvres si utiles au développement de notre sainte religion et au bien spirituel de nos chrétiens.
Un mot maintenant de la ferme Saint-Michel, confiée aux soins de M. Vieillard. Notre confrère s’est trouvé en face de bien des difficultés ; il y avait tant à faire pour le spirituel et le matériel de la nouvelle colonie ! M. Vieillard s’est mis à l’œuvre de tout cœur et la ferme marche d’une manière très satisfaisante. « Du côté des païens, m’écrit-il, a j’ai été bien déçu ; « j’espérais ouvrir une trouée dans leurs rangs à Javouttoupaleam.J’avais fait pour eux de « grandes dépenses, et ils m’ont échappé au moment où j’allais commencer à les instruire. « Pour compenser la perte de cette moisson, je suis allé glaner quelques épis à Naglour, et je « vous offre une toute petite gerbe de 47 baptêmes. Les païens d’Anspour, habitués à se « moquer des prédicateurs protestants qui viennent chaque semaine, le jour du marché, semer « l’ivraie, n’ont pour notre sainte religion que de l’indifférence. Le culte du démon, est encore « bien ancré dans le cœur de ces pauvres gens. J’ai eu la douleur de le constater à l’occasion « de la fête « du désert » qui se célèbre tout près de notre ferme, au milieu d’un concours « immense de peuple. Le sang des moutons, des boucs et des taureaux coule à flots à travers « les sentiers de la forêt. »
Ootacamund. ─ Pendant le Concile, j’ai donné 308 confirmations. La présence de Son Excellence le Délégué Apostolique et des autres évêques, n’a pas peu contribué à exciter la piété dans l’âme des fidèles. 55 baptêmes d’adultes ont couronné les travaux de MM. Biolley et Rivière. Ce dernier confrère étant très fatigué, j’ai dû le remplacer par M. Castanie qui s’occupe spécialement de la paroisse indigène.
Goudalour. ─ « Je n’ai que 46 baptêmes, m’écrit M. Gudin. Je me suis surtout occupé des « premières communions. Nos néophytes Mottay-parias sont bien difficiles à former à la vie « chrétienne et il faudra longtemps pour en faire de fervents catholiques. Je n’ai pu « administrer que 4 baptêmes à l’hôpital, cette année. Le nouveau pharmacien est un mauvais « sujet qui cherche à entraver mon ministère auprès des malades.
Dharapouram. ─ Les Pères Arlounader et Amirdanader construisent une église à Madatoucoulam. Les chrétiens de ce poste, riches autrefois, ont perdu la plus grande partie de ce qu’ils possédaient ; mais la pauvreté les a rendus plus dociles à la voix du prêtre. Nos deux Pères indigènes ont recueilli 12 baptêmes d’adultes.
Carour. ─ Ce district est confié au P. Ignatius. Il se compose de quelques villages assez éloignés les uns des autres, et l’administration en est très pénible. « Dans un de ces villages, à « Shinna-Darapouram, m’écrivait dernièrement le bon P. Ignatius, j’ai établi une procession « mensuelle pour la confrérie du Saint-Scapulaire. Les associés voudraient aussi avoir la « bénédiction du Très Saint-Sacrement ; je vais la leur donner. Ce sera un moyen d’augmenter « la foi eta l’amour envers le très auguste Sacrement de l’autel. »
Karamattampatty. ─ Notre vénérable doyen, M. Lemarchand, dont la santé est toujours plus ou moins chancelante, a enregistré 15 baptêmes.
Pouklipaléam. ─ Le P. Marie Savérinader, malgré la maladie dont il souffre et qui ne lui laisse de repos, pour ainsi dire, ni jour ni nuit, travaille activement au bien de ses chrétiens. Il en a préparé 76 à la confirmation, qu’ils ont reçue de mes mains au mois d’août dernier, après une retraite de quelques jours.
Pallapaléam. ─ M. Tour a terminé sa nouvelle église. Il vient d’acheter une grosse cloche dont le son puissant réveillera peut-être de leur léthargie spirituelle les païens des encirons, qui se sont montrés jusqu’à si rebelles à la voix de grâce.
Chittour. ─ Le P. Aloysius a obtenu 14 baptêmes ; mais la fièvre paludéenne a fait de grands ravages parmi ses chrétiens.
Codivery. ─ M. Gaucher a remplacé M. Roy à Codivery : il a eu 11 baptêmes.
Matour. ─ M. Lefrançois, malgré les divisions qui règnent dans son district et qui sont toujours entretenues par un chef de caste, dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler, fait le plus de bien possible autour de lui, et ne se laisse point décourager.
Voilà, Messieurs et vénérés Directeurs, un aperçu des travaux de nos cher confrères. Il ne me reste plus qu’à recommander nos personnes à vos prières et nos œuvres à votre charité.
Veuillez agréer…
† JOSEPH-LOUIS,
Évêque de Coimbatore.
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