| Année: |
1920 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Kumbakonam |
| Rédacteur: | Mgr Sovignet |
IV. — Kumbakonam
Population catholique 102.461
Baptêmes d’adultes 354
Baptêmes d’enfants de païens 2.713
Conversions d’hérétiques 20
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En l’absence de Sa Grandeur, Mgr Chapuis, écrit M. Sovignet, Vicaire général, j’ai l’honneur de vous envoyer le compte rendu des travaux et des résultats obtenus durant l’exercice 1919-20 dans la Mission de Kumbakonam
Nous avons continué à travailler dans la plus grande tranquillité ; toutefois, plusieurs confrères se plaignent de rencontrer parmi leurs chrétiens un certain esprit d’insoumission, et la même hostilité chez les païens. C’est une conséquence du mouvement qui secoue l’Inde entière.
Le manque de personnel et de ressources se fait durement sentir. Nos missionnaires nouvellement rentrés n’ont fait que combler les vides creusés dans nos rangs par la maladie ou la mort. D’autre part, nous avons été obligés d’envoyer un directeur au grand Séminaire de Pondichéry. C’est M. Martin qui a été désigné pour cette charge importante et tous les confrères ont approuvé ce choix. Cinq paroisses encore sans titulaires sont administrées par les missionnaires voisins, ainsi chargés de chrétientés de 4 à 5.000 âmes. Evidemment, dans de telles conditions, il est difficile au missionnaire de s’occuper de son troupeau comme il le voudrait.
Voici maintenant, quelques notes tirées des communications jointes par les confrères à l’envoi des chiffres de leur administration.
M. Bailleau écrit de Mayavaram : « Je suis content de ma chrétienté ; elle tient, semble-t-il, une bonne place dans la Mission ; elle occuperait sans doute, le premier rang dans plusieurs diocèses de France. Est-ce à dire que tout y soit parfait ? Assurément non. Nous avons à déplorer ici comme ailleurs, les conflits qui s’élèvent entre les castes. Mais enfin, les chrétiens de la ville, à peu près tous bons, s’approchent des sacrements régulièrement. Ceux des campagnes témoignent presque tous d’une grande docilité à l’égard du prêtre ; s’il leur est difficile de fréquenter l’église et partant de remplir régulièrement leurs devoirs religieux, c’est qu’ils habitent à de trop grandes distances ou qu’ils sont trop dispersés pour qu’on puisse facilement les atteindre. »
M. Mercier écrit de son côté : « J’aurais voulu pouvoir vous faire de mon district de Kottapalayam un brillant tableau ; mais les ombres y dominent encore. Elles disparaîtront cependant, car, grâce à Dieu, voici solutionnée, ou à peu près, la grosse difficulté qui divisait depuis 3 ans, Naidus et Rettis. Il reste cependant que le travail de l’évangélisation est d’une lenteur désespérante. »
M. Massol travaille dur, et avec une belle humeur imperturbable, dans son double district. « Je ferai remarquer, écrit-il, que l’administration de Manday-Vadagarei est très difficile, les deux chefs-lieux de district étant à dix milles l’un de l’autre. Pendant la saison des pluies, il devient à peu près impossible d’accéder à certains villages rattachés à Vadagarei. Il en est de même pour quatre ou cinq villages au nord et à l’est de Manday. »
Le P. Xavier, qui dirige depuis plus de vingt ans l’important district de Purattacoody, se plaint de l’esprit d’indépendance de ses ouailles et de la propagande protestante. « Je remarque depuis quelque temps, dit-il, que l’esprit de nos chrétiens n’est plus comme autrefois. Par surcroît de malheur, les protestants en profitent pour semer la zizanie. Au moyen d’instructions débitées matin et soir, avant la distribution des remèdes, à leur dispensaire, ils troublent les âmes de ces simples. Pour contrecarrer ce prosélytisme, j’ai essayé, moi aussi, d’ouvrir un dispensaire à Puratacoody. Les religieuses du Saint-Cœur de Marie, absorbée par l’éducation des filles, ne pouvant s’en charger pour le moment, je me suis adressé aux Sœurs catéchistes de Marie-Immaculée à Kumbakonam ; le manque de ressources les empêche malheureusement de se charger de cette œuvre. J’allais abandonner mon projet, lorsqu’un missionnaire me promit de le recommander à une Française très généreuse : l’affaire en est là. »
Faute d’argent, nombre de travaux matétiels ont été remis à plus tard ! Toutefois, à Michelpatti, le P. Gnanadicam a réussi à terminer son église ; et, le 7 octobre, Sa Grandeur Mgr Chapuis eut la joie de consacrer au culte ce nouvel édifice. Délégué par mon évêque, j’eus moi-même, le 31 octobre suivant, le plaisir de bénir la jolie petite église de Shyali. Enfin, M. Rabardelle a grandement fait avancer les travaux de l’église si nécessaire de Palayamkottai. Mais plusieurs églises et presbytères exigent des réparations chaque jour plus urgentes.
Les religieuses indigènes du Saint-Cœur de Marie continuent d’instruire et d’élever, comme elles savent le faire, un grand nombre de jeunes filles catholiques ou païennes. Dans la ville de Kumbakonam, l’école dite des Brahmines, qui nous avait causé tant de soucis ces dernières années, est maintenant très florissante, on l’apprécie beaucoup en haut lieu. Voici ce qu’écrivait l’Inspecteur dans son rapport, lors du dernier examen : « Dans cette école, l’instruction est donnée d’une manière intelligente et pratique ; les maîtresses connaissent bien leur travail et le font avec ardeur et enthousiasme. Le nombre des élèves ─ 277 ─ prouve la popularité de l’institution. »
Les Sœurs catéchistes de Marie-Immaculée, qui travaillent dans la Mission de Kumbakonam depuis sa fondation, font toujours preuve d’un dévouement au-dessus de tout éloge.
Nous avons encore perdu cette année, un prêtre indigène, le Père Dorai Régis. Originaire de Kumbakonam, il appartenait à la noble et chrétienne famille des Madahais. Après d’excellentes études au collège des R. P. Jésuites à Trichinopoly, il fut envoyé au Grand Séminaire de Pondichéry, par M. Barralon, alors curé de la paroisse de Kumbakonam. Mgr Bottero l’ordonna prêtre en 1903, dans la cathédrale de Kumbakonam. Sa vie ne fut guère qu’une longue suite de souffrances physiques et morales.
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