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Rapport annuel des évêques

Année: 1910
Pays: Japon
Mission: Osaka
Rédacteur:Mgr Chatron

III. ─ Osaka


Population catholique 3.872
Baptêmes d’adultes 322
Baptêmes d’enfants de païens 612
Conversions d’hérétiques 4
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« L’exercice 1909-1910, sans nous apporter de grands succès, écrit Mgr Chatron, évêque d’Osaka, nous a cependant procuré de grandes consolations ; les œuvres des conférences publiques, de la presse, des tracts et brochures et des bulletins paroissiaux ont donné de beaux résultats. Les excès du progrès matériel affaiblissent les aspirations religieuses, et la civilisation, mise au service des passions humaines, détourne les âmes des choses spirituelles et les éloigne de notre sainte Religion ; les Missionnaires usent de tous les moyens pour réagir contre ces funestes conséquences. Ils ont organisé, dans ce but, des conférences publiques dans le local de la mission, quand il est assez vaste, ou dans de grandes salles louées en ville.
« Ces conférences sont annoncées publiquement, avec une liste des sujets traités et des noms des orateurs ; elles ont été admirablement suivies. Chaque fois les salles étaient pleines. Quatre ou cinq cents personnes écoutaient avec une respectueuse attention, manifestant leur sympathie par des applaudissements répétés.

« Le premier fruit de ces conférences est de faire tomber les préjugés contre la Religion, l’Église, le Souverain Pontife, etc. D’ailleurs n’est-il pas nécessaire, avant de semer, de débarrasser le terrain des ronces et des épines qui étoufferaient le bon grain sans lui permettre même de germer ?
« Beaucoup de Japonais redisent avec leurs journaux, avec les revues protestantes, athées ou sectaires, que le catholicisme est incompatible avec les institutions nationales. D’autres, surtout dans la classe des lettrés, considèrent le Kiukio, la vieille religion, suivant l’expression protestante, comme arriéré, avec des dogmes et des pratiques surannés, et rebelle à l’idée de progrès. Pour eux, le Pape est le grand ennemi de la liberté et l’oppresseur des consciences.
« Ces préjugés s’alimentent à deux sources : l’Histoire et la Presse. Car tous les ouvrages historiques dont les Japonais se servent sont des traductions de livres protestants ou athées, et la Presse nipponne n’est que l’écho de la mauvaise presse européenne ou américaine, dont les feuilles impies arrivent par tous les bateaux qui abordent au Japon. Toutes les nouvelles de l’extérieur sont transmises par des légions de télégrammes, lancés par des agences juives ou franc-maçonnes, qui dénaturent les faits et déversent la calomnie sur l’Église et son Chef, sur les États catholiques et leurs gouvernements.
« Ce court exposé suffira pour montrer aux catholiques en présence de quelles difficultés immenses se rencontrent journellement les Missionnaires, au pays du Soleil Levant. Pour triompher de leurs ennemis, ils les suivent sur leur terrain. Ils opposent la bonne presse à la mauvaise. Par les livres, les journaux et les tracts, ils réfutent les objections, confondent la calomnie et vengent la vérité outragée.
« M. Marmonier, grâce à son talent d’ingénieur et à quelques ressources personnelles, a pu établir à la Sainte-Enfance une charmante presse avec moteur à gaz. Il a déjà imprimé un certain nombre de livres importants, tirés à plusieurs milliers d’exemplaires, ainsi que des tracts et des brochures dont le chiffre dépasse cinquante mille.
« Une autre œuvre qui, déjà, fait et promet beaucoup de bien, c’est l’Œuvre du Bulletin paroissial, petite brochure publiée chaque mois et distribuée dans les familles chrétiennes. Ce petit Bulletin donne de l’autorité au missionnaire sur ses fidèles et développe merveil-leusement l’esprit d’union entre tous les membres d’une même chrétienté. Il est aussi une sauvegarde pour leur foi, car il les instruit et leur fournit des réponses aux objections courantes. Il est un messager fidèle qui rappelle aux tièdes la pensée du ciel et leur prouve que
le prêtre attend leur retour à une vie plus parfaite. C’est aussi pour le catéchiste un prétexte ou une occasion pour les visiter, pour renouer ou resserrer les relations et leur faire entendre une parole d’encouragement.
« Dans plusieurs districts les Missionnaires ont organisé des écoles maternelles. Grâce aux soins donnés aux petits enfants, ils ont pu prendre contact avec certaines familles païennes et leur parler de la vraie Religion.

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« Après cet exposé général de la situation, jetons un rapide coup d’œil sur les principaux postes de la Mission ; il nous permettra de juger du travail et des progrès accomplis durant le présent exercice.
« La ville d’Osaka a été cruellement éprouvée par un vaste incendie. La peste, qui avait élu domicile dans le quartier de Tomijima, où s’élève la cathédrale, a paralysé, d’autre part, l’œuvre de l’évangélisation pendant quatre mois. Les païens s’éloignaient de la région contaminée ; ils ne voulaient même pas recevoir les catéchistes ni les personnes qui en sortaient. Néanmoins, quinze catéchumènes ont été régénérés, et les aumônes distribuées par nous aux malheureux incendiés ont mis le Missionnaire en contact avec un grand nombre d’âmes qui ont reçu la divine semence.
« M. Angles, chargé du poste de Tamatsukuri, rend grâces au Divin Maître pour les résultats obtenus durant l’année. « C’est la première fois, en effet, écrit-il, qu’il nous est « donné d’enregistrer le chiffre de 143 baptêmes. Nous sommes en progrès également pour « l’assistance à la messe du dimanche et pour le nombre des communions pascales et des « communions de dévotion : autant de preuves qu’il existe parmi nos fidèles un courant « intense de vie chrétienne qui ira, je l’espère, se développant de jour en jour. Nos « associations de jeunes gens et de mères de famille me donnent des consolations.
« Pour l’œuvre de l’évangélisation des païens, de nombreuses conférences ont été données, « au cours desquelles nous avons vu venir à nous des centaines d’auditeurs. Nous avons « distribué des tracts par milliers, non seulement en ces circonstances, mais encore dans des « visites à domicile ; ils ont pénétré même dans les écoles et dans les principales « administrations.
« Pour nous créer plus de relations et avoir accès dans certains milieux qui nous auraient « été à jamais fermés, nous avons fondé une école maternelle qui, dès la première année, a « atteint le chiffre de 120 élèves. La plupart de nos bambins appartiennent à d’excellentes « familles de la bonne société. Les parents, les mères surtout, viennent souvent à la mission. »
« M. Bousquet enregistre 70 baptêmes dans le poste de Komatsubaracho. Il se félicite de la piété des fidèles dont plusieurs sont admis à la communion quotidienne.
« En plus des grandes conférences publiques données de temps à autre, chaque dimanche les païens sont convoqués à un sermon, donné pