| Année: |
1925 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Coïmbatore |
| Rédacteur: | Mgr Roy |
III. — Coïmbatore
Population catholique 45.966
Baptêmes d’adultes 362
Baptêmes d’enfants de païens 1.146
Conversions d’hérétiques 45
Mgr Roy constate la lenteur des progrès de la Foi dans son diocèse et en indique les causes et les remèdes.
« Sans doute, écrit Sa Grandeur, la politique trouble et absorbe les esprits dans l’Inde, les ouvriers apostoliques sont trop peu nombreux, mais la cause dominante de la stérilité de nos efforts, c’est l’apathie de nos chrétiens, leur manque presque total de prosélytisme.
Nous avons des écoles catholiques de différents degrés ; elles empêchent notre jeunesse de subir les ravages de l’école neutre et protestante. Malheureusement ils sont encore trop nombreux les enfants qui ne fréquentent pas l’école, et celle-ci ne peut que parfaire mais ne remplace pas l’éducation foncièrement chrétienne qui trop souvent fait défaut au sein de la famille.
Nos catéchistes sont de braves gens en général, mais nous ne trouvons pas ni la résolution, ni le zèle, ni le courage que nous voudrions voir en eux.
Quant à nos chrétiens, ils sont bons et pratiquants, du moins en très grande majorité ; mais en aucun d’eux on ne peut admirer cette supériorité religieuse qui attire en rayonnant.
Ce qui nous manque le plus, c’est, dans chaque poste, une élite de chrétiens à l’âme vraiment apostolique telle que Pie X, de vénérée mémoire, la désirait dans chaque paroisse de l’univers catholique. Cette élite ranimerait les tièdes, favoriserait puissamment l’action du missionnaire et, par son exemple, s’imposerait à l’admiration des païens.
Les confrères s’efforcent de réaliser ce programme. Depuis quelques années, dans les grands centres surtout, ils ont fondé des confréries pour les femmes : Enfants de Marie, Mères Chrétiennes ; des Unions pour les hommes : Ligues de Sobriété, Cercles Catholiques, Apostolat de la Prière, etc. C’est un commencement.
M. Crayssac m’écrit de Sainte-Marie, Ootacamund : « La Confrérie du Sacré Cœur, nouvellement fondée parmi les Européens et Indigènes est florissante. Les réunions sont très suivies par les deux communautés. J’attends beaucoup de bien de cette œuvre, pour la formation d’une élite qui sera un exemple de vie chrétienne dans cette paroisse. »
Monseigneur de Coïmbatore regrette ensuite — et nous regrettons avec lui — que la plupart des confrères ne lui aient envoyé que des chiffres pour leur rapport annuel, ce qui l’oblige à résumer ainsi son compte rendu : « Tout s’est passé cette année un peu comme l’année dernière. »
« M. Morin, chapelain militaire à Wellington, continue Sa Grandeur, a fait un recensement minutieux des chrétiens indigènes de son district. « J’en ai trouvé 3.000, écrit ce confrère. En y ajoutant une centaine d’Européens et Eurasiens, nous atteignons 3.100. Tout n’est pas parfait, mais quand même il y a du bon. Le voisinage des militaires n’est pas toujours exemplaire et nos chrétiens, tous ou à peu près de basse caste, ne relèvent pas assez vite à notre gré leur niveau moral. Pour les encourager, mon vicaire, M. Francis, va donner des conférences, ou plutôt faire un catéchisme de persévérance aux gens de « Bob village », une fois par semaine, et 1’assistance est assez bonne. Malgré nos efforts, nos visites personnelles à plusieurs familles païennes, nous avons échoué, et nos baptêmes de païens sont vraiment trop peu nombreux. Il faut vivre d’espoir et nous croyons que l’année prochaine nous obtiendrons un meilleur succès. »
A Kodiveri, M. Petit a fondé une Confrérie des Mères Chrétiennes, et en augure un grand bien pour la chrétienté ; mais ce qui réjouit le plus notre confrère, ce sont ses nouveaux convertis de Gundri. « Depuis deux ans, écrit-il, les conversions y sont plus nombreuses et les néophytes font des progrès sensibles que tout le monde constate. Il y a eu cinquante-cinq baptêmes de païens cette année. La nouvelle station que je rêve de fonder sur un autre point des montagnes m’a donné beaucoup de tracas. Les épreuves que j’y ai rencontrées me font bien augurer de l’avenir car il est constant que les œuvres de Dieu se développent dans l’épreuve. »
Au nord du diocèse, nous allons perdre une église, chef-lieu de district, et trois ou quatre chapelles. Le Gouvernement a décidé de capter l’eau du fleuve Kauvéri par une immense digue et de nombreux kilomètres carrés vont être inondés. Ce travail demandera une dizaine d’années, mais en attendant, il faut partir. La dernière limite pour l’abandon de l’église, du presbytère et de tout le village de Metur est fixée au 25 octobre.
Du côté du Nord et de l’Est du diocèse, les gens souffrent beaucoup : les pluies n’ont pas été suffisantes, les puits sont à sec et les moissons sèchent sur pied. Ce sera la misère pendant de longs mois. L’Inde, quoi qu’en disent certains écrivains qui ne l’ont peut être jamais vue, n’est pas un pays de cocagne. »
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