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Rapport annuel des évêques

Année: 1910
Pays: Japon
Mission: Hakodaté

IV. ─ Hakodaté


Population catholique 4.431
Baptêmes d’adultes 232
Baptêmes d’enfant de païens 206
Conversions d’hérétiques 2
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« Cette année encore, pour la troisième fois, nous avons passé par l’épreuve du feu. Le 3 mai dernier, vers le milieu du jour, un incendie éclatait à Aomori, ville de 40.000 habitants, chef-lieu du département du même nom. En quelques heures, 7.519 maisons furent réduites en cendres, et, parmi elles, les immeubles de la mission, chapelle et résidence, lesquels avaient été remis à neuf, en 1908, par les soins de M. Breton.
« Sous la poussée d’un vent violent, le foyer prit bien vite une telle extension qu’on ne put rien sauver. Notre cher Confrère n’eut que le temps de consommer les saintes Espèces. Tout le reste devint la proie des flammes.
« Dans l’espoir de relever plus tôt les ruines de la chrétienté, M. Breton ne voulut pas reculer devant les privations d’un campement plus que misérable, au milieu d’une population en désarroi et aux prises avec mille nécessités.
« Déjà l’arrivée de quelques secours justifiait son attente et lui faisait entrevoir la possibilité de réaliser ses projets ; mais deux mois environ après l’incendie, une nouvelle épreuve vint le surprendre : la maladie ! Ni la robuste constitution de notre Confrère, ni le dévouement de M. Montagu, ni les soins des médecins n’y purent rien, ou pas grand’chose. Il fallut battre en retraite sur Hakodaté, et se résigner à aller faire un séjour au Sanatorium de Hongkong. Sicut Domino placuit ita factum est : sit nomen Domini benedictum !

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« Trois ans auparavant, c’était la destruction de 13.000 maisons à Hakodaté. L’avenir était bien sombre alors, et l’on se demandait si les prédictions des pessimistes n’allaient pas se réaliser. Dieu merci, il n’en a rien été : la ville sera bientôt complètement relevée, et la bonne Providence s’est montrée bien miséricordieuse vis-à-vis des pauvres entre les pauvres que nous étions au lendemain du désastre. Qu’Elle soit bénie des si précieuses, et tout à la fois si édifiantes sympathies qui nous sont venues de tous côtés ! Elles nous ont permis de relever nos ruines d’une manière plus substantielle ; elles ont excité aussi un esprit nouveau parmi nos chrétiens et créé une espèce d’enthousiasme qui laissera après lui une grande leçon. Qu’on en juge par les extraits suivants d’une lettre de M. Chambon : « ... Chaque semaine, « tous offraient leur obole. On dit que parfois certaines femmes bouddhistes font avec leurs « cheveux des cordes pour contribuer au travail de sous-sol dans leurs temples. Une de nos « chrétiennes a été mieux inspirée par une ardente piété. Tant qu’elle a pu le faire, chaque « semaine, elle a déposé dans le tronc les six sen qu’elle économisait, en réparant elle-même « l’édilice de ses cheveux. Quand on sait l’importance que les femmes japonaises attachent à « cette partie de leur toilette, on doit apprécier ce sacrifice.
« Une autre, édifiée aussi des exemples que nous citons de la générosité des Dames de « l’Œuvre Apostolique, a consacré le peu de forces que lui laisse une maladie, très « surnaturellement supportée, à faire des fleurs artificielles, ou quelques petits travaux de « broderie pour l’autel...
« Une pauvre veuve, dont le fils était criblé de dettes et poursuivi par ses créanciers, « voulut s’engager en secret à fournir pour l’église la somme de quinze yen (40 fr. environ), « dès le jour incertain où sa famille sortirait de la misère. Cette promesse n’est pas vaine, « car déjà cette brave femme a fait ses preuves l’année dernière en offrant dix yen (26 fr.) « pour l’ornementation et la préservation de la statue de la bonne Mère, le seul souvenir qui « soit resté de l’ancienne mission. Ces dix yen, elle les avait peut-être reçus, à titre de « soulagement personnel, de la part de quelque membre de sa parenté, et l’on peut supposer « que les quinze yen qu’elle escompte proviendront encore de la même source : « Hœc vero « de penuriâ suâ !
