| Année: |
1912 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Kumbakonam |
| Rédacteur: | Mgr Chapuis |
IV. — Kumbakonam
Population catholique 98.214
Baptêmes d’adultes 182
Baptêmes d’enfants de païens 2.432
Conversions d’hérétiques 42
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« Le diocèse de Kumbakonam, écrit Mgr Chapuis, coadjuteur de Mgr Bottero, en est à sa treizième année d’existence, et, si après treize ans, il n’a. pas progressé autant que nos cœurs le désiraient, cependant, en comparant les chiffres du passé avec ceux du présent, nous éprouvons la satisfaction de constater que la marche en avant a été sensible.
« En 1899, année de la création du diocèse, nous avions 83.073 chrétiens ; aujourd’hui nous en comptons 98.214. Le total des prêtres, européens et indigènes, était seulement de 32, aujourd’hui il est de 53. Le nombre des confessions et des commuions était de 81.043 et 87.714. Cette année, nous avons eu 156.568 confessions et 223.652 communions. Il y avait alors 53 écoles ; maintenant, nous en comptons 76. Le nombre des paroisses a passé de 29 à 39, soit 10 paroisses nouvelles. En 1899, dans ce qui forme actuellement le diocèse de Kumbakonam, il n’avait été administré que 609 baptêmes d’enfants in articulo mortis ; cette année, on en a régénéré 2.432.
« Il n’y avait pas alors de Religieuses européennes.. Aujourd’hui, nous en. avons 21, réparties en trois maisons, avec trois dispensaires, une crèche, un ouvroir, un noviciat pour les jeunes filles indigènes. Ces Religieuses ont encore la charge de nos deux principaux orphelinats, et de l’hospice des vieillards, fondé par M. Barralon avec le généreux concours de M. Jean Van Roey et de Mlle Adèle Shobens, de Belgique. Le nombre de nos Religieuses indigènes du T. -S. Cœur de Marie a aussi considérablement augmenté.
« Je ne parle pas de la résidence épiscopale, ni des nouvelles églises et presbytères que ces 13 années ont vu s’élever, et dont le nombre est considérable. Il n’est pas un missionnaire qui ne se soit privé non seulement de choses utiles, mais encore et souvent du nécessaire, pour bâtir ou réparer les églises et résidences de son district.
« Tout ce que je viens de dire montre suffisamment que le progrès a été réel et sensible.
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« Bien que le nombre des missionnaires ait considérablement augmenté, bien qu’on ait multiplié les districts, le nombre des baptêmes de païens est pourtant resté sensiblement le même, oscillant entre 150 et 250. A quoi devons nous attribuer cet état stationnaire ? Quelles peuvent bien être les raisons d’une marche si lente dans la voie des conversions de païens ?
« Une première raison, c’est que les missionnaires ne peuvent presque pas consacrer de temps à l’évangélisation des infidèles. Chacun d’eux a une moyenne de 2.700 chrétiens à diriger et si on. songe aux multiples travaux de leur situation, étude de la langue, sermons, catéchismes à préparer suivant les instructions de Rome, premières communions — non pas seulement dans un centre, muais dans plusieurs — confessions nombreuses, extrêmes-onctions, bâtisses à surveiller, procès et querelles des chrétiens à examiner, etc., etc., on se rend aisément compte que tous sont plutôt surchargés.
« Cette première raison n’est cependant pas la plus importante ; car, si les missionnaires ne peuvent prêcher aux païens autant qu’ils le désireraient, la religion chrétienne leur est cependant suffisamment connue, et par les chrétiens répandus un peu partout, et par des centaines d’ouvrages que publie la presse catholique, et par les nombreuses églises, et par la présence de prêtres catholiques en tant d’endroits divers. On pourrait même dire que la religion catholique leur est « trop » connue. Je m’explique : elle impose des préceptes sévères qui gênent trop la libre et facile morale des païens. Le repos du dimanche, l’unité et l’indissolubilité du mariage sont, semble-t-il, les préceptes qui les arrêtent davantage. Ne pouvoir plus travailler et surtout faire travailler ses serviteurs, quand et comme on le veut ; ne pouvoir plus renvoyer sa femme, quand elle a cessé de plaire, ni lui en adjoindre une seconde, quand elle est stérile, etc. : tout cela déconcerte l’âme païenne inaccoutumée au sacrifice, et qui ne veut pas savoir que le royaume des Cieux souffre violence.
