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Rapport annuel des évêques

Année: 1922
Pays: Inde
Mission: Pondichéry
Rédacteur:Mgr Morel


CHAPITRE VIII
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Groupe des Missions de l’Inde

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I. – Pondichéry.

Population catholique 142.389
Baptêmes d’adultes 265
Baptêmes d’enfants de païens 885
Conversions d’hérétiques 9


Mgr Morel nous fait visiter les Vicariats forains de son archidiocèse, dont il vient « d’essayer, dit-il, l’organisation » .

1er Doyenné : formé des paroisses de Panicancoupam, Cuddalore N. T., Cuddalore O. T., et Iroundai.
A Cuddalore N.T., dont est chargé le P. Isaac, une vaste église est en construction, et les chrétiens aident le Père de toute leur bonne volonté pour trouver les ressources nécessaires. Là se trouve un grand établissement des Sœurs du Saint-Cœur de Marie, comprenant école, pensionnat et orphelinat pour les jeunes filles de caste, école et orphelinat pour les jeunes filles pariates. L’école Sainte-Marie, fondée par le regretté M. Drouhin, et l’école secondaire de Saint-Joseph, avec ses 1.200 élèves dont 225 pensionnaires, sont renommées dans toute la Mission. Les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny sont chargées de l’hôpital du gouvernement et ont ouvert un hospice pour les vieillards abandonnés.
Cuddalore O.T est confié aux soins du P. Anandou. Cette station était occupée, il y a quelque cinquante ans, par un assez grand nombre de familles de soldats retraités. Aujourd’hui, elle ne compte guère que cinq ou six familles de caste, et une trentaine de familles pariates. A la suite de récentes dissensions entre les chrétiens à propos de places à l’église, l’assistance à la Messe du dimanche et la fréquentation des Sacrements laissent à désirer. Cinq chapelles dépendent de ce district.
Panicancoupam, sous la direction de M. Prudent, Vicaire Général et Vicaire forain, possède une belle église qui attend toujours son clocher. Les chrétiens aiment les beaux offices de l’Eglise : une vingtaine d’hommes, bien exercés au plain chant, forment deux chœurs qui contribuent à relever la solennité des cérémonies liturgiques. N’étaient les divisions entre familles qui naissent à propos de tout et à propos de rien, le prêtre se déclarerait presque satisfait de la vie chrétienne à son chef-lieu. Sattipattou et Mojandicoupam sont deux sous-stations considérables dépendant de ce district.
Iroundai, à quinze milles à l’Ouest, faisait autrefois partie de Panicancoupam ; il fut érigé, il y a vingt-cinq ans, en district séparé. Le Père Marie Dominique qui le dirige, travaille à la construction de son presbytère. Les chrétiens, tous parias, sont disséminés dans une douzaine de villages : Il reste beaucoup à faire pour leur amélioration. Marnodai, à cinq milles du chef-lieu, possède une petite chapelle.

2e Doyenné : comprend les paroisses de Nangathur, Allahdy, Vikravandi et Villapuram. Vicaire forain : P. Marie Pragassam.
A Nangathur, chef-lieu, et Aniéri, Calléri et Tettu, stations secondaires, il y a église ou chapelle, et surtout 4 écoles qui sont bien tenues et très fréquentées. Les chrétiens sont bons et dociles en général
Allahdi, fondé par le Père Fourcade, dirigé aujourd’hui par M. Godec, a une belle église gothique et un dispensaire tenu par les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny. C’est un district de néophytes, où le missionnaire enregistre parfois des défections. Comme le dit le bon M. Godec, « nous gardons le contact, sans nous décourager. »
Vikravandi est bien pauvre, à tous les points de vue. Outre l’église du chef-lieu, il y a trois chapelles en chaume dans les stations de Vidur, Capiam et Manianur. Les chrétiens, quelque peu négligés, se sont rendus peu à peu inadmissibles aux Sacrements, en contractant des mariages païens ou en s’adonnant à d’autres désordres. Le Père Marie Adeikalam, qui en était chargé, vient de mourir ; je l’ai remplacé par le P. Marie Raphaël, prêtre pieux et zélé, qui s’emploie de son mieux à faire refleurir ce désert.
Villapuram, jonction importante de chemin de fer, compte une population catholique anglo-indienne de plus de 400 âmes. Le dimanche, il y a deux messes, pour permettre aux employés du chemin de fer de remplir leurs devoirs religieux. Il y a 4 chapelles d’administration, et il en faudrait une cinquième à Kandampakam. M. Cussac administre le district, aidé par M. Renoux, directeur de l’école des catéchistes. Celle-ci compte une vingtaine d’élèves.