« Les dispositions des autres chrétiennes en général, de celles surtout qui font partie de « l’Association du Rosaire vivant, étaient bien semblables à celles des plus ferventes dont on « vient de parler : l’obole de chaque dimanche, les sacrifices des petits enfants offrant pour « l’église les cinq rin (un centime et demi) constituant la moitié du prix d’achat de leurs « friandises, les fleurs destinées à l’autel, et, surtout, les Ave Maria des neuvaines à la sainte « Vierge prouvent bien que ce cher monde tenait à rivaliser de zèle avec nos bienfaiteurs.
« Célébrer le dévouement des femmes, c’est déjà faire l’éloge des hommes : l’exemple « venait d’eux, et dans la plupart des cas, c’était les maris qui fournissaient à leurs épouses les « moyens de coopérer à l’œuvre commune. D’ailleurs quelles touchantes preuves n’ont-ils « pas données eux-mêmes ! Un jour, un médecin chrétien apprend que des catholiques de « Bavière viennent d’envoyer des chaînes d’or et autres bijoux pour le relèvement de nos « ruines. Son admiration est au comble. « Est-il possible que nous soyons l’objet d’une telle « bienveillance !... » Son attention arrête sur une chaîne de montre déjà usagée ; faisant « remarquer que ses goûts, plutôt simples, lui avaient fait adopter jusqu’ici un cordon en « guise de chaîne, il ajoute : Je suis disposé, désormais, à remplacer mon cordon noir par une « chaîne d’or ; je choisis celle-ci, à titre de relique, et j’en offre le double de sa valeur. » En « réalité ce fut plus de dix fois sa valeur qu’il donna pour la construction de l’église.
« Un autre chrétien, médecin lui aussi, demanda à accompagner son offrande d’un « autographe de l’illustre amiral Togo pour le placer dans le vestibule de l’église. Le « vainqueur de Tsushima daigna tracer en grand les deux caractères désirés et qui signifient : « Honneur à Dieu ! » A l’autographe était jointe une lettre destinée à en garantir « l’authenticité. L’inscription, sculptée en caractères d’or sur une planche de keyaki (orme de « Sibérie), s’offre aujourd’hui aux regards de ceux qui entrent à l’église et tient lieu de « recommandation aux nombreux visiteurs païens qui n’ont pas d’idée bien nette sur le « respect dû au lieu saint. « Honneur au Dieu qu’on adore ici ! C’est le grand Togo qui le « veut. »
« Voici encore quelques remarques de M. Chambon au sujet de la bénédiction de l’église, qui eut lieu le 2 juillet dernier :
« La Société du Sacré-Cœur, composée des hommes les plus fervents, a voulu que ses « cotisations mensuelles fussent employées à l’achat de deux beaux vases de bronze. Le jour « de la fête, avec leurs branches de pin savamment équilibrées, ils furent le modeste « hommage de l’art japonais au Créateur.
« Les apprêts de la bénédiction ne les ont pas pris au dépourvu. De longs mois à l’avance, « ils se concertaient sur le meilleur moyen de contribuer à la fête. Fort au courant des « méthodes nouvelles de la division du travail, ils se sont formés en petits groupes aux « attributions bien délimitées, et le jour venu, tout se passait dans un ordre parfait ; chaque « chose était à sa place et venait à propos, depuis les bouquets de fleurs à l’église jusqu’à la « distribution en boîte d’un petit dîner servi aux invités.
