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Rapport annuel des évêques

Année: 1916
Pays: Inde
Mission: Pondichéry
Rédacteur:Mgr Morel

CHAPITRE VIII
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Groupe des Missions de l’Inde

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I. — Pondichéry

Population catholique 147.760
Baptêmes d’adultes 285
Baptêmes d’enfants de païens 1.350
Conversions d’hérétiques 14
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« Seize missionnaires de Pondichéry et deux frères de Saint-Gabriel, écrit Mgr Morel, ont été mobilisés ; M. Veaux, qui était en France dès avant la guerre n’est pas rentré. C’est donc avec 19 ouvriers en moins que nous avons dû faire face aux travaux ordinaires.
« Grâce au dévouement des confrères et de nos prêtres indigènes, l’administration des districts a eu lieu à peu près régulièrement. Au petit séminaire-collège, M. P. Escande resté seul avec M. Renoux a gardé ses 1.000 élèves. Quelle somme de travail il a dû et doit fournir ! quelles merveilles d’économie il a su réaliser ! Lui seul le sait, et le Maître qui le récompensera.
« Le grand séminaire a perdu M. Lesponne, le directeur fourni par le Coïmbatore et non remplacé. M. Veyret s’est chargé des cours de Morale et le Dogme ; M. Pointet, Alsacien, réfugié à Pondichéry, a pris les cours d’Histoire ecclésiastique et d’Ecriture Sainte, ainsi que les classes de latin ; le supérieur M. Gayet s’est multiplié, et jusqu’ici tout à bien marché. Les élèves de Théologie et de Philosophie n’ont même jamais été aussi nombreux, et les chambres font défaut pour les loger tous. Avec mes actions de grâces à la bonne Providence, je tiens à exprimer mes remerciements aux directeurs du grand séminaire.
« M. Gravère a pris la charge des deux districts de Tindivanam et de Minnur ; le P. S. Paul a ajouté le district de Chetpat à la paroisse de Périakolapolur ; M. Dequidt déploie toute son activité à Arni et à Pattiavaram ; M. Murcier administre Polur avec son propre district ; MM. Leroy et Tesson ont ajouté Konankupam à leur grand et populeux district d’Eraiyur. Mon vicaire général est curé de Panikancupam, et moi de Villupuram.
« Notre vénérable doyen, M. Darras, a dû bien malgré lui abandonner son poste de Kuruscupam, un faubourg de Pondichéry, et c’est la cathédrale qui a assumé l’administration de cette église.
« Notre école de catéchistes a continué sa marche régulière, et voici ce que M. Mette qui en est chargé m’écrit : « Depuis son origine en 1900-1901, 130 élèves environ ont passé par « cette école de catéchistes. Sur ce nombre, 2 sont prêtres, 7 se préparent à le devenir, 6 sont « morts ; et leur trépas a été accompagné de sentiments de foi et de confiance chrétienne peu « communs en ce pays. Pour des raisons diverses, 7 ou 8 ont quitté leurs fonctions de « catéchistes ou de maîtres d’école ; 3 se sont perdus. Les autres sont demeurés fidèles et cela « n’est pas sans mérite, pour les maîtres d’école surtout, car comme ils ont étudié à l’Ecole « normale et y ont reçu leur diplôme, les inspecteurs du gouvernement les recevraient « volontiers dans leurs écoles, et leur donneraient une paye bien supérieure à celle que nous « pouvons leur allouer. »
« Cette année, à peu près tous les comptes rendus signalent une recrudescence dans l’émigration Alladhy, Melsittamur, Vettavalam, Vandiwash, Polur, Chetpat. A Gingee, il y aurait un dixième des chrétiens qui seraient partis à Pinang durant les dix derniers mois. Le gouvernement a aussi recruté des soldats et des porteurs pour la Mésopotamie.
« Dans le nord du diocèse, on me signale une propagande protestante beaucoup plus active. C’est 1’Américan Mission qui se trouve dans ces parages, et elle ne semble pas manquer de ressources. « Les protestants s’établissent partout, écrit M. Bastide, mais de préférence, « semble-t-il, auprès de mes villages chrétiens ; et ils sont toujours disposés à recevoir mes « pauvres néophytes, à les payer ou à leur prêter de l’argent. Un village vient ainsi de passer à « l’ennemi. »
