| Année: |
1909 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Coïmbatour |
| Rédacteur: | Mgr Roy |
III. — Coïmbatour
Population catholique 38.700
Baptêmes d’adultes 391
Baptêmes d’enfants de païens 862
Conversions d’hérétiques 42
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« Cette année, au Coïmbatour, écrit Mgr Roy, le choléra a sévi dans presque tous les districts de la plaine, et hélas ! il ne fut pas le seul fléau qui devait nous atteindre.
« Descendant des montagnes Bleues où, depuis quelques années, elle se trouve à l’état endémique, la peste, plus terrible ou du moins plus redoutée que le choléra lui-même, s’est abattue sur la ville de Coïmbatore et sur les villages environnants où elle règne en maîtresse depuis la fin de janvier. Elle s’est manifestée dans les quartiers habités par les Brahmes, puis elle a passé chez les Musulmans, et lentement s’est répandue à travers toute la ville.
« Tout d’abord elle sest montrée d’une violence extrême, jetant la panique parmi le peuple. La plupart des habitants affolés quittèrent la ville : mais ils y rentrèrent bientôt, poussés par la faim. En juin, juillet et août, elle fit de grands ravages : le commerce cessa presque entièrement et le chômage des ouvriers fut complet. Comme le travail manquait, la misère vint s’ajouter à la maladie. Le peuple abandonna une seconde fois la ville ; les rues de la cilé parurent alors désertes et les habitants qui restaient, pénétrés d’une profonde tristesse, semblaient indifférents en face de la mort. Nos chrétiens, longtemps épargnés par le fléau, furent frappés à leur tour. Comme les païens, ils se résignèrent à fuir pour échapper à la contagion.
« Au moment où j’écris ces lignes, le mal sévit plus violent que jamais ; nos chrétiens habitent, en dehors de la ville, de misérables cabanes ; nos religieuses indigènes et leurs novices sont dispersées, notre pensionnat de garçons a été licencié : de toutes nos écoles, seule celle de Saint-Michel demeure ouverte pour ceux qui veulent préparer leurs examens, mais les élèves y sont restés peu nombreux : en un mot, toutes nos œuvres de la ville sont désorganisées, et pour longtemps peut-être. Dieu est le maître : « Sit nomen ejus benedictum.»
« L’année dernière, j’écrivais que la santé des ouvriers apostoliques avait été bonne. Cette année, la mort nous a enlevé M. Robin. D’une santé délicate, ce cher confrère a toujours bien travaillé, sans peut-être prendre assez de précautions. Sa disparition a fait un grand vide parmi nous.
« Et maintenant, parcourons rapidement les différents districts du diocèse.
« A Coïmbatore, M. Rondy et son vicaire, surchargés par le ministère auprès des pestiférés, ont eu peu de loisirs pour s’occuper de l’évangélisation des païens. Aussi n’ont-ils baptisé que 36 adultes et 65 enfants de païens. Le fléau a éloigné les malades de notre dispensaire-hôpital et nous n’y avons recueilli que 18 baptêmes d’adultes et 202 d’enfants en danger de mort.
« A Podanur, M. Terrat a rencontré les même difficultés. Pendant l’épidémie, visitant un jour ses paroissiens, il trouve son petit servant de messe jouant dans la rue devant la maison de son père. Il l’examine attentivement et reconnaît bien vite les symptômes de la peste. Il fait venir l’enfant à l’église, le confesse, lui administre le saint viatique et l’extrême-onction, et lui donne l’indulgence in articulo mortis. Le lendemain matin, le petit servant de messe était mort.
« A Palghat, M. Bachelard aimerait voir ses fidèles plus obéissants et plus dociles à sa voix. Il a enregistré 16 baptêmes de païens et 2 conversions de protestants.
