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Rapport annuel des évêques

Année: 1882
Pays: Japon
Mission: Japon septentrional
Rédacteur:Mgr Mgr Osouf

Japon septentrional.


Cette année, Dieu a béni d’une manière toute spéciale le travail de nos Confrères du Japon septentrional : 649 adultes ont été régénérés dans les eaux du baptême et 8 hérétiques ont fait leur abjuration. Eu égard aux circonstances, ce résultat, dans une Mission nouvelle où les éléments nécessaires pour travailler avec succès à la conversion des païens font encore défaut, ce résultat ne laisse pas que d’être satisfaisant; hâtons-nous de le dire, après Dieu il est dû au zèle des Missionnaires.
Aucun événement extraordinaire à signaler: le Séminaire ne compte pas un grand nombre d’élèves ; mais, écrit Mgr Osouf, « les bonnes dispositions que montrent ces élèves en général, dédommagent quelque peu de l’exiguïté du nombre. » L’école des catéchistes marche bien sous la direction de M. Brotelande ; les catéchistes en activité ont pris part aux exercices d’une retraite en commun; elle a terminé une série de conférences auxquelles ils ont assisté pendant six semaines. « Le résultat de ces réunions, écrit encore Mgr d’Arsinoë, paraît avoir été excellent.
« La retraite commune vient d’avoir lieu à l’époque ordinaire. Tous les Confrères de la Mission, à l’exception de quatre, retenus dans les postes éloignés, y ont pris part.
« Le nombre des chrétientés s’est augmenté de cinq . Une nouvelle chapelle a été inaugurée à Tokiô, dans le quartier d’Akabané.
« L’an dernier, en parlant de l’extension donnée au ministère des Missionnaires ambulants, je disais que l’intérieur et le nord du Yéso restaient encore presque inaccessibles. Nous tentons néanmoins quelque chose de ce côté. Je viens d’envoyer à Hacodaté un Missionnaire de plus, M. Faurie, avec la charge spéciale de s’occuper de ces parages extrêmes de la Mission. Au retour de son dernier voyage dans le nord de l’île, M. Pettier avait ramené à Hacodaté deux Aïnos, dont un sait assez bien le japonais. S’il est possible de les conserver, M. Faurie va s’en servir pour étudier leur langue, afin d’essayer de gagner aussi les peuplades aïnos à notre sainte Religion...
« La question des enterrements, dont j’ai dit quelque chose les années précédentes, à propos des difficultés qu’elle suscitait, est loin d’être résolue d’une manière nette et générale. Cependant, il est incontestable que, de ce côté comme en beaucoup d’autres points, il se produit peu à peu au Japon des améliorations très sensibles. A Tokiô, en particulier, le progrès est visible. Quoique les Missionnaires soient loin de rencontrer partout les mêmes facilités, néanmoins, dans un certain nombre de localités à l’extérieur, les bons exemples de la capitale ont déjà porté leurs fruits. Espérons que ces bons résultats se généraliseront peu à peu. »

