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Rapport annuel des évêques

Année: 1908
Pays: Inde
Mission: Kumbakônam
Rédacteur:Mgr Bottero

IV. – Kumbakônam

Population catholique 87.849
Baptêmes d’adultes 178
Baptêmes d’enfants de païens 1.597
Conversions d’hérétiques 66



« L’année qui touche à sa fin a été dure envers nous : il ne lui était pas donné de remédier absolument aux calamités qui l’ont précédée, et dont l’origine remonte à des événements aussi désastreux qu’imprévus. Nous avons eu à en supporter les amers résultats. Néanmoins, grâce à quelques nobles âmes qui se sont intéressées à nos malheurs, nous avons pu subvenir aux nécessités les plus pressantes. Mes confrères ont été à la hauteur de cette épreuve. Leur courage ne s’est point démenti. Confiants en un avenir moins sombre, ils se sont imposé de grandes privations. Ils ont su manger leur riz à l’eau de poivre, sans récriminer contre les circonstances. Leur évêque, lui aussi, s’est mis à la ration ; et, sans se prévaloir de son privilège de septuagénaire, il a imité ses chers collaborateurs et s’est passé de beaucoup de chose que le poids des ans semblait lui rendre nécessaires. »
C’est ainsi que Mgr Bottero rappelle les pénibles épreuves imposées aux missionnaires de Kumbakônam, à la suite d’un krach de banque où la mission a perdu ses modestes ressources.
« Mais, continue le vieil évêque, en dépit de toutes les difficultés, les confrères ont travaillé, chacun dans son district, avec le même zèle et le même dévouement que par le passé. En comparant les chiffres du présent avec ceux de l’an dernier, je suis même fier de voir qu’il y a progrès marquant pour le pur nombre des confessions annuelles et des communions. Il n’y a eu déchet à noter que dans et œuvres qui entraînaient des dépenses immédiates.
« Voici les quelques faits un peu saillants que les missionnaires ont portés à ma connaissance : Il y a de fortes agglomérations de population dans notre diocèse de Kumbakônam. La masse de nos chrétiens est formée de braves cultivateurs, qui gagnent leur misérable vie à la sueur de leur front. Ils sont semés dans plus de mille villages, où il nous est assez facile au besoin d’y acquérir des terrains pour la construction des églises. Mais dans les villes, c’est autre chose. Les païens, vingt fois plus nombreux que les chrétiens et plus riches, prennent tous les moyens possibles pour nous empêcher d’introduire la croix au milieu d’ex. Ces pauvres gens, aveuglés par le démon. Sent de plus de précautions contre Notre-Seigneur, leur Dieu et leur Sauveur, qu’ils ne le font contre la peste le choléra. Ils ne veulent de lui à aucun prix. S’il se présente à eux, les Gentils font trêve pour le moment à toutes leurs discussions intestines et se liguent contre lui pour le repousser hors des murs. C’est bien ce que dit saint Jean dans son évangile : « In propria venit et sui eum non receprunt. Il est venu «chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. »
« Il y a, au nord-ouest de ce diocèse, une ville, vraie forteresse de l’Indouisme, nommée Chidambaram. Quand on se rend de Kumbakônam à Cuddalore, par la voie ferrée qui relie Madras à Tutticorin, à mi-chemin, à peu près, on voit de loin quatre tours massives, de forme pyramidale, se dresser à l’horizon. C’est la grande pagode de Chidambaram, un des sept lieux sacrés de pèlerinage pour les Indous, et un des trônes les plus augustes de Lucifer, le grand gouverneur du monde païen. Jusqu’à ce jour, la mission n’avait jamais réussi à prendre pied d’une façon permanente dans cette citadelle de l’enfer. Elle a cru une fois, il y a de cela bientôt cinquante ans, qu’elle allait être propriétaire d’un terrain, au centre de la ville. Un missionnaire s’était secrètement abouché avec un musulman, qui offrit lui vendre un jardin à lui appartenant. Désireux de ne pas manquer une occasion convoitée depuis plus d’un siècle, notre cher confrère fit dresser un acte en règle et paya au mahométan un prix assez élevé. Quand il alla prendre possession du jardin, il ne trouva pas le vendeur. Celui-ci était parti, « à l’anglaise », sans laisser sa carte et pour cause. Le terrain, qu’il avait cédé au prix de 2.000 francs, ne lui appartenait pas! Son grand-père l’avait bien reçu en fief du gouvernement (auquel il avait rendu quelques services), mais pour quatre-vingt-dix-neuf ans seulement. Or, il n’y avait plus que trois ans avant le terme final. En homme avisé, il avait cru bien faire de vendre ce fief, et, le coup terminé, il se hâta de disparaître. Le bon prêtre ne reconnut la filouterie qu’en lisant attentivement les pièces officielles, vieux papiers jaunis, écrits dans ce jargon incompréhensible au commun des mortels, qu’on appelle en ces pays « catchéry pâchei », composé de mots d’origines très diverses.