« A Udamalpet, M. Guerpillon, le fondateur du poste, a trouvé le moyen de bâtir une gracieuse chapelle. « Tout est merveilleux, écrit-il à son évêque, dans la construction de ma « petite chapelle dédiée à la sainte Vierge. Le soubassement est en pierres de taille qui « proviennent d’une pagode en ruines ; beaucoup de païens, de turcs et de protestants m’ont « aidé de leur argent. Sans ce concours, je n’aurais jamais osé entreprendre un pareil travail. « J’ai eu bien des soucis ; grâce à Dieu, je n’ai pas perdu courage. Le 20 juin, le gros œuvre « était terminé, et le 21, assisté de mes voisins, M. Rivière et le P. Marie-Joseph, j’ai béni « solennellement ma nouvelle chapelle. Tous les catholiques et nombre d’infidèles assistèrent « à la cérémonie. Dans la soirée, un païen m’apporta à baptiser son fils âgé de 4 ans, toujours « maladif. Après l’avoir voué à Notre-Dame, il a fait la promesse de me le confier pour lui « donner une éducation chrétienne, s’il recouvrait la santé.»
« De Dharapuram, M. Rivière écri : « Les écoles prospèrent, mais elles sont une bien « lourde charge pour mon maigre budget. Pauvres et obligés de travailler dur pour vivre, mes « chrétiens négligent parfois leurs intérêts spirituels. La plupart cependant sont bons et « beaucoup mettent en pratique la communion fréquente.»
A Savériarpalayam, district détaché de celui de Matur, M. Gaymard a recueilli une gerbe de 18 baptêmes d’adultes et de 14 enfants in articulo mortis.
« A Kollapulur, M. Deniau a baptisé 16 adultes et 98 enfants de païens. « L’apostolat de la « prière, m’écrit-il, et la confrérie du scapulaire font du bien et sont pour les fidèles, surtout « les femmes et les jeunes gens, un motif de recevoir plus fréquemment les sacrements. « Copipalayam, où j’ai établi la société de tempérance, semble s’être beaucoup amélioré. Les « communions y ont été plus nombreuses. Les autres villages restent dans le statu quo ... Les « conversions sont devenues rares. La construction de ma chapelle ne m’a pas laissé les loisirs « suffisants pour m’occuper des païens, mais j’espère que l’exercice qui commence sera plus « fécond. »
« Le collectorat des Nilgiris, beaucoup moins éprouvé que celui de Coïmbatore, a donné par rapport à la conversion des adultes des résultats meilleurs. « A Coonoor, écrit M. « Vieillard, le nombre toujours croissant des confessions et des communions est une preuve « certaine que l’eprit catholique pénètre de plus en plus les fidèles. Le bon exemple que « montrent Européens et Eurasiens catholiques a certainement beaucoup contribué à ce « progrès. Un major de l’armée anglaise, venu ici en congé, n’a pas manqué une seule fois de « recevoir la sainte communion le dimanche. » M. Vieillard a baptisé 80 adultes.
« M. Morin, chargé du poste de Wellington, en a baptisé 32. Il raconte ainsi le baptême d’une enfant à l’article de la mort : « Fille d’une païenne séparée de son mari, cette enfant, « confiée à la garde du père, se mourait, atteinte de la peste. La mère vint nous prier d’aller la « baptiser. Il fallait obtenir l’autorisation du père, réputé païen fanatique. M. Collin alla la lui « demander et finit par vaincre sa résistance. L’enfant fut baptisée sous le nom d’Agathe-« Marie, car nous célébrions ce jour-là la fête de cette sainte. La petite malade mourut le jour « suivant. Déjà elle a obtenu de Dieu la conversion de sa mère, de ses frères et de ses sœurs. « Puisse-t-elle obtenir bientôt celle de son père ! »
« M. Sibuet a recueilli cette année, à Kotagiri, 15 baptêmes d’adultes. Il compte aussi un certain nombre de catéchumènes.
« M. Petite, à Sainte-Marie d’Ootacamund, a enregistré 53 baptêmes d’adultes et 4 conversions d’hérétiques. Il se plaint de la concurrence que lui font les protestants, dont toutes les sectes sont représentées à Ootacamund. Le missionnaire a fort à faire pour préserver ses ouailles de la contagion de l’hérésie.
« M. Gudin, après vingt ans passés dans le district de Gudalur, affaibli par la maladie et épuisé par les courses apostoliques à travers les plantations et les forêts du Whynaad, a pris un poste de repos relatif et a été chargé de la paroisse du Sacré-Cœur d’Ootacamund. M. Boissière l’a remplacé au Whynaad. Notre jeune confrère est tout à l’œuvre de la conversion des Kurumbers. Espérons que sa patience et son zèle auront raison de l’endurcissement des gens de cette tribu à demi sauvage.»
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