| Année: |
1878 |
| Pays: |
Indonésie |
| Mission: |
Japon septentrional |
| Rédacteur: | Mgr Osouf |
Japon septentrional.
1878
« Grâce à Dieu, nous écrit Mgr Osouf dans son compte-rendu, le mouvement de conversions qui a commencé, dans cette partie du Japon, il y a 4 ou 5 ans, s’est maintenu jusqu’à présent ; et même, comme on pouvait l’espérer de l’augmentation progressive du nombre des chrétiens , la proportion s’est sensiblement améliorée.
« Au lieu de 1235 chrétiens que nous comptions dans toute la Mission, l’année dernière , le recensement qui vient d’être fait en donne 2164.
« Un Missionnaire a été chargé, depuis peu de temps, de voyager çà et là, dans l’intérieur du pays, afin de faire connaître davantage notre sainte Religion, et d’essayer de former peu à peu de nouvelles chrétientés. »
A Tokiô (Yédo), les Missionnaires ont trois centres principaux d’action. A côté de la résidence épiscopale, s’élève gracieusement une Église gothique, dont la construction est due à la générosité de M. le Comte Daru et de plusieurs autres Bienfaiteurs. Le jour de l’Assomption de la sainte Vierge, Mgr Petitjean, invité pour la circonstance, bénit solennellement ce nouveau sanctuaire élevé à la gloire de Dieu, dans la capitale du Japon, en présence de Mgr Osouf, de plusieurs Missionnaires, d’un grand nombre d’Européens et de Japonais chrétiens et païens . Le gouvernement japonais avait bien voulu concourir à la solennité de la fête, en mettant à la disposition de Mgr d’Arsinoë la musique militaire de la garde impériale. Cet acte et d’autres marques de bienveillance que l’on nous signale de divers côtés, témoignent des dispositions favorables qui animent actuellement les gouvernants japonais, en faveur de notre sainte Religion et des Missionnaires.
La mission a pu faire, dans un autre quartier de Tokiô, l’acquisition d’un vaste local, et y établir une chapelle spacieuse, une résidence pour plusieurs Missionnaires, un catéchuménat et des écoles.
La maison des Sœurs du saint Enfant Jésus a continué et développé ses œuvres de charité.
Le nombre des baptêmes s’est élevé pour les 3 postes de la capitale à 364, y compris les baptêmes des enfants recueillis et élevés par l’Œvre de la sainte Enfance.
A Yocohama, nos Confrères ont réussi à établir plusieurs noyaux de chrétientés en ville et dans les environs. Généralement ils rencontrent des populations bien disposées, qui leur font bon accueil . Quelquefois cependant le démon leur suscite des tracasseries, heureusement sans conséquences fâcheuses. Ainsi, à Kanagawa, ville située à 2 kilomètres de Yocohama, un néophyte ayant osé, dans une nombreuse assemblée convoquée par les bonzes, prendre la défense de notre sainte Religion, faillit être tué sur place et ne dut son salut qu’à l’intervention de la police. A Kawasaki également , les premiers néophytes sont en butte à toutes sortes de misères, auxquelles d’ailleurs ils opposent une constance admirable.
A Hatchi-odji, au contraire, la prédication de l’Évangile n’a rencontré aucun obstacle sérieux, et déjà on y compte 50 chrétiens et 32 catéchumènes . Dans une autre localité, non-seulement le Missionnaire a pu prêcher la doctrine chrétienne dans des assemblées publiques, mais les autorités locales lui ont fait le meilleur accueil et l’ont même de ces assemblées. Le chiffre des baptêmes dans le district de Yocohama s’élève à 201.
Le district de Matsounaga n’a qu’un an d’existence et déjà il compte un nombre relativement considérable de néophytes . Le Missionnaire qui l’administre a eu la consolation d’y donner, durant le cours de cette année , le saint baptême à 102 adultes. Ce résultat toutefois n’a pas été obtenu sans peine , notre Confrère a dû compter avec l’antipathie d’une partie de la population, avec l’inconstance de ses collaborateurs improvisés et avec le mauvais vouloir des autorités locales.
Le bien n’est pas facile à Niégata, ville où l’amour du lucre et des plaisirs est traditionnel ; néanmoins nos Confrères de ce district y ont administré le sacrement de la régénération à 46 personnes. Dans une localité voisine de Niégata que plusieurs de ces néophytes habitent , un agent subalterne de l’autorité ayant sollicité du maire qu’il s’opposât à l’introduction du christianisme dans ce village, le maire répondit qu’il ne pouvait empêcher ses administrés d’embrasser notre sainte Religion, alors qu’à la capitale de Micado laisse toute liberté de se faire chrétien. La chrétienté naissante de Niégata aura bientôt une chapelle moins provisoire et plus convenable que l’humble sanctuaire qui fut son berceau.
Hacodaté a eu 68 baptêmes , dont 58 d’adultes. Les écoles comme partout ailleurs y sont florissantes. Elles le seront encore davantage, à l’avenir, sous la direction des Sœurs de Saint-Paul de Chartres, nouvellement installées dans ce port. Avec les écoles de filles, les religieuses tiennent un ouvroir, un orphelinat et un dispensaire. Dieu bénira ces œuvres et en fera, nous l’espérons, autant de moyens de salut pour un grand nombre d’âmes.
En dehors de Hacodaté, nos Confrères de ce poste ont visité plusieurs villes du nord de la grande île Nippon et ils y ont trouvé, écrivent-ils, « à recueillir une abondante moisson que le zèle de quelques néophytes éparpillés dans le pays a préparée. »
Outre ces districts dont la fondation remonte à une époque plus ou moins récente, la mission compte plusieurs postes nouveaux, établis dans le courant de l’année . C’est d’abord Sado, non loin de Niégata, où rien n’a été négligé pour empêcher nos Confrères de se fixer. Leur fermeté et leur constance ont triomphé de ces premiers obstacles, ils ont ouvert une école et déjà ils entrevoient , dans un avenir qui paraît prochain, les résultats de leurs travaux et de leur persévérance. – Sendaï et Morioka sont deux chrétientés fondées et dirigées, jusqu’à ce jour, par de simples néophytes ; elles comptent environ 140 chrétiens ; 71 personnes y ont reçu cette année la grâce du baptême. Bientôt, sous la direction immédiate des Missionnaires, ces chrétientés naissantes prendront de nouveaux accroissements.
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