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Rapport annuel des évêques

Année: 1915
Pays: Inde
Mission: Coïmbatour
Rédacteur:Mgr Roy

III. — Coïmbatour

Population catholique 40.242
Baptêmes d’adultes 223
Baptêmes d’enfants de païens 756
Conversions d’hérétiques 55
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« Rentré à Coïmbatore en avril, au moment des grandes chaleurs, et après avoir fait ma visite ad limina, écrit Mgr Roy, je trouvai mon diocèse privé d’un certain nombre de ses ouvriers apostoliques. Cinq étaient mobilisés en France et M. Sabot nous avait été ravi par la mort, à la fleur de l’âge, lorsqu’il ne comptait encore que 12 ans de vie apostolique. Un mois après mon retour, M. Blanchard tombait, lui aussi, au champ d’honneur de la sainte Eglise, après 49 ans de mission. Depuis lors trois, autres missionnaires ont encore été mobilisés, et ce n’est peut-être pas fini... A la grâce de Dieu !
« Tous ces départs ont causé un réel préjudice à notre œuvre d’évangélisation. Mais la France avait besoin de ses enfants pour défendre son héritage de foi et de gloire ; elle avait besoin d’argent pour soigner ses blessés, vaincre ses ennemis : nous ne lui avons refusé ni les hommes ni l’argent, et nous avons fait ces sacrifices pour l’amour de Dieu et de notre chère patrie. En attend des jours plus sereins et plus ensoleillés, nous nous sommes efforcés de maintenir les œuvres déjà existantes.
Grâce à Dieu, grâce au zèle et au dévouement de nos chers collaborateurs, et aussi peut-être à la vitesse acquise, les résultats de l’exercice 1914-1915 ne le cèdent en rien sur beaucoup de points à ceux des années précédentes. Cependant nous devons avouer que les conversions d’adultes ont un peu diminué ; et il n’y a pas lieu de s’en étonner. En effet, ne fallait-il pas tout d’abord s’occuper des enfants de l’Eglise, avant de songer à en augmenter le nombre par la conversion des infidèles ?
« La conduite et la piété des élèves du petit séminaire nous ont donné satisfaction, leur travail, aussi ; et leur santé n’a rien laissé à désirer. Si l’établissement n’a pas subi une diminution dans le nombre des élèves, nous le devons à Mgr de Kumbakonam, qui nous envoie des sujets de son diocèse. Nous avons, par ailleurs, 6 élèves au grand séminaire provincial de Pondichéry, et 2 au grand séminaire papal de Kandy, à Ceylan. Ces 8 lévites donnent les meilleures espérances pour l’avenir, au témoignage des maîtres qui se dévouent avec tant de zèle à leur formation sacerdotale.
« Notre pensionnat Saint-Michel, qui a toujours été le principal sinon l’unique pourvoyeur de notre petit séminaire, ne fournit pas beaucoup de vocations, depuis quelques années. Ce n’est là sans doute qu’un accident regrettable, purement passager et dont il n’y a pas à se préoccuper outre mesure. On ne signale, en effet, aucun relâchement dans la discipline, et la tenue de nos pensionnaires reste bonne. Mais ils sont indiens, et, comme tels, un peu mou au travail ; ils ont besoin d’être stimulés et encouragés, parce que, d’eux-mêmes, ils sont incapables de faire un effort sérieux. Il faut leur donner au pensionnat l’éducation qui leur a manqué dans la famille.
« Nos orphelinats sont prospères, mais nos ressources ont diminué beaucoup, par suite de la guerre, et nous sommes obligés d’y regarder à deux fois avant d’accepter de nouveaux enfants. L’école industrielle Saint-Joseph est pour nos orphelins d’une utilité capitale, au double point de vue moral et physique.
« Les orphelinats de filles sont tenus par les religieuses Franciscaines Missionnaires de Marie et les Sœurs indigènes de la Présentation. Ces établissements font merveille. Les orphelines ont aussi leur école industrielle ; les unes font de la dentelle, d’autres, du tissage ; la plupart apprennent à faire le ménage.
« Nous avons 3 principales écoles de garçons : l’école Saint Michel à Coïmbatore, l’école Saint-Joseph et l’école Saint-Antoine à Coonoor. Toutes trois ont dû être considérablement agrandies. A Coïmbatore, les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie bâtissent une grande école pour les filles, et les Sœurs de Saint-Joseph de Tarbes n’ont pas assez de place à Coonoor pour recevoir toutes les élèves qui se présentent.
« Le dispensaire-hôpital de Coïmbatore et les deux dispensaires d’Ootacamund, sur le plateau des Nilgiris Hills, rendent les plus grands services au corps et à l’âme des malades. Beaucoup d’enfants et d’adultes y trouvent la porte du paradis.
« Que dire maintenant des districts ? Très peu de chose, car je ne vois aucun changement notable à signaler. La mobilisation et la mort nous ont enlevé, comme je l’ai déjà dit, quelques chefs de district. Le regretté M. Blanchard n’a pas encore été remplacé à Pallapaléam. En attendant la fin de la guerre, son district est visité par le missionnaire du district voisin, M. Castanié. Le dimanche, M. Gaucher se rend de Coïmbatore à Pallapaléam pour y dire la messe. Le chiffre de 19.782 communions de dévotion prouve que les 1.080 chrétiens de ce district ont été bien formés.
« M. Béchu m’écrit de Coonoor : « Monseigneur, je vous envoie mon compte rendu « annuel. Comme Votre Grandeur le verra, je n’ai encore rien fait qui mérite une citation à « l’ordre du jour de l’armée. Le temps de guerre n’est pas un temps de progrès ; du moins les « chrétiens de Coonoor n’avancent pas vite dans la vie spirituelle, et le Kaiser infernal, depuis « longtemps préparé au combat, n’est pas facile à déloger de ses positions : « Aucun « changement dans la situation. » Je compte bien peu sur mon petit Messager paroissial pour « m’aider dans la lutte ; mais il faudrait qu’il grandisse et que je l’habille un peu mieux, car « dans ce pays, ce qui est pauvre et petit ne produit rien de bon. Comme arme offensive et « défensive, j’ai établi encore (en petit toujours) une bibliothèque paroissiale qui sert à « propager les bonnes lectures et les bonnes pensées. »
« A Sainte-Marie d’Ootacamund, M. Crayssac, avant de partir à la guerre, avait organisé, avec le concours de M. Biolley, l’œuvre de la « Jeunesse catholique », qui donnera d’excellents résultats et fera beaucoup de bien. Le règlement de cette association réclamera peut-être quelques retouches ; mais, pour le présent, l’œuvre est en bonne voie.
« A Coïmbatore, M. Rondy, vicaire général et curé de la cathédrale, a fondé aussi une « Union Catholique » qui produit déjà de bons fruits.
« M. Gudin, qui évangélise les « badagas » païens des Nilgiris, m’écrit : « Je ne savais pas « trop ce que c’était que d’être missionnaire chez les « gentils », ad gentes. Je le sais « maintenant. Ça peut être beau de loin, mais ca ne l’est guère de près et en réalité. Ma « consolation est de penser qu’au moment de la mort, cette vie aride et désolée que je mène « ici, sera pour un sujet de confiance en la miséricorde de Dieu. » M. Gudin compte 11 baptêmes d’adultes, 21 conversions de luthériens et 57 baptêmes d’enfants de païens. Il a deux chapelles, dont l’une à Kéti, où les luthériens allemands ont une importante station. Les badagas catholiques sont au nombre de 59. »


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