|
ANOGE Antoine Mgr (1900-1991)
JAPON-ROME
[3319]. ANOGE Antoine, naquit le 26 juillet 1900. Il fit ses études primaires chez les Frères des Écoles chrétiennes. Puis il entra, en 1911, à l'Institution Leidrade à Lyon et fut reçu bachelier en juillet 1918. La guerre n'étant pas terminée, il s'engagea et fut envoyé à l'École des élèves officiers dans l'Yonne. Démobilisé en novembre 1919, il entra au grand séminaire de Lyon. Le cardinal Maurin lui proposa, en septembre 1920, de terminer ses études au séminaire français de Rome. Désirant se consacrer aux Missions, Antoine fut d'abord réticent, puis il accepta la proposition du cardinal. En 1922, à la fin de sa troisième année de philosophie, Antoine Anoge obtint le doctorat de philosophie. Le 20 septembre 1924, il fut ordonné prêtre. Il désirait entrer aux Missions Étrangères, mais le cardinal Maurin exigea une année de réflexion et de prières. Enfin, le 14 septembre 1925, il entra au séminaire des Missions Étrangères. Mgr de Guébriant, supérieur général, sachant qu'il avait encore une année d'études à faire pour obtenir le doctorat en théologie, décida de l'envoyer une nouvelle fois à Rome.Antoine Anoge fut destiné au vicariat apostolique d'Osaka : il partit pour sa mission le 20 septembre 1926.
Dès son arrivée, il fut envoyé à Kyoto pour y étudier la langue. En 1928, son évêque le nomma au poste de Maizuru, en remplacement du Père Marmonnier. Il ouvrit une petite école de couture dans les locaux de la paroisse : école qui devait devenir l'école "Nissei" dirigée par les Soeurs du Hômonkai. Quand le grand séminaire interdiocèsain de Tokyo ouvrit ses portes en 1929, il y fut appelé pour enseigner la théologie, le latin et le grégorien. En outre, il prit en charge l'aumônerie d'une grande léproserie gouvernementale : le "Zensei byoin" qui comptait 1.200 malades. Sur les conseils de Mgr de Guébriant, il allait visiter, durant les vacances d'été, des missions confiées à la Société des Missions Étrangères en Asie.
Au mois de juillet 1934, il fut rappelé à Paris pour enseigner la théologie fondamentale, la philosophie et l'histoire de l'Église, au séminaire de Bièvres. Il eut aussi l'occasion de faire de nombreuses conférences dans les grands séminaires de l'Ouest et du Sud de la France, en tandem avec Mgr Chappoulie, alors président de la Propagation de la Foi. Mobilisé en 1939, M. Anoge fit la guerre comme aumônier de la troisième Division Coloniale. Fait prisonnier le 21 juin 1940, il fut libéré cinq mois plus tard au titre de la Croix Rouge. Atteint de septicémie, il dut prendre du repos. Quand il fut guéri, dans limpossibilité de regagner Paris, il offrit ses services au cardinal Gerlier qui le nomma aumônier du Lycée de St-Étienne. Pendant les vacances scolaires de Noël et de Pâques, il assura l'aumônerie de la Commission Française d'armistice à Wiesbaden :il assuma cette tâche jusqu'en 1943. Entre temps, en 1942, il put rejoindre Paris et il enseigna la théologie fondamentale.
Dans le courant de l'année 1945, il ressentit les premiers symptômes d'un ulcère de l'estomac : il dut se résigner à quitter Paris. Le Père Robert, supérieur général, sur la suggestion de Mgr Chappoulie, le nomma alors à la Procure de Rome, comme rédacteur de langue française à l'Agence Fides. Le 23 avril 1945, le Père Anoge prit ses fonctions. Elles le mirent en contact avec les missions du monde entier. En 1952, un catholique japonais, M. Kanayama, ayant été chargé d'ouvrir l'ambassade du Japon près le Saint Siège, jugea indispensable d'avoir un conseiller ecclésiastique. Il demanda au Père Anoge de bien vouloir accepter cette fonction. Mgr Montini, alors substitut à la Secrétairerie d'État, ayant fortement appuyé cette demande, Mgr Lemaire, supérieur général, répondit affirmativement. Le 1er août 1952, le Père Anoge fut mis à la disposition de l'ambassade japonaise, et le 15 septembre prit ses fonctions pour une durée provisoire... qui devait durer trente années.