« Cette mésaventure ne nous a pas empêchés de recommencer. J’ai dans le district de Chidambaram un brave Père indigène qui a une confiance absolue dans la puissance et la bonté de la très sainte et immaculée Mère de Dieu, et qui en même temps est un excellent diplomate. Je lui avais recommandé cette affaire. Il s’y est applique de tout cœur, et, avec une patience et une circonspection dignes de tout éloge, il a fini par aboutir. Voici ce qu’il m’écrit :
« Après que Votre Grandeur m’eut chargé de trouver à la mission un terrain pour y « construire une église, afin que les chrétiens des environs de Chidambaram pussent avoir un « point de réunion de réunion central, et un prêtre chargé de les instruire, j’ai beaucoup « réfléchi pour de quelle façon je devais m’y prendre, afin de ne pas manquer mon coup. J’ai « compris que je devais, pour réussir, avoir la protection de la sainte Vierge. A trois milles de « Chidambaram, j’ai le village de Silouvétchery ; j’installai dans la chapelle une belle statue « de Notre-Dame de Lourdes, et on fit grande fête à cette occasion. C’était le 15 août 1904. « dans mon sermon, par je ne sais quelle sorte d’inspiration, je me tournai du côté de la « grande pagode, et, la montrant à la foule : « Voyez-vous, mes frères, là-bas, à l’orient, ces « tours insolentes qui dressent leur front contre le ciel? Eh bien! Je vous le dis : Notre-Dame « de Lourdes, un jour, les renversera ! N’est-ce pas Elle qui a vaincu le serpent infernal ? Elle « le vaincra encore dans le temple de Chidambaram. » Cette parole m’est échappée dans « chaleur de l’action, Monseigneur, mais ne suis pas éloigné de penser que le temps viendra « où elle se réalisera ; et je vous annonce dés aujourd’hui qu’après cinq longues année « d’efforts et de prières, la Reine des cieux m’a enfin obtenu d’acquérir, dans la ville de « Chidambaram, une parcelle de terre de 220 pieds de long sur 100 de large. Une seconde « parcelle de même étendue s’adjoindra plus tard à la première. La prudence m’oblige « d’attendre quelque peu pour en prendre possession, quoique déjà elle nous appartienne. « Ah ! Le diable n’a pas cédé sans se débattre ! Au dernier moment, j’ai cru qu’il aurait « encore la victoire. Mais non ! La sainte Mère de Dieu est venue à mon aide et m’a fait « triompher.
