Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport annuel des évêques

Année: 1896
Pays: Inde
Mission: Mayssour
Rédacteur:Mgr Kleiner

II. — Mayssour.

Population catholique 39.817
Baptêmes d’adultes 545
Conversions d’hérétiques 88
Baptêmes d’enfants de païens 385
____


Mgr Kleiner commence son rapport annuel par un tableau comparatif entre l’état de sa Mission et les résultats obtenus en 1895-1896, et l’état et les résultats de 1890-1891. Ce tableau accuse pour la population catholique une augmentation de 8.000 âmes ; il montre aussi qu’il y a eu progrès dans les œuvres dans le chiffre des conversions d’hérétiques et dans le nombre des baptêmes, soit d’adultes, soit d’enfants de païens.
Cette heureuse constatation, qu’on nous permette de le dire, nous fait regretter d’autant plus vivement que nos confrères n’aient pas procuré à leur évêque la joie de nous transmettre des détails sur leurs travaux et sur les faits édifiants qui peuvent s’y rapporter. Sa Grandeur se borne, dans son compte rendu, à faire pour les établissements et les œuvres diverses de sa Mission, ce qu’elle avait fait l’an dernier pour les différentes paroisses de Bangalore, c’est-à- dire à nous donner comme un aperçu succinct de l’état de ces œuvres.
I. — « Les Sœurs du Bon Pasteur ont, à Bangalore, une communauté qui est à elle seule comme une vraie paroisse, et dont le nombreux personnel laisse peu de loisir au missionnaire-aumônier. On y compte, en moyenne, 500 à 600 personnes sous la direction de 40 religieuses européennes, aidées de 36 religieuses indigènes formées par elles. Rien ne peut mieux faire toucher du doigt le bien réalisé dans cet établissement que la simple nomenclature des différentes œuvres qu’il abrite. Ce sont :
1º « Une association de religieuses Madeleines ; elles sont au nombre de 26, occupent une clôture à part et s’adonnent à la prière, à la pénitence et à des travaux manuels.
2º « Un asile pour repenties, tant européennes qu’indigènes. Parmi les personnes qui s’y trouvent, plusieurs ont été envoyées par leurs parents ou les prêtres de leur paroisse, pour y être à l’abri du danger, recevoir une meilleure éducation religieuse ou se préparer, soit au baptême, soit à la réception des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie.
3º « Un orphelinat qui compte 116 orphelines, européennes ou eurasiennes, et 129 indigènes.
4º « Une crèche dans laquelle une trentaine d’enfants sont habituellement recueillis, baptisés et élevés jusqu’à l’âge convenable pour être envoyés aux orphelinats.
5º « Des écoles qui sont très florissantes et qui tiennent facilement tête à celles des protestants. Du reste, il n’est pas rare de rencontrer, parmi ceux-ci, des parents qui préfèrent l’éducation donnée par nos religieuses à celle que leurs filles pourraient recevoir dans les écoles du gouvernement ou de leur secte. Les classes élémentaires des Sœurs du Bon Pasteur ont 180 élèves internes ou externes ; on compte 20 internes et 25 externes dans les cours supérieurs.
6º « Le vaste hôpital de Sainte-Marthe a été fondé par la même Congrégation, près de la ville indigène ou cité de Bangalore. Là encore le zèle des religieuses est récompensé par les plus heureux résultats parmi leurs nombreux patients, chrétiens et infidèles. Le chiffre des malades internes s’élève annuellement, en moyenne, de 1.500 à 2.000 ; celui des externes, de 15 à 16.000.
« Les mêmes Sœurs du Bon Pasteur ont aussi, à Mysore, un couvent de fondation plus récente, et dont les développements rapides promettent des résultats analogues à ceux de la maison de Bangalore. Il y a actuellement, sous la direction des 18 religieuses dont 9 européennes : un asile qui renferme une cinquantaine de pénitentes, surtout des indigènes ; — un orphelinat avec 20 enfants européennes ou eurasiennes et 100 indiennes ; — une crèche et cinq enfants ; — une école élémentaire avec 130 élèves, tant internes qu’externes, et des classes supérieures qui comptent 14 internes et 6 externes.
II. — « Les Sœurs de Saint-Joseph de Tarbes sont au nombre de 23 qui se partagent ainsi leurs travaux des écoles et des hôpitaux : 12 au couvent de Saint-Joseph, en la paroisse de Saint-François-Xavier ; 6 à l’hôpital civil du gouvernement anglais, sur la paroisse Sainte-Marie de Blackpalley ; 5 à Mysore, pour l’hôpital général indigène.
« La maison de Saint-Francois-Xavier a des écoles, surtout pour la population européenne et eurasienne, avec 120 élèves dans les classes élémentaires et 50 dans les classes supérieures.
III. — « Les Sœurs indigènes de l’Immaculée-Conception ont leur noviciat à Settihally. Elles sont au nombre de 15, qui dirigent un hôpital, un orphelinat avec 21 enfants, et une école fréquentée par 43 élèves.
