| Année: |
1886 |
| Pays: |
Japon |
| Mission: |
Japon méridional |
| Rédacteur: | Mgr Cousin |
III. – Japon méridional.
Population catholique.............26,320
Baptêmes de païens...............719
Baptêmes d’enfants de païens...... 222
« C"est le cœur rempli de la plus vive reconnaissance envers l"Auteur de tout bien, écrit Mgr Cousin, que j’entreprends pour la seconde fois de vous faire le résumé de l"administration annuelle dans la mission du Japon méridional.
« L"œuvre de Dieu continue à s"étendre sans beaucoup de bruit, mais avec des progrès marqués. Si la grâce ne nous a point fait défaut, le zèle de nos confrères ne s’est pas non plus démenti ; les résultats ont été plus consolants que jamais, et font concevoir à tous les plus belles espérances pour l’avenir.
« Un des heureux souvenirs de ma vie sera d’avoir pu employer la première année de mon épiscopat, presque tout entière, à parcourir nos différentes chrétientés. Aucun missionnaire qu’il ne m’ait été donné de voir chez lui, et pour ainsi dire, à l’œuvre. De la bouche de chacun, j’ai entendu le récit des consolations que le bon Dieu sème de temps en temps sous ses pas, dans l’exercice du saint ministère comme les fleurs qui s’épanouissent au bord du sentier, pour tromper l'ennui et la fatigue du voyageur. Souvent aussi il m'a fallu écouter la nomenclature bien plus longue, hélas! des obstacles qui s'opposent au bien et semblent paralyser toutes les industries du zèle. Mais, n'importe, le travail de chaque jour vient s'ajouter à celui de la veille, et les fruits vont aussi s'accumulant sans cesse.
« Dans le sud, chaque petit groupe de fidèles a voulu avoir son église. Aucun sacrifice ne les a rebutés, et l'on est effrayé à la pensée des privations qu'ont dû s'imposer, pour en arriver là, de pauvres gens qui, pour la plupart, ne vivent que de pommes de terre et ne connaissent presque le riz que par ouï-dire. Leurs églises ne sont pas des monuments, mais elles ne manquent en général ni d'élégance ni de bon goût, et elles feraient encore bonne figure dans nos petites paroisses de France.
« Là où les missionnaires ne travaillent que sur l'élément païen, les choses évidemment sont moins avancées. Ordinairement, on n'a pu offrir à Notre Seigneur qu'une chambre de la maison japonaise où l'on habite. Mais, nomme chacun s'est appliqué à l'orner de son mieux et à la rendre moins indigne de son hôte divin ! Zelus domus tuœ comedit me.
« Pour ma part, j'ai été partout édifié et partout reçu comme l'envoyé de Dieu. Aussi, les petits désagréments et les fatigues inséparables d'allées et venues qui feraient un voyage de 1 500 lieues, par tous les temps, tous les chemins, toutes les voies et tous les moyens de transport qui se puissent imaginer, ne sont pas même un souvenir, auprès des consolations qu'il a plu au Divin Maître de me faire goûter. »
Parcourons maintenant, à la suite de Mgr Cousin, les différents districts de la mission.
DISTRICT D'ISHÉ. - « En arrivantau mois d'octobre dernier dans le district que la mort du P. Roger et la maladie du P. Foukahori (prêtre indigène) avaient longtemps privé de pasteur, écrit le P. Aurientis, je m'aperçus vite que le loup avait exercé de grands ravages dans le troupeau. Dénué de tout secours humain, n'ayant' pas même de catéchistes sur qui compter, j'eus hâte d'invoquer la protection de Celle par qui sont renversées toutes les hérésies, et j'ai pu obtenir 36 nouveaux baptêmes. Tout modeste qu'il soit, ce chiffre ne laisse pas que de me consoler beaucoup, car mon travail de cette année avait surtout pour but de ramener au bercail les brebis égarées, et d'accoutumer aux pratiques chrétiennes ceux qui avaient précédemment été baptisés. Parmi les nouveaux convertis de Tsû, je citerai en particulier un médecin et sa famille, un officier de la préfecture et sa famille aussi, qui sont déjà, comme ferveur, à la hauteur de leurs aînés dans la foi. »
A Tsuthiyama, notre confrère à réussi à procurer aux quelques chrétiens du poste un lieu de réunion qui sert de chapelle, et à placer à leur tête un catéchiste. Dieu a béni ses efforts, et le petit troupeau augmente chaque jour en nombre et en ferveur.
DISTRICT DE KIOTO. - « La résidence ordinaire du Missionnaire est à Kioto. La mission y possède une maison japonaise avec chapelle intérieure, en attendant l'église qui serait si nécessaire. Le travail y est particulièrement difficile. Cette ville en effet est le centre du bouddhisme au Japon, et de plus, les ministres protestants semblent en avoir fait leur quartier général. Malgré cela, le missionnaire ne s'est point découragé. « Nous avons, « écrit M. Villion, mes catéchistes et moi, multiplié nos conférences dans diverses parties « de la ville, porté nos efforts un peu partout; nous avons pu recueillir une moisson de « 30 adultes, ce qui porte à 170 environ le nombre de mes chrétiens. »
Pour aider à l'évangélisation de cette ville où le démon est encore si puissant, les Soeurs du Saint-Enfant Jésus de Chauffailles, toujours disposées à tous les sacrifices, viennent d'y fonder un orphelinat.
DISTRICT D'OSAKA. - Outre la chrétienté qu'il possède dans l'intérieur de la ville, le P. Adam a aussi le soin de toute la partie est du district; il a eu la consolation de baptiser 13 adultes dans la grande ville de Nara.
Le P. Vasselon est depuis un an chargé du district ouest. « J'ai eu, écrit ce missionnaire, la consolation d'augmenter de près de 90 personnes le bercail du divin Maître, et sur ce nombre, un peu plus de la moitié sont adultes. Dans la ville d'Osaka, je trouve que le travail le plus sérieux se fait à domicile; c'est donc par les chrétiens déjà formés que nous tâchons de nouer de nouvelles relations; nous réunissons dans une famille chrétienne les parents, voisins et amis de cette famille, et c'est là, en petit comité, que nous nous efforçons d'attirer ces pauvres gens à la lumière de la foi. »
Grâce au concours des religieuses et de leurs enfants, notre confrère peut donner aux cérémonies religieuses un relief qui ne laisse pas de faire bonne impression sur les chrétiens comme sur les païens. « Le jour de la Fête-Dieu, rapporte M. Vasselon, était aussi celui de la première communion. Nos religieuses sont venues du couvent en procession jusqu'à l'église avec toutes leurs enfants, en chantant des cantiques. Sur tout le parcours, tant pour venir à l'église que pour retourner au couvent, pas le moindre cri, la moindre parole inconvenante ; tout le monde regardait en silence un spectacle si nouveau, et chacun se rangeait pour laisser passer la procession. Plusieurs agents de police qu'on a rencontrés, non seulement n'ont rien dit pour empêcher cette pieuse manifestation, mais paraissaient même disposés à protéger le cortège, s'il en eût été besoin. C'est ainsi que désormais nous pouvons étaler au grand jour et à la vue de tous nos cérémonies catholiques, dans un pays où, il y a moins de quinze ans, le seul nom de chrétien ne pouvait être prononcé. »
DISTRICT DE KOBÉ. - « 52 baptêmes, dont 30 de païens adultes, tel est le chiffre que m'a présenté le P . Chatron pour son poste de Kobé. Chargé qu'il est de la Procure, des Européens, de l'hôpital, de la Sainte-Enfance des garçons et de l'établissement des Sœurs, ce confrère n'a guère pu se livrer personnellement à l'évangélisation . Mais, depuis un an, le P. Perrin est établi au milieu de la ville japonaise dans une maison louée par le poste. Aussi la situation pour l'année prochaine se présente-t-elle sous un jour plus favorable.
« On n'a encore rien pu faire dans l'île de Awadji qui dépend de ce poste, mais une jolie petite chrétienté a été formée dans la province de Harima. »
DISTRICT DE TOSA. - Ce district, comprenant les quatre provinces de l'île de Chicocou, est confié au P. Plessis. « Au milieu d'une population notoirement hostile aux étrangers, notre confrère a travaillé silencieusement pendant quatre ou cinq ans à se faire accepter d'abord, à préparer le terrain ensuite. Cette année, le bon Dieu lui a donné la consolation de cueillir les premiers fruits de sa longue patience : 27 baptêmes d'adultes. C'est magnifique, pour qui connaît les difficultés vaincues. Le zèle du missionnaire ne se renferme pas dans les limites de la ville, et j'ai pu constater moi-même, le jour de la confirmation, que des néophytes étaient venus de 10 à 15 lieues à la ronde. »
DISTRICT DE OKAYAMA. - Le P. Luneau, qui a succédé au P. Vasselon dans l'administration dé ce district, a eu 105 baptêmes, parmi lesquels 4 seulement d'enfants de chrétiens. Ce confrère résume ainsi la situation actuelle : « Dieu a répandu d'abondantes bénédictions sur les chrétientés que Votre Grandeur, a. confiées au soin de mon ministère . Les faits les plus saillants en ce qui concerne Okayama sont : la conversion de la famille du Préfet, le mouvement de conversions dû à l'exemple et au zèle de cette famille, l'installation d'une école de filles et l'établissement des religieuses qui nous sont promises pour la rentrée des classes.
C'est le jour de Noël qu'a été baptisée, en présence d'une assistance très nombreuse, la famille du Préfet, c'est-à-dire sa femme, leur fille âgée de 21 ans, et quatre garçons : 11 , 5, 4 et 3 ans. Cette famille était arrivée à Okayama depuis le mois de juillet. Elle entendit aussitôt parler de la religion catholique et se mit sans retard en rapport avec les catéchistes. La fille, Mlle Térou, était alors malade, et ses parents étaient fort inquiets. Un mieux inespéré, qui fut attribué aux prières de la communauté chrétienne et à l'intercession de nos Martyrs japonais, décida la mère et la fille à demander le baptême, et le père y consentit. « C'est très-bien, leur dit-il, d'embrasser la religion catholique, mais gardez-« vous bien de la déshonorer par une mauvaise conduite. » Des larmes de joie accueillirent ces paroles que le Préfet adressa aussi aux autres personnes de sa maison qui lui demandaient la permission de se faire baptiser. Le Préfet, quoique non converti, favorise très-ouvertement la religion catholique. Que la situation actuelle persévère, et d'ici à quelques années seulement, c'est par milliers que l'on pourra compter les chrétiens.
« La Vierge Immaculée, N.-D. de Lourdes, a sa chapelle au sommet des montagnes du Bingo. Grâce au travail de mon prédécesseur, le P. Vasselon, une nombreuse chrétienté avait été formée dans ces montagnes; il fallait un lieu de réunion et de prière à tous ces chrétiens disséminés sur un espace de quelques lieues d'étendue. Il fit donc bâtir l'église dans le courant de l'automne dernier, et cette église a été bénite très-solennellement le 19 mai, sous le vocable de l'Immaculée-Conception.
DISTRICT DR HIROSHIMA. - C'est là que M. Compagnon a fait ses premières armes. Dieu a béni ses travaux; notre confrère a pu enregistrer 88 baptêmes et fonder une nouvelle chrétienté à trois lieues de Hiroshima. Dans cette ville, un officier de la préfecture récemment baptisé et quelques jeunes filles, élèves de l'École normale, montrent beaucoup de zèle pour aider le missionnaire. A Kaita, sept ou huit familles sont déjà baptisées et plusieurs autres se préparent. Grâce à quelques secours venus de France, le Père a pu installer un petit autel dans la chaumière qui tient lieu de chapelle, et acheter un coin de la montagne pour servir de cimetière à ses chrétiens.
Matsuyama, sur la côte ouest de la grande île de Chicocou, a aussi donné son contingent de baptêmes. La première semence de la bonne nouvelle y avait été portée l'année dernière par le P. Aurientis, et déjà cette terre paraît prête à se couvrir de moissons.
DISTRICT DE BOUNGO ET TCHICOUGO. - Cette année, le P. Sauret a été provisoirement chargé d'entretenir les oeuvres naissantes du Boungo, tout en continuant a donner ses soins à la chrétienté d'Imamoura dans la province de Tchicougo, qui forme son district. Cette station, qui compte 1,530 chrétiens, s'est encore accrue de 37 conversions de païens. Le missionnaire a été heureusement secondé dans son travail par une petite communauté de femmes catéchistes qui s'adonnent à l'instruction des enfants et préparent les catéchumènes au baptême.
A Kouroumé où la haine invétérée de la population pour le nom chrétien ne lui avait point permis encore de pénétrer, c'est en se faisant professeur de français et de sciences que notre confrère a su se faire accepter d'abord, désirer ensuite. Déjà bon nombre de préjugés sont tombés, et quelques baptêmes de personnes influentes ont récompensé son zèle.
DISTRICT DE HIRADO. - « 4,200 chrétiens répandus dans les îles de Courochima, Hirado, Ikitsuki, Madara, Odjima et sur la côte de Hidjen, le tout formant 18 chrétientés avec 9 églises ou chapelles : cela suffit pour vous donner une idée du travail incessant qui incombe aux PP. Raguet et Matrat pour administrer ce grand district. »
Ce travail assidu et la fatigue qui en est résultée les a empêchés de s'occuper selon leurs désirs de l'œuvre des conversions; ils se présentent cependant avec 25 baptêmes d'adultes.
« De ma première visite dans le district où j'ai eu la consolation d'administrer plus de 700 confirmations, il me reste surtout le souvenir d'une belle église bâtie à Hibosachi, au centre même de l'île de Hirado. Je m'étonne encore que deux missionnaires à peu près sans ressources, au milieu d'un petit nombre de fidèles dont la pauvreté va jusqu'à la misère, aient pu projeter, entreprendre et achever un pareil monument, car c'en est un. C'est bien la foi qui transporte les montagnes! Pour moi, j'étais ému jusqu'aux larmes pendant la cérémonie de la bénédiction.
« Tout à côté, dans l'île de Ikitsuki, une vingtaine de familles seulement sont redevenues chrétiennes ; 500 autres, qui le sont par leurs ancêtres et qui le savent, s'obstinent à rester en arrière. Et cependant, c'est peut-être à Ikitsuki que la tradition des anciennes prières et des anciens rites s'est le mieux conservée. J'ai passé toute une nuit, avec une joie mêlée de tristesse, à écouter les catéchistes de l'endroit chanter en mon honneur toutes les prières de l'ancien temps. Il y avait l'Ave Maris Stella, le Miserere, les Litanies de la Sainte Vierge et bien d'autres encore dont le latin était un peu défiguré, mais que néanmoins on reconnaissait sans peine. Et ces pauvres gens continuent de chanter, de baptiser, de demander à Dieu le pardon de leurs péchés, et leurs maisons sont garnies d'idoles, et ils vont aux bonzeries par peur de la persécution!!! Que les voies de Dieu sont insondables! et quel tourment de penser que des âmes si près du ciel peuvent tomber en enfer ! »
DISTRICTS DES ILES GOTO. - « Le P. Fraineau a l'administration du district Nord: 3,600 chrétiens répartis en 19 chrétientés, avec 18 chapelles, et disséminés sur un territoire qui a de 25 à 30 lieues de long, c'est déjà un beau travail pour un missionnaire. Comme à Hirado (et le sud du Goto est du reste dans le même cas), il faut que l'on soit jour et nuit en bateau pour ne laisser aucun malade mourir sans sacrements, et c'est ce qui prend à notre confrère la meilleure partie de son temps. Dès son arrivée dans le district, il s'est mis en devoir de réunir à Yeboucouro quelques jeunes gens choisis qui forment une espèce de maîtrise. Il leur a procuré un maître japonais qu'il a amené avec lui du Boungo. De bonnes âmes ont cédé quelques morceaux de terre, et j'espère que l'uvre pourra vivre de sa propre vie, sans être à charge à personne. Les élèves servent à l'autel et chantent les offices. Ils feront bientôt des maîtres d'école dont on a si grand besoin, et aussi des catéchistes qui seront en état de se présenter dans les villages païens du district et de travailler à leur conversion.
« Les fidèles du district du Sud sont un peu moins disséminés que ceux du Nord. Leur nombre est à peu près le même, mais ils ne forment que huit chrétientés, dont chacune possède son église. Presque partout, la sacristie a été disposée pour servir d'habitation au missionnaire pendant le temps de l'administration. En outre de son ministère habituel, le P. Marmand s'est surtout occupé cette année de l'installation définitive de la Sainte Enfance. Je trouve au compte rendu : 5 écoles de garçons avec 75 élèves, et une école de filles qui en a une douzaine. Il y a eu 175 baptêmes dans l'année, dont 21 d'adultes. »
DISTRICT DE SOTOMÉ. - « Les missionnaires qui en sont chargés, les PP . de Rotz et Salmon, sont établis dans le village de Shitsu, où l'on remarque une belle église à l'épreuve des typhons et un presbytère. Une chrétienté voisine, celle de Kourosaki possède aussi son église. Les, autres villages qui forment le district sont moins fortunés, et tous viennent entendre la messe à Shitsu.
« Le P. de Rotz, que la pente de son esprit et de son cur porte surtout vers les uvres de charité, est la providence du pays par les secours qu'il répand partout sans compter. Il a réussi, au prix de grands sacrifices, à établir un splendide ouvroir, où sont admises les jeunes chrétiennes que l'impossibilité de trouver du travail chez elles expose à la plus affreuse misère et à tous les dangers qui en sont la suite. A côté de l'ouvroir, il y a des écoles ou plutôt des salles d'asile pour les enfants des deux sexes. 200 enfants environ les fréquentent.
« Malgré leur mauvaise santé, nos deux confrères font régulièrement l'administration du district. Le tableau porte le chiffre des communions pascales à 2000 environ sur 3033 chrétiens, et, pendant l'année, il y a eu une cinquantaine de baptêmes d'adultes. C'est de là que sont sorties, à différentes époques, les colonies d'anciens chrétiens que l'on a retrouvés peu à peu dans les autres districts. C'est encore le quartier général de tous ceux que nous appelons séparés, c'est-à-dire de ceux qui ne sont pas revenus à nous. Il en reste encore dans les environs, une dizaine de mille. Si ceux-là se convertissaient, tout le reste suivrait. Dieu veuille bénir les tentatives que nous allons faire pour cela! »
DISTRICTS DES ILES DE L'ENTRÉE. Kaminoshima avec ses 470 chrétiens est confiée au zèle du P. Tissier. Le P. Bœhrer qui administre les autres îles résume ainsi ses travaux de l'année: « Les 44 conversions que j'ai à enregistrer cette année ont été glanées une à une, un peu partout. Sur le nombre, 24 ont été baptisés in articulo mortis, et, quant aux 20 survivants, leur persévérance ne laisse rien à désirer. Je compte 75 baptêmes d'enfants de chrétiens, 6 d'enfants de païens, 1427 confessions annuelles, 1164 communions pascales, 86 extrêmes-onctions, 12 mariages. Déduction faite de Kaminoshima qui a passé entre les mains du P. Tissier, il reste actuellement dans mon district 2175 chrétiens. Daigne le Ciel en augmenter rapidement le nombre, et me donner au moins ce qui reste des descendants des anciens chrétiens, reste que j'évalue à 140 ou 150 familles! »
Lors du passage de Mgr Cousin à Jentchodani, l'ancien seigneur du pays, autrefois persécuteur des chrétiens, est venu rendre visite à Sa Grandeur; cette démarche significative a fait bonne impression sur l'esprit des païens. A Oyama, c'est le choléra qui a servi de prédication. A son approche, la seule famille païenne qui y restât encore a déclaré vouloir se convertir.
DISTRICT D'AMACOUSA . - Ce district se compose de trois chrétientés, Oye, Sakits et Imatome et compte 501 chrétiens; le P. Ferrié qui en a la charge a pu administrer dans ces trois endroits 57 baptêmes d'adultes. Le nombre des séparés est très-considérable, C'est ainsi qu'à Oye, sur 3,500 habitants dont 166 seulement sont chrétiens, on trouve à peine 5 ou 6 familles de vrais païens ; tous les autres descendent d'anciens chrétiens.
Ces gens sont bien disposés, écrit le P. Ferrié à Mgr d'Acmonia, et j'espère que le jour n'est pas loin, où nous les verrons revenir tous en massé à la foi de leurs pères. Les baptiseurs de ce village ont à peu près perdu toute leur influence, surtout depuis que le chef d'entre eux m'a fait appeler pour baptiser sa femme mourante. C'est surtout depuis le passage de Votre Grandeur que le mouvement de conversions s'est accentué. Les quelques instructions que vous avez bien voulu faire aux séparés ont produit d'heureux fruits. Ils auraient été plus abondants, si quelques personnes influentes de l'endroit n'y avaient mis obstacle. C'est ainsi qu'au premier mois lunaire, une vingtaine de familles s'étaient décidées à se déclarer chrétiennes; les chefs de ces familles étaient, pour la plupart, les fermiers du frère aîné du maire du village. Avant de donner leur dernier mot, ils voulurent consulter leur maître; celui-ci leur dit que c'était une bonne chose de se faire chrétien.
« Moi aussi, dit-il, je pense le devenir un jour, mais il serait peut-être prudent de voir « encore quelque temps comment les choses tourneront. » Cette seule parole suffit pour les arrêter. J'espère que cette moisson ne sera pas perdue, et que, quand arrivera le jour de la grâce, elle ne sera que plus belle et plus abondante. »
DISTRICT D'OURAKAMI . - 2 chrétientés et 4,590 fidèles, tel est le lot du P.Pélu. Il enregistre 2,946 confessions annuelles et 212 baptêmes dont 38 d'adultes. Notre confrère se félicite de la bienveillance officielle dont missionnaires et chrétiens sont aujourd'hui l'objet là où, il y a dix ans à peine, il fallait garder le plus strict incognito.
DISTRICT DE NAGASAKI . - " Quelques baptêmes in articulo mortis, administrés par un prêtre indigène à la faveur d'un déguisement, c'est à peu près tout ce que je trouve enregistré au tableau de cette année. L'école des catéchistes destinée aux païens, et qui est établie à côté de l'église, me donne de véritables espérances. Il y a là une douzaine de jeunes gens qui, bien dirigés, seront bientôt en état de travailler efficacement à la conversion des infidèles. »
Enfin le séminaire avec ses 55 élèves, dont 14 étudient la théologie, continue à donner les plus belles espérances. Il aura bientôt la joie de fournir 6 nouveaux prêtres à l'Eglise du Japon.
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