| Année: |
1911 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Coïmbatore |
| Rédacteur: | Mgr Roy |
III. — Coïmbatore
Population catholique 38.118
Baptêmes d’adultes 348
Baptêmes d’enfants de païens 701
Conversions d’hérétiques 78
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Les Missionnaires du diocèse de Coïmbatore continuent de faire avec succès l’œuvre de Dieu. Si les résultats ne répondent pas complètement à leurs pieux désirs, il faut en chercher la cause dans les multiples obstacles que rencontre sans cesse le ministère apostolique dans ce petit coin de l’Inde.
De fréquentes épidémies, telles que la peste et le choléra, jettent le désarroi dans les villages et troublent la tranquillité des habitants dont la grande préoccupation est de trouver des moyens de défense contre ces redoutables fléaux.
La pauvreté d’un sol ingrat incapable de nourrir convenablement une population relativement dense, oblige de nombreux ouvriers à émigrer vers des terres plus fortunées. Les chrétientés sont de ce chef plus ou moins désorganisées
Enfin les querelles et les luttes de caste, sans lesquelles l’Indien, semble-t-il, ne pourrait pas vivre heureux, tant il aime à les provoquer et à les entretenir sous le plus futile prétexte, sont un ferment de discorde incompatible avec la religion de charité que le Christ est venu, apporter aux hommes.
« J’avais compté, écrit Mgr Roy après une courte description de ces difficultés, sur un très grand nombre de baptêmes de païens et je suis obligé de conclure que, sur ce chapitre, l’année n’a pas eu un bon rendement : la fleur a coulé et les fruits peuvent être succulents, mais ils sont trop peu. Est-ce à dire, cependant, que les ouvriers apostoliques se soient assis à l’ombre dans, un doux « nirvânam », qu’ils n’ont pas apporté le zèle et l’effort que demande leur vocation d’apôtres ? Il serait téméraire de le conclure.
« A mon avis, les causes de ce rendement plutôt maigre sont d’un autre ordre. Le christianisme est attaqué par des fanatiques, parce qu’il est la religion des blancs. Quelques-uns pour se faire un nom, d’autres pour vivre sans travailler, tous poussés par le diable, essayent de redorer le blason de leur vieux paganisme, cette religion merveilleuse, qui, si on les croit, avait fait d’eux un peuple grand, puissant, le plus civilisé du monde, parce que, seule, la religion hindoue avait su pétrir des caractères nobles, saints, divins, des intelligences et des cœurs ... merveilleux.
« Une autre cause vient des attaques et calomnies de nos frères séparés, qui en venant se désaltérer dans le grand fleuve du christianisme, en troublent, aux yeux des simples et des ignorants, la pureté et la limpidité.
« Enfin, le travail de la préparation des tout petits à la première communion a pris la meilleure partie des moments libres du prêtre.
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« Nos institutions progressent lentement et nous promettent un avenir plus ensoleillé.
« Dans les districts tout n’est pas aisé. Il y a dans le jardin du Seigneur de bien belles fleurs ; mais, pour les arroser, entretenir et augmenter leurs parfums, il faut parfois passer sur des épines douloureuses qui nous rappellent à propos que les apôtres du Divin Crucifié doivent participer, — et c’est ce qui fait leur joie, — aux souffrances et humiliations du Maître. Elles sont, d’ailleurs, nécessaires pour tenir l’ouvrier apostolique dans l’humilité, bien près du Cœur de Jésus, et bien loin du monde et de ses fausses consolations.
« De Palghat, M. Bachelard m’écrit, en envoyant le recensement de ses chrétiens : « Ils « sont trop pauvres pour augmenter en nombre sur place. N’ayant pas de quoi vivre ou « manquant de travail, ils émigrent régulièrement. Il y a une diminution de 300 depuis dix « ans... Pour l’année, rien de particulier à signaler, sinon l’installation de l’école anglaise dans « le bâtiment dont je terminais la transformation à Pâques. L’ouverture s’en fit « solennellement en présence des parents et des principaux habitants de Palghat que j’avais à « remercier de leur précieuse coopération. »
« M. Gaucher se plaint de ne trouver aucun bon catéchiste pour parcourir la paroisse et visiter les gens dans leurs champs. Ses paroissiens sont des cultivateurs animés d’un bon esprit, quelque peu frondeurs, mais ignorants et, partant, trop indifférents. Ils négligent un peu trop, et sans scrupule, l’assistance à là messe. La moindre petite raison leur suffit pour s’en abstenir.
« La chrétienté d’Udamalpet a perdu son fondateur, le regretté M. Guerpillon, et le diocèse, un bon, dévoué, zélé et saint prêtre. Ses manières simples et affables lui avaient gagné l’estime de tous ceux qui l’approchaient. Son successeur est M. Lesponne. Espérons qu’il récoltera ce que son prédécesseur a semé.
