| Année: |
1924 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Coïmbatour |
| Rédacteur: | Mgr Roy |
III. — Coïmbatour
Population catholique 45.966
Baptêmes d’adultes 376
Baptêmes d’enfants de païens 45
Conversions d’hérétiques 65
En parcourant les divers rapports de mes missionnaires, écrit Mgr Roy, je constate que l’année n’a pas été inférieure aux précédentes en ce qui concerne le côté spirituel. Malheureusement la misère a aggravé la situation de nos chrétientés. Dans certains districts les pauvres sont devenus plus pauvres et quelques-uns sont allés du côté de Malacca chercher un travail rémunérateur. Cette misère a été causée par les pluies extraordinaires et torrentielles du milieu de juillet dernier ; les grands fleuves qui traversent le diocèse, le Bhavani, le Cauvéri, la Noyal, débordèrent, emportant des ponts, en ébranlant d’autres, détruisant les récoltes et des villages entiers.
« Le P. Louis, du district de Métur, sur le Cauvéni, m’écrivait le 24 juillet : « Excepté l’église, le presbytère et deux maisons de chrétiens, tout Métur s’est effondré. Mes paroissiens ont remisé le peu qu’ils ont pu sauver dans le presbytère ou sous la véranda. Pour moi, je me suis embarqué à la porte même de l’église et ai navigué à travers champs pour aller constater les ravages éprouvés dans mes chrétientés et consoler mes chrétiens. Presque partout il y a des dégâts, mais le village de Métur est le plus éprouvé. Les moissons ont été balayées ou ensablées. Il faudrait recommencer à semer immédiatement, là où la terre arable n’a été ni emportée ni ensablée ; mais où prendre la semence ? Pauvres gens ! »
« Le P. Marie-Louis, d’Erode, m’écrit à la même date : « Hier j’ai visité Uratchicottai (près de la ville de Bhavani) ; les maisons des chrétiens et presque toutes celles des païens sont effondrées ; la chapelle et la maison du prêtre sont intactes. A trois milles de là, les maisons et
les trois familles de pêcheurs catholiques ont disparu ; les chrétiens sont errants ou retirés je ne sais où. »
« De Kodivéri, M. Petit m’écrit : « Le village de Sadimougay aurait disparu en entier ; la plupart des sinistrés se sont réfugiés ici, où une seule maison de chrétiens s’est effondrée ; le couvent a bien manqué en faire autant. De l’autre côté du fleuve, à Accarei Kodiveri, mon école et une vingtaine de maisons sont tombées. »
« Dans la ville de Coimbatour, quelques maisons se sont écroulées. A la Mission et dans les différentes institutions, les toits peu habitués à une telle avalanche laissaient pénétrer l’eau de tous côtés ; la cathédrale ne fut pas épargnée.
« Pendant quelques semaines, du côté du Sud-Ouest, nous fûmes isolés des grands centres, Calicut, Cochin, à cause de la disparition de quelques ponts de la ligne du chemin de fer ; du côté de l’Est, de Trichinopoly, Kumbakonam, Pondichéry ; enfin, pendant quelques jours seulement, de Salem, Bangalore, Madras. Les communications furent également interrompues sur les Nilgiris entre Ootacamund, Gudalur et Mysore.
« A la demande de la Sacrée Congrégation de la Propagande, le diocèse de Coimbatour a cédé au nouveau diocèse de Calicut une assez large bande de terrain dans la région de Wallavanad, comprenant les deux chrétientés de Shoranur et Manarghat.
« Les Institutions dirigées soit par le Clergé soit par les Religieux et Religieuses de divers ordres nous donnent entière satisfaction.
« A l’école Saint-Michel de Coimbatour (High school), le nombre des élèves, à la dernière inspection, était de 647 : Catholiques, 245 ; Hindous, 402. M. Jambeau, qui en a la direction, m’envoie le rapport de l’Inspecteur sur la marche générale de l’Ecole : « L’Ecole Saint-Michel continue de donner entière satisfaction ; le personnel enseignant est excellent et l’organisation parfaite. L’Ecole continue de se distinguer aux examens. Cette année encore, sur 15 candidats présentés à l’examen final de matriculation, 14 ont été reçus ; ce qui met, au point de vue des résultats, l’Ecole Saint-Michel tout à fait au premier rang pour la Présidence de Madras. »
« Au Pensionnat Saint-Michel, le nombre des pensionnaires, tous catholiques, est de 117. « Ce pensionnat continue-lui aussi, m’écrit M. Jambeau, de donner satisfaction, au point de vue piété, conduite et travail. Le nombre total des pensionnaires est resté à peu près stationnaire, mais le bon esprit, l’entrain au jeu comme au travail ont sensiblement progressé. Il est consolant de voir que le Pensionnat devient de plus en plus une pépinière de séminaristes. Cette année, cinq élèves ont été reçus au petit Séminaire, et d’autres se préparent à suivre leur exemple. L’influence de ces enfants sur leurs camarades d’études ne peut porter que d’excellents fruits. »
« Nos écoles élémentaires indiennes se maintiennent au premier rang et pour l’instruction et pour la bonne tenue. Les gratifications mensuelles données jusqu’ici pour chaque enfant nous aidaient beaucoup à rétribuer les Maîtres ; malheureusement elles tendent à diminuer et sans elles il nous sera difficile de les maintenir. Si le mouvement continue, ce sera un problème difficile à résoudre dans un avenir prochain. De plus, la jeunesse s’émancipe, effet de la politique qui s’introduit partout.
En janvier dernier, j’ai visité le district de Gudalur, dans le Whynaad Nilghirien. Accompagné d’un prêtre indigène, j’y restai trois semaines. M. Tournier, alors administrateur du district, était occupé à rassembler et à faire étudier les enfants des pauvres « coolies » des plantations, si négligés par leurs parents qui eux-mêmes sont si peu payés et si peu libres. Je me rendrai auprès de ces braves gens pour la confirmation et le lendemain soir je retournai à Gudalur. C’était peu pénible, même pour un vieux comme moi.
« Au retour, je m’arrêtai deux jours à Sainte-Marie d’Ootacamund, pour fêter Notre-Dame de Lourdes. Il y eut messe pontificale et procession dans la soirée. »
M. Crayssac à qui cette grande paroisse est confiée m’écrit : « Cette année vous serez frappé du grand nombre de décès dus à l’épidémie qui a sévi à Ootacamund. Les œuvres y sont aussi prospères que l’an dernier. J’essaye de mettre un peu de vie dans les Confréries du Sacré-Cœur et de l’Apostolat de la Prière. Le nombre des élèves dans mes écoles a augmenté de quelques unités. » Il y a eu dans cette paroisse 58 baptêmes de païens.
« Entre Ootacamund et Wellington se trouve la station de Kaity. C’est un poste « ad paganos » confié aux soins de M. Tignous. J’y ai donné 38 confirmations et, ce même jour, j’ai baptisé le chef du village et deux autres Badagas. Depuis longtemps déjà ce brave homme voulait se faire chrétien ; mais les gens de sa caste lui suscitaient tant d’obstacles ! Enfin, son fils, qui avait passé par notre Ecole Saint-Michel de Coimbatour, se décida et, quelques mois plus tard, le père suivit. Il eut à souffrir car les chefs de sa caste, dont un député au Conseil législatif de la Présidence, voulurent le faire apostasier ou du moins le déposséder du titre de Chef de Kaity et villages environnants. Leur pétition ne fut pas acceptée par les Officiers du Gouvernement. Espérons que cette conversion en décidera d’autres. »
De Wellington, M. Morin écrit : « Cette année, il y a eu un mieux dans l’accomplissement du devoir pascal ; 17 conversions de païens ont été enregistrées, dont celle du chef paria des païens, le jour de l’Assomption, à son lit de mort. Ayant toute sa connaissance, il a demandé lui-même le baptême. »
A Valipaleam M. Lebonzec Constate une diminution de la population catholique due à l’émigration. A Naglur, le P. Dominique est très occupé à bâtir une nouvelle église. De Pallapalayam, M. Castanié m’écrit : « Le nombre des confessions et des communions dépasse de beaucoup celui de l’année dernière. Une épidémie de choléra a sévi durant les dernières fêtes de Noël ; j’ai eu à déplorer quelques morts, notamment celle du chef du village âgé de trente et un ans ; était un chrétien modèle.
« Valparai (sur les Annamalais) a été détaché de Pollachi dont il était trop éloigné ; ce nouveau district a été confié à M. Tournier. Depuis quelques années, ces montagnes ont été défrichées et couvertes de plantations nombreuses. Il y a là actuellement une nombreuse population de travailleurs, dont plus de 2.000 catholiques parlant différentes langues, surtout maléalam et tamil. Il y a tout à fonder dans ce vaste district ; ce sera dur. Mais le missionnaire à qui il est confié est dans la force de l’âge, plein de zèle et de courage : il y fera beaucoup de bien. »
~~~~~~~
<< Retour page précédente
|