« Vous savez, Monseignieur, comment je m’y suis pris pour arriver à mon but. Il était « important que notre dessein fût entièrement ignoré des brâhmes, depuis le commencement « jusqu’à la fin. Sans rien dire à personne, je parcourus la ville en voiture fermée, pour voir « quels terrains étaient en vente. Quand j’eus jeté mon dévolu sur celui-ci. J’y fis secrètement « en enterrer une médaille miraculeuse, et j’attendis. Au lieu de me présenter moi-même ou « d’envoyer un chrétien pour traiter l’affaire avec le propriétaire, je m’adressai à un étranger, « un païen de mes amis, je lui confiai très discrètement le besoin que j’avais d’un agent sûr « pour m’aider dans une entreprise que j’avais à cœur de voir réussir. Ramalingam me donna « l’assurance que, si je lui disais clairement de quoi il était question, il était prêt à me servir. « Quoique je n’eusse aucune raison de ne pas croire à son entier dévouement, et fusse bien « persuadé que, pour rien au monde, il ne me trahirait, je ne lui ouvris cependant mon cœur « que peu à peu et en paroles plutôt vagues. Puis, quand je fus moralement sûr de lui, je lui « développai enfin tout mon plan. C’est lui, Monseigneur, qui a tout arrangé et tout conclu.
« Il avait un ami à lui, un avocat, qui, ne sachant pas sans doute que le terrain était destiné « à porter plus tard une chapelle catholique, le guida en tout ce qui touchait à la loi. Il fit « même mieux. Le vendeur s’était engagé, dès le principe, à céder le jardin à tel prix. Au « moment de signer l’acte de vente, il éleva ses prétentions à un chiffre beaucoup plus fort. « L’avocat lui dit : Tu t’es engagé à vendre à raison de tant l’acre, et maintenant que tu as « reçu des arrhes, tu cherches à te dédire? Cela ne se passera pas ainsi. Je vais faire procès « contre toi…, demain tu auras au moins l’assignation. » La perspective des frais à payer « rendit le propriétaire plus sage, et il signa la pièce. C’était le 15 août dernier. »
« Chidambaram nous est ouvert.
« Je passe à un district récemment crée. Celui de Manday. C’est aussi un prêtre indigène qui en a la charge. Le P. Ignatius, me rendant compte de l’écrit en ces temps derniers :
« Des chrétiens de mon district, les uns sont des soudras ou gens de bonne caste, les autres « sont des parias. Eh bien ! Moseigneur, ces derniers, tant méprisés dans l’Inde, sont, à tout « prendre, de bien meilleurs catholiques que les premiers, qui ont toujours le défaut de se « diviser entre eux et d’être plus difficiles à manier.
« Je travaille à les affranchir de la tyrannie des mirasdars (gros propriétaires fonciers) qui « veulent forcer ces pauvres gens à contribuer au culte païen et à l’entretien de la pagode. « S’ils refusent, ils les privent du service des blanchisseurs, du barbier, du garde champêtre, « etc.. Je suis heureux de dire à Votre Grandeur que, les uns comme les autres, ont préféré « jusqu’ici souffrir toutes ces misères plutôt que de trahir leur foi. »
« Le P. Pragâssa-nader me donne à son tour des nouvelles de son district. Lui aussi se plaint des divisions qui mettent parmi les chrétiens soudras, pour des motifs souvent bien frivoles. Ses parias n’ont au contraire qu’un cœur et qu’une âme, et ils sont plus soumis que les chrétiens de caste. Avant de terminer sa lettre, il me dit :
« Je désire avec ardeur achever l’église de Manelour qui a été fondée par le regretté m. « Godais, il y a de cela plus de quatorze. Je voudrais empêcher le souvenir de ce saint prêtre « français de s’effacer de ses anciens chrétiens. Votre Gandeur ne pouvant que partiellement « vernir à mon aide, je me suis ingénié pour trouver l’argent nécessaire. J’ai la consolation de « vous apprendre que j’ai pu réunir un peu plus de 500 roupies (environ mille francs) J’ai « besoin d’une autre somme égale achever cette église. Puis-je espérer que la mission l’an « prochain pourra me l’allouer ? Après Manelour, j’aurai à m’occuper des églises « d’Amanpeth et de Vadagaré. »
« Sur les confins du diocèse de Kumbakônam et de la mission portugaise de Tanjore, il y a année comme un souffle de rébellion contre l’autorité dans plusieurs villages chrétiens. Quelques mauvais sujets ont prêché l’insoumission aux règlements établis pour la contribution aux frais du culte, et la préparation des enfants à la première communion. Ces meneurs ont même appelé un certain ecclésiastique du rite schismatique syro-malabar, en rupture de ban avec ses propres supérieurs, dans l’intention de l’installer d’abord à Convilady, dans le district de M. Vachon, et de s’emparer de l’église de Pavana-mangalam dans le district de Mikel-patty. Ils lui avaient laissé espérer un succès facile. Mais les chrétiens fidèles, avec leur missionnaire à leur tête, et le secours de la police, ont changé le triomphe annoncé en une déconfiture telle que le révérend John (c’est le nom que ce schismatique se donne) n’aura pas d’ici longtemps l’envie de recommencer. M. Chevallier décrit dans une lettre humoristique tous les détails de cette affaire et les phases de la victoire finale de la bonne cause.