« Riches surtout de bonne volonté, ils ont dû faire un grand effort pour subvenir aux frais « nécessaires. Les deux habiles quêteurs, un peu grisés par la vitesse acquise, ont eu un « moment l’ambition de prendre l’éclairage électrique pour l’église, mais il a fallu « l’abandonner. Les belles lampes, très décoratives que M. Evrard, supérieur de la Mission de « Tôkiô, a bien voulu envoyer, les ont récompensés de cette bonne volonté. D’ailleurs, ce « qu’ils n’ont pas maintenant, de sympathiques bienfaiteurs le fourniront peut-être, comme « cela a déjà eu lieu pour l’édifice lui-même. N’a-t-on pas reçu, en effet, des preuves de « généreuse sympathie des points les plus divers du monde ? L’aumône des fidèles de la « Savoie s’est unie aux dons de Rome et de Paris. Londres a voulu offrir des statues, et l’autel « vient du Tyrol. Une providentielle rencontre en Bavière nous a valu de touchantes « surprises : les chaînes d’or et les bijoux accompagnant les marks ont témoigné d’une foi « digne des temps héroïques. L’Autriche, la Hongrie, la Belgique et l’Amérique, par leurs « largesses réitérées, ont puissamment contribué à la construction de cette église si bien « catholique. Conçue et réalisée d’après le goût impeccable du grand connaisseur qu’était « Mgr Osouf, elle a pu, avec le concours des aptitudes diverses des chers Confrères, devenir « ce petit monument dont on a justement dit, le jour de la bénédiction, qu’il était bien le « meilleur emploi possible des aumônes reçues. Ce jour-là fut un jour de fête pour tous les « Missionnaires du diocèse, si heureux de se retrouver dans une église digne de ce nom. »
« Ce fut un événement aussi pour la ville de Hakodaté. Tous les chefs d’administration voulurent bien se rendre à notre invitation et signer comme témoins, l’acte de la bénédiction, qui fut scellé en leur présence, dans l’intérieur du mur de l’abside. Ces Messieurs purent constater que nos chrétiens n’étaient pas une quantité négligeable. Il est vrai que leur nombre avait été grossi par une centaine de fidèles venus de N.-D. du Phare et par bien d’autres accourus de plus loin. Parmi les assistants, je citerai le Président de la Cour d’Appel, qui a fait ses études en France, le Procureur Impérial, le représentant du Vice-Gouverneur absent, le chef de la Police, les Directeurs de la Poste, de la Douane, du Lycée et d’autres écoles.
« Après la cérémonie, ils écoutèrent respectueusement et avec intérêt les explications qui leur furent données sur les différentes parties de l’édifice et sur les rites de la sainte Église. A la sortie, tous exprimèrent leurs remerciements et acceptèrent un livre traitant de la nécessité de la Religion. Puissent-ils comprendre un jour, eux et tous leurs subordonnés, le premier et le plus grand de leurs devoirs !

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« Au printemps dernier, nos pieux et dévoués auxiliaires, les RR. PP. Franciscains ont doté la ville de Muroran d’une chapelle bien convenable, eu égard à la situation actuelle. Les travaux ont été exécutés sous la conduite du R. P. Maurice Bertin, dont la compétence fait le désespoir des entrepreneurs, portés à spéculer sur l’inexpérience des étrangers. C’est le dimanche, 1er mai, qu’eut lieu la bénédiction du nouveau sanctuaire de Sainte-Anne-de-Muroran La petite colonie chrétienne de cette ville industrielle en formation compte des membres venus des quatre Missions du Japon et elle a pour catéchiste, ou plutôt aspirant-catéchiste, l’ancien capitaine d’un petit vapeur faisant le cabotage du Yezo. C’est le premier baptisé du R. P. Pierre Gauthier, O. F. M., qui est à Muroran depuis un an. Maintenant que les chrétiens y ont un joli lieu de réunion, avec un personnel de Religieux à résidence fixe, leur nombre se multipliera par le seul fait de l’immigration. Il faut bien espérer qu’il grandira aussi sous l’influence du prosélytisme.

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« A Sambongi, petite ville située dans la région Nord-Est du Nippon, M. Biannic a fait construire une petite chapelle qui a été bénie le 12 décembre dernier. Il y a été puissamment aidé par une famille d’excellents chrétiens qui jouit d’une certaine aisance, mais dont la fortune la meilleure est le trésor de la foi, d’une foi logique et pratique qui nous ferait presque dire : Non inveni tantam fidem... On se croirait dans une communauté religieuse, lorsqu’on voit prier ces braves gens. Le terrain de la mission de Sambongi est un don de leur générosité. On ne sera point surpris, après cela, que M. Biannic ait dû insister pour en modérer l’élan, lorsqu’il s’est agit de la construction d’une chapelle. Leur plus grande ambition est d’attirer à la Religion toute leur parenté, qui est nombreuse ; la chose demandera du temps, à cause surtout d’une prétendue impossibilité d’apprendre le catéchisme ; mais déjà les enfants et petits-enfants s’y mettent peu à peu. On finira donc par aboutir.
« La vue de cette famille modèle prouve que les Japonais sont susceptibles de devenir d’excellents chrétiens, ceux surtout qui gagnent honnêtement leur vie, et qui ont un idéal relativement élevé. Que n’avons-nous un peu partout des catéchistes à la recherche des âmes de bonne volonté ! Jusqu’à quand serons-nous privés de ce moyen qui fait la force des protestants dans les campagnes ?