3e Doyenné : Mogayiur, Thély, Vettavalam et Attipakam.
Mogayiur, desservi par M. Planat et le jeune Père Marie-Joseph, est un grand district de plus de 5.000 chrétiens. Au chef-lieu, il y a une école de garçons récemment aménagée, une école de filles dirigée par les Sœurs de Saint-Louis de Gonzague, et une église en construction. A l’extérieur, 7 chapelles annexes. Sur plusieurs points, les protestants danois font une propagande active, et il est toujours à craindre que quelques catholiques ne cèdent à l’appât de leurs promesses. A Mogayiur est rattaché Thély qui compte 2.500 chrétiens avec cinq stations secondaires.
Vettavalam, sous la direction du Père Amaladasse, ne compte pas moins de 4.500 chrétiens. Au chef-lieu, belle école de garçons et école de filles tenue par les Sœurs de Saint-Louis de Gonzague, où l’on peut admirer un joli oratoire de Notre-Dame de Lourdes. Outre les six chapelles existantes, deux sont en construction, à Gudalur et Gangapettu. Il y a quelques années, plusieurs villages avaient été sérieusement menacés par les protestants ; aujourd’hui, tout semble calme, et l’esprit des chrétiens est bon.
Attipakam, gros district d’environ 5.000 chrétiens, a à sa tête le Père Selvam. Les gens ont été habitués à venir au chef-lieu pour faire leurs pâques ; ils n’ont pas de chapelles d’administration chez eux, ce qui rend la visite du prêtre difficile. L’accord entre chrétiens tamougères et parias laisse à désirer, et la bonne marche du district s’en ressent.

4e Doyenné : Uluthur, Kurayapettai et Canancoupam.
Le Père André, vicaire forain, est curé d’Uluthur. Il se plaint de divisions parmi ses chrétiens, de leur apathie à venir travailler à la construction de leur chapelle et de leur manque de ferveur, voire de vie chrétienne. Quatre stations secondaires appartiennent à Uluthur.
A Kurayapettai, les Pères Savérinader et Ponnutambynader donnent leurs soins à 2.500 chrétiens, répandus dans cinq stations. Au chef-lieu, une église avec voûte sera bientôt achevée ; une belle chapelle de secours, à Erupukuritchi, est également en bonne voie. Les autres postes ont leur chapelle. Les chrétiens sont bons ; cette année, ils ont été éprouvés par la disette.
Conancoupam est le centre d’un double pèlerinage en l’honneur de Jésus Ressuscité et de Notre-Dame du Bon Voyage. M. Daniel doit aller visiter ses chrétiens à Colanour, Viraretticoupam et Covilancoupam. Il a aussi des « blanchisseurs » , disséminés dans un grand nombre de villages païens.

