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Rapport annuel des évêques

Année: 1909
Pays: Japon
Mission: Osaka
Rédacteur:Mgr Chatrou

III. ─ Osaka

Population catholiques 3.759
Baptêmes d’adultes 291
Conversions d’hérétiques 2
Baptêmes d’enfants de paiens 588
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Au courant de cette année, écrit Mgr Chatrou, nous avons été, à plusieurs reprises, sur le point de subir de grands désastres matériels, et chaque fois le Bon Dieu nous a visiblement protégés.
Le 31 juillet dernier, un effroyable incendie se déclarait dans la ville d’Osaka. Activé par un vent violent pendant vingt-cinq heures consécutives, le feu dévora 11.000 maisons. Les quatre églises ou chapelles que nous avons dans la ville, le collège des Marianistes, l’orphelinat et l’école des Sœurs ont échappé au désastre. Deo gratias !
« A Maizuru, le poste de M. Castanier, le feu, à deux reprises, s’est déclaré au nord et au sud des établissements de la Mission. Heureusement, nos bâtiments, menacés chaque fois, ont pu être protégés.
« Quelques jours après l’incendie, un épouvantable tremblement de terre a bouleversé le centre du Japon. Les plus fortes secousses se sont fait sentir à l’est du lac de Biwa, près de Kioto. Une montagne s’est écroulée et plusieurs villages ne sont plus que des monceaux de ruines. Grâces soient encore rendues à Dieu ! nulle part la mission n’a eu de dommage sérieux à déplorer.
« Nous étions à peine remis de ces émotions, qu’une poudrière d’Osaka sautait et détruisait toutes les maisons environnantes. La Providence a permis, là encore, que nous fussions à une assez grande distance pour qu’aucun de nos établissements n’eût à en souffrir. »
Monseigneur d’Osaka continue ainsi son rapport :
« Notre mission a un nouveau prêtre japonais. Damien Takeno, ayant fini ses études théologiques à Nagasaki, a été ordonné le 4 juillet 1909, et il nous est arrivé, plein de bonne volonté et de courage, pour mettre au service de notre oeuvre son talent, son zèle et sa piété. Il sera le digne remplaçant du P. Barthélemy Shimomura, qui nous a quittés si promptement pour aller au ciel.
« Les élablissements tenus par les Marianistes sont en pleine prospérité. Nos excellents religieux ont gagné l’estime et la confiance des familles. Dans beaucoup d’autres écoles, les élèves, révoltés contre les directeurs ou les professeurs, se sont mis en grève et ont causé des troubles. Nos Frères n’ont jamais eu ces cas d’insubordination, et cependant la discipline est plus sévère chez eux que partout ailleurs. L’enfant sait très bien apprécier le dévouement de ses maîtres, l’intérêt et l’affection qui lui sont cordialement manifestés. Aussi se soumet-il sans rancune à la punition qu’il aura encourue, et, si parcois quelques mauvaises têtes cherchent à semer la zizanie, le reste des élèves manifestent, leur joie dès que les délinquants sont expulsés. Bon mombre de ces enfants suivent les cours de catéchisme en dehors des heures de classe. Plusieurs demandent le baptême ; nous ne pouvons tout de suite accéder à leur désir à cause des parents, dont le consentement est requis ; mais la semence jetée en bon terrain ne sera pas perdue. De fait, quelques-uns déjà, leurs cours finis, se sont empressés d’embrasser notre sainte religion et se montrent d’excellents chrétiens.
« Les religieuses du Saint-Enfant-Jésus de Chauffailles continuent leurs œuvres à Osaka, Kioto, Kobé, Okoyama, avec un dévouement au-dessus de tout éloge. Elles ont écoles, orphelinats, salles d’asile et ouvroirs. A Osaka, elles ont commencé une école secondaire qui promet les plus heureux résultats.
« Les Dames de J’Assomption pensaient pouvoir s’établir parmi nous cette année et ouvrir une École supérieure pour les jeunes filles de la haute société. Mais des circonstances imprévues les obligent à renvoyer cette entreprise à plus tard.
