| Année: |
1904 |
| Pays: |
Japon |
| Mission: |
Hakodaté |
| Rédacteur: | Mgr Berlioz |
IV. ─ Hakodaté
Population catholique 4.235
Baptêmes d’adultes 193
Baptêmes d’enfants de païens 355
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« Il m’est doux, écrit Mgr Berlioz, de saluer tout d’abord Celle dont nous célébrons l’année jubilaire : Gaudium annuntiavit universo mundo ; et cette joie, Elle a daigné la faire rayonner sur notre mission, plus spécialement sur les églises et chrétientés placées sous le vocable de son Immaculée Conception.
« Commençons par l’église cathédrale de Hakodaté, qui porte sur sa façade l’inscription suivante : In honorem Immaculatæ Conceptionis B. M. V. Dans le compte rendu du dernier exercice, je disais nos craintes au sujet des conditions exorbitantes que nous imposaient les autorités locales pour le renouvellement de notre bail. Le gouverneur du Hokkaido ne daigna pas accepter les arrangements proposés par le ministre de l’intérieur, qui avait bien voulu plaider officieusement en notre faveur. Il nous fallut recourir à la bienveillante intervention de S. E. le ministre de France et prier les ministres d’Allemagne et d’Angleterre d’appuyer ses démarches auprès du ministère des Affaires étrangères.
« Sept mois s’étaient écoulés et la réponse n’arrivait pas encore. Enfin, le 19 février dernier, je recevais de M. le ministre de France l’assurance que justice nous serait rendue.
« Au mois de juillet, M. Christmann m’écrivait lui-même que les autorités locales avaient présenté leurs nouvelles condiditions. Cette fois, Dieu merci, toutes les clauses sont en notre faveur : le bail est renouvelable tous les 25 ans à la volonté du preneur ; le taux de la rente reste et restera le même que celui qui avait été fixé dans les premiers contrats ; une indemnité sera accordée en cas d’expropriation pour cause d’utilité publique. C’est plus que nous n’osions espérer. Voilà donc assurée pour l’avenir l’existence de nos œuvres de Hakodaté, et c’est l’année jubilaire de l’Immaculée Conception qui marquera cette date. Les ennuis suscités par cette affaire auront eu pour résultat de donner une plus grande solennité au nouveau contrat. Deo gratias !
« Année jubilaire aussi pour la ville de Fukushima, chef-lieu du département du même nom. Il était décidé, depuis 1891, que nous y fonderions un poste, et la décision n’a porté son fruit que le 14 juillet 1904. Marie Immaculée a exaucé les vœux des chrétiens de cette localité, qui l’avaient priée tout spécialement à cette intention, pendant le mois de mai dernier. Le nouvel oratoire de Fukushima, situé sur une hauteur à l’entrée du jardin public, a été placé sous le vocable de Notre-Dame de Lourdes.
« L’année jubilaire ne finira pas avant la création d’une autre résidence à Asahigawa, dans la région boréale de notre mission. Asahigawa, dont on ne parlait pas encore lorsque M. Papinot publiait son Dictionnaire de géographie, compte aujourd’hui 30.000 habitants. Cette ville, taillée dans la forêt, est appelée à prendre de l’importance, parce qu’elle est le point de départ des trois lignes de chemin de fer devant desservir les côtes de la mer du Japon, de l’Océan Pacifique et de la mer d’Okhotsk. M. Lafon a préparé le terrain pour ce nouveau poste, et, maintenant, M. Hutt est en route pour y planter définitivement la croix.
« Année jubilaire enfin, pour trois autres chrétientés secondaires, Hizume, Nagano et Koriyama, où des oratoires ont été élevés grâce à l’initiative des chrétiens. C’est un fait qui n’a rien d’extraordinaire en soi, mais, chez nous, où tout est encore si instable, si incertain, c’est presque un événement ; c’est, à coup sûr, un encouragement et un puissant motif de confiance pour les missionnaires.
« Après avoir témoigné notre reconnaissance à l’Immaculée Conception, il nous reste à remercier les âmes généreuses qui ont été l’instrument volontaire de ses miséricordes.
« Honneur à leur charité, à leur désintéressement, et j’ajoute : Beatus qui intelligit super egenum et pauperem.