« Une autre cause, plus accidentelle, c’est que dans beaucoup de villages, soit à l’occasion de processions, soit à propos de bâtisses d’églises, il y a eu froissement, querelle ou même bataille entre païens et chrétiens. Le missionnaire a dû nécessairement prendre parti pour la liberté de ses chrétiens et pour la justice : Inde irœ.
« Une quatrième raison — peut-être la plus forte —de cette pénurie des conversions, c’est la paix et le bien-être dont jouissent les habitants du pays. Ceci semblera à beaucoup un paradoxe, à première vue. Cependant, je crois que ceux qui ont bien étudié l’Inde seront du même avis. Les Indiens vivent si tranquillement leur vie, si rien ne vient les troubler ! Alors, pourquoi changer ? Et si l’on se décidait à changer, quelle religion embrasser ? Celle des catholiques ? Celle des Jacobites schismatiques ? Celle de l’une des sectes protestantes qui couvrent le pays ? La conclusion naît tout naturellement : chacun chez soi. Les Indiens ne cherchent guère à faire du prosélytisme : pourquoi en ferait-on à leur égard, puisque, par ailleurs, la sécurité est généralement complète, .qu’on peut tranquillement cultiver sa terre, ou se livrer au commerce, sans avoir à craindre le pillage ?
« Aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, il n’en allait pas de même. Alors, c’était la guerre et le pillage érigés presque en institutions. C’étaient les Mongols, avec leurs nababs et leurs « soubadars » ; les Mahrattes, sillonnant le pays dans tous les sens ; les rois musulmans Haider-Ali et Tippoo-Sahib, promenant leurs troupes pillardes de tous les côtés ; c’étaient les « Poligars » qui, semblables aux seigneurs français du moyen âge, avaient couvert le pays de forteresses plus ou moins grandes, suivant leur puissance, et étaient perpétuellement en lutte les uns avec les autres. Pendant des siècles, la vie avait été singulièrement précaire : on ne savait jamais si le peu de grain, qu’on venait de confier au grenier de la famille, ne serait pas emporté le lendemain par une bande de soldats, qui n avaient de paie que le produit de leur maraude et de discipline que les caprices d’un chef bizarre et souvent cruel. Et que d’autres sévices encore !
« La vie était précaire et valait à peine la peine d’être vécue et on comprend que les opprimés aient cherché les consolations de la religion et pensé, sous l’aiguillon de la souffrance, à se préparer un meilleur sort dans l’autre monde. Une chose est certaine, c’est que les desseins de Dieu pour la conversion des hommes sont impénétrables. Mais il paraît bien à notre entendement qu’il y a là une des raisons qui expliquent les succès plus considérables. des missionnaires qui ont vécu à ces époques troublées.
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« Depuis sa fondation, le diocèse de Kumbakonam a pu. agrandir sa famille sacerdotale de 6 prêtres indigènes. Actuellement, nous n’avons qu’un seul grand séminariste ; mais nous avons 14 petits élèves au Petit Séminaire. Les pertes subies par notre Mission, la pauvreté dans laquelle elle s’est débattue depuis, nous ont empêchés de pousser, aussi vigoureusement que nous l’aurions désiré, l’œuvre du Clergé indigène. Si l’on considère que, en moyenne, en tenant compte des malades qui s’arrêtent en cours de route, de ceux auxquels on ne reconnaît pas de vocation ecclésiastique et qu’on doit renvoyer, chaque séminariste conduit jusqu’à la prêtrise nous coûte au moins 4.000 roupies, on comprendra que nous n’ayons pu faire davantage. Actuellement, nous avons fait des arrangements avec Mgr Roy, évêque de Coïmbatore, qui a bien voulu recevoir nos enfants dans son Petit Séminaire. Les études théologiques et philosophiques se font au Grand Séminaire Papal de Kandy, dirigé par les dignes fils de saint Ignace de la Province de Belgique.