« A Kobe, il vient de se produire un incident qui ne manque pas d’intérêt pour ceux qui s’occupent de l’éducation de la jeunesse. Les protestants américains avaient ouvert une école secondaire et y enseignaient, avec les sciences, les principes de leur religion. Ils demandèrent, pour cette école l’approbation officielle et les privilèges octroyés aux établissements similaires de l’Etat, tout en se déclarant soumis aux instructions et aux directions du ministère de l’instruction publique. Ils essuyèrent un refus formel et leur enquête leur fut retournée avec la note suivante relative à l’enseignement chrétien : Ceci n’est pas opportun.
« Que signifie cette note ? Exprime-t-elle l’opinion du Ministère sur la valeur du christianisme dans l’éducation de la jeunesse ? Le juge-t-il commue matière non pas nuisible, mais de si peu d’importance que le temps consacré à son étude serait mieux employé autrement, ou veut-il réellement le condamner comme impropre à la formation morale du Japonais ?
« Quoi qu’il en soit du vrai sens de cette note, il est évident que les journaux américains et européens qui présentent à leurs lecteurs, en thèse générale, le gouvernement. japonais comme incliné à emprunter au christianisme ses principes de morale et d’éducation, ne sont pas dans le vrai. Le sentiment aujourd’hui serait plutôt que l’instruction religieuse est une affaire concernant les parents et dont l’Etat n’a pas à s’occuper.
« Actuellement, ni enseignement ni cérémonie ayant un caractère religieux ne sont tolérés dans les écoles secondaires. Dès lors, les directeurs chrétiens on dû adopter le système d’enseignement de la religion en dehors des classes. Les élèves sont libres de le suivre ou de s’en abstenir.
« Faut-il conclure de cet état de choses, que le Japon ne se préoccupe point de la question religieuse et que cet état d’esprit est surtout celui des jeunes générations studieuses ?
Voici un fait, tiré du rapport de M. Marie, qui peut nous fournir la réponse :
« Il existe à Hiroshima, une des villes les plus impormantes du Japon, une École normale « supérieure. Parmi les élèves, je compte deux étudiants catholiques de 26 et 28 ans. Ils sont « tous les deux bons chrétiens. Ils m’ont rapporté que, dans cette école, sous une forme très « moderne, c’est-à-dire sans syllogisme, on donne des séances d’argumentation. On fixe « d’avance que tel jour on discutera tel problème. Au jour dit, les étudiants seuls prennent la « parole. Les professeurs, pour leur laisser toute liberté, ne font qu’y assiste. Or, un jour, trois « questions furent posées :
« 1o La religion est-elle nécessaire à l’éducation ?
« 2o Si oui, devrait-on l’enseigner dans les écoles ?
« 3o Si oui encore, peut-on le faire au Japon ?
« Notez qu’au Japon les écoles sont neutres, ou doivent l’être, ou croient l’être, ce qui me « semble plus exact.
« A l’École normale supérieure, les étudiants sont logés par chambrées comme à la « caserne. Ce furent de belles joutes dans chacune de ces chambrées de l’école de Hiroshima. « Chacun se passionna et, l’heure venue, la lutte fut homérique. La masse de ces étudiants « n’est rien moins que religieuse. Pourtant, la grande majorité répondit oui à la première « question, oui encore à la seconde ; quant à la troisième, ce fut autre chose. Presque tons « furent d’avis qu’on ne peut, dans l’état actuel du Japon, donner dans les écoles l’instruction « religieuse. Cela parut même si clair qu’on ne songea pas à dire pourquoi. » Qui niera, après cela, qu’au Japon le besoin de la religion, le besoin de la vérité, se fasse sentir dans le cœur de ces étudiants, professeurs de demain ?
« Plusieurs personnes instruites m’ont dit, écrit de son côté M. Daridon : « Je reconnais « bien la nécessité d’une religion. Mais laquelle choisir ? Le Bouddhisme est vieux et le « christianisme n’est pas adapté à l’esprit japonais... » ─ Cette idée est courante. On l’exprime dans les revues et les journaux. Elle est bien ancrée dans plus d’un cerveau. C’est qu’au Japon tout doit se ramener à la question patriotique. On voudrait un christianisme différent de celui des pays chrétiens.
« Mais c’est assez pour ce coup d’œil général sur nos œuvres et l’état d’esprit du peuple que nous évangélisons. Voyons nos confrères dans leurs poste respectifs. Ils nous diront leurs travaux et leurs résultats, ou du moins leurs espérances.