Sendai. ─ « Les conversions deviennent de plus en plus difficiles et rares, écrit M. « Jacquet, vicaire général. Les uns attribuent cet état de choses à la guerre ; d’autres, à l’esprit « de suffisance de nos Japonais qui se croient assez avancés dans la civilisation pour se passer « de religion, et surtout de la religion des étrangers. Malgré cela, je crois que nous pourrions « encore glaner quelques âmes de bonne volonté, si nous avions des catéchistes et des « ressources pour établir les œuvres de propagande que réclament les circonstances actuelles.
« Je tiens à signaler à Votre Grandeur le dévouement si digne d’éloges de nos Sœurs de « Saint-Paul, qui travaillent toujours de leur mieux à étendre le règne de Dieu.
« Voici un fait qui montre que nous ne devons pas trop désespérer de la fin chrétienne de « nos Japonais, même lorsqu’ils ont négligé, pendant de longues années, leurs devoirs envers « Dieu.
« Un des plus anciens, sinon le plus ancien des avocats de Sendai, avait reçu le baptême « dans son jeune âge. Au début de sa conversion, il se montra à peu près régulier, mais petit à « petit, il se négligea, et je l’ai vu venir à peine trois ou quatre fois à l’église en douze ans. « Lorsque j’allais chez lui ou que je le rencontrais dans les rues, il s’excusait de sa « négligence, mais n’en devenait pas plus fervent pour cela. A l’occasion d’une maladie assez « grave, sa foi se réveilla. Je le vis à l’hôpital, où il était entré depuis quelques jours. Il me « parla du vieux temps, des missionnaires qu’il avait connus. Je l’engageai à se confesser. Il « me demanda un sursis pour se préparer. Comme son état n’inspirait aucun danger, je le lui « accordai volontiers. Enfin, il reçut les sacrements avec une piété dont je ne l’aurais pas cru « capable et, peu de temps après, il mourait content. Ses funérailles eurent un certain éclat. « Comme il était conseiller municipal, le maire de Sendai y assista avec une délégation du « conseil. »
Miyagi. ─ « A Miyagi, les bonzes, sous prétexte de faire des prières pour le succès des « armes japonaises, parcourent la région par bandes de cinq ou six et, dans les localités où ils « savent qu’il y a des chrétiens, leurs exhortations à la prière consistent surtout à déblatérer « contre le christianisme.
« A Nagano, les chrétiens ayant bâti à leurs frais un modeste oratoire, il n’en a pas fallu « davantage pour exciter le zèle de ces soi-disant « apôtres de l’humanité contre la barbarie « des disciples du Christ ». Ils se rendent donc au village et vont de maison en maison « engageant les habitants à assister aux discours qu’ils doivent faire à la bonzerie. Ils ne « manquent pas de se présenter chez les chrétiens (ils y seraient allés deux fois plutôt « qu’une) pour les exhorter à venir avec les païens réchauffer leur patriotisme, refroidi sinon « éteint par la profession de la religion chrétienne. Mais nos néophytes les éconduisirent fort « poliment, en les priant de croire qu’ils aimaient leur pays autant qu’eux, sinon davantage. « Inutile de dire que le thème de leurs discours fut : guerre au christianisme.
« A peine avaient-ils commencé à débiter leur boniment, qu’un incendie se déclarait à « l’extrémité du village, pendant que tous les païens étaient réunis au temple. Ce furent les « chrétiens, fort heureusement restés chez eux, qui donnèrent l’alarme. Sept maisons « devinrent la proie des flammes ; mais, sans l’alerte donnée par ceux qu’on insultait à la « pagode, la ruine eût été complète, car le vent soufflait avec violence. Inutile de dire que la « conférence des bonzes fut ratée, et qu’ils jugèrent sage de la recommencer ailleurs.
« A Togata, j’avais baptisé, à l’automne dernier, le vieux maître d’école de la localité et « toute sa famille. Obligé de donner sa démission pour cause de maladie, le néophyte « continuait néanmoins à recevoir une petite pension qui 1’aidait à vivre, lui, sa femme et ses « deux petits-fils. Mais les bonzes apprennent qu’il est chrétien. Vite, ils mènent une « campagne contre lui auprès des villageois qui lui paient pension, et ils réussissent si bien « que tout secours lui est refusé tant qu’il restera chrétien. Grâce à Dieu, ce brave homme « reste chrétien quand même, et la persécution n’a fait que rendre sa foi plus vive. »
Iwate. ─ M. Deffrennes signale un progrès notable chez ses ouailles dans la pratique de leurs devoirs religieux.
