| Année: |
1916 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Maïssour |
| Rédacteur: | Mgr Tessier |
II. — Maïssour
Populalion catholique 52.685
Baptêmes d’adultes 956
Baptêmes d’enfants de païens 1.261
Conversions d’hérétiques 81
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« J’aurais voulu, dans mon premier compte rendu comme évêque du Mysore, écrit Mgr Tessier, ne vous parler que de mes consolations et de mes espoirs ; mais les temps sont si tristes et nos épreuves si nombreuses, que pour prendre courage, il faut se rappeler les paroles de Notre-Seigneur : Beati qui lugent quoniam ipsi consolabuntur. L’année 1915 fut une année de deuil ; la mort et la mobilisation avaient fait de grands vides dans nos rangs ; l’année 1916 n’a pas été plus heureuse, la mobilisation nous a enlevé les PP. Michel et Poirier, la mort 3 confrères.
« La divine Providence veut que nous subissions notre part d’affliction et d’épreuves ; comme évêque et Français je veux ajouter cette part aux expiations qui montent vers Dieu de tous les points de notre patrie pour la purifier, la sauver et lui donner la victoire sur l’ennemi.
« Le 4 octobre notre cher P. Boyet nous quittait pour le ciel, sa mort a été une grande perte pour la mission, car notre cher défunt possédait toutes les qualités qui font les saints missionnaires : zèle, dévouement, charité, intelligence et par-dessus tout une grande humilité. Le second confrère qu’il a plu à Dieu de rappeler à lui est le cher P. Froger, principal du collège Saint-Joseph, il fut un vaillant missionnaire qui sut faire prospérer unc œuvre éminemment catholique, l’éducation de la jeunesse ; ma consolation est de penser qu’il continue de veiller sur cette œuvre à laquelle il avait consacré sa vie. La tombe du P. Froger était à peine fermée depuis quelques mois, que notre doyen, le cher P. Bonnétrenne, nous quittait pour recevoir la récompense bien méritée par un apostolat de 50 ans. Les chapelles, les presbytères et les écoles dont il dota les districts qui lui furent confiés sont autant de témoins de son zèle actif et éclairé. C’est aussi à son initiative que nous devons l’hôpital Sainte-Marthe et l’établissement des Petites Sœurs des Pauvres.
« Malgré ces vides dans nos rangs déjà si clairsemés par la mobilisation, le compte rendu de nos travaux ne diffère pas sensiblement de celui des années précédentes, aucune œuvre essentielle n’est restée en souffrance, grâce au zèle et à l’énergie de ceux qui sont restés : baptêmes de païens 956 ; baptêmes d’enfants de païens in arliculo mortis 1.261 ; communions de dévotion 524.628.
« Nommé évêque depuis quelques mois seulement, il m’est impossible de vous parler, même en passant, de tous les champs d’activité dans lesquels s’exerce le zèle de mes confrères et des diverses Congrégations qui travaillent au salut des âmes ; cependant je puis vous dire que tous nos établissements continuent de faire de bon travail et de progresser. Le collège saint-Joseph, section européenne, sous la direction de son nouveau principal le P. Vanpeene, voit s’accroître le nombre de ses élèves qui dépasse aujourd’hui 400 ; les succès obtenus aux examens et la bonne tenue des enfants sont la meilleure recommandation de cette maison d’éducation. La section indienne, dont le P. Aucouturier est chargé, compte plus de 1.000 élèves ; ce chiffre indique clairement que nous avons la confiance des parents. L’école Saint-Aloysius, établie dans un autre quartier de Bangalore, continue de prospérer grâce au dévouement du P. Studer, qui ajoute à son travail de procureur de la mission et d’aumônier du couvent de Saint-Joseph celui de principal de cette école. Je passe sous silence toutes nos écoles de paroisse et de diatricts qui enlèvent à nos enfants catholiques le prétexte de fréquenter les écoles protestantes ou païennes, et dans lesquelles nous obtenons des résultats très consolants. Je n’ai que des félicitations à adresser à nos couvents, leurs écoles tiennent toujours la première place, leurs œuvres de charité sont prospères.
« L’administration de nos vastes districts a pu être faite à peu près régulièrement, mais au prix de grandes fatigues pour les confrères. Dans le Coorg, la mobilisation nous ayant enlevé successivement les PP. Graton et Pinatel, le P. Cochet s’est chargé du district de ce dernier ; 20 ans d’apostolat dans les pays de malaria ont pu anémier ce confrère, mais n’ont rien enlevé à son ardeur, et je suis heureux de faire savoir au caporal Pinatel que ses ouailles sont entre bonnes mains. Le P. Poulnais, malgré sa petite santé, le P. Laurent, malgré sont grand district, ont eu pitié des nombreux chrétiens des districts de Mudigéré et de Chickmagalur restés sans prêtres depuis 1915 ; n’écoutant que leur zèle, ils n’ont reculé devant aucune fatigue pour visiter ces chrétiens isolés dans les montagnes et disséminés dans les plantations de café. Dieu a béni leurs travaux et récompensé leurs efforts, car les confessions qu’ils ont entendues se comptent par milliers.
« Une de mes consolations me vient du P. Jauffrineau qui a ajouté à son district celui du P. Rodrigues malade depuis un an. Il m’écrit que tout va bien que son troupeau de nouveaux chrétiens s’augmente tous les jours : « Mes grands enfants sont ma joie et font mon bonheur, « ils sont dociles et pieux, ils ressemblent aux chrétiens de la primitive Eglise, la plus belle « charité règne parmi eux, ils ont l’esprit de prosélytisme, chose rare parmi les Indiens, et ils « font tout leur possible pour amener leurs parents encore païens à la religion. » Le P. Jauffrineau est content, il va toujours de l’avant, mais son évêque devient anxieux, car ces nouveaux venus au bercail sont riches uniquement des bonnes qualités que leur trouve leur Père, et nous devons les aider !
« L’événement principal de cette année pour moi a été mon élévation à l’épiscopat. Quand on a 63 ans d’âge et 38 ans de mission, on pourrait se croire à l’abri de ce fardeau, que de jeunes épaules trouvent déjà bien lourd. Mais comme il n’y a ni jeunesse ni vieillesse pour un missionnaire qui se doit à sa vocation jusqu’au dernier jour de sa vie, je me suis soumis au désir de mes confrères et j’ai obéi au Saint-Père en prenant pour devise : Domine, in te speravi. Nosseigneurs les archevêques de Pondichéry et de Madras, les évêques de Coïmbatore, Kumbakonam, Trichinopoly et Mangalore ont bien voulu rehausser par leur présence l’éclat de ma consécration, qui eut lieu dans la cathédrale Saint-Patrick ; les missionnaires, les prêtres indiens, non seulement de la mission, mais des missions voisines, et une foule considérable de chrétiens étaient venus pour témoigner leur joie à leur nouvel évêque et lui offrir l’hommage de leur filiale soumission. Le seul nuage dans ce jour de fête était l’absence de mes 12 confrères mobilisés ; mais ils étaient de cœur avec nous et notre pensée allait à eux pour prier Dieu de les ramener sains et saufs au Maïssour. »
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