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Rapport annuel des évêques

Année: 1910
Pays: Inde
Mission: Pondichéry
Rédacteur:Mgr Morel

CHAPITRE VIII
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GROUPE DES MISSIONS DE L’INDE

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I. — Pondichéry


Population catholique 142.118
Baptêmes d’adultes 488
Baptêmes d’enfants de païens 2.781
Conversions d’hérétiques 27
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« L’an dernier, écrit Mgr Morel, je commençais mon compte rendu en déplorant les vides nombreux que la mort avait faits dans nos rangs. Cette année a été signalée par des deuils plus nombreux encore ; en moins de six mois, de la fin de mars au milieu de septembre, quatre Missionnaires et un prêtre indigène nous ont été enlevés presque subitement. A part M. Grosborne, qui avait 62 ans, tous les autres auraient pu fournir une longue carrière. Le bon Dieu en a disposé autrement ; nous n’avons qu’à nous soumettre et à adorer la main qui nous éprouve. Il n’en est pas moins vrai que l’administration du diocèse va devenir difficile, faute de bras. Actuellement, la cathédrale n’a pas de curé, la paroisse du Sacré-Cœur, les districts de Conancoopam et de Nariapanur n’ont pas de prêtres, et l’imprimerie a perdu son directeur,
M. Tyssandier, qui, pendant quinze ans, lui a fait faire de grands progrès, et je n’ai personne de disponible. Et combien de Confrères sont malades ou ne peuvent plus travailler !

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« A Pondichéry, la paix ne s’est pas faite encore entre les parias et les Choutres. Quand la nouvelle église du Sacré-Cœur fut définitivement ouverte au culte, une moitié fut assignée aux parias, et l’autre moitié, aux chrétiens de caste. Cette division déplut aux parias qui, dès lors, menacèrent de transformer l’église en champ de bataille. Pour éviter une si fâcheuse extrémité, Mgr Gandy, de sainte et regrettée mémoire, ferma l’église : c’était en octobre 1908. Les parias déclarèrent qu’ils feraient aussi fermer la cathédrale. Quels moyens employer ? C’est très simple : occuper les places réservées aux Choutres, troubler les cérémonies du culte, produire des bagarres, et donner ainsi à l’autorité civile l’occasion d’intervenir. Est-ce que ce serait arrivé ? La chose n’est pas impossible.
« Mais pour se battre, il faut être deux ; et les Choutres ayant cessé de venir à la cathédrale, les batailles escomptées ne se sont pas produites. La situation reste tout aussi lamentable. La chapelle du Petit Séminaire a été ouverte aux chrétiens de caste, qui se réunissent là du mieux qu’ils peuvent. Les parias occupent la cathédrale. Parmi eux, ceux qui comptent encore pour quelque chose l’autorité ecclésiastique occupent leurs anciennes places. Les autres s’installent, de-ci de-là, dans la grande nef.
« Le curé a décidé de maintenir les anciens règlements, c’est-à-dire de bénir les mariages et de donner la communion dans la partie de l’église traditionnellement assignée aux parias.
« L’église du Sacré-Cœur a été ouverte de nouveau ; et, cette fois, aucune distinction ni réserve n’a été faite : chacun occupe la place qui lui plaît. Les chrétiens de caste qui se déclarent prêts à s’asseoir sur les mêmes bancs que les parias peuvent y aller ; les parias qui ne peuvent se faire à l’idée d’une distinction quelconque, sont également libres de fréquenter cette église. La cathédrale reste ouverte aux autres, comme par le passé. Il semble donc que tout devrait s’arranger. Hélas ! il n’en est rien. C’est toujours la fameuse question de caste qui revient à la surface et nous assistons à l’un de ces soulèvements périodiques, à Pondichéry... Combien de temps encore la cathédrale de Pondichéry continuera-t-elle à pleurer ses enfants, à voir ses vastes nefs vides, ses fêtes et ses belles cérémonies abandonnées, ses processions supprimées ? Combien de temps encore devra-t-elle s’appliquer à la lettre les lamentations de Jérémie sur le temple de Jérusalem ? C’est le secret de Dieu. »

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« J’ai visité, cette année, ajoute Sa Grandeur, les districts du Nord de l’archidiocèse, districts composés de néophytes, baptisés par MM. Darras, Verchery et Millard, durant les trente dernières années. J’ai pu admirer la somme d’efforts, d’énergie, d’endurance, de sacrifice et d’abnégation qu’ils ont dû déployer pour prêcher la bonne nouvelle dans une si vaste étendue de pays, dans des villages si nombreux et souvent si éloignés les uns des autres. Si l’évêque pouvait, comme un général d’armée, décerner des croix d’honneur, la croix des braves serait admirablement bien placée sur la poitrine de M. Darras. Lui déclare que c’est la divine Providence et N.-D. de Lourdes qui ont tout fait ; laissons-lui le seul titre qu’il ambitionne, celui d’avoir été l’instrument de la grâce et l’humble apôtre de Jésus-Christ. »

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Après avoir rendu cet hommage au zèle des vaillants pionniers de la Foi dans cette partie de l’Inde, Mgr l’Archevêque de Pondichéry nous trace un tableau très complet de l’état des différentes chrétientés qui ont reçu la visite épiscopale. Nous n’en donnerons ici que le cadre.
Près de 2.000 confirmations y ont été données durant la tournée pastorale. C’est un très beau résultat, si l’on tient compte des difficultés avec lesquelles il faut compter, quand il s’agit de grouper autour des autels des fidèles encore attachés aux idées du siècle. Les néophytes, pauvres des biens de la terre, doivent s’arracher, pour suivre les leçons de catéchisme, aux travaux qui les font vivre au jour le jour ; et le Missionnaire a besoin de toute son énergie et de toute sa force de persuasion pour leur faire comprendre que leur formation morale, leur instruction religieuse demandent ce sacrifice. Ce n’est pas toujours facile, semble-t-il.
Habitués à considérer le prêtre comme un père, volontiers ils en tirent la conclusion qu’un père est toujours obligé de nourrir ou d’aider ses enfants spirituels, dès que ceux-ci s’adonnent au soin de leur âme. Hélas ! malgré la meilleure volonté, il n’est pas possible de satisfaire ce désir, soit pour ne pas laisser s’établir une habitude qui imposerait des charges trop lourdes au pasteur, soit pour obliger les néophytes à accomplir leurs devoirs religieux avec des vues et pour des motifs surnaturels.
C’est à combattre ces tendances que s’est employé le zèle vigilant de Mgr Morel dans son premier contact avec les nombreuses populations chrétiennes de ces districts du Nord, qui ne comptent pas moins de 50.000 fidèles, nouvellement régénérés dans les eaux du baptême. « Multiplier les chapelles et les écoles, visiter fréquemment les néophytes dans leur village, « rester au milieu d’eux le plus longtemps possible pour les instruire avec douceur et patience, « les imprégner de l’esprit chrétien » : tel est le programme proposé par Sa Grandeur et adopté par les Missionnaires afin de fortifier la vie surnaturelle dans des âmes encore bien matérielles.

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Les résultats de l’exercice pour l’ensemble de la Mission sont des plus consolants. Le chiffre des confessions s’est élevé à 226.236 et celui des communions, à 396.922. C’est une preuve que tous nos Confrères ont travaillé à la sanctification des âmes qui leur sont confiées. Daigne le Divin Maître continuer à bénir leurs efforts et les couronner de succès !



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