5e Doyenné : Viriyur, Eraiyur, Irudayampattu et Kallakuritchi.
Le Vicaire forain, le P. Marie-Ignace, est curé de Viriyur. Au chef-lieu, belle église, beau presbytère, écoles de garçons et de filles. La majeure partie de la population catholique appartient à la caste des Padéatchis, qui se distinguent par leur attachement à l’église, mais aussi par leur entêtement, contre lequel viennent facilement se briser les efforts de leur curé, quand il essaie de ramener la paix dans les familles ou d’arranger leurs procès.
Eraiyur est administré par le Père Antoine, sexagénaire, que la maladie a malheureusement retenu éloigné de ses ouailles, durant une partie de l’année. A peine remis, il s’est hâté d’aller les retrouver. A l’église du chef-lieu, grâce à la générosité de ses paroissiens, il a inauguré un magnifique autel de 2.000 Roupies. Etant très en retard pour mes tournées de confirmation, j’ai chargé le P. Antoine de me remplacer dans le doyenné de Viriyur, et pendant quatre mois, il l’a parcouru, se rendant dans toutes les chapelles et s’appliquant à dirimer les nombreux procès qui lui étaient soumis. A Eraiyur même, qui compte plus de 2.000 chrétiens, l’assistance quotidienne à la messe la fréquentation des Sacrements et les confréries restent en honneur comme au temps des regrettés Pères Mury et Leroy.
Kallakurichi perdit son titulaire, M. Haydont, au début de 1921, et resta sans prêtre, pendant plus d’un an. Je viens d’y envoyer M. Maylin. Dans une des stations secondaires, à Mariapenur, il y a un pèlerinage renommé à Saint-Antoine, fréquenté par les chrétiens et aussi par les païens. Des blanchisseurs parias sont disséminés dans nombre de villages fort éloignés du chef-lieu. A Kallakuritchi même, il n’y a presque point de chrétiens, mais l’endroit est central, et c’est un chef-lieu de taluq. Une chapelle est en construction à Kottalam, gros village à trois milles de Kallakuritchi.
Irudayampattu, séparé de Viriyur depuis trente ans, compte plus de 3.000 chrétiens, et 4 ou 5 stations secondaires. C’est le Père Arul qui en est chargé, sous la dépendance du P. Marie-Ignace. Les catholiques appartiennent à la caste Padeyatchi, et quand ils sont d’accord, tout va bien.

6e doyenné : Cheyur, Minnur, Tindivanam et Mel-Sittamur.
C’est le Vicariat forain échu à M. Grandjanny, curé de Cheyur. Ce petit missionnaire lyonnais est vraiment le créateur de son district. A part 4 ou 500 chrétiens, il a baptisé tous les autres. Il connaît chacun d’eux par son nom, et quand ils se voient, la joie est réciproque. A Cheyur, nous trouvons un presbytère solidement bâti, un beau couvent avec dispensaire et école de filles, et un bijou d’église, commencée cette année, mais qui sera vite achevée, car notre confrère ne fait pas traîner les entreprises en longueur. Dans chaque station secondaire, il y a chapelle, habitation pour le prêtre, cuisine, puits, etc. , ingénieusement combinés pour être fermés durant l’absence du missionnaire. Seule, la chapelle s’ouvre régulièrement chaque soir et le dimanche.
Minnur, détaché de Tindivanam depuis plus de vingt ans, est sous la direction d’un autre missionnaire lyonnais, M. Clément. Son église est une grande salle carrée de dix mètres de côté, sans aucun pilier ; ce qui permet au prêtre de voir tous les fidèles. Ce district de néophytes a perdu un grand nombre de chrétiens par suite de l’émigration : le dénombrement fait par notre confrère après la guerre accuse une diminution de 300.
Tindivanam ; confié à M. Gravère, est un centre d’œuvres : orphelinat de garçons auquel est attaché une école industrielle ; école normale pour les maîtres ; école et pensionnat Sainte-Anne, qui prépare des sujets soit pour école normale, soit pour l’école des catéchistes ; orphelinat et école de filles . La belle et grande église, commencée par la regretté M. Giard, demeure inachevée. Les principales stations secondaires ont chacune leur chapelle. Les nouveaux chrétiens de ce district, comme ceux d’ailleurs, sont quémandeurs : ils ne peuvent voir le prêtre sans se frapper le ventre et tendre les deux mains.
Mel Sittamur a été détaché d’Allad’hy, il y a quelque vingt-cinq ans. Il est actuellement rattaché à Gingee, son curé, M. Chavanol, ayant dû prendre charge de ce district, à la mort de M.Gantier. Au chef-lieu petite église, presbytère neuf et école.