« Je dois ces bons résultats, dit-il, au zèle de quelques chrétiens mieux instruits, plus « fervents que les autres. Leur conduite est pour tous la meilleure des prédications, et ils « savent donner un bon conseil à ceux qui en ont besoin. En outre, tous les chefs de famille « sont abonnés à la publication périodique du P. Maéda, si intéressante et si instructive pour « ces gens un peu grossiers de la campagne »
Morioka. ─ « L’année qui vient de s’écouler, dit M. Pouget, est surtout remarquable par « le nombre des décès de chrétiens : il y en a eu autant que dans les quatre dernières années. « Cela ne veut pas dire que j’aie manqué de consolations, car c’en est une déjà de voir les « bonnes dispositions dans lesquelles nos chers Japonais quittent ce monde. Je tiens à « signaler, entre autres, un enfant prodigue, retrouvé et sauvé à ses derniers moments.
« Marchand de gâteaux de son métier, la misère l’avait poussé à vendre sa fille, il y a « quinze ans. Depuis cette époque, naturellement, il n’avait pas remis les pieds à l’église. « L’hiver dernier, par une attention toute miséricordieuse de la Providence, les Sœurs « infirmières le découvrirent dans une vieille masure, qui s’est effondrée depuis sous la neige. « A la vue des cornettes blanches qu’il connaissait si bien, il avoue de suite qu’il est chrétien « et montre le chapelet passé à son cou, le crucifix suspendu à la muraille. Les Sœurs, à sa « grande surprise, lui déclarent que son état est fort grave et que, s’il veut aller au ciel, il est « temps, grand temps d’appeler le Père. Alors il se met à pleurer à chaudes larmes : sa « conscience est chargée de tant de péchés : peut-il encore espérer le pardon ? « ─ « Assurément vous le pouvez, répondent les Sœurs, Dieu est meilleur que vous n’êtes « méchant ; repentez-vous, il vous pardonnera. Seulement profitez vite des quelques instants « qui vous restent. » J’accours auprès de lui et lui administre les derniers sacrements : le voilà « réconcilié avec Dieu. Et ses larmes continuent de couler, mais ce sont des larmes de joie et « de reconnaissance. Sa bouche ne parle plus ; il me remercie de la tête et des mains, aussi « longtemps qu’il peut les remuer. Bientôt l’agonie commence ; moins de deux heures après, « l’enfant prodigue a paru devant Dieu.
« Nos vaillantes Sœurs se dévouent toujours avec le même zèle aux deux œuvres qu’elles « mènent de front : le soin des malades et l’éducation des jeunes filles. De ces deux œuvres, « la première, cela va sans dire, est beaucoup plus facile que l’autre. Pour soulager ceux qui « souffrent, consoler leur cœur et sauver leur âme, le travail et la charité suffisent : de ce côté, « les résultats obtenus sont très consolants. Mais s’occuper d’éducation est bien autrement « difficile ; à Morioka surtout, où la ville a maintenant son école pour l’instruction supérieure « des jeunes filles. Rien ne manque à cet établissement : l’installation en est parfaite, et le « personnel enseignant, de tout premier choix. Pour rivaliser avantageusement avec cette « école, il faudrait aux Sœurs un personnel japonais, capable de porter le niveau des études à « la hauteur qu’il atteint dans l’école de la ville. Hélas ! les maîtres et les maîtresses de ce « mérite se paient fort cher, surtout en province, et la situation faite en France à la « Congrégation de Saint-Paul de Chartres n’est pas de nature à permettre à nos Sœurs de si « grandes dépenses. Néanmoins, je m’empresse de dire qu’elles ne se découragent pas, et « qu’elles ne perdent pas trop de terrain. Elles conserveront d’ailleurs, en toute hypothèse, la « supériorité au point de vue de l’éducation morale, et cet avantage leur assurera la sympathie « des familles les plus honorables. »
Niigata. ─ « Avant la déclaration de guerre, M. Marion se félicitait de pouvoir baptiser quelques catéchumènes ; mais, un beau jour, le bruit se répandit qu’on avait découvert un espion russe dans la personne du missionnaire de Niigata et qu’il avait été mis en prison. Chose étrange, la nouvelle a trouvé créance dans toute la province de l’Echigo. Il n’en fallait pas davantage pour éloigner les catéchumènes. Seule, une vieille de soixante-douze ans persévera et reçut le baptême avec beaucoup de ferveur. Depuis lors, elle passe son temps à prier. Ce n’est pas une de ces âmes qui n’ont jamais violé la loi naturelle et auxquelles Dieu enverrait au besoin un ange pour les sauver, car elle a passé plusieurs années dans la prostitution. Néanmoins, elle a été préférée aux soi-disant irréprochables partisans de la morale civique : meretrices prœcedent vos in regnum Dei.