« L’année écoulée restera fameuse en notre pays à raison du double jubilé qu’on a solennisé : celui du Pape et celui des apparitions de l’Immaculée-Conception. Le jubilé de Sa Sainteté a été célébré le 18 septembre et j’ai mis sous sa haute protection le premier synode du diocèse de Kumbakônam. S’y trouvaient 30 confrères, européens ou indigènes. L’union des cœurs s’y est montrée parfaite. Le cinquantenaire de Notre-Dame de Lourdes a été solennisé à Kumbakônam au jour anniversaire de la première apparition de Notre-Dame à la grotte de Massabielle.
« Pour cette solennité, écrit M.Bailleau, on avait dressé un immense autel devant la petite « chapelle de Notre-Dame de Lourdes. C’est là que, le 11, au matin, tous les prêtres, présent à « la résidence, sont venus, à tour de rôle, célébrer le saint sacrifice. C’est là aussi que « Monseigneur dit la sainte messe devant une foule nombreuse et recueille, pendant que des « voix harmonieuses chantaient les litanies de la sainte Vierge et des cantiques à Notre-Dame « de Lourdes.
« Toute la journée fut employée à préparer la procession du soir, chacun cherchant à « surpasser son voisin dans la manière artistique de décorer le chemin par où devait passer la « statue de Notre-Dame de lourdes. Une équipe de païen est sous la direction des Sœurs, une « escouade de parias manœuvre sous les ordres du vicaire de la cathédrale. Le résultat est une « procession triomphale qui, partant de la chapelle de Notre-Dame de Lourdes et de déroulant « à travers les terrasses de l’église et les jardins de la résidence épiscopale, s’en va aboutir à la « grotte construite au milieu d’une rizière, au couvent des Sœurs catéchistes. C’est là que se « termine la fête par un sermon sur la Vierge Imma-culée et la bénédiction du Saint-« Sacrement. Ni les païens, ni les chrétiens n’avaient encore vu semblable cérémonie. Puise le « souvenir en rester gravé dans leurs âmes et leur attirer les faveurs de Notre-Dame! »
« Par ailleurs, de consolants détails nous sont envoyés sur le progrès de la foi dans plusieurs autres districts.
« Ainsi, à Mégalathour, M. Vachon a eu une belle fête de première communion. Depuis le jour béni où Jésus est entré dans leur cœur, la très grande majorité des enfants n’ont pas manqué de revenir à confesse chaque semaine.
« Le missionnaire se félicite également du succès presque inespéré qu’il a obtenu en établissant, selon les ordres de Pie X, le catéchisme hebdomadaire des adultes. Déjà plus de 60 personnes y assistent très régulièrement.
« De son côté, M. Mardiné fait connaître le merveilleux succès qui a accompagné les exercices de la retraite prêchée à Viragalur. Pas un seul des habitants de cette grosse paroisse n’a rejeté la grâce de Dieu, et le dernier jour tous, mais absolument tous, se sont approchés de la Table sainte. Pour la première fois, on a solennellement porté le Saint-Sacrement dans les rues du village, le jour de la Fête-Dieu. Cette procession a été de tous points magnifiques. La vive piété et l’esprit de foi dont notre zélé confrère a été l’heureux témoin ont dépassé toutes ses espérances. Les missionnaires du voisinage, au nombre de huit, sont venus à la fête. La ferveur des chrétiens les a profondément touchés.
