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Rapport annuel des évêques

Année: 1916
Pays: Inde
Mission: Kumbakonam
Rédacteur:Mgr Chapuis

IV. — Kumbakonam

Population catholique 100.749
Baptêmes de païens 511
Baptêmes d’enfant de païens 1.661
Conversions d’hérétiques 29
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« L’exercice qui vient de finir avec le 31 août 1916, a été bien dur pour nous, écrit Mgr Chapuis. La mort nous a enlevé trois prêtres, MM. Teyssèdre, Aloysius et Barralon, si bien que nous ne sommes restés que 40 pour 100.000 chrétiens, sans compter les œuvres générales que réclame toute mission. Encore, si ces 40 ouvriers avaient tous joui d’une bonne santé, les difficultés pour grandes qu’elles fussent auraient pu être surmontées dans une certaine mesure ; mais nous avons un prêtre tamoul complètement infirme ; M. Palluel a été malade pendant toute l’année, et MM. Depigny et Janière le sont depuis plusieurs mois. En retranchant donc les malades et ceux qui sont employés aux œuvres générales, il reste 32 prêtres pour le ministère des paroisses. Si, du moins, la population chrétienne était régulièrement distribuée dans l’étendue de la mission, on pourrait plus facilement remédier au mal ; mais, tandis qu’elle est très disséminée dans certains quartiers, elle est très dense dans certains autres, de sorte que quelques confrères ont 5.000, 6.000 et même 7000 chrétiens à administrer. Aussi, avec quelle impatience nous attendons la fin de la guerre, pour saluer avec grande joie le retour des missionnaires qu’elle nous a pris.
« En dépit de la tâche qui nous était imposée, l’administration des chrétientés s’est faite à peu près partout, sinon aussi régulièrement et aussi longtemps qu’avant la guerre, du moins de manière qu’aucun fidèle n’a été dans l’impossibilité de remplir ses devoirs religieux. Tous les confrères, en effet, Européens et Tamouls, ont donné le maximum d’efforts. Mais il est bien à craindre que si cette situation difficile se prolonge longtemps, l’excès de fatigue ne fasse son œuvre de mort.
« Quelques extraits de lettres des confrères montreront mieux que mes paroles le genre de vie des ouvriers apostoliques, leurs travaux, et, par suite, la marche du diocèse.
« D’Ayampett nord, M. Huysman écrit : « Le principal fait de l’année est la continuation « de la construction de la nouvelle église. Malgré leur misère, mes pauvres gens ont fait de « leur mieux pour y contribuer, ce qui, joint à quelques autres secours, m’a permis de pousser « les travaux assez activement. Peut-être, l’année prochaine, finirai-je la moitié de l’édifice « qui pourra ainsi servir les dimanches et les jours de fêtes. »
« Le P. Ignace, un prêtre tamoul, qui doit lui aussi ajouter à son travail de pasteur des âmes, celui de bâtisseur, est tout à la joie d’avoir terminé le gros œuvre de son église de Tandamandarée : « J’en ai fait la bénédiction le 23 octobre 1915, écrit-il ; il reste à crépir tout « l’édifice et à placer portes et fenêtres. Cette année, j’ai commencé la chapelle « d’Annamangalam. J’espère pouvoir la finir dans deux ou trois ans.»
« M. Sovignet a également à bâtir ou à réparer plusieurs chapelles et presbytères « J’ai, me « dit-il, dépensé 300 roupies pour mettre mon presbytère en bon état, et j’ai aussi réparé la « chapelle de Wallacepett, l’église et le presbytère d’Arantangui. »
« Puisque j’en suis aux constructions ou réparations d’églises, j’ajouterai que le P. Xavier, le voisin de M. Sovignet à Palayamcotta, a cette année fort avancé la construction de l’église du chef-lieu de son district, grâce surtout à la générosité d’un Vendéen grand ami des missions. Malheureusement cet ami est mort. Si quelqu’un voulait prendre sa succession de bienfaiteur de la paroisse de Palayamcotta, il serait sûr de la reconnaissance du pasteur et des fidèles, et hâterait l’achèvement d’une œuvre très nécessaire.
« Le district d’Atur, le plus pauvre et le plus ingrat du diocèse, marche de progrès en progrès sous l’énergique impulsion de M. Ligeon. Le Père a reconstruit la chapelle de Michelpullur que les pluies, aidées des fourmis blanches, avaient jetée par terre. Il a remis à neuf le presbytère du chef-lieu, ainsi que l’église où il peut maintenant conserver le Saint-Sacrement. La chapelle de Pungavadi a été aussi restaurée et une petite chambre construite derrière le chœur. Si j’ajoute que M. Ligeon se prépare à terminer l’année prochaine l’église de Gangavalli, centre important, personne ne pourra contester le travail vraiment remarquable accompli par ce missionnaire.