« M. Marion signale aussi l’admirable zèle de deux orphelines élevées par nos excellentes Sœurs de Saint-Paul. Ces jeunes filles avaient résolu de convertir et de préparer au baptême leur grand’mère, païenne convaincue, qui ne savait ni lire ni écrire. Le siège de cette âme dura onze mois. Que d’efforts n’a-t-il pas fallu faire pour décider la grand’mère à brûler ce qu’elle avait adoré et à apprendre par cœur les prières ainsi que les vérités nécessaires au salut !
Yamagata. ─ « M. Dalibert raconte le fait suivant qui prouve, une fois de plus, la vertu du sacrement des mourants pour rendre la santé aux infirmes : « A Tateoka, dit-il, une jeune « femme chrétienne venue de Tsurugaoka, tomba malade et les médecins déclarèrent qu’elle « allait mourir. Son mari me pria de l’administrer. Je trouvai la malade bien bas ; j’entendis « sa confession et lui donnai l’extrême-onction. Une heure après, elle se sentait mieux, et le « soir, en récitant le chapelet avec sa mère, le mieux s’accentuait subitement. Dès lors, elle « put se remuer, ce dont elle était incapable auparavant, et la guérison fut bientôt complète. « La famille crie au miracle. Elle est venue tout entière en action de grâces fêter « l’Assomption de Marie Immaculée à Yamagata. »
Tsurugaoka. ─ L’événement le plus important du présent exercice, écrit M. Hervé, a été « la bénédiction de l’église de Notre-Dame de la Délivrande, élevée par les soins de MM. « Dalibert et Mathon. La dédicace du temple matériel fut précédée d’une retraite de trois « jours, prêchée aux chrétiens.
« Mgr Mugabure, coadjuteur de Mgr l’archevêque de Tokio, fit la bénédiction du nouveau « sanctuaire, entouré de nombreux missionnaires de la mission de Hakodaté et de quelques « représentants de celle de Tokio. Tsurugaoka n’avait jamais vu deux évêques et une « quinzaine de missionnaires réunis. Aussi la cérémonie fut-elle l’événement du jour ; les « trois journaux de la ville en parlèrent. Le jour même de la bénédiction et la semaine qui « suivit, on peut dire, sans exagération, que tout Tsurugaoka défila devant le monument.
« Les résultats pratiques de la cérémonie et des conférences qui furent données aux païens « les jours suivants, sont peu tangibles, à ne considérer que le chiffre des baptêmes ou celui « des catéchumènes ; toutefois, un bon nombre de païens sont venus trouver soit le « missionnaire, soit le catéchiste, pour s’enquérir de la vérité. Espérons qu’avec l’aide de la « bonne Mère, cet heureux mouvement produira des fruits de salut un peu plus tard.
« La chrétienté de Tsurugaoka me donne toute satisfaction. »
Akita. ─ « Lorsque, il y a quatre ans, raconte M. Mathon, je quittai le poste d’Akita pour « occuper celui de Yamagata, je fus accompagné jusqu’à la sortie de la ville par un grand « nombre de personnages marquants, le procureur impérial en tête ; mais, à mon retour, j’ai « été accueilli plutôt avec froideur. A quoi attribuer ce changement ? Aux bruits de guerre, « peut-être. Actuellement, grâce sans doute aux victoires des armées Japonaises, on me fait « meilleure figure, et ce n’est déjà plus cette méfiance à laquelle je m’étais heurté tout « d’abord.
« Quoi qu’il en soit, laissant bien tranquilles ceux qui avaient peur de se compromettre « avec moi, j’ai cherché un peu partout des âmes avides de vérité, et c’est à elles que j’ai « consacré mon temps. J’ai enseigné le catéchisme à une quarantaine de personnes. J’ai « même baptisé un catéchumène, chez qui la divine semence avait mis vingt ans pour porter « son fruit. Au mois de septembre 1883, il avait entendu une instruction qu’il n’a jamais « oubliée et qui l’a éloigné pour toujours de l’orthodoxie, vers laquelle il se sentait d’abord « attiré. La mort de sa fille, qu’il baptisa lui-même au dernier moment, le décida à faire son « entrée dans le bercail. »
Hirosaki. ─ « M. Reynaud est celui d’entre nous qui a eu le plus à souffrir de cette calomnie d’espionnage, que les ennemis de la religion ont exploitée contre les missionnaires. Colportée par un journal de mauvaise foi, haineux et brutal, la calomnie trouva créance auprès de plusieurs officiers de la garnison ; les professeurs ne manquèrent pas de gloser à leur tour, et la police, qui devait savoir à quoi s’en tenir, fit preuve, en cette occasion, d’une mollesse qu’on peut taxer de complicité.
« Je suis heureux d’ajouter que l’autorité centrale a désavoué la manière de faire de ses subordonnés de Hirosaki et leur a infligé des blâmes sévères. Depuis lors, le calme s’est fait, mais la haine sourde n’a pas désarmé.
Hakodaté. ─ « La ferveur des chrétiens et leur assiduité aux offices n’ont pas changé, « malgré les préoccupations de la guerre, écrit M. Christmann. J’ai même eu la consolation de « réconcilier un chrétien qui ne pratiquait pas depuis sept à huit ans. Sa femme païenne a été « baptisée le 15 août, et la validation du mariage a suivi le baptême. De plus, deux « nombreuses familles de catéchumènes continuent d’étudier la doctrine.
« L’école des Sœurs de Saint-Paul marche aussi bien que possible. Cette année, nous « avons réalisé un progrès en ajoutant à l’instruction primaire le cours inférieur de « l’enseignement secondaire, grâce à la coopération de la femme du directeur de l’École de « commerce. »
Sapporo. ─ « Le nombre de ceux qui ont suivi régulièrement les cours de catéchisme, établis par MM. Lafon et Billiet, s’élève au beau chiffre de 91. C’est un progrès notable sur les années précédentes, et tout fait espérer qu’il ira en grandissant encore.
« Les bateaux qui desservent les côtes ouest, nord et est de l’île Ezo, ayant dû interrompre leur service par crainte des croiseurs russes de Vladivostok, M. Billiet n’a pu visiter les chrétiens et catéchumènes de ces régions éloignées.
Otaru. ─ « Les chrétiens, venus de tous côtés dans la ville d’Otaru, écrit M. Cornier, ont « compris que leur éducation religieuse était à refaire, et déjà quelques-uns se sont remis à « l’étude du catéchisme.
« Bon nombre de personnes m’ont posé des questions sur la religion et m’ont demandé des « livres de doctrine. Hélas ! une fois la guerre déclarée, et à la suite des discours prononcés « par les bonzes au théâtre de la ville en présence des personnages officiels, j’ai découvert « chez des bouquinistes les ouvrages que j’avais prêtés.
« Ma grande consolation a été de baptiser un jeune professeur qui était, depuis longtemps, « préoccupé de la question religieuse. Quand il était païen, il se rendait deux fois par jour à la « bonzerie dans le but d’approfondir le bouddhisme et de se faire bonze. Ayant eu l’occasion « de lire une bible protestante, il éprouva d’abord de l’admiration, qui se changea en dépit « devant certains textes dont il comprenait mal la portée. Sur le conseil d’un de ses amis, il « vint me demander des explications. Je profitai de l’occasion pour lui prêter quelques livres « de religion qu’il étudia avec ardeur. Depuis lors, il assista régulièrement à tous les offices. « Enfin, après une excellente préparation de huit mois, il a reçu avec ferveur la grâce du « baptême.
« Dans tous les postes, il y a quelque bon chrétien, dont l’exemple affermit les tièdes et fait « la consolation du missionnaire. Dieu soit loué de m’avoir fait rencontrer ce jeune « professeur, dès mon arrivée à Otaru ! »
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