Après ce coup d’œil généraI sur la mission, Mgr l’Archevêque passe en revue la plupart des districts :
VILLUPURAM. — « Cette année j’ai fait faire la première communion d’abord aux enfants du chef-lieu, ensuite à ceux des villages où il n’y a pas de pied-à-terre pour le prêtre ; 54 de ces derniers ont été hébergés au presbytère pendant six semaines, pour étudier les prières et le catéchisme. Ils étaient bien disposés ; ils ont reçu la communion et ont été confirmés, puis sont rentrés chez eux . A Poyapakam, à 3 milles de Villupuram, la chapelle a été brûlée il y a cinq ans. Je viens de la rebâtir, pour essayer de sauver les 30 familles de néophytes qui habitent ce village.
KARIKAL. — « M. Leblanc m’envoie un long et intéressant compte rendu dont je suis heureux de donner les extraits suivants :
« Je dois mentionner le zèle intelligent avec lequel nos religieuses se consacrent, depuis « quelque temps surtout, à l’éducation catéchistique des enfants, et leurs efforts pour marier « convenablement les jeunes filles. Nous avons aussi introduit l’usage, en vigueur dans les « districts de l’intérieur, de faire étudier les fiancés pendant une ou plusieurs semaines. Ce « n’est pas toujours facile, surtout pour les habitants de la ville ; mais combien cette étude est « nécessaire à ceux qui vont assumer les charges de la famille. Que d’ignorance nous avons « constaté ! Cette besogne nous prend beaucoup de temps et est à recommencer à chaque « instant, ce qui est facile à comprendre en constatant que nous avons cette année béni 80 « mariages.
« Les Karikalais, même ceux qui ne pratiquent pas, et un certain nombre de païens, ont une « grande dévotion envers la Sainte Vierge. Que cette puissante Reine les amène tous à son « divin Fils ! qu’elle protège nos mobilisés ; ils sont nombreux. Avant leur départ, M. « Bareille, l’ami dévoué de la jeunesse, leur a chanté le cantique : En vous quittant, Mère « chérie.
« C’est ici le lieu de dire que M. Bareille a célébré un service solennel pour les morts au « champ d’honneur ; il a donné deux belles séances patriotiques. M. Drouhin est venu chaque « fois, avec sa fanfare, rehausser l’éclat des séances. Toutes les autorités civiles y assistaient « et nous avons pu offrir près de 3.000 francs pour les blessés et les orphelins de la guerre.
« Karikal ne sera pas au dernier rang pour le denier du culte. Jusqu’ici, les versements pour « trois trimestres s’élèvent à 900 roupies. A la fin de l’année, nous atteindrons 1.200.
« Les aldées sont fréquemment visitées par le P. Antoine. Il n’épargne pas sa peine, et on « peut le voir confesser jusqu’à 10 et 11 heures du soir, pour recommencer à 3 h. 1/2 < ou 4 « heures du matin. »
ERAIYUR. — « MM. Leroy et Tesson sont contents de leurs chrétiens. « Dévotion « florissante surtout au chef-lieu. Ecoles plus fréquentées, quoique ce point laisse encore à « désirer. La variole a continué à faire des victimes. Un fait qui ailleurs n’aurait été qu’un « incident heureux, a été ici un événement : l’envoi au séminaire pour la première fois « d’un « enfant d’Eraiyur ; mais il est bien jeune !
« A Melvaji, installation d’une école. »
KONANKUPAM.— « En l’absence du titulaire, M. Leroy a bâti un abri pour les pèlerins parias, et se propose de consolider une autre construction en y ajoutant sept ou huit contreforts. Il voudrait élever une chapelle à Ulundur, où le prêtre lors de ses visites est obligé de rester au bangalow du gouvernement, en payant une roupie par jour ; mais il n’a pas encore
à acquérir un terrain convenable.