7e doyenné : Chetput, Kojapolur, Budamangalam, Velantangal et Gingee.
Ces districts forment le doyenné de M. Colas, successeur à Chetput du vénéré P. Darras. Ici, magnifique église, vaste et solide presbytère, écoles de garçons et de filles, abris pour les pèlerins, car Chetput est le centre d’un pèlerinage à Notre-Dame de Lourdes, qui a sa chapelle sur la montagne voisine, à trois milles de l’église principale. Cette année, ma tournée de confirmation m’a conduit à Chetput, durant la neuvaine du pèlerinage, et j’ai été édifié par la foule des pèlerins. Une messe pontificale, célébrée aussi solennellement qu’elle peut l’être dans une Mission, a clôturé la neuvaine. Il y a de nombreux villages où sont dispersés les chrétiens, tous néophytes. Les principaux centres ont déjà leur chapelle. L’organisation et la vie chrétienne s’accentuent peu à peu. Un certain nombre de chrétiens semblent avoir oublié le chemin de l’église, mais ici encore « on garde le contact » .
Kojapolur, détaché de Chetput, il y a 18 ans, vient de nouveau de lui être rattaché par suite du manque de prêtres. A Kojapolur, il y a maintenant une chapelle convenable. Une chambre, attenante à celle-ci, sert de résidence au missionnaire.
Budamangalam, un autre enfant de Chetput, est confié à M. Boyer. Ce confrère y a fondé une colonie de chrétiens de caste. Malgré son zèle et son dévouement à l’égard de tous, il n’a pas encore pu ramener les apostats parias qui constituent une bonne moitié de la chrétienté. Leurs enfants viennent à l’école ; eux-mêmes s’adressent au Père en toutes circonstances, mais la grâce n’a pas encore triomphé de leur obstination à fuir la lumière.
Velantangal, dont M. Lamathe est titulaire, a une église quatre fois trop petite, une grande école de garçons, et un couvent avec une école de filles. Les chrétiens, padegatchis et moudéliars, sont rarement d’accord, au grand détriment de la bonne marche du district, et au désespoir du missionnaire. A cinq milles, Sattiamangalam, avec sa belle école et son église presque achevée, est devenu l’oasis où le Père aime à se réfugier quand la vie lui devient impossible à Velantangal. Les chrétiens, tous parias, envoient régulièrement leurs enfants à l’école et s’approchent régulièrement des Sacrements.
Gingee, autrefois sous la direction de M. Gabillet, aujourd’hui sous celle de M. Chavanol, a son église adossé au rocher sur lequel est bâti le presbytère. La colonie tamougère a à peu près disparu. Comme le chef-lieu, chacune des cinq stations secondaires a sa chapelle et son école.