« M. Cabanne reconnaît de son côte que les chrétiens de son district de Konney-coudy sont en progrès. Il a eu 594 confessions 548 communions de plus que les années précédentes. Il annonce également une première communion de 67 enfants, dont les résultats le comblent de consolation. Garçons et filles reviennent à confesse est à la sainte Table très régulièrement depuis lors, une fois ou deux par mois.
« Mais, hélas ! S’écrie ce cher confrère, faut-il donc que partout où une rose s’épanouit il « pousse aussi des épines ? Il y a d’abord eu l’écroulement d’un des bas-côtés de l’église. Le « bon Dieu n’a pas permis que j’aie trouvé de quoi réparer cette ruine. Serai-je plus heureux « en l’année qui va s’ouvrir ?
« J’ai un second malheur à déplorer. La veille de la fête de Notre-Dame Auxiliatrice, le feu « prit à une maison du village, et la consuma entièrement. Heureusement, le vent tomba « subitement et on put empêcher l’incendie de gagner les maisons voisines. Je me félicitais « déjà d’avoir échappé à un désastre quand le mois suivant le feu prit dans la rue des Pallers. « C’était la nuit, et rien n’échappa aux flammes. Que vont devenir ces pauvres gens jusqu’à « la récolte prochaine, car toutes leurs provisions de bouche et leurs vêtements ont été la proie « des flammes ? »
« Nous terminerons ce compte rendu par le pittoresque récit d’une administration de villages parias faite par MM. Bailleau et Chevallier. « Depuis longtemps déjà les parias des « environs de Kumbakônam, écrit M. Bailleau, insistaient pour qu’on s’en allât chez eux faire « l’administration de leurs villages, c’est-à-dire célébrer la messe dans leurs petites chapelles, « leur donner les sacrements, examiner leurs procès et les instruire. Jusqu’alors, le manque de « temps m’avait empêché de me rendre à leur désir. D’un autre côté, n’y avait-il pas à « craindre qu’en voyant venir le missionnaire chez eux, ils n’oubliassent peu à peu le chemin « du chef-lieu ? Enfin, ne fallait-il pas tenir compte des habitudes du pays ? Le mouvement « suadeshi, qui prend à Kumbakônam comme ailleurs, n’a pas encore fait tomber les « barrières qui séparent les castes unes des autres. Il fallut passer outre à ces considérations, et « en laisser de côté beaucoup d’autres encore, pour se lancer dans ces expéditions. « M.Chevallier et moi nous nous sommes mis en route. On arrivait le soir, pour établir le « quartier général dans un endroit plus central. Les gens du village venaient au-devant de nous « avec tambours et trompettes.
« Arrivés au but, l’un de nous faisait l’un de nous faisait l’office de sergent fourrier et « s’occupait du matériel, tandis que l’autre gardait le côté spirituel, réunissait les gens et les « préparait aux sacrements. Après les confessions, qui nous menaient quelquefois très tard « dans la nuit, il y avait instruction et bénédiction. Le lendemain matin, après une nuit passée « en abrégé sur une botte de paille, peuplée de toutes sortes d’insectes réceptacle de toutes les « de toutes les odeurs, on disait la sainte messe au grand air, sur un autel improvisé. Une « instruction suivait la messe; puis avaient lieu l’examen des procès, toujours nombreux dans « ce pays, le recensement des chrétiens, l’appel des enfants en âge de faire la première « communion et enfin la visite aux villages de moindre importance.
« Nous avons compté, au bout de six semaines de ces grandes manœuvres, 700 confessions « et autant de communions et une trentaine de baptêmes d’enfants de païens in articulo « mortis. Un protestant a été ramené à la véritable. Église avec son fils. Beaucoup de procès, « de disputes ont été arrangés. Aujourd’hui les parias sont très fiers de dire aux païen : « « Voyez nos Samys. Ils ne sont pas comme les vôtres ; ils s’occupent de nous. »




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