« Par les soins des PP. du Verbe Divin, un nouveau centre est en voie de formation dans la ville de Takata, au Sud-Ouest de la Mission. Les chrétiens, de cette localité n’avaient pu être visités que bien rarement, et l’instruction religieuse des enfants laissait beaucoup à désirer. Déjà on y a constaté un renouveau de vie : un ancien professeur du Lycée s’est converti et quelques catéchumènes se préparent au baptême. De plus, le R. P. Friese, au moyen de l’enseignement de l’allemand, de l’anglais et du français, s’est trouvé en relations avec nombre d’étudiants et avec les officiers de la garnison : surprise des Japonais auxquels on avait fait croire, jusqu’à ces dernières années, qu’il n’y avait pas de catholiques en Allemagne et que le protestantisme était précisément le secret de sa prospérité ! Peu à peu, ils finiront par comprendre ce que signifie le mot Catholique.
« La chrétienté de Morioka se félicite, cette année, de l’établissement de l’Œuvre du catéchisme, confiée par M. Pouget au zèle de M. Dossier. « Ma vraie besogne est ici, m’écrit « ce dernier ; et le rapport du P. Pouget vous instruira mieux que tout ce que je pourrais dire. « J’ai trouvé du plaisir partout où vous m’avez envoyé jusqu’ici, mais jamais je ne me suis « trouvé si bien dans mon élément qu’à Morioka. »
« De son côté, M. Pouget témoigne que le résultat des cours de catéchisme « a été une « augmentation de ferveur parmi les chrétiens : observation plus fidèle du dimanche et « communions plus nombreuses. Parmi les jeunes gens, en particulier, l’effet est notable ; « plusieurs, depuis leur première communion, n’ont pas manqué de recevoir l’Eucharistie « chaque semaine. Leur zèle pour la conversion des païens s’est affirmé dans deux « circonstances plus solennelles, en organisant des séances de nature à attirer et à édifier le « public. A Noël, ils ont représenté Joseph vendu par ses frères ; à la Pentecôte, ils ont joué « les Martyrs de Rome, pièce composée d’après les documents de Fabiola. A l’occasion de « ces deux réunions, des conférences religieuses ont été données devant un auditoire de trois « ou quatre cents personnes.
« Un fruit immédiat de l’Œuvre des catéchismes, qui en démontre bien l’importance, a été « la conversion et l’édifiante mort de deux jeunes filles de seize ans. La première, « Kawashima Toki, très assidue au cours, cessa tout à coup d’y paraître. On va aux « informations, et on la trouve couchée, son catéchisme à la main, et déjà à la seconde « période de la tuberculose pulmonaire. Elle semble avoir conscience de la gravité de son « état ; car, apprenant que les missionnaires allaient s’absenter à l’occasion de la Retraite, elle « demande la faveur d’être baptisée sans retard. On lui pose quelques questions. Elle répond « par la lettre du catéchisme et on constate qu’elle le sait tout entier par cœur. Avec quel « heureux empressement je verse sur elle l’eau régénératrice ! Mais ma joie n’est rien « comparée à la sienne. Pendant toute la cérémonie, ses larmes ne cessent pas. Puis, avec un « naturel parfait, elle me présente ses souhaits de bon voyage avec les recommandations de la « politesse japonaise. Le soir venu, elle veut se lever et faire sa prière.
« ─ Mais non ! lui dit sa grand’mère, tu ne le peux, tu es trop faible.
« ─ Ah ! répond-elle, depuis que j’ai commencé l’étude de la Religion, je n’ai pas omis « une seule fois mes prières ; je ne voudrais pas manquer à ce devoir le jour même de mon « baptême ! » Et accroupie sur son lit, elle récite en entier la prière du soir. Le lendemain « matin, sentant que son heure approche, elle console sa grand’mère.
« Je n’ai pas de péché, dit-elle, je vais voir Dieu et Maria-Sama. Combien j’aurais été « heureuse cependant de communier une fois avant de mourir ! » Ce furent à peu près ses « dernières paroles. Vers 7 heures du matin, elle s’éteignait doucement.