8e doyenné : Pudur, Wandivash, Ravattanellur et Tiruvatiparam.
Le P. Rassindiram en est le Vicaire forain. A Pudur, le terrain se fend pendant l’été, et ne peut supporter une construction en briques. L’église actuelle, bâtie par M. Giraud, est la troisième en moins de quarante années. Le couvent est tout lézardé, et il date d’une douzaine d’années. Les chrétiens de Pudur, de caste reddi, ne prospèrent pas. Autrefois à l’aise, ils sont aujourd’hui pour la plupart criblés de dettes. Je dois une mention spéciale à Tachur, gros village de caste reddi également, dont les premiers habitants furent amenés du Nord par Mgr Bonnand, il y a près de cent ans. Pauvres d’abord, ils ont prospéré peu à peu, ils viennent de bâtir une grande église gothique que l’on peut évaluer à 30.000 roupies. Je l’ai bénite le 31 mai, au milieu de la joie universelle.
Wandivash, divisé en deux districts pendant un temps, est dirigé par le P. Paul. La station de Wandivash est due au P. Mignery qui l’établit, il y a trente ans. Nalliangulam était autrefois le chef-lieu, avec une chapelle, un presbytère et un grand « compound ». Pinneipoundi est une vieille station, aussi ancienne que l’église de Pondichéry disent les chrétiens. Ce district est assez étendu, et le P. Paul doit faire l’administration dans de nombreux villages. Les parias, tant vieux chrétiens que néophytes, ne montrent pas un zèle bien grand pour la fréquentation des Sacrements.
Ravattanellur, district de M. Gabillet, outre le chef-lieu comprend un autre gros village, à un mille de distance, Manambady. Tous deux ont chapelle, presbytère et école. Deux sous-stations sont à mentionner : Ongur et Karuveipondi ; celle-ci est très ancienne. Les gens, très à l’aise autrefois, ont été ruinés à cause de leur paresse et aussi, à la suite d’une inondation de la rivière de Cheyar, qui a recouvert leurs rizières d’une épaisse couche de sable. La chapelle est en ruines et les gens s’en désintéressent complètement. Les chrétiens de Ravatanellur ont un faible pour la boisson ; de là, entre eux, quantité de divisions, querelles, batailles et procès. Manambady se ressent de ce voisinage, et les mêmes causes y produisent les mêmes effets.
Tiruvatipuram a été formé par M. Mignery, depuis une quinzaine d’années. Cet ardent missionnaire a poussé l’évangélisation jusqu’aux confins nord du diocèse. Il a actuellement trois stations, avec chacune sa chapelle et une chambre pour la résidence du prêtre. Les néophytes, recrutés parmi les pauvres parias et les cordonniers, se forment lentement à la vie chrétienne. M. Mignery à soixante-neuf ans, et M. Gabillet, son voisin, soixante-sept.

9e doyenné : Polur, Cortampet, Arni, Pattiavaram et Vellore.
M. Monchalin, Vicaire forain de ce doyenné, réside à Polur. Ce district a été évangélisé originairement par M. Darras. M.Verchery y travailla douze ans. MM. Falourd, Cadilhac, Goarzin s’y succédèrent rapidement, victimes des fatigues qu’ils s’imposèrent. Malgré leurs efforts, de nombreux villages ont fait défection. C’est ici surtout qu’il importe de « garder le contact », une occasion pouvant amener, un jour ou l’autre, le retour de ces brebis égarées. – Semiamangalam et Marthambady sont les deux stations les plus importantese ; elles ont chapelle et école, et les chrétiens en général y donnent satisfaction au prêtre.
Namiandel, rattaché à Polur depuis la mort du regretté M. Murcier, est habité par des chrétiens de caste Kamavar, bons travailleurs, mais disputeurs et batailleurs intraitables. On y a commencé la construction d’une grande église. Cortampet, très ancienne station, a perdu son bon renom. Les chrétiens se sont livrés à la boisson, et la paresse aidant, ont perdu toutes leurs rizières : ils sont fermiers maintenant de leurs propre terres, ou bien ils travaillent au service des païens. Le Père Gnanadicam a fort à faire pour les rendre parfaits chrétiens. Pattiavaram, sans prêtre résident durant et depuis la guerre, est administré par le curé d’Arni, M. Chaler. Chapelle et presbytère sont en très mauvais état. L’administration des chrétiens est forcément négligée, et ces chrétiens sont des néophytes. Arni possède un presbytère confortable, une église un peu vieille, un orphelinat de filles et un dispensaire, tenus par les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, et une école. Santhavasel, la principale station secondaire, a formé, de 1900 à 1906, un district séparé, que la pénurie de prêtres a obligé de supprimer. M. Chaler, malgré toute sa bonne volonté ne peut suffire à l’administration des deux districts, d’autant plus que les chrétiens néophytes, ne sont jamais pressés de venir à l’église. Arni, à lui seul, a six chapelles bâties dans les principaux de ses cinquante villages.
Vellore formait deux districts, qui ont été réunis en un seul en 1906, à la mort de M. Baulez. L’église de l’Assomption est bâtie dans un ancien étang, aussi est-elle lézardée en tous sens. Le nouveau presbytère, bâti par M. Sacré, subit le même sort. M. Trideau est en train de le consolider, sans grand espoir de succès. L’ancien couvent (chapelle, école, pensionnat) des Sœurs de Loretto, puis des Sœurs du Bon Pasteur (1862-1872), est occupé actuellement par les Sœurs de Saint-Louis de Gonzague, qui y dirigent une école et un orphelinat de fille pariates. Là encore, le sol mouvant exige de fréquentes réparations aux bâtisses.
L’église de la Nativité, au pied de la montagne de Vellore, Adakambarei à quatre milles, Kaniyambadi à huit, et Arcot à quatre milles de Vellore, forment les stations secondaires. Les chrétiens de Vellore vont fréquemment à Madras, Kolar, Bangalore, et ce perpétuel va et vient crée pour le missionnaire des difficultés difficiles à démêler pour les mariages, et est la cause de bien des misères, qu’il n’est pas aisé de découvrir afin d’y porter remède.

