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Rapport annuel des évêques

Année: 1919
Pays: Inde
Mission: Pondichéry
Rédacteur:Mgr Prudent

CHAPITRE VIII
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Groupe des Missions de L’Inde

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I. — Pondichéry

Population catholique 150.206
Baptêmes d’adultes 206
Baptêmes d’enfants de païens 1.576
Conversions d’hérétiques 29
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L’année qui vient de finir, écrit M. Prudent, Vicaire Général, ne nous a apporté, comme la précédente, que misères et difficultés. La famine, les épidémies, dont l’une emporta MM. Leroy et Murcier, la mort de MM. Pouzol et Gantier, la maladie d’autres confrères, le retour tardif de nos chers mobilisés ont singulièrement entravé notre saint ministère. De plus, nos efforts se heurtent aux idées nouvelles, nées de l’esprit de révolte. Malgré cela, le bien s’est fait. Les rapports de nos confrères indiquent presque tous un sérieux accroissement de communions fréquentes, surtout parmi les jeunes gens, ainsi que l’établissement de nouvelles écoles et chapelles. Par contre, tous mentionnent un nombre extraordinairement faible de mariages et de naissances et un nombre extraordinairement élevé de décès.
Telles sont les grandes lignes de notre histoire ; quant aux détails, M. Bonnefond les résume ainsi : « Cette année, les soucis matériels ont absorbé l’attention des gens et n’ont guère laissé de place aux soinx de l’âme ; je me suis donc contenté de l’indispensable. »
L’assertion de M. Bonnefond, exacte pour plusieurs districts, ne l’est cependant pas tout à fait pour le sien. Settiapatty, qui, négligé dans ces derniers temps, est en voie de rénovation. Elle ne l’est pas non plus pour celui de Vellore, où les progrès spirituels et matériels s’affirment d’année en année. Elle l’est moins encore, pour celui de Chetput, d’où M. Colas nous écrit : « Il ne faut pas être pessimiste puisque le pessimisme est un moyen de ne rien faire. Donc soyons optimistes et disons que, si l’année 1918-19 n’a pas été excellente, elle aurait pu être plus mauvaise. » Et il ajoute que ses administrations ont été fructueuses et que, l’épidémie ayant sévi durement dans certains villages, il se fit médecin, ce qui lui ramena nombre d’égarés et détermina deux villages païens à demander le baptême.
Depuis la mort du très regretté M. Leroy, les deux districts de Frayur et de Viriyur sont sous la direction de M. Autemard, assisté d’un seul vicaire indigène. La population chrétienne de ces deux districts dépasse 9.200 âmes, celle de leurs écoles est de 542 élèves ; on compte un total de 43.000 communions et de 411 décès. Rappelez-vous que cette population est disséminée dans 105 villages, très éloignés les uns des autres, que les diverses écoles doivent être fréquemment visitées et les mourants toujours assistés, et vous comprendrez que deux prêtres ne suffisent pas à la tâche. Aussi n’est-il pas étonnant que M. Autemard cherche à établir des catéchistes missionnaires. Mais, pour fonder une telle œuvre, il faut des moyens qu’il n’a pas. Nous espérons qu’avant longtemps l’école de catéchistes de Villupuram pourra venir à son aide et lui fournir ces précieux auxiliaires. Mais les instituteurs ! Pour en trouver, Mgr l’Archevêque vient de décider de créer une école normale à Tindivanam, sous la direction des Frères de Saint-Gabriel. Les élèves devront y recevoir une solide éducation chrétienne, en même temps que l’instruction séculière, telle qu’elle est requise par le Gouvernement. Comme M. T. Gavan Duffy est chargé de l’exécution de ce projet, un prompt succès semble assuré.
Le district d’Attipakam a perdu sa ferveur première et M. Tesson nous dit que certains chrétiens ne montrent pas beaucoup d’empressement à remplir leurs devoirs.