« A Yamaguchi, M. Cettour a administré douze baptêmes d’adultes, dont quatre in articulo mortis.
« M. Hébert, qui en accuse dix à Tamashima, s’est occupé d’organiser de grandes conférences pour les païens. « Le succès, dit-il, ne répond pas aux efforts, mais le principal est « de semer partout et toujours, en laissant à Dieu le soin de faire lever la moisson à l’heure « qu’il jugera conve nable. » La semence cachée en terre porte ses fruits un jour ou l’autre, témoin cette conversion rapportée put le même missionnaire : « Il y a quelque temps, une « femme vint me demander le baptême. ─ Qui donc vous a donné ce désir ? lui dis-je. ─ « Personne, me répondit-elle ; usais ayant trouvé la maison un vieux catéchisme, je me suis « mise à le lire par simple curiosité. Je n’y comprenais pas grand’chose ; néanmoins je l’ai lu « et relu encore, et, plus je le lisais, plus je sentais que je dois me faire chrétienne. » ─ J’ai « instruit cette âme de bonne volonté et elle a reçu le baptême dans les meilleures « dispositions. »
M. Duthu se félicite du bon fonctionnement de l’œuvre du catéchisme solidement établie à Okoyama, et de la création d’un Bulleton paroissial appelé à faire beaucoup de bien. La fréquentation des sacrements et la piété sont en honneur parmi ses chrétiens. Leur bon esprit est pour le missionnaire une source de joie profonde. Mais l’émigration constante empêche, malgré les nouveaux baptêmes, l’accroissement de la population chrétienne.
« L’an dernier à pareille époque,écrit à son évêque M. Puissant, titulaire de Kishiwada, « j’étais tout heureux de constater un total de 150 baptêmes in articulo mortis, et, en y « songeant, je pensais bien que jamais ce chiffre ne serait dépassé. Heureux si je puis le « maintenir, me disais-je. Aussi jugez de ma surprise et de ma joie, en constatant que ; pour le « présent exercice, non seulement le chiffre de l’année passée est atteint, mais qu’il est « dépassé de 54 unités. J’ai eu 204 baptêmes dont 162 d’enfants et 42 d’adultes.
« M. Charron a fait un voyage d’exploration dans la chrétienté de Himeji en compagnie du P. Relave, qui en était chargé auparavant : « J’avoue, dit le missionnaire, que la simplicité. « l’aménité de ces chers chrétiens m’ont fort impressionné. Le P. Relave a semé, je récolte. « Aussi, je suis infiniment reconnaissant à ce cher confrère pour les bonnes recrues, qui « viennent grossir le nombre de mes fidèles. »
« En jetant un coup d’œil sur le dernier exercice, M. Relave constate que le travail de l’évangélisation à Miyadzu s’est continué au milieu de beaucoup de difficultés et même de quelques déboires.
« Les protestants luttent avec acharnement contre le missionnaire et cherchent à lui arracher ses catéchumènes en calomniant l’Église catholique et en leur faisant les promesses les plus fallacieuses.
« M. Relave lutte contre cette concurrence funeste par les conférences publiques, la diffusion des tracts religieux : Cette année, il a ouvert un ouvroir pour les dames de la ville, sous le patronage du maire lui-même, et avec les sympathies de toute la population.
« A Maizuru, M. Castanier a pu s’établir plus solidement dans la ville. Un terrain a été acheté, une résidence provisoire est installée dans quelques vieux bâtiments qui suffiront jusqu’au jour où les ressources lui permettront de construire une habitation moins impropre à son but et une petite église pour réunir ses ouailles.
M. Grinand, à Otsu, nous raconte ainsi la conversion d’un capitaine-adjudant-major, M. Aikawa, et de sa femme :
« Mme Aikawa, personne très distinguée et très instruite, diplômée de l’École normale « supérieure de Tokio, avait depuis de longues années le désir de se faire catholique. Au « moment de la guerre russo-japonaise, elle s’ouvrit de son désir à son mari, qui lui défendit « formellement de recevoir le baptême. L’officier partit pour la campagne et se conduisit « vaillamment sur les champs de bataille. Il revint au Japon avec les galons de capitaine et la « croix, mais aussi avec une cuisse brisée par un éclat d’obus, lors du dernier assaut de Port-« Arthur. Sa femme le soigna avec dévouement, espérant par ses tendres soins obtenir la « permission d’embrasser le catholicisme. Son mari fut inflexible. A son avis, la religion « n’était bonne que pour les faibles d’esprit. Un bon Japonais ne doit avoir dans le cœur que « l’amour de l’empereur et de la patrie. Trois ans se passèrent et l’officier fut nommé major « au régiment d’Otsu. Il y était depuis quelques mois, lorsque sa femme tomba gravement « malade. Elle renouvela sa prière à son mari qui, en somme, avait bon cœur et lui promit, « après sa guérison, de la conduire à la mission. Un beau jour, je reçus leur visite. Nous « causâmes longtemps ensemble. Le capitaine me demanda d’instruire sa femme et me dit : « « Je ne pratique aucune religion ; bien que je ne veuille pas me faire catholique, voudriez-« vous me permettre d’assister aux explications religieuses que vous donnerez à ma femme ? « Je serais curieux de savoir sur quelles preuves vous basez votre doctrine. » Inutile de dire « que j’acceptais de grand cœur. Ils vinrent tous deux exactement deux fois par semaine. « J’expliquais le catéchisme à la dame. Le capitaine, d’abord sceptique, parut impressionné « par certaines explications. Un soir, il me dit qu’il croyait à l’existence de Dieu et qu’il « récitait les prières avec sa femme. Peu à peu, la grâce fit son œuvre et le jour de Pâques ils « reçurent le baptême.
« Ils édifient maintenant par leur ferveur les autres chrétiens et les païens eux-mêmes, car « le bruit s’est répandu dans la ville qu’ils sont catholiques. Ils sont très estimés. J’espère que « leur conversion fera réfléchir plus d’une âme droite. »
« A l’heure actuelle, dit M. Birraux, je compte à Tsu plusieurs catéchumènes, et quelques « familles païennes, qui, sans avoir fait le pas décisif, étudient la religion, fréquentent l’église. « Tout fait donc espérer que, sous peu, le petit nombre de mes néophytes s’augmentera d’une « manière sensible. Le grand obstacle que je rencontre vient de la parenté et des relations de « voisinage. Chaque rue forme une association sous la direction d’un chef. Or, on ne fait rien « d’important sans prendre l’avis du groupe. Dès que quelque membre manifeste le désir de se « faire chrétien, il se heurte à une opposition formelle de tous les autres... Malgré tout, « l’œuvre de Dieu avance petit à petit. »
« M. Fage cumule la charge de procureur de la mission avec celiede curé de la paroisse étrangère de Kobé, dont l’état général réjouit son cœur de missionnaire : « Les offices sont « généralement bien suivis. Le nombre et la ferveur des assistants témoignent de la sincérité « de leurs convictions. » Le chiffre des communions pascales est d’ailleurs un des meilleurs garants que la vie chrétienne est profonde et robuste parmi les étrangers catholiques de cette ville.
« Dans la paroisse indigène, M. Perrin enregistre 70 baptêmes. Le nombre des confessions annuelles et communions pascales est en progrès. « Parmi ces 70 baptêmes, dit le « missionnaire, 26 ont été administrés par une femme médecin, possédant tous les diplômes « de la Faculté. Catéchumène depuis près de deux ans, elle suivait régulièrement les offices de « l’église. Sa préparation a été relativement longue. Mais, Dieu merci, la grâce a fait son « œuvre, et, le Samedi-Saint, j’eus la consolation de voir cette âme recevoir le baptême. Le 15 « août, elle s’est approchée de la sainte Table pour la première fois...
« Parmi les baptêmes que cette néophyte d’hier a administrés, il en est un que je crois « devoir signaler. C’est celui d’une jeune personne de 19 ans, qui est à son service. Un « matin, la petite domestique se présente à sa maîtresse avec tous les symptômes de la peste. « Elle était devenue complètement noire. Trois docteurs en renom à Kobé sont appelés. Après « examen, ils déclarent que ce n’est point la peste, mais avouent se trouver en face d’un cas « inconnu et jugent la malade perdue. Vers le soir, elle est baptisée sous le nom de Marie ; « quelques instants après, sa maîtresse lui fait prendre quelques gouttes d’eau de Lourdes, et « l’excite à la confiance en la Vierge immaculée. Le mieux fut, pour ainsi dire, instantané. Le « lendemain, la jeune fille était complètement guérie.