Après cet exposé de la situation générale, Mgr Osouf passe en revue chacun des principaux postes de sa Mission : nous regrettons de ne pouvoir reproduire in extenso ce travail, que les limites de notre lettre nous obligent à abréger.
C’est à Tokiô que la moisson a été la plus abondante ; on y compte 448 baptêmes, d’adultes en majorité. Le district d’Asacousa, avec son annexe de Hondjo, a été le principal théâtre des miséricordes divines. Le grand souci des Missionnaires est ici, comme dans tous les autres postes, de former les nouveaux chrétiens aux habitudes et aux pratiques de notre sainte Religion ; il y a déjà progrès, espérons que les efforts de nos Confrères auront un plein succès. Sous la direction des Missionnaires, des Dames de Saint-Maur et des Sœurs de Saint-Paul de Chartres, les orphelinats et les écoles sont sur un bon pied. L’œuvre des malades surtout commence à produire d’excellents résultats, et obtient les sympathies de la population.
Yocohama a 230 baptêmes (adultes et enfants compris), environ cent de plus que l’année dernière. A ce poste se rattache le district du sud qui comprend toute la côte est jusqu’aux limites du Japon méridional, c’est-à-dire une longueur de plus de cent lieues. Le Missionnaire qui le visite a pu fonder deux nouvelles stations. Une d’entre elles, écrit Mgr Osouf, « doit son origine à la conversion d’un riche Japonais qui ayant rendu de grands services aux habitants de son village, était sur le point de recevoir de leur reconnaissance les honneurs divins ! Ces braves gens lui avaient, en effet, offert de l’honorer dans le petit temple de la localité, ce à quoi il avait consenti. Sur leur demande, il leur avait, dans ce but, promis sa photographie. Éclairé depuis des lumières de la foi, au lieu d’usurper les honneurs divins, il a lui-même adoré le vrai Dieu. De plus, ses instructions et ses exhortations, jointes à celles des Missionnaires qui ont passé dans cet endroit, ont amené un certain nombre de ses protégés à embrasser le Christianisme. Les postes d’Odowara et de Yocoseka ont reçu ou vont recevoir une installation moins provisoire. ― Les écoles continuent d’être bien fréquentées. ― A Yocohama, les Dames de Saint-Maur ont dû songer à agrandir leur maison déjà insuffisante. — A côté des trois Missionnaires catholiques qui desservent ce district, on compte une vingtaine de ministres protestants.
Niégata est toujours stérile et n’a enregistré que 11 baptêmes cette année. Espérons, cependant: un jour viendra sans doute, où, selon la parole du Prophète, la solitude tressaillira d’allégresse et fleurira comme un lis... car ses habitants eux-mêmes verront la gloire du Seigneur et la magnificence de notre Dieu (Is.,XXXV). Le Missionnaire qui parcourt cet immense district a rencontré des dispositions qui, sur plusieurs points, font prévoir un meilleur avenir. Lorsque les Sœurs de Saint-Paul de Chartres se seront établies à Niégata, comme elles ont projet de le faire, nul doute que le spectacle de leur charité ne touche les cœurs même les plus endurcis.
Sendai figure sur le compte-rendu de la Mission avec 56 baptêmes : le bon esprit et les habitudes religieuses distinguent cette chrétienté et réjouissent le cœur du Missionnaire.
La ferveur continue de régner dans la petite communauté chrétienne de Moriôka, qui compte cette année 37 nouveaux membres. Les néophytes y ont établi une petite association sur le modèle des Conférences de Saint-Vincent de Paul. Cette association fonctionne parfaitement, elle est appelée à produire d’excellents résultats.
Le district de Hacodaté comprend tout l’extrême nord de l’empire japonais; la température y est rigoureuse, l’hiver très long; les cœurs s’en ressentiraient-ils ? on le croirait à en juger par le peu de progrès que l’Évangile semble y faire. Les néophytes n’échappent pas assez eux-mêmes à cette indifférence qui glace les âmes des habitants de ce pays. Espérons qu’avec la grâce de Dieu, le zèle persévérant de nos Confrères et le dévouement des Sœurs de Saint-Paul de Chartres finiront par triompher de l’apathie générale. Il y a eu cette année 26 baptêmes à Hacodaté.
Les districts de l’est, du centre et du centre méridional ont été visités par les Missionnaires qui en sont chargés ; le premier a fourni une abondante moisson : 125 baptêmes ont élevé à 231 le nombre des chrétiens de cette région. Les deux autres, de fondation toute récente, n’ont pas donné d’aussi consolants résultats, mais là aussi la grâce de Dieu fera des conquêtes, que hâtera le zèle des Missionnaires.
« Je ne puis, écrit en terminant Mgr d’Arsinoë, que louer le dévouement et l’entrain général avec lesquels les Confrères travaillent à défricher la partie de la vigne du Seigneur qui nous est confiée. Daigne le divin Maître les en récompenser dès maintenant, en multipliant chaque jour davantage les bénédictions qu’il répand sur leurs travaux ! »



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