10e doyenné : Covilur-Dharmapuri, Cadagathur, Ellatajiri et Covilur-Tirupatur.
M. Chouvenc en est le Vicaire forain, et titulaire des districts de Covilur et de Codagathur. A Covilur, il y a une vaste église bâtie par M. Bréas, un presbytère, une école de garçons et un couvent des Sœurs du Saint-Cœur de Marie avec école de filles. Le district est très étendu et certains villages chrétiens sont fort éloignés du chef-lieu. Cependant le chemin de fer de Morapur à Dharmapuri rend aujourd’hui les communications plus faciles. Ce district va assez bien ; les gens sont simples et se montrent dociles à la voix du prêtre.
Covilur-Tirupatur est confié aux soins de M. Higonenq. Les blanchisseurs sont dans des villages fort éloignés et ils ont si rarement des nouvelles du chef-lieu, qu’au bout de six et neuf mois, plusieurs ne connaissaient pas encore la présence de M. Higonenq. Certains villages de padeyatchis semblent préoccupés surtout de se cacher du missionnaire. Actuellement la paix règne partout. A Covilur est rattaché Jolarpet, jonction des chemins de fer de Madras, Salem et Bengalore. Il y a une jolie chapelle et un presbytère convenable. Les employés de chemin de fer et une trentaine de familles pariates forment la communauté catholique. Ici surtout, le voisinage des mines d’or de Kolar se fait sentir. Quand besoin en est, la fuite dans l’inconnu est facile.
Ellatagiri détaché de Covilur-Tirupatur, est sous la direction du Père Dominique, qui achève une belle église, avec murs en pierre de granit, voûte et dôme en briques. Les protestants sont établis dans le village, si bien que l’esprit de nos catholiques n’est pas le même qu’autrefois. Les Sœurs du Saint-Cœur de Marie y tiennent une école de filles. Le chemin de fer facilite les communications avec Covilur.

11e doyenné : Salem, Agraharam, Settiapatty, Yercaud.
C’est le doyenné de M. Bruyère. Salem est une ville considérable. En plein marché, au centre le plus commerçant, se trouvent l’église, le couvent du Saint-Cœur de Marie avec école de filles, et une belle école de garçons bien fréquentée, où le missionnaire s’est réservé une chambre pour son presbytère. Le voisinage du marché et des nombreux magasins ou entrepôts de céréales enlève toute tranquillité au quartier ; nuit et jour le bruit ne cesse pas, et pour goûter un peu de repos, M. Bruyère s’est établi à Suramangalam, à peu près à trois milles de Shevapet. La sacristie de la chapelle lui sert de résidence. Pour les enfants du quartier, il y a là une école qui fonctionne admirablement. M. Bruyère va et vient, deux fois et parfois trois fois par semaine, de Shevapet à Suramangalam. Il lui faudrait un aide, car il a 61 ans d’âge.
Settiapatty, district très étendu, est confié à M.Bonnefond. Son église est délabrée. Les deux écoles de garçons et de filles sont peu fréquentées. Un certain nombre de familles de Settiapatty se sont établies à un mille de là, et ont formé un nouveau village, Pudur. Ces deux villages, en rivalité continuelle, sont la croix du missionnaire. Actuellement, les chrétiens de Pudur imposent des amendes à ceux d’entre eux qui portent leurs enfants à Settiapatty pour le baptême !
A Reddiyur, les chrétiens de caste Sannar (monteurs d’arbre) consomment une trop grande partie du jus qu’ils cueillent sur les palmiers, si bien que mon prédécesseur avait écrit dans ses notes, qu’il était inutile de les faire venir le soir pour se confesser. Les blanchisseurs de Sankery et autres villages ne pensent guère à leur âme, et font la sourde oreille quand on les appelle. Les divisions invétérées et les nombreux désordres sont de grosses épines pour le missionnaire.
Yercaud, à 5.000 pieds de hauteur, fait les délices de M. Campuzan, qui est absolument convaincu que nulle part au monde il n’y a un climat comparable à celui de Yercaud. Les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny y ont un bel établissement, à la fois école et pensionnat. Les Frères de Saint-Gabriel y construisent un collège pour les enfants européens et anglo-indiens, externes et internes. L’église ne peut contenir tout le monde, surtout pendant la saison chaude qui amène un bon nombre de familles sur la montagne.

