| Année: |
1914 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Kumbakonam |
| Rédacteur: | Mgr Chapuis |
IV. — Kumbakonam
Population catholique 98.675
Baptêmes de païens 349
Baptêmes d’enfants de païens 2.951
Conversions de protestants 34
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L’exercice 1913-1914, écrit Mgr Chapuis, devait se terminer par une dure épreuve pour le diocèse de Kumbakonam. Le 27 août en effet, sept missionnaires, MM. Bailleau, Vachon, Croze, Chassain, Chaumartin, Lagarrigue et Prunier (ce dernier arrivé depuis trois mois seulement) nous quittaient pour obéir à l’ordre de mobilisation et voler au secours de la patrie
en danger.
« A. Pondichéry, une foule immense les accompagna jusqu’au quai d’embarquement. M. Lejeune, gouverneur par intérim de la colonie, leur souhaita, en termes émus, une heureuse traversée. M. Bailleau remercia M. Lejeune et toute la population en quelques mots bien sentis.
« Avec MM. Deltour et Vienne, qui se trouvaient déjà en France, le diocèse de Kumbakonam compte 9 de ses missionnaires sous les drapeaux. De ce fait, plusieurs de nos paroisses sont privées de prêtre, et la tâche des confrères qui restent se trouve considérablement augmentée. Que le bon Dieu nous donne bientôt une paix glorieuse, afin que nos chers mobilisés puissent revenir au milieu de nous et reprendre leurs travaux interrompus !
« Je parlais, l’an dernier, des difficultés que nous suscitait la municipalité de Kumbakonam, au sujet de notre léproserie dont elle ne voulait absolument pas. Sur nos instances réitérées, les sectaires du conseil municipal finirent par promettre que l’œuvre nouvelle serait tolérée, si nous nous engagions à ne jamais lui donner un plus grand développement. La condition nous parut inacceptable, et il fut décidé que nous bâtirions une autre léproserie sur un terrain indépendant de la municipalité. Les Sœurs Catéchistes de Marie, qui songeaient depuis longtemps à fonder un hôpital pour femmes et enfants, ont acheté notre ancienne léproserie, et nous cherchons un terrain propice pour y construire la nouvelle. Dès que ce terrain sera trouvé, M. Jean Michotte reprendra le métier de bâtisseur et dotera la mission d’un bel asile pour les pauvres lépreux.
« De son côté, M. Raymond Michotte vient d’acheter un emplacement de plus de 4 acres, sur lequel il va installer notre école professionnelle. Hélas ! ce bon confrère ne peut songer à faire une merveille, car la presque totalité de l’argent recueilli par lui en France et en Belgique, a été dépensée pour l’achat du terrain et d’un moteur, et les événements d’Europe ne vont-ils pas tarir, pour plusieurs années, la source des aumônes, dont nos œuvres naissantes avaient si grand besoin ?
« Mais, dira-t-on, à quoi bon toutes ces œuvres de bienfaisance, si coûteuses ? La réponse est facile. Les œuvres nous font aimer, et, par voie de conséquence, font aimer notre sainte religion : elles touchent les cœurs et amènent les âmes peu à peu jusqu’au baptême. Voilà le but que nous poursuivons au moyen de notre hôpital, de notre école professionnelle et de toutes les œuvres que nous entretenons. Cette année, dans nos quatre dispensaires, les Sœurs Catéchistes de Marie ont donné plus de cent mille consultations : les païens ne peuvent pas ne pas admirer tant de charité.
« Nos écoles font aussi beaucoup de bien, et le nombre des enfants qui les fréquentent a sensiblement augmenté. Nos Sœurs indiennes du Saint et Immaculé Cœur de Marie nous rendent de précieux services dans la direction de ces écoles. Le gouvernement ayant élevé, depuis quelques années, le niveau des programmes, et exigé plus de science de la part des maîtres et maîtresses, nos Sœurs indigènes se sont mises au travail pour être à la hauteur de la situation. Les plus jeunes parmi elles étudient maintenant l’anglais, et auront bientôt satisfait à toutes les exigences dit gouvernement. le nombre de leurs écoles est actuellement de seize.
« Le petit séminaire est notre œuvre de prédilection, et nos 21 élèves ne laissent rien à désirer sous le rapport de la piété et du bon esprit.
« Dans les districts, les confrères font de louables efforts pour augmenter la vie chrétienne parmi leurs fidèles. Ils ne manquent pas non plus d’entretenir, autant que faire se peut, des relations amicales avec les païens. En beaucoup d’endroits, ces pauvres païens aiment à voir le prêtre, et l’ont en grande estime ; hélas ! ils en restent là. Et si on leur parle de religion, surtout si l’on insiste pour les décider à se convertir, presque toujours ils cessent leurs visites : ils ne veulent plus d’une conversation qui les gêne.
« A Mattour, M. Malfrayt s’est donne beaucoup de mal pour défendre ses parias contre les païens de haute caste. Depuis quelques années, en effet, les parias ont une tendance, bien légitime d’ailleurs, à secouer le joug qui pèse si lourdement sur eux ; cette tendance se manifeste surtout chez nos parias chrétiens. Les grands propriétaires, habitués jusqu’ici à traiter ces pauvres parias en esclaves, ne veulent rien perdre de leur antique suprématie. Pour la conserver intacte, ils ont essayé de tous les moyens dans le district de Mattour : procès injustes, mauvais traitements, privation de droits acquis, tout a été mis en œuvre par eux. Heureusement M. Malfrayt ne s’est pas laissé effrayer : il a défendu les intérêts de ses chrétiens et a obtenu gain de cause dans la plupart des cas. Il faut voir aussi comme ses parias l’aiment et lui sont dévoués !
« A Mikelpatti sud, les PP. Gnanadican et Félix ont entrepris la construction d’une grande église, dont j’ai béni la première pierre le 1er juillet. L’ancienne menaçait ruine ; on a dû la démolir pour éviter un malheur. Mikelpatti est un village tout chrétien qui augmente à vue d’œil, parce que le terrain y est favorable à la culture du bétel.
« A Ayampett sud, M. Playoust, avec l’aide des Sœurs Catéchistes de Marie, a fondé une école de filles qui compte déjà 165 élèves. Notre, confrère ne pouvait choisir un meilleur moyen de faire pénétrer le catholicisme, dans cette ville de 12.000 âmes, où domine le double élément païen et musulman.
« M. Fluchaire, à Mayavaram, seconde ville du diocèse, a relevé de ses ruines le dispensaire que les pluies diluviennes de l’année dernière avaient renversé. Il a agrandi le couvent des religieuses et réparé le presbytère. A. Tranquebar, M. Bertail, lui aussi, a dépensé près de 1.000 roupies pour remettre sa résidence en état.
« Dans le district de Tolourpatti, au village de Taleimaleipatti, IM. Massol a béni une jolie petite église. Il pourra désormais visiter régulièrement ce village, dont les néophytes réclament des soins spéciaux.
« A Vadougarpatti, M. Barralon a eu la joie de voir rentrer an bercail une douzaine de familles « pallers », du village d’Alampkkam, qu’un coup de tête avait conduites au protestantisme, il y a environ douze ans.
« M. Devin, à Mikelpatti nord, après avoir bâti un presbytère, prépare courageusement des matériaux pour une église. Le mauvais hangar, décoré actuellement du nom d’église, est tout ce qu’il y a de plus misérable et de plus incommode.
« Le P. Roch à Vadhavikam, M. Croze à Vadagerei, M. Janière à Mandai et le P. Régis à Karayour font l’impossible pour achever la construction de l’église du poste.
« Le district de Tennour est un des plus infestés de protestantisme. Les luthériens y ont deux « padris », et y possèdent de nombreuses écoles. C’est pour les combattre que M. Bertail d’abord, M. Mercier ensuite, ont, eux aussi, ouvert plusieurs écoles. Le résultat ne s’est pas fait attendre longtemps : la jeunesse mieux instruite est devenue plus pieuse, et un bon nombre de familles protestantes sont rentrées clans le giron de la sainte Eglise. Mais..., car il y a un mais, ces écoles coûtent cher, et M. Sovignet, titulaire actuel du district, serait heureux de recevoir quelques secours pour leur entretien.
« Je terminerai ce compte rendu par quelques chiffres. Le nombre des confessions a passé de 155.500 à 163.373, et celui des communions, de 240.343 à 264.026. En outre, il y a eu un relèvement dans le chiffre des naissances ; nous avons baptisé 3.364 enfants de chrétiens contre 3.221, l’an dernier, d’où une augmentation de 143. »
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