Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport annuel des évêques

Année: 1921
Pays: Inde
Mission: Pondichéry
Rédacteur:Mgr Morel

CHAPITRE VIII
____


Groupe des Missions de l’Inde

~~~~~~~


I. – Pondichéry.

Population catholique 143.129
Baptêmes d’adultes 243
Baptêmes d’enfants de païens 1.179
Conversions d’hérétiques 10


Mgr Morel nous écrit : J’ai quitté Villupuram, mon poste de guerre, le 16 décembre 1920, et me suis embarqué pour Hongkong au commencement de janvier. Mai seulement m’a vu de retour dans l’Inde. J’ai donc été absent pendant une grande partie de l’année 1920-1921 (c’est la première fois durant 34 ans de mission : je suis excusable).
Les renseignements qui d’ordinaire accompagnent les chiffres d’administration font à peu près complètement défaut. J’adopte donc la phrase initiale du rapport de Mgr Boyer, de Budamangalam, en la généralisant : « Rien de spécial à signaler ; l’année a été normale, plutôt bonne ; nous n’avons pas été visités par la famine, ce qui est assez rare ; l’esprit chrétien semble s’affermir dans quelques villages ; ailleurs c’est l’esprit d’indépendance qui prend le dessus. Mes petites écoles continuent à marcher, mais il est triste de constater que ce sont les chrétiens qui ont le moins de souci de faire inscrire leurs enfants ; à ce sujet-là il reste beaucoup à faire. »
De Salem, M. Bruyère écrit : « Il y a deux choses à signaler : 1º l’installation de Saint Mary’s School à Shevapet, avec trois maîtres diplômés et 76 élèves, dont 36 catholiques. Ce dernier chiffre est bien petit pour une population de 700 chrétiens de caste. J’espère le doubler durant cette année, mais il faudra lutter dur. Les orfèvres, les tisserands et bien d’autres initient leurs enfants à leur métier dès le bas-âge, sans se soucier de les envoyer à l’école.
2º La peste nous a de nouveau visités, elle a duré quatre mois, pendant lesquels les chrétiens étaient dispersés de tous côtés. D’où diminution du nombre des communions et augmentation du chiffre des décès. »
Le P. Rassendiranader, chargé de Poudour-Tatchour, est content de ses chrétiens de caste : « L’église que j’ai commencée à Tatchour, écrit-il, une grande église à trois nefs, voûtée, avec dôme, sera terminée vers mars 1922 et pourra être bénite en mai. Les chrétiens qu’un long effort n’a pas découragés continuent à souscrire généreusement aux dépenses.
A mon arrivée, ils étaient un peu indifférents pour assister quotidiennement à la messe et à la prière du soir, ainsi que pour s’approcher des sacrements tous les dimanches. Maintenant ils s’habituent à toutes ces pieuses pratiques, 70 à 90 personnes communient tous les dimanches ; il y a un progrès sensible.
A Madurantakam, quelques apostats reviennent au bercail. Depuis deux ans je désespérais de Valayaputtour Une cinquantaine de néophytes, établis près de la chapelle, étaient fidèles. Les autres menaçaient d’apostasier ; lors de mes visites, ils restaient sourds à mon appel. Finalement j’ai confié ce village au Sacré-Cœur, patron de la chapelle. Deux semaines après j’y suis allé avec mon voisin de Cheyau, M. Grandjanny. Plusieurs se sont rendus à nos objurgations et ont demandé pardon. Le mieux se maintient et s’accentuera encore, je l’espère, quand j’aurai pu établir la plupart de nos chrétiens plus près de l’église : c’est ce à quoi je travaille actuellement. »
M. Gravère, à Tindivanam, ne voit pas les choses en rose : « Jusqu’à l’an dernier, le nombre des chrétiens du district était donné comme étant de 2.900 environ. Je viens de faire soigneusement le recensement, et je n’en trouve que 2.109. Des milliers de païens baptisés après une instruction sommaire, il y a quelque trente ou quarante ans furent renvoyés dans leurs villages, et laissés à eux-mêmes. Que pouvait faire le missionnaire avec un seul catéchiste au chef-lieu ? En somme ces néophytes, après leur baptême, restèrent païens comme avant.
La plupart des adultes baptisés sont morts, et leurs enfants sont redevenus païens. Beaucoup de chrétiens par ailleurs, ont émigré. Les mariages aussi, ont été, et sont encore la cause de bien des défections. De ces nouveaux chrétiens, il reste environ un millier, dispersés dans les villages qui comptèrent le plus grand nombre de baptêmes. En s’occupant d’eux soigneusement, en leur donnant des maîtres d’école, catéchistes, j’espère les conserver en grande partie, et les rendre petit à petit un peu plus chrétiens. »
M. Gravère a quatre chapelles chez les néophytes : « mais, continue-t-il, je ne vais en administration chez eux qu’une fois l’an. J’y reste alors plusieurs semaines. Je ne fais qu’une visite annuelle à cause des dépenses considérables qu’occasionnent ces visites. Les demandes de secours que font ces pauvres gens sont inconcevables et sont, pour le missionnaire, un véritable supplice. Et donner semble bien l’unique moyen de les conserver, en attendant que la foi s’implante plus profondément chez eux. »

Dans une tournée de confirmation, j’ai visité Mogaiyur-Thély, deux districts réunis en un seul, que M. Planat administre avec le plus grand zèle. A Thély, les chrétiens ne sont déjà plus aussi assidus à l’église que par le passé ; l’absence prolongée du prêtre se fait sentir. Quelques familles de néophytes dans le sud du district, n’ont pas paru et ne paraîtront vraisemblablement plus. Partout les chrétiens ont mis beaucoup d’empressement à venir se confesser et à envoyer leurs enfants recevoir le sacrement de confirmation. Je suis heureux de signaler le progrès des écoles. Les enfants récitent bien les prières avec ensemble, faisant les pauses voulues, forçant les grandes personnes à les suivre et transformant ainsi l’horrible cacaphonie habituelle en une agréable harmonie. Ce qui m’a plu surtout, c’est de les entendre réciter les prières de la messe, très courtes, mais bien au point, que le Directeur des Ecoles a rédigées et fait adopter partout. J’ai constaté cette heureuse innovation, non seulement à Mogaiyur, mais à Nangathur et même à Alladhy.
Les Frères de Saint-Gabriel à Tindivanam, ont construit une nouvelle salle pour le Training School des menuisiers, et une maison d’habitation pour eux-mêmes. Ils ont pu faire ces bâtisses avec les secours alloués par le Gouvernement.
A Yercaud, ils sont en train de construire pensionnat et collège.
A Tindivanam encore, M. Gayan-Duffy, a commencé une école normale pour les maîtres d’école ; elle a débuté avec 22 élèves. Il faut maintenant la faire reconnaître par le Gouvernement, afin d’obtenir des subsides pour le corps enseignant et les étudiants, ainsi que pour la construction des bâtiments nécessaires à l’école. Jusqu’ici ce sont les Frères qui lui donnent une généreuse hospitalité.
Avec grande joie et reconnaissance, nous avons reçu M. Mézin, après huit années d’attente. D’autres ouvriers viendront bientôt le rejoindre, je l’espère, je le demande à Dieu et à nos supérieurs.

~~~~~~~




<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam