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Rapport annuel des évêques

Année: 1876
Pays: Japon
Mission: japon
Rédacteur:Mgr Midon prov.

Japon. 1876

Le Saint-Siége, appréciant les besoins de la Mission du Japon, et dans l’espoir d’en faciliter l’apostolat en y multipliant les centres d’action, a, par décret du 22 mai 1876, divisé le Japon en deux vicariats. Le vicariat septentrional comprend la partie septentrionale de l’île Nippon, l’île de Yéso et toutes les autres îles adjacentes. Le vicariat méridional comprend la partie méridionale du Nippon avec les îles du Chi-kokou et du Kiou-chou. Mgr Petitjean demeure titulaire de la partie méridionale, à laquelle Sa Grandeur a attaché son nom par la découverte des nombreux descendants des anciens chrétiens . Par décret du 3 décembre 1876, M. Osouf a été nommé évêque d’Arsinoë et vicaire apostolique de la partie septentrionale.
La situation générale au Japon, nous écrit M. Midon, provicaire de la Mission, est toujours la même ; toujours même envahissement de l’erreur, même indifférence, apparente du moins, de la part du gouvernement central, et, de temps à autre, vexations locales de la part des autorités subalternes. Malgré ces obstacles, nos confrères du Japon septentrional ont obtenu, eu égard à la situation, de véritables succès, présages, nous l’espérons, de plus grands succès encore. A Yedo, les essais tentés pour former les catéchistes dont la Mission a un si grand besoin, n’ont pas réussi au gré des désirs des missionnaires de ce poste. Cela ne les a pas découragés néanmoins, et dans l’espoir de se préparer longtemps à l’avance ces précieux auxiliaires, aussi bien que dans le but de répondre aux exigences de la situation au Japon, les Missionnaires ont établi 3 nouvelles écoles à la capitale. A Yacohama, M. Testevuide, avec le concours des Dames du Saint-Enfant-Jésus, a formé un petit noyau de néophytes qui ira toujours se développant. A Niégata, nos confrères ont été en butte aux tracasseries d’un préfet mal disposé, néanmoins leur persévérance a été récompensée par quelques conversions. A Hacodaté, M. Marin a eu le bonheur d’enregistrer plus de 100 baptêmes . Les deux établissements fondés par les Dames du Saint-Enfant-Jésus sont en voie de prospérer et de rendre de grands services à la Mission. La mort a de nouveau frappé cette communauté et lui a ravi dans la personne de Mme Saint-Norbert, une religieuse accomplie et une supérieure dont le zèle et les qualités répondaient admirablement aux besoins de la situation.
Dans l’intérieur, nos confrères ont pu visiter quelques chrétientés naissantes et procurer, avec les secours de la religion, les encouragements nécessaires à ces pauvres néophytes , forcément délaissés. A Noumadz, dont la fondation rappelle le souvenir de M. Marin, M. Arrivet a trouvé les néophytes toujours bien disposés, mais la crainte, inspirée par les vexations dont ils ont été l’objet, empêche le développement de cette petite chrétienté. M. Langlais a parcouru les anciennes provinces de Sendai et du Nambou et a constaté chez les néophytes les meilleures dispositions. Mais, pour donner un peu de vie à ces postes, la présence du missionnaire est indispensable. Nous prions Dieu de briser enfin ces barrières qui ferment toujours à nos confrères du Japon l’entrée de l’intérieur du pays !
Au dernier moment nous recevons la nouvelle d’un incendie qui a détruit une grande partie de Yedo, notamment la concession européenne. L’établissement de la Mission et celui des sœurs ont été préservés comme par miracle. La Mission y a cependant perdu deux maisons japonaises, situées dans l’intérieur de la ville et servant d’orphelinat et d’école.
A Nagasaki, nos confrères ont continué l’exercice de leur consolant ministère auprès des populations anciennement chrétiennes. Ils ont eu la joie de ramener à la pratique de la religion de leurs pères un bon nombre de pauvres chrétiens , que la crainte ou d’autres causes en avaient, jusqu’à ce jour, tenus éloignés.
Non loin de la ville de Nagasaki se trouve l’île d’Amacousa, célèbre dans l’histoire de l’Église du Japon. Une partie de la population est chrétienne, et cependant, malgré plusieurs tentatives faites par les Missionnaires pour se mettre en relation avec les descendants des anciens chrétiens , aucun de ceux-ci n’avait osé, jusqu’en ces derniers temps, répondre aux avances de nos confrères et cherché à se réconcilier avec Dieu. Cependant, au commencement de 1876, une femme , désireuse de s’instruire, vint avec son mari, dans une localité voisine de Nagasaki, se disposer à la grâce du baptême. L’un et l’autre le reçurent le 11 mars. Rappelée dans son pays par la maladie de sa vieille mère, la néophyte n’y revint pas seule, deux catéchistes l’y accompagnèrent. L’un d’eux à son retour à Nagasaki y ramena quelques jeunes gens, son compagnon et son remplaçant s’établirent à Amacousa, et déjà plusieurs familles s’instruisaient des vérités de la foi, lorsque le démon suscita une persécution qui dure encore maintenant. Les deux catéchistes furent arrêtés et nous attendons toujours la nouvelle de leur délivrance ; plusieurs chefs de famille furent également emprisonnés ; depuis ils ont été relâchés, mais ils demeurent sous la surveillance de la police.
A Kobé et à Ozaca, nos confrères ont à lutter contre bien des difficultés . Cette partie du Japon a été de tout temps la place forte du boudhisme. Les Missionnaires néanmoins ne se découragent pas ; ils ont déjà obtenu quelques conversions, et il est à présumer qu’à l’aide des œuvres que Mgr Petitjean se propose d’y fonder, le centre du Japon ne le cédera à aucune des autres parties de ce vaste empire.






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