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« Si nous passons maintenant aux Œuvres de la Mission, nous trouvons en premier lieu celle de la. Sainte-Enfance. Nous avons pu, grâce surtout au grand zèle des Sœurs-Catéchistes de Marie-Immaculée, régénérer 2.432 petites âmes.
« Trois dispensaires, à Kumbakonam, Mayavaram et Tranquebar, ont reçu le beau chiffre de 95.427 visites de malades. Nous espérons bien que le dévouement des Sœurs touchera enfin l’âme des païens.
« L’hospice des vieillards abrite une moyenne de 20 vieux ou vieilles, auxquels il sert d’antichambre pour le Paradis.
« Les différents bâtiments de la léproserie pourront bientôt être inaugurés. En attendant, les lépreux hospitalisés avec les vieillards font toutes sortes de beaux rêves, en songeant aux jours tranquilles qui les attendent. Ils ne soupçonnent pas que M. J. Michotte en fait, lui, qui ne sont pas beaux du tout. Car, une fois les bâtiments terminés, il faudra trouver les moyens de pourvoir à l’entretien des pensionnaires et des Religieuses qui en auront la charge. C’est là un gros problème où il y a de nombreuses inconnues, mais que les âmes charitables peuvent nous aider à résoudre, sans qu’il soit besoin de recourir à l’algèbre.
« Nous avons cinq orphelinats avec 126 orphelins. Ils sont confiés aux Sœurs françaises, Catéchistes de Marie-Immaculée, et aux Sœurs indigènes du T.-S.-Cœur de Marie. Quelques orphelins sont élevés dans des familles chrétiennes.
« Pour développer ces orphelinats, il faudrait au moins une école industrielle. Que faire en effet des grands orphelins ? Comment les faire vivre après leur mariage ? Avec une école industrielle, à partir de l’âge de 12 ans, les orphelins pourront gagner leur vie, et cesseront, en partie, d’être à la charge de la Mission ; cette éventualité nous permettra d’en élever un plus grand nombre. Comme, d’un autre côté, les conversions sont difficiles, cet établissement nous aiderait à arracher, chaque année, un nombre plus considérable d’âmes au démon.
« La crèche, installée par les Sœurs-Catéchistes de Marie-Immaculée, a abrité pendant l’année 36 bébés. La plupart sont de toutes malingres petites créatures, qui, malgré tous les soins — pauvres petites fleurs fanées avant le temps — ferment leur corolle ici-bas pour aller s’épanouir dans les jardins du Paradis.
« L’ouvroir permet aux Religieuses d’occuper les orphelines adultes, en même temps qu’il rend de grands services aux Missionnaires pour le raccommodage des ornements, du linge d’autel, etc., etc.
« Il n’est personne qui n’ait entendu parler de la crise de nationalisme qui remue l’Inde. Le pays est en mouvement ; on veut arriver aux charges ; on veut jouer un rôle, et, pour cela, on veut étudier. Il faudrait donc que les Missions pussent entretenir de bonnes et fortes écoles, pour l’éducation de leurs chrétiens d’abord, et aussi — bien qu’ils oublient assez vite les bienfaits reçus — pour avoir une certaine influence sur les païens ou plutôt sur les Hindus, car c’est de ce nom que les païens veulent être appelés. La passion du. rond-de-cuir sévit ici à l’état aigu ; jamais le Gouvernement ne manquera de fonctionnaires.
« Où en sommes-nous relativement a ces écoles ? Hélas ! il faut bien l’avouer, nous sommes en retard, très en retard, surtout pour les écoles de garçons. Grâce aux Religieuses indigènes du T.-S. –Cœur de Marie, nous avons un certain nombre d’écoles de filles qui fonctionnent assez bien.
« Les Anglais distinguent, dans leurs écoles, les Elementary Schools, qui enseignent jusqu’à la première classe, c’est-à-dire moins que le Certificat d’études ; les Lower secundary Schools, qui enseignent jusqu’à la quatrième classe exclusivement ; les High Schools, où on étudie jusqu’à la Matriculation, qui équivaut à peu près au Brevet ; et enfin, les Collèges, qui se subdivisent en Collèges de premier degré et en Collèges de second degré.