« L’autre jeune fille, Matsuda Same, était venue six ou sept fois au catéchisme, au « printemps de l’année dernière. Elle fut emmenée ensuite à Kobé par une tante protestante, « qui, le dimanche, la conduisait au temple. Elle tomba aussi malade de la poitrine. On la « ramena à Morioka, où fut complétée son instruction religieuse. Elle fut baptisée le 16 juin « dernier. Après quelques jours d’un mieux apparent, ses forces déclinèrent. Cependant, « jusqu’au 18 juillet, elle ne croyait pas à sa mort prochaine. Notre Sœur infirmière « l’exhortait à se préparer au grand voyage ; sa résolution fut bientôt prise. Dès ce jour, elle « ne pensa plus qu’aux joies du Ciel : « Oh ! qu’il me tarde d’y aller ! » disait-elle sans cesse. « Quoiqu’elle souffrît beaucoup, elle ne proféra pas une seule plainte : elle allait au Ciel. « Lorsque le moment est enfin venu, elle appelle auprès d’elle les membres de sa famille : « C’est maintenant, dit-elle, je m’en vais », et elle leur serre à tous la main. Puis, joignant ses « mains sur sa poitrine pendant quelques minutes, elle semble prier. A la fin on entend « distinctement : « Amen ! » Là-dessus, elle lève ses deux bras et, avec tout ce qui lui reste de « forces, elle crie : « Ban-zai ! »
« Le catéchiste, qui se trouvait auprès d’elle n’a que le temps de lui poser une dernière fois « la croix sur les lèvres : elle était morte. « Ban-zai ! » dix mille années ! ce cri de joie et « d’espérance, poussé par une mourante aux portes de l’éternité qui commence, n’est-il pas « vraiment sublime ? Sa famille s’est mise sérieusement à l’étude de la religion, de même que « la grand’mère de la jeune Kawashima. Depuis lors, celle-ci n’a jamais manqué la messe ni « l’instruction du dimanche. »
« Si c’est par l’assistance aux cours du catéchisme qu’a été éclairée l’intelligence de ces deux privilégiées, il faut bien reconnaître aussi que leur volonté a été attirée, leur cœur réchauffé par les maternelles attentions des Sœurs de Saint-Paul de Chartres, qui exercent toujours avec le même dévouement leur ministère de charité à Morioka, comme à Hakodaté et à Sendai. Malgré les obstacles qu’elles rencontrent du côté de la bureaucratie, de plus en plus exigeante, le nombre des malades soignés par les Sœurs demeure considérable et le chiffre des baptêmes in articulo mortis est bien consolant : il a été, cette année, de 117.
« D’autre part, leur école, en dépit de la concurrence, est restée florissante, et le nombre des élèves n’est pas descendu au-dessous de deux cents. En reconnaissance des services que l’œuvre des Sœurs a rendus à la ville de Morioka et au département depuis quinze ans, le Conseil départemental leur a voté un subside de mille yen (près de 2.600 fr.), qui doit leur être versé au mois de septembre.
« M. Montagu a pu entreprendre les travaux de la chapelle de Hirosaki. « ... Les « journalistes, écrit-il, qui affectaient de ne pas nous connaître, sont venus m’interviewer tour « à tour, à cette occasion ; j’en ai profité pour leur faire entendre quelques vérités sur le « catholicisme, et leurs journaux ont reproduit fidèlement mes paroles. »
« Un voisin, fonctionnaire assez en évidence, est venu me trouver dernièrement. « Depuis « quelque temps, disait-il, je désirais étudier votre religion. Assez longtemps j’ai fréquenté « une église protestante, mais rien ne m’y paraît sérieux. Votre maison, d’un aspect si « minable, m’éloignait. Maintenant que vous construisez quelque chose qui semble devoir « être majestueux, je puis décemment venir chez vous. Voilà d’abord mes enfants : instruisez-« les. Pour moi et ma femme, nous emporterons des livres. » C’est ainsi que l’extérieur influe « sur la mentalité japonaise. Ma chapelle a donc déjà commencé à être une prédication. « Grâces en soient rendues à Dieu et à tous mes bienfaiteurs ! »

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« Dans toutes les résidences on constate une augmentation de ferveur parmi les chrétiens ; mais, comme le fait justement remarquer M. Jacquet, on « ne peut malheureusement en dire « autant des localités où il n’y a ni missionnaire ni catéchiste. Ce qui nous manque, ce sont « des catéchistes, et cela surtout pour contrebalancer l’influence des protestants. A la « campagne, il n’y aura bientôt plus qu’eux de connus... Ils s’insinuent auprès de nos « chrétiens pour avoir leurs enfants et plus d’un consent à les leur envoyer. »
« Puissions-nous être bientôt à même de repousser l’ennemi et d’avancer le règne de Notre-Seigneur ! »


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