« Les trois docteurs de nouveau appelés manifestèrent leur vif étonnement. Cette guérison « était pour eux un mystère. Ce fait extraordinaire est venu fort à propos, et il ne peut que « produire les meilleurs effets sur ceux qui en ont été les heureux témoins. »
« A Kitano, paroisse d’Osaka, M. Bousquet a eu le bonheur d’enregistrer cette année 95 baptêmes dont 65 d’adultes.
« C’est bien peu de chose comme résultat immédiat, dit le missionnaire, si je considère que « les catéchistes sont en relation avec plus de 200 familles. Mals le moment de la grâce « n’ayant pas encore sonné pour elles, il a fallu se contenter de recevoir quelques âmes plus « favorisées.
« Je constate avec plaisir un renouvellement de ferveur parmi les chrétiens. Suivant le « désir du Souverain Pontife, beaucoup de nos fidèles ont contracté l’habitude de s’approcher « souvent de la sainte Table. J’ai compté 2.443 communions de dévotion. La plupart « communient au moins une fois par mois, et un bon nombre tous les dimanches. Depuis le « mois de mai, quelques-uns m’ont demandé de communier tous les jours. J’attribue à cette « pratique de la communion fréquente de nombreuses grâces, et tout spécialement le bon « esprit des chrétiens que contribue encore à entretenir le petit Bulletin paroissial qui a « commencé à paraître au mois de juillet. »
« M. Angles enregistre 111 baptêmes dans le poste de Tamatsukuri. Le grand événement de l’exercice écoulé a été, l’inauguration d’une salle de conférences.
« Vous savez, Monseigneur, écrit M. Angles dans son rapport à son évêque, combien le « catholicisme est encore ignoré de la masse du peuple japonais ; ou plutôt combien sont « nombreux les préjugés répandus sur sou compte, combien il est travesti par nos adversaires « qui se plaisent à le représenter comme l’ennemi de la civilisation, du progrès et de la liberté. « Il est donc de la plus haute importance de le mettre en relief pour attirer sur lui l’attention du « public, le venger des calomnies dont il est l’objet et faire briller la vérité dans son grand « jour. Aussi nous résolùmes de donner le plus d’éclat possible aux séances d’inauguration de « notre nouvelle salle. A cet effet, nous fîmes appel à la bonne volonté des orateurs de la « mission. Nos jeunes acteurs chrétiens préparèrent les plus belles pièces de leur répertoire. « Des affiches placardées en ville annoncèrent au public le programme de la fête, et des « centaines de cartes d’invitation furent distribuées par les chrétiens. Le succès a dépassé nos « espérances. Pendant les trois jours que durèrent les fêtes, on évalue à plus de 3.000 le « nombre des païens qui vinrent écouter nos orateurs et assister aux représentations de notre « théâtre chrétien. Ce fut un vrai triomphe pour la cause catholique à Tamatsukuri. L’auditoire « fut visiblement impressionné, comme le prouvent les applaudissements qui ont éclaté à « plusieurs reprises et les réflexions entendues ici et là dans la foule des païens par les « chrétiens et les catéchistes. En voici quelques échantillons : Quel dommage que cette « religion soit si difficile à pratiquer ! je l’embrasserai plus tard quand je serai vieux et retiré « des affaires... Notre bouddhisme ne saurait tenir contre une religion si vivante et si « agissante... Tout de même, c’est une heureuse idée de se servir du théâtre comme moyen de « propagande religieuse.. Le catholicisme est bien encore le catholicisme ! c’est-à-dire la « grande religion qui a dominé le monde civilisé !!… »
« Le district de Kawaguchi compte 55 baptêmes pour le présent exercice. M. Luneau, vicaire général, déplore la perte d’un des plus anciens chrétiens du poste, le médecin Luc Wada, qui a ouvert, avant d’y entrer lui-même, la porte du paradis à tant de petits moribonds et appelé si souvent le missionnaire au chevet des malades en danger. Il est mort dans de grands sentiments de foi et de piété.
« Nous demandons à Dieu, en concluant ce compte rendu de nos travaux, qu’il récompense le dévouement et la charité de nos chrétiens en leur donnant un accroissement de la foi et qu’il accorde aux ouvriers apostoliques le courage et la constance necessaires pour continuer leur œuvre au milieu des difficultés présentes. »



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