En plus de cette activité, le supérieur général lui demanda, en février 1957, de prendre en charge l'économat de la procure de Rome. D'abord procureur adjoint, il fut élu procureur en titre à l'Assemblée de 1960. Le Pape Paul VI le nomma, cette même année, prélat d'honneur de Sa Sainteté. La procure de Rome étant installée dans un secteur trop bruyant, Mgr Anoge aménagea en 1962 une nouvelle procure, rue Adelaide Ristori. Durant le Concile, il y accueillit les évêques de la Société. En 1968, il est postulateur de la cause de béatification des martyrs de Corée et il a la joie d'assister à leur béatification le 7 octobre. Cette même année, la charge de procureur fut confiée au P. Cussac, et Mgr Anoge ne garda que celle de conseiller ecclésiastique à l'ambassade.
Mgr Anoge avait été créé chevalier de l'Ordre de la Légion d'Honneur en avril 1963, puis, en novembre suivant, Officier du Trésor Sacré (Japon). Enfin, en 1978, il fut nommé officier de l'Ordre National du Mérite.
En 1981, Mgr. Anoge estima qu'il était temps de démissionner du poste de Conseiller ecclésiastique de l'ambassade du Japon. Puis il passa la postulation des causes de béatification au Père Itçaina. Il se retira à Montbeton en mai 1991, et mourut le 7 juillet suivant. Il fut inhumé à Chauffailles (Saône et Loire) dans le tombeau familial.
Références biographiques
Annales des Missions Etrangères : 1926-1927, p. 197, 359 ; 1932, p. 147. — Compte Rendu : 1926, p. 163, 167. 1929, p. 6, 22 ; 1932, p. 339-340 ; 1933, p. 6 ; 1934, p. 3-4, 230-231 ; 1935, p. 21 ; 1939, p. 214 ; 1957, p. 90 ; 1958, p. 93 ; 1960, p. 4 ;1964, p. 78 ; 1968, p. 82 ; 1969, p. 154, 175 ; 1974-1976, p. 233. — Bulletin des Missions Etrangères : 1925, p. 444 ; 1926, p. 64, 520 ; 1928, p. 163 ; 1929, p. 616, 619 ; 1931, p. 368 ; 1932, p. 526, 643, 781, 871, 846 ; 1934, p. 485, 554-555, 594, 812-813, 893; 1935, p. 378, 454 ; 1936, p. 845 ; 1937, p. 458 ; 1938, p. 354 ; 1940, p. 224, 832, 835; 1960, p. 383, 845. — Épiphanie : 1962, p. 395, 789-790 ; 1963, p. 593. — Echos missionnaires : 1942 (citation). — Missions Etrangères de Paris : n° 114, p. 43 ; 119, p. 45 ; 124, p. 39 ;128, p . 54 ; 133, p. 68. — Hirondelle : n° 124, 132, 144,150. — Echos de la rue du Bac (1ère série) : n° 85, 95, 111, 116, 292, 295, 296, 297, 298, 310, 312, 342, 355, 356, 375, 380, 416, 444, 525, 612, 627, 683, 694, 727, 729.— Echos de la rue du Bac (2e série) : n° 10, p. 289 ; n° 14, p. 417, 421, 423 ; n° 66, p. 235 ; n° 73, p. 118 ; n° 118, p. 153.
Référence bibliographique
Echos missionnaires : 1945, Avec les lépreux japonais, p. 76-81.
<< Retour page précédente
|