« Je n’ai d’autres miracles à signaler, écrit M. Béchu, que ceux que la grâce du bon Dieu « opère chaque jour dans les âmes à l’insu des hommes. Mon ministère est la réalisation « quotidienne de la parabole de la semence. Plus de bon grain tombe sur les chemins et dans « les épines que dans la bonne terre. Cependant l’Apostolat de la Prière, la communion « fréquente, l’œuvre des catéchismes, et une Société de tempérance que j’ai établie parmi les « jeunes gens, mettent un frein à la fureur des vices et entretiennent un foyer de piété dans les « âmes de bonne volonté. »
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« De Savériarpaléam, M. Gaynard annonce « 58 premières communions, fait inouï dans « ma pauvre jungle, dit-il. Il est vrai que Dieu m’a singulièrement favorisé, en m’envoyant M. « Trembleau, directeur du Grand Séminaire, qui, pendant 40 jours, avec un zèle inlassable, a « préparé tout ce petit peuple.
« Mon église est toujours à bâtir. L’armature du toit (poutres et poutrelles) en fer est « arrivée. La plupart des matériaux, bois, briques, chaux, etc., sont sous la main et j’espère « que, en 1912, lorsque Votre Grandeur viendra confirmer, elle pourra aussi bénir une « nouvelle église... »
« Puis, M. Gaymard revient sur le sujet des enfants de sa pauvre jungle, et, pour me prouver qu’ils sont de braves petits garçons, voici ce qu’il dit : « Parmi les enfants admis à « la communion privée, une vingtaine de huit à dix ans, ayant appris que la procession du « Saint-Sacrement aurait lieu à Nayambady, village situé à onze kilomètres de « Savériarpaléam, résolurent de s’y rendre pour recevoir Jésus dans la sainte communion. M. « Trembleau en était dans l’admiration : ses conseils avaient été compris. Beaucoup, parmi « ces chers petits, n’ayant pas de parents dans ce village ni « caches » dans ce qui leur sert de « bourse, retournèrent le ventre léger, mais le cœur gai et content.
« Vingt-deux de mes chrétiens sont partis, cette année, à Pinang, espérant y trouver sinon « la fortune, du moins un peu de riz. »
« M. Petit écrit de Kodiveri : « Le chiffre de 5.225 confessions, pour un millier de « chrétiens, prouve suffisamment qu’ils sont fidèles à s’approcher des sacrements. Mais le « démon, jaloux des progrès spirituels qui se manifestaient dans ce district, a semé la zizanie « dans le champ du Père de famille. Quelques mauvais chrétiens des plus influents ont levé « l’étendard de la révolte. Ils ont entraîné avec eux un grand nombre de chrétiens faibles, sous « prétexte de défendre la caste. J’ai eu la consolation de baptiser 16 païens. Parmi eux, il y a « trois montagnards. »
« L’administration du district de Kollapulur dont M. Petit est chargé, en attendant un « titulaire, s’est faite, dans les conditions ordinaires. Il y a cependant à signaler la bénédiction « de la chapelle de Pudur. Cette chapelle, commencée par le regretté M. Deniau continuée par « M. Perrière a pu être achevée cette année. Malgré sa simplicité, elle est jolie et les chrétiens « en sont fiers. »
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« Quittons le grand soleil de la plaine et allons respirer l’air frais des Nilgiris.
« La première station que nous rencontrons, c’est Coonoor, confiée à M. Vieillard, assisté de M. Baron. Voici son rapport :
« Nous avons encore, cette année, à rendre d’humbles actions de grâces au bon Dieu pour « ses miséricordes à l’égard de ce district. En effet, 191 baptêmes dont 114 d’enfants de « chrétiens, 74 de catéchumènes et 3 d’enfants in articulo mortis, c’est un chiffre que nous « n’avions pas encore atteint. Il aurait, par son excédent sur le nombre des morts, augmenté « notre troupeau de 124 unités, si nous n’avions pas une population Si flottante. Ce que j’ai à « noter avec le plus grand plaisir, est le retour aux pratiques religieuses de quelques enfants « prodigues.
« Les comptes d’administration, le nombre détaillé des plantations que j’ai à visiter, — « avec leur distance respective, — que je mets sous les yeux de Votre Grandeur, sans parler « des écoles qui absorbent une bonne partie de mon temps, lui montreront la somme de travail « que demande ce district. »
« M. Vieillard, ayant ajouté deux nefs latérales à son église, a élevé, cette année, deux tours qui lui donnent une belle apparence. L’école européenne, tenue par les Religieuses de Saint-Joseph, a été agrandie, et, « malgré « cela, il n’y a pas un coin d’inoccupé ».