« Le P. Gnanadicam s’est également donné beaucoup de peine pour mener de front le travail spirituel de son district, et la construction de la belle église de Michelpatti, le chef-lieu, dont la population augmente rapidement.
« De Mayavaram, M. Fluchaire me fait parvenir les intéressants détails qui suivent : « L’année a été bonne pour la récolte spirituelle. Les écoles prospèrent... J’ai eu la joie de « recevoir l’abjuration du Nattamei (chef) des Luthériens dans le quartier de Saint-Antoine ; « Mudiappen padeatchi est devenu un bon catholique. Tout dernièrement j’ai enregistré toute « une famille de vellages protestants, le père, la mère, et six enfants. Deux des filles « communient maintenant tous les jours.
« J’ai entrepris de remettre en ordre les foyers catholiques qui s’étaient écartés de la bonne « voie ; cela ne va pas sans difficulté. Trois ménages parias ont vu leur situation régularisée. « J’espère que, sous peu, l’ordre sera partout. »
« M. Massol voudrait bien que la vie spirituelle de ses chrétiens se manifestât d’une manière un peu plus tangible par l’observation du dimanche et la confession pascale.
« Lorsque le gouvernement anglais se décida à renvoyer en Europe, ou à garder dans des camps de concentration, les missionnaires allemands de l’Inde, nous nous disions que la guerre, parmi tant de difficultés qu’elle nous créait, aurait au moins le bon résultat d’amener la conversion de beaucoup de protestants privés de leurs padris. La majorité, en effet, des hérétiques du diocèse sont des luthériens de la Société évangélique de Leipzig. Notre espérance a été de courte durée. Les Allemands partis, nous avons vu arriver des Suédois, des Norvégiens, des Danois, des Américains qui ont pris leur place. Quant aux ressources pécuniaires, ils ont moins souffert que nous : l’argent a continué à affluer ; le canal seul qui l’apportait était changé.
« Le P. Xavier, senior, a Prattacudi, ne trouve guère, lui aussi, que le protestantisme ait cessé d’être dangereux. Il me dit : « Je suis obligé d’être sur le qui-vive, vis-à-vis de la S. P. « G. Mission d’Irungalur, qui essaye d’attirer nos enfants à son école. Autrefois le « Superintending Missionary » avait sa résidence à Trichinopoly, et les protestants d’Irungalur étaient desservis par un padri indien. Mais, comme la mission végétait dans ces parages, le « Superintending Missionary » actuel est venu s’établir à Irungalur même, pour remonter le « prestige moral de la secte, en renforçant le dispensaire, le pensionnat, et surtout l’école. Il a « fait venir de Tinnevelly des maîtres d’école qui ont passé leurs examens, et a ajouté deux « cours supérieurs. C’est une grande tentation pour nos catholiques dont deux, malgré mes « avis, ont déjà envoyé leurs enfants à cette école. Pour parer au mal, je suis en train « d’introduire un peu d’anglais dans notre école. »
« Les Sœurs Catéchistes de Marie-Immaculée se sont vu aussi déclarer la guerre à Tranquebar, par la femme du padri du lieu. Cette dame va jusqu’à poster dans les rues certains de ses affidés, pour entraîner chez elle les jeunes filles qui fréquentent l’école des religieuses.
« L’école, voilà l’arme principal dont se servent les protestants, et la grande cause des succès qu’ils obtiennent. Pour prévenir le danger, il nous faudrait plus d’écoles, et surtout des écoles plus riches et d’un grade plus élevé. Mais j’ai beau regarder autour de moi, je ne vois pas les moyens d’en avoir.
« Cette année nous avons la joie de voir le nombre de nos catholiques dépasser 100.000. Les 1.661 baptêmes d’enfants de païens in articulo mortis sont en très grande majorité le résultat des efforts de nos chères Sœurs Catéchistes de Marie-Immaculée. Malgré les difficultés actuelles, elles ont maintenu au prix de bien des sacrifices toutes leurs œuvres, et attendent avec impatience l’occasion de les développer. Nos bonnes religieuses tamoules continuent à se dévouer à l’œuvre de l’éducation des jeunes filles, et à former par leurs exemples et leurs paroles de ferventes chrétiennes. »


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