« Les œuvres de charité accomplies par toutes ces maisons religieuses sont assurément une des sources les plus fécondes de salut pour un grand nombre d’âmes. Aussi l’ennemi de tout bien ne leur ménage pas les tribulations. D’autre part, les succès obtenus dans leurs écoles et aux examens publics leur assurent le premier rang sur les autres établissements. Mais, hélas ! ce qui nous manque, c’est le nombre ; sous ce rapport, nous sommes dépassés de beaucoup par les protestants.
IV. — « La seule congrégation d’hommes que possède la Mission est un noviciat de Frères européens, dits de l’Immaculée-Conception. Il est sous la direction du vicaire général, M. Baslé, et compte déjà, malgré sa fondation toute récente, un profès et quatre novices qui nous promettent des résultats excellents pour l’avenir. Que le bon Dieu nous accorde de voir le recrutement s’y développer dans la mesure de nos besoins
V. — « Outre les orphelinats dirigés par les religieuses, et dont il a été parlé précédemment, la Mission en a plusieurs pour les garçons. Le nombre de nos orphelins dépasse 700.
« L’orphelinat Saint-Patrick, destiné aux européens et eurasiens, renferme ordinairement plus de 100 enfants. Près de l’église Sainte-Marie se trouve celui des parias avec 26 orphelins.
« Nos fermes agricoles de Silvépoura et de Mariapoura, l’ancienne ferme d’Ossour dont les enfants se sont transportés dans une localité voisine, les nouveaux villages de néophytes : Taïpaléa, Souseipaléa, Kanakanhally, servent à l’entretien, à la formation et à l’établissement du plus grand nombre de nos orphelins et orphelines indigènes. C’est par ce moyen fort dispendieux que nous avons exercé l’action la plus efficace pour la conversion des païens et l’augmentation du nombre de nos chrétiens, en dehors des villes. Depuis quelques années, plus de 500 jeunes familles de néophytes se sont ainsi formées, et ce nombre ira en augmentant.
VI — « Après avoir exposé plus haut l’état de nos écoles de filles, il me reste à parler de nos établissements d’instruction pour les garçons. Outre le collège Saint-Joseph, nous comptons 40 écoles, avec 2.072 élèves. La plupart sont dans les villes ou les chefs-lieux de district. Dans les campagnes, leur absence se fait vivement sentir, et en bien des endroits les chrétiens en réclament avec instance, mais toujours à nos frais et dépens. Malheureusement, les protestants en établissent dans maintes localités, ce qui tend à indisposer nos catholiques et leur fait se demander pourquoi nous n’agissons pas de même. Pour cela, il nous manque bien des choses. En dehors de la question pécuniaire, il nous faudrait des maîtres. Les protestants en ont, eux, à ne savoir qu’en faire, parce que depuis longtemps ils ont des écoles. Les jeunes gens, instruits par eux, forment des professeurs, des catéchistes, des faiseurs de propagande qui s’imposent partout et nuisent particulièrement à nos fidèles qu’ils cherchent à endoctriner ou à gagner à prix d’argent.
« Notre collège de Saint-Joseph a jusqu’ici satisfait, autant qu’on pouvait le désirer, à l’éducation et à l’instruction de nos chrétiens de Bangalore, sans compter que ses brillants et constants succès aux examens lui ont attiré l’attention de tous, même de nos adversaires, et gagné les sympathies de nos amis et des païens. Cette année, les rôles ont porté plus de 120 européens, 90 eurasiens et 310 indigènes. Mais ces heureux résultats, dus surtout à nos con-frères qui, comprenant l’utilité et même la nécessité de cette œuvre, n’hésitent pas à s’y dévouer par un travail sans répit et parfois au-dessus de leurs forces, sont demeurés trop restreints à une localité. Il nous est pourtant impossible de songer à multiplier ce genre d’établissement. Du moins, il faudrait trouver le moyen d’étendre au dehors les bienfaits d’une éducation si soignée, en établissant près du collège des pensionnats, surtout pour nos chrétiens. Nous le désirons ardemment, malgré les grandes difficultés que nous devons prévoir. Nous le désirons d’autant plus qu’en cela nous voyons le seul moyen pratique, non seulement de donner à nos chrétiens plus de considération et d’influence, mais encore de trouver de bons sujets pour notre séminaire qui ne compte encore que 26 élèves, de vrais catéchistes dont le manque se fait de plus en plus sentir, et enfin des maîtres pour nos écoles. Je reviens sur ce dernier point, car il ne faut pas connaître l’Inde dans son état présent pour prétendre que l’instruction n’est pas l’une de nos plus belles œuvres d’apostolat. »



~~~~~~~


<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam