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Rapport annuel des évêques

Année: 1926
Pays: Inde
Mission: Coïmbatore
Rédacteur:Mgr Roy

III. — Coïmbatore

Population catholique 46.641
Baptêmes d’adultes 390
Baptêmes d’enfants de païens 1.466
Conversions d’hérétiques 37


Mgr Roy nous écrit : « Pour faciliter aux fidèles le bienfait du Jubilé, dans chaque centre où réside le prêtre et dans quelques chapelles éloignées de ce centre, une mission de quatre jours au moins a été donnée, ou sera donnée avant la fin de l’année ; sermon matin et soir, et la journée se termine par une procession et la bénédiction du Saint-Sacrement. Partout où ces cérémonies ont déjà eu lieu, elles ont été très suivies et ont donné de nombreux fruits de salut.
Nos Congrégations religieuses tant européennes qu’indigènes, sont de précieuses auxiliaires ; on en jugera par leurs œuvres : Les Religieuses de Saint-Joseph de Tarbes dirigent à Coonoor deux écoles de filles anglo-indiennes.
Les Franciscaines Missionnaires de Marie sont aussi enseignantes à Coïmbatore, Ootaca-mund et Kotagiri ; en outre elles prennent soin de deux orphelinats, visitent les malades sur les montagnes des Nilgiris et dirigent le dispensaire et l’hôpital de la Mission à Coïmbatore.
Les Religieuses indiennes ont à Coïmbatore même, à leur maison mère la direction d’un orphelinat et, sous la direction du prêtre, tiennent les écoles de filles dans les différents postes du diocèse. Leur directeur m’annonce que le nombre des novices et postulantes augmente considérablement, mais pas au delà, certes de mes désirs ; je les voudrais trois fois plus nombreuses.
Nous avons aussi pour l’Ecole anglo-indienne de garçons, quelques Frères irlandais de Saint-Patrick.
Nos trois Frères indiens du Sacré-Cœur aident le missionnaire directeur de notre grande école industrielle de Coïmbatore.

L’école Saint-Michel à Coïmbatore est dirigée par un missionnaire assisté de 3 prêtres indigènes ; 25 professeurs sont des laïques. Dans les écoles de garçons de différents degrés des divers districts du diocèse, le missionnaire qui en a la direction, s’assure le concours de professeurs laïques.
Nos orphelinats sont assez prospères ; les orphelines étudient dans les écoles primaires et, en attendant le mariage, elles sont employées à différents ouvrages féminins. Quant aux orphelins du moins ceux de l’Orphelinat Saint-Michel, les uns, les mieux doués, continuent leurs études primaires supérieures pour être employés plus tard, autant que possible, comme maîtres d’école, les autres passent à l’Ecole industrielle où ils apprennent un métier convenant à leurs aptitudes. Ceux-ci deviennent de bons ouvriers aptes à gagner aisément leur vie, se marient et fondent de belles familles.
Les conversions ne sont pas nombreuses ; les difficultés et obstacles tant de fois signalés ici ne sont pas près de disparaître : orgueil du philosophisme hindou, évolution progressive du nationalisme, apathie des classes moyennes, etc. Ceux qui viennent à nous ne sont guère que des miséreux qui nous abordent du geste bien connu dans l’Inde, nous montrant que leur ventre est vide et nous demandant de le remplir. Quelques-uns cependant se laissent éclairer par la lumière de la grâce et deviennent de bons chrétiens.
La prospérité du recrutement de notre clergé indigène nous fait envisager l’avenir avec confiance : le Séminaire se remplit ; les vocations sacerdotales deviennent plus nombreuses, grâce au dévouement des missionnaires et des prêtres indigènes. Notre pensionnat Saint-Michel nous sert d’école préparatoire au Séminaire. Ne sont admis au Séminaire que les élèves ayant passé leur examen de « lower secondary » ; ils ont alors quinze ou seize ans, et continuent, tout en apprenant le latin au séminaire, à suivre les cours de « Saint-Michel’s High School » pendant trois ans. Ils passent alors leur « matriculation », se perfectionnent en latin encore pendant sept mois environ, et entrent en philosophie au grand Séminaire. Cette année, sur 7 qui ont demandé leur admission, 6 ont été admis.

La maladie a visité bon nombre de nos ouvriers apostoliques qui, comme d’habitude, ont dépensé sans compter leurs forces ; deux d’entre eux sont tombés sur la brèche, MM. Sibuet et Le Bonzec : ils sont allés au ciel recevoir la récompense de leurs travaux, l’un à la fin de 1925 et l’autre six mois après.
M. Crayssac, de son poste d’Ootacamund annonce 54 baptêmes de païens ; il attribue ce progrès dans le nombre de conversions, au zèle de son vicaire, le P. Marie Soussay.
« Nous avons pu baptiser 19 païens et 2 protestants, écrit M. Morin, de Wellington. Jusqu’ici les gens de caste ne veulent pas devenir chrétiens. Ils ont pourtant confiance au prêtre puisque, à deux reprises cette année, ils m’ont pris pour arbitre dans leurs différends et ont été satisfaits de ma décision. J’ai profité de l’occasion pour leur prêcher quelques vérités sur notre Religion. Quant à nos chrétiens, ils n’ont pas le zèle éclairé qu’on désirerait voir en eux ; leur servitude à l’égard de leurs maîtres européens est telle qu’ils n’ont guère de facilité pour mener une vie vraiment chrétienne et élever leurs enfants dans la crainte et l’amour du Seigneur. »
M. Petit écrit de Kodivéri : « La station des nouveaux chrétiens de Gundri continue à se développer : j’y ai enregistré cette année encore une cinquantaine de baptêmes de païens et le nombre des catéchumènes y est d’une centaine. A Talavadi, où j’ai ouvert une école, un mouvement sérieux de conversions semble se dessiner : une centaine de personnes se font inscrire comme catéchumènes et d’autres songent à les imiter. Si ce mouvement continue, j’espère que, d’ici quelques années, il y aura dans cet endroit une ou même plusieurs chrétientés.
En recherchant l’emplacement d’une ancienne chrétienté du temps de Tippu Sultan, j’ai découvert quelques tombes chrétiennes datant probablement de cent cinquante ans environ. J’avais découvert déjà de nombreuses tombes d’une date beaucoup plus ancienne ; mais ce qui m’a le plus frappé ce sont les nombreuses croix les unes en pierre, les autres peintes ou sculptées sur la pierre dont personne ne peut expliquer l’origine. Il y a là certainement des études archéologiques très intéressantes à faire. »


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