« Pour les High Schools ou les Collèges, rien ne nous presse encore d’en établir; car nous avons, presque à nos portes, le High School que la Mission de Pondichéry maintient à Cuddalore, au nord de notre diocèse, et le Collège des RR. PP. Jésuites de Trichinopoly, au sud. Mais il nous faudrait plusieurs Lower secundary Schools. Nous devrions en avoir au moins à Kumbakonam, à Mayavaram et à Siagi, où nous avons de fortes chrétientés désireuses de s’instruire. Ces écoles, outre qu’elles nous permettraient d’empêcher efficacement nos catholiques de fréquenter les écoles du Gouvernement ou celles des païens, ou encore celles des protestants, serviraient aussi à alimenter soit le High School de Cuddalore, soit le Collège de Trichinopoly. Peut-être même y trouverions-nous de temps à autre des élèves ecclésiastiques. Mais nous sommes si pauvres que force nous est d’en rester toujours avec nos Elementary Schools. Cependant j’espère que nous pourrons, avant qu’il soit longtemps, établir un Lower secundary School, ici à Kumbakonam.
« Si nos chrétiens comprenaient bien leurs devoirs, la question des écoles serait plus facile à résoudre. Malheureusement, en très grosse majorité, ils sont portés à croire que c’est à la Mission à pourvoir à tous les frais d’éducation et d’instruction. Et ils sont entretenus dans ces idées fausses par la vue de ce que font les protestants, qui établissent des écoles à grands frais, même uniquement pour les païens, et, souvent, non seulement n’exigent aucune redevance des élèves chrétiens, mais encore ils les entretiennent à leurs frais, surtout s’il s’agit d’enfants de parents catholiques. Telles quelles, nos écoles sont au nombre de 76, dont 58 de garçons et 18 de filles, avec une population scolaire totale de 3.387 enfants.
« Ajoutons à la liste de nos Œuvres, celle de l’Apostolat de la Prière. Il est établi dans tous les districts : le nombre des communions de chaque premier vendredi du mois dépasse, dans plusieurs, la centaine.
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« Quelques mots maintenant sur les principaux faits de l’année. Au mois de mai, nous avons tous été sous le coup d’une vive émotion ; une congestion du foie avait tout à coup mis en danger la vie de Mgr Bottero. Le bon Dieu, cependant, nous a fait la grande grâce de nous le conserver. Toute la famille de ses Missionnaires — j’ai dit : « famille », pour exprimer la grande charité qui nous unit tous — espère bien le garder encore longtemps et lui redit les vœux de son sacre : Ad multos annos.
« M. Playoust, à Ayampett-Sud, met la dernière main à la belle résidence qu’il a construite pour les Sœurs Missionnaires-Catéchistes. Chaque nouvelle installation de religieuses signifie plus de baptêmes d’adultes et plus de baptêmes d’enfants in articulo mortis.
« Quelques conversions de protestants et de païens ont aussi récompensé le zèle du cher M. Playoust.
« Le P. Xavier, de Purattacudi, se voyait disputer depuis longtemps, par les Wesléyens, la possession d’une chapelle. Il a eu la joie d’en obtenir la possession définitive par jugement de la Haute-Cour de Madras.
« MM. Bulliard et R. Michotte ont continué courageusement les travaux des deux grandes et belles églises qu’ils construisent, le premier à Kottapalayam, le second à Ayampett-Nord. Ils ont, l’un et l’autre, au chef-lieu, de grosses chrétientés — 1.000 âmes à Kottapalayam et 3.000 à Ayampett — qui ne pouvaient trouver place dans les deux vieilles petites églises. Le métier de bâtisseur est un métier bien dur aux Indes, quand l’on songe que le missionnaire est obligé de s’occuper de la confection des matériaux et ensuite de surveiller le travail de la construction depuis la première brique des fondations jusqu’à la dernière de la voûte.
« M. Bricaud a terminé la jolie église qu’il a construite à Cossavenpatti.