Le district voisin de Nanghatur, au contraire, est plein de vie avec un catéchiste et des maîtres d’école zélés. Les chrétiens obéissent à la direction du P. Marie Pragassanader ; ils fréquentent les sacrements, s’intéressent à leur église, aiment leur prêtre. Aucun village important de ce district n’est privé de chapelle et le plus écarté de tous, Teettou achève la sienne. Les nombreux chrétiens de ce lieu sauvage ont de bons sentiments. Et, avec l’aide du Père, ils élèvent leur monument.
Je ne dirai rien d’Alladhy, dont le curé M. Godec, ne confie ses peines qu’à Notre-Seigneur. Mais, de Sittamour, M. Chavanol nous conte les malheurs de son district : le choléra et l’influenza l’ont visité, l’émigration le dépeuple systématiquement ; au souffle de l’adversité, il fond comme neige au soleil et « les chrétiens qui restent ne donnent aucune consolation. »
Le rapport du regretté M. Gantier, tout en projets d’avenir, présente un intérêt mélancolique. Ce cher Père avait élevé son district de Gingee au rang des meilleurs, y bâtissant écoles et chapelles, ramenant les méchants au devoir, fortifiant les bons ; il avait lutté contre la famine et les maladies, lutté aussi, mais vainement, contre l’émigration qui lui a enlevé 80 familles. « Cependant, dit-il, l’année a été riche de mérites pour ceux qui ont souffert avec patience. De plus, le malheur a rapproché les chrétiens du bon Dieu et nombre de pécheurs se sont convertis. L’assistance aux offices du dimanche a été régulière, il y a eu de nombreuses communions fréquentes. » Mais de sombres pressentiments l’agitaient : « Que nous réserve l’année 1920, la souffrance sans doute ? » Espérons que du haut du ciel, il obtiendra des grâces à son ancien district.
Dans les rapports de MM. Gravère, Boyer et Bastide, rien de particulier. Le compte rendu de l’an passé reste au point pour leurs districts. Ce qu’on pourrait ajouter, c’est que M. Gravère continue ses bâtisses à Tindivanam, M. Boyer ses conversions à Budamangalam, et M. Bastide, ses travaux sur le sol ingrat de Wandivash.
Le district de Cheyur, sous la direction de M. Granjanny, continue à prospérer au matériel comme au spirituel. Où il n’y avait presque rien il y a vingt ans, on compte maintenant plus de 2.000 chrétiens ; 6.000 communions y sont distribuées, avec une moyenne annuelle de 55 premières communions ; et, surtout, grâce à l’admirable dispensaire, des centaines et des centaines de petits païens y reçoivent la vie avant de mourir.
Les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny ont ajouté à leurs œuvres d’éducation, des œuvres de charité : dispensaires, hôpitaux, orphelinats. Les écoles qu’elles ont conservées en territoire français luttent péniblement contre celles du Gouvernement ; celle de Yercaud, au contraire, est florissante. Magnifiquement située sur de jolies montagnes, munie d’un personnel de choix, elle attire une foule d’élèves, anglaises pour la plupart, qui y trouvent diplômes et éducation.
Je ne dirai rien de leurs orphelinats, tous se ressemblent ; rien non plus de leurs hôpitaux. pour vieillards, sinon que celui de Pondichéry prospère, tandis que ceux de Karikal et Cuddalore manquent de vie faute de fonds. Mais leurs dispensaires, on ne saurait trop les louer. C’est là surtout, que les religieuses entrent en contact avec la femme indienne qu’elles abordent toujours le sourire aux lèvres avec la plus parfaite charité, se prêtant aux confidences, donnant avis et remèdes. Que de gens ont trouvé la vérité auprès d’elles et que d’enfants, le salut.
Les Sœurs de Saint-Joseph dirigent encore plusieurs autres excellents établissements à Pondichéry. Dans l’un d’eux, appelé l’Atelier, vivent une multitude de filles de tout âge et de toute couleur, dont le caractère instable s’affermit admirablement par les pratiques religieuses. A côté de l’Atelier se trouve le Refuge, autre maison fort utile aux personnes abandonnées. La Mère Anselme, un vrai personnage à Pondichéry, en est la Supérieure.
Les Religieuses de Saint-Joseph de Cluny sont pour nous de précieux auxiliaires. Dieu seul peut mesurer le bien qu’elles font, comme seul il pourra le récompenser.


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