Il nous reste à visiter nos paroisses en territoire français. D’abord Pondichéry, qui comprend trois paroisses : la Cathédrale, le Sacré-Cœur et Notre-Dame des Anges, celle-ci pour la population française et franco-indienne. MM. Combes et Paul Arokiam sont chargés de la Cathédrale ; M. Leblanc, du Sacré-Cœur et MM.Borey et Paillot, de Notre-Dame des Anges. Dans le quartier européen, appelé ville blanche, les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny ont leur maison principale avec école et ouvroir ; les Frères de Saint-Gabriel ont un petit orphelinat. Dans le quartier indien, se trouvent la cathédrale avec la cure, l’imprimerie, la Mission, la procure, la maison mère des Sœurs du Saint-Cœur de Marie, religieuses de caste, celle des Sœurs de Saint-Louis de Gonzague, religieuses pariates, le refuge, l’hospice pour les vieillards, et deux orphelinats de filles. Crouscoupam, au nord-est de la ville, est rattaché à la cathédrale et possède assez de chrétiens pour être organisé en paroisse distincte.
Aux environs de Pondichéry, dans un rayon de cinq kilomètres. Il y a quatre paroisses : Multhialpet, Nellitope, Oulgaret et Ariancoupam, administrées respectivement par MM. Gentilhomme, Huguet, Marie Savery et Autemard.
Au sud, à Karikal, possession française enclavée dans le diocèse de Kumbakonam, la paroisse est dirigée par M. Veaux ; M. Tesson est chargé de l’école des garçons et de l’aumônerie du Carmel. Les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny y dirigent une école et un orphelinat de filles, ainsi qu’un hospice de vieillards. Cinq ou six stations occupent les deux assistants de M. Veaux, les PP. Régis et Bakianader. A quelques milles de Karikal, se trouve Cooroumbayaram, également sur territoire français, avec aux alentours de nombreux petits villages. C’est le P. Alphonse qui en est chargé.
A Mahé, sur la côte ouest de l’Inde, M. Loyon administre 600 chrétiens. A Chandernagor enfin, au nord de Calcutta, M. Durier a une petite colonie de 325 chrétiens. Un pensionnat et un orphelinat de filles y sont dirigés par les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny.

Les confessions et communions de cet exercice atteignent les chiffres des années précédentes : preuve que chacun a fait son possible. Cette année, j’ai ordonné deux prêtres, et ce renfort n’empêche pas la crise du personnel de se faire durement sentir.
Dans l’Inde, c’est toujours sinon la famine, au moins la misère. Cette année nous n’avons pas de pluie depuis le mois de mai, et la récolte des menus grains est à peu près nulle.
Nous sommes entre les mains du Maître Souverain. Qu’Il donne au corps le nécessaire et aux âmes la grâce surabondante. Qu’Il bénisse et conserve ses ouvriers.


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