« Au mois de mars 1912, j’ai béni le presbytère, solide et agréable, que M. Brun a bâti à Gabrielburam, district de fondation récente.
« M. Croze a jeté les fondations d’une église à Couttour, village de 800 chrétiens, dont la ferveur n’est pas en rapport avec leur nombre. Il espère, par ce moyen, être à même de s’installer plus facilement chez eux et les amener peu à peu à la piété.
« M. Mardiné, outre qu’il a agrandi un des bas-côtés de son église de Viragaloor, pour donner de la place à ses parias, poursuit, avec une ardeur que les ans ne peuvent affaiblir, le travail de son église de Poudoukottai.
« A Mikelpatti-Nord, M. Devin a eu la même joie que M. Brun, celle de mener à bonne fin la construction de son presbytère. Il se dispose à construire une belle chapelle de secours.
« M. Guyon, à Tiruvady, a fait de jolies réparations son église paroissiale, qui fait maintenant très bonne figure.
« A Tranquebar, M. Chevallier en a fait autant pour le presbytère et pour le couvent des Sœurs indigènes.
« MM. Bailleau, Janière, Mercier, les PP. Gnanadicam, Roch, Rattinam, préparent, avec un courage digne de la cause qu’ils servent, des matériaux pour de futures églises. M. Bailleau travaille pour la cathédrale ; le Père Roch pour une église à Siagi, ville assez importante, centre de Luthériens ; M. Janière songe à remplacer l’église du chef-lieu qui menace ruine ; le P. Gnanadicam voudrait bien avoir quelque chose de plus digne que sa misérable chapelle en chaume ; le P. Rattinam serait heureux, d’imposer silence aux protestataires de Komacudi, qui se plaignent depuis 20 ans de n’avoir pas de chapelle, et M. Mercier nourrit l’espoir de bâtir des églises plus convenables à Arantanghi et à Mannargudi. Enfin, M. Rabardelle, bien que chargé de deux grands districts qu’il parcourt à grandes chevauchées, a trouvé le moyen de terminer à peu près la chapelle de Carei et de travailler à celle d’Annamangalam.
« Les Missionnaires qui n’ont rien bâti cette année avaient de bonnes raisons pour cela ; c’est qu’ils l’avaient fait l’an dernier, et n’avaient plus le sou en poche, si même ils ne s’étaient pas mis en dettes.
« Tout cela est d’autant plus méritoire et digne d’éloge que, dans la plupart des cas, la Mission n’a pas pu venir en aide aux constructeurs, et, quand elle a donné quelques secours, elle l’a fait avec une parcimonie bien en rapport avec la pénurie dans laquelle elle se trouve.
« Tous ces travaux, ajoutés à ceux déjà si lourds de l’administration de gros districts, et aussi les chaleurs excessives que nous avons eues, ont été cause que beaucoup de Confrères malades ou sérieusement fatigués ont dû aller se reposer, un mois ou deux, dans notre Sanatorium de Saint-Théodore, sur les Nilghiris.
« Un recensement des protestants établis dans la Mission a été fait cette année ; il a donné le nombre de 7.802 dissidents : Luthériens, Baptistes, Wesléyens, membres de la Haute-Eglise, de la London-Mission. Leurs succès auprès des païens sont peu de chose. Pourquoi faut-il qu’ils s’occupent un peu trop des catholiques, s’offrant à payer leurs dettes, à faire étudier leurs enfants, à les aider dans un procès, etc... etc...? C’est un gros ennui pour beaucoup de missionnaires.
« Puisque le moment est aux statistiques, disons que la population totale du diocèse est de 3.300.000 habitants. Les catholiques sont près de 100.000 et les musulmans comptent le même chiffre, à quelques centaines près. Donc, sur 33 habitants, il y a 31 païens, 1 catholique et 1 musulman.
« En terminant, conclut Mgr Chapuis, je recommande aux prières des âmes charitables le succès des œuvres que nous avons particulièrement à cœur, telles que la formation de notre Clergé indigène, notre école industrielle, et la construction de quelques églises dont le besoin se fait sentir. Adveniat regnum dei ! »
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