VIRIYUR. ― « M. Autemard écrit : « Les chrétiens du district ont eu beaucoup plus à « souffrir que l’an dernier, aussi les collectes pour le denier du culte s’en sont-elles ressenties.
« Malgré certaines désobéissances, je dois dire que l’état général du district est bon. La « prière, la confession, la communion, la dévotion à la sainte Vierge, y sont en honneur. Les « nombreuses chapelles (neuf), tout en favorisant la piété et surtout la sanctification du « dimanche, offrent au prêtre un abri modeste mais convenable pour l’administration. »
KOLLAKURCHI. — « M. Haydont m’écrit qu’il est assez content de ses chrétiens. L’an dernier à Nariapanur, ses parias allèrent battre le tambour à une fête païenne : ils se sont soumis à la punition qui leur a été imposée, et l’esclandre est oublié. La note consolante de son rapport est donnée par les chiffres des confessions et des communions qui ont augmenté.
VETTAVALAM. — « M. Amaladassou est en train d’installer une grande école dans son chef-lieu, à Vettavalam. Il voudrait aussi bâtir une chapelle à Kanampandal, pour aller s’établir de temps à autre au milieu de ses sakilis. Ils sont trois ou quatre cent, et ont grand besoin d’être surveillés, corrigés et instruits.
VELLANTANGAL. — « Dans ce district, l’impulsion donnée par M. Gavan-Duffy continue de se faire sentir. Son vicaire le P. Paul Arokiam maintient la communion fréquente parmi la jeunesse et l’assistance régulière à l’école ; il pousse activement les travaux du presbytère au chef-lieu, et bâtit une belle école à Stattiamangalam.
NANGATHUR. — « Le P. Mariapragasanader remarque une diminution notable dans le nombre de baptêmes des enfants nés de parents chrétiens. Cela provient de l’émigration qui, depuis un an surtout, a pris des proportions considérables. Les chrétiens du chef-lieu, qui s’étaient jusqu’ici montrés très attachés à leur foyer, ont suivi l’exemple général, et 50 se sont expatriés cette année. Ils n’ont pas quitté le pays dans l’espoir de faire fortune, mais uniquement pour pouvoir vivre. Ils étaient dans la plus noire misère.
VELLORE. — « Dans son rapport M. Sacré rappelle ma courte visite chez lui pour donner la confirmation. Il avait réuni tous les enfants du district : à la messe, je distribuai 502 communions et administrai la confirmation à 362 personnes. Le missionnaire est heureux de constater que, cette année, il a 1.600 communions de plus que l’an dernier. Le premier vendredi du mois lui donne en moyenne 200 confessions ; et chaque dimanche, de 100 à 120.
« Il a jeté les fondations d’un nouveau presbytère qu’il compte achever dans le courant de l’année prochaine. Il a commencé également quelques travaux urgents au couvent, et s’occupe de réédification de la chapelle de Kaniambady.
TINDIVANAM ET MINNUR. — « M. Gravère, chargé des districts de Tindivanam et de Minnur, est sans cesse à visiter ses stations ; mais il ne trouve guère de consolations chez les néophytes. Les 500 à 600 anciens chrétiens de Tindivanam (sakilis et parias) s’acquittent à peu près de leurs devoirs religieux. Il a choisi quelques enfants dans plusieurs villages, et les fait élever avec les orphelins chez les Frères de Saint-Gabriel. Il espère que rentrés chez eux, ils serviront d’exemple aux autres et les convertiront.
CHANDERNAGOR. — « M. Durier partage le deuil de ses chrétiens. Parmi la population européenne, il y a eu sept décès d’adultes, à la suite desquels deux familles ont quitté Chandernagor. La quête pour le denier du culte a fourni 159 roupies.
« L’impression qui se dégage de ce compte rendu, conclut Mgr Morel, est que dans le diocèse de Pondichéry, comme ailleurs sans doute, le mal côtoie le bien un peu partout ; mais enfin l’administration s’est faite dans des conditions satisfaisantes. Nous en rendons à Dieu de vives actions de grâces. »


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