« La diminution dans la population catholique de Wellington a pour cause le départ d’un « régiment qui comptait un bon nombre de catholiques et, aussi, assure M. Morin, aumônier « militaire, le départ de beaucoup de serviteurs qui ont suivi ce régiment à Rangoon. Les « troupes qui l’ont remplacé nous donnent seulement 25 catholiques.
« Le grand événement de l’année a été la retraite de cinq jours complets prêchée à nos « chrétiens indigènes par le P. Ignacinâder. Sans aucun doute, cette mission a fait beaucoup de « bien. Depuis cette époque, nos gens se plaisent à approcher des sacrements, et le nombre des « communions, sans compter celles du Sanatorium où un certain nombre de mes paroissiens « assistent à la messe, est de 10.340, chiffre que je ne crois pas avoir été jamais atteint « précédemment. Ces communions répétées produisent un excellent résultat dans les « familles... »
« Mais à côté de ces consolations, que d’anxiétés ! Que d’ennuis ! Le fait que l’église « appartient au Gouvernement, et que l’élément européen se fait difficilement à l’idée d’avoir « les Indiens à ses côtés, est une grave préoccupation. Nous devons sans cesse être sur nos « gardes et employer tous les moyens que suggèrent la prudence et le zèle pour éviter la « fermeture de l’église à nos 2.500 indigènes. »
« La messe des soldats est célébrée à 8 heures, celle des indigènes à 9 heures. « Je crois, continue M. Morin, que si nous avions une église spéciale pour les indigènes, cette chrétienté s’améliorerait rapidement... » Et il finit en disant : « Le bien qui se fait ici doit être attribué à « Dieu d’abord et, ensuite, à mon vicaire indigène, le P. Dominique, qui se dévoue avec un « zèle digne de tout éloge pour nos pauvres chrétiens. »
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« M. Perrière, assistant de M. Biolley à Sainte-Marie d’Ootacamund, m’écrit ce petit trait, « en m’envoyant la feuille d’administration : « Un certain païen, nommé Kandasâmy, avait, « depuis longtemps, perdu toute confiance dans ses divinités. Il ne leur rendait aucun culte, ne « fréquentait plus les pagodes, s’abstenait des superstitions Si communes à ses compatriotes « dans les actes les plus ordinaires de la vie. La Providence permit que des livres chrétiens lui « tombassent sous la main ; il les lut ; ses yeux s’ouvrirent aux lumières de la grâce : il crut « aux mystères du salut procuré par les souffrances et la mort du Christ.
« Comme il était édifiant de le voir, encore infidèle, se prosterner, pendant de longs « instants ; devant le Tabernacle et prier avec ferveur le Sauveur que sa foi lui révélait présent « sous les apparences de l’Hostie ! De grandes difficultés s’opposaient à son baptême ; toute « sa parenté combattait sa conversion et blâmait durement sa conduite. Kandasâmy fit, malgré « tout, le pas décisif et se fit admettre dans le corps de l’Eglise. Il a été promptement « récompensé ; car sa vieille mère et un de ses neveux ont déjà suivi son exemple, et j’ai « l’espoir que ses autres parents le suivront également. »
« Ecoutons aussi M. Gudin, qui est chargé de la paroisse du Sacré-Cœur dans la même « ville : « Ma gerbe de cette année n’est pas lourde. Il en est de la culture spirituelle comme « de la culture matérielle : il y a de bonnes et de mauvaises récoltes. Il me semble, cependant, « qu’un bon vent souffle du côté d’Old Ooty. J’ai baptisé quelques belles familles. Une autre, « composée de quinze membres, dont six étudient la doctrine, vient de s’ébranler.
« Les plus importants événements de l’année sont l’établissement d’une œuvre de « Religieuses indigènes et l’ouverture d’une école sous leur direction. Cette institution, « fréquentée par 72 enfants, offre de parfaites garanties de succès : elle préservera nos jeunes « filles des dangers de l’école rivale que les protestants viennent d’installer tout à côté. »
« De Gudalur, dans le Wynaad, M. Boissière envoie un long compte rendu de son administration. Sa chrétienté a un peu diminué. Elle se compose de pauvres parias, travaillant dans les plantations de thé, de café ou de caoutchouc. Une de ses chapelles a été fermée par un planteur, sous le spécieux prétexte qu’une église catholique dans la plantation était quelque chose de contraire aux usages de la famille. Cette mesure n’empêchera pas notre Confrère de visiter ses chrétiens et de leur distribuer, selon leurs besoins, la parole de vérité et les secours des sacrements. »
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