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RELAVE Jean-Louis
(1857-1941)
[1660] RELAVE Jean-Louis, naquit le 17 décembre 1857 à Marcenod h. de Chazaud, dans le diocèse de Lyon (Loire). Entré laïque au Séminaire des Missions Étrangères le 7 septembre 1881, il fut ordonné prêtre le 27 septembre 1885, et partit le 4 novembre suivant pour le Japon méridional.
Après avoir secondé un temps le Père Villion à Kyôto, M. Relave reçut mission d'aller ouvrir un poste à Miyazu, sur le versant de la Mer du Japon, versant réputé généralement pour sa ferveur bouddhique. Le dévouement d'une catéchiste sortie d'une école religieuse tenue par les Soeurs, lui permit d'amorcer le travail de pénétration dans la masse païenne. Par ses travaux de couture, elle l'aida aussi à préparer les voies pour une future école professionnelle.
En 1898, remplacé à Miyazu par le Père Prosper Ferrand, le Père Relave alla lui-même remplacer le Père Daridon à Okayama. Sa grande amabilité produisit le meilleur effet sur les esprits. En 1899, il y dirigea la construction de l'église, qui fut alors classée comme le plus beau monument de la ville et attira quelque 4000 visiteurs le jour de sa consécration.
En 1900, le Père Relave reprit sa place à Miyazu. Son supérieur, Mgr. Chatron, signala dès lors que cette station était bénie de Dieu. Grâce au concours des fidèles de cette chrétienté admirable, le Père Relave acquit de suite un cimetière destiné aux seuls chrétiens, et ceci seul était une prédication et aussi une expressive réfutation des préjugés alors nourris dans les milieux bouddhistes. En 1901, des calomnies lancées par les journaux, jointes à l'indifférence générale et à la misère, empêchèrent le Père Relave de recueillir d'aussi beaux résultats que précédemment.
En 1902, il s'occupa de fonder un poste à Maizuru, devenu depuis port de guerre. Là il comptait déjà une fervente petite chrétienté et un milieu déjà aussi plus pénétrable aux idées chrétiennes s'offrait à lui.
En 1905, il a à diriger le district de Tsu, mais en 1907, il est toujours et uniquement chargé du poste de Miyazu, où ses conférences publiques obtiennent du succès. Toutefois, il se plaint de l'émigration qui affecte son troupeau. Le 1er octobre 1907, sous le patronage de N.D. du Rosaire, encouragé par le maire de la ville de Miyazu, il ouvrit officiellement cet ouvroir appelé à un heureux développement et succès. En 1909, pour répondre aux attaques des protestants, il multiplia les conférences publiques, et répandit des tracts religieux. En 1910, il ouvrit une grande salle réservée aux conférences et dont la bénédiction eut lieu en 1911.
En 1912, l'empereur de Meiji étant malade, le Père Relave plaça à la porte de l'église une affiche donnant à tout le monde permission d'entrer et prier. De suite, le maire de Miyazu vint faire ses dévotions, suivi par la plupart de ses employés. En 1915, le Père Relave ayant eu deux neveux tués à la guerre, le maire de la ville de Miyazu, païen, demanda pour eux un service religieux auquel il vint assister avec tous ses notables. En 1919, il perdit son fidèle catéchiste, ancien bonze, qu'il avait baptisé trente trois ans auparavant à Kyôto. En 1920, la petite église de Miyazu ne put contenir tous les marins français du croiseur Montcalm venu en visite dans ce port de guerre. Du moins leur assistance à la messe édifia la petite chrétienté. En 1927, l'École-Ouvroir du Père Relave compte plus de 100 jeunes filles, qui suivent les cours et étudient également le catéchisme. Bon nombre d'entre elles assistent à la messe du dimanche, font chaque jour une visite à l'église à l'heure de la prière du matin et du soir. En 1931, cette école-ouvroir fondée 25 ans plus tôt fut transformée en lycée de jeunes filles approuvé par le gouvernement.
En 1935, à Miyazu, furent célébrées avec un éclat particulier les noces d'Or du Père Relave entouré de la vénération des païens comme des chrétiens, et de la haute estime des autorités de la ville, ce dont le léger mouvement de conversions commencé depuis quelques années devait normalement profiter. En 1938, le Père Relave eut la joie de recevoir dans son église de Miyazu l'abjuration d'un ministre protestant qui se convertit au catholicisme avec la plupart de ses fidèles. Ce succès s'explique par la belle vie de prières, de sacrifices, de confiance en Dieu, de bonté souriante envers le prochain et aussi de zèle industrieux, menés pendant plus de 50 ans. En cette année, le Père Relave releva 63 baptêmes dont 43 d'adultes. Grâce à lui, Miyazu était devenu l'un des principaux fleurons de la Mission d'Osaka. En 1939, il enregistra encore 96 baptêmes dont 62 d'adultes et 34 d'enfants. Le Compte-Rendu de 1940 laissait espérer pour Maizuru la fondation d'une école professionnelle imitée de celle de Miyazu et dirigée également par les Soeurs de la Visitation, qui eurent pour fondateur Mgr. Breton.
Vénéré comme un patriarche, le Père Relave devait quitter cette vallée de larmes à Osaka même, le 31 janvier 1931, dans sa 84è année, la 56è de son apostolat ininterrompu au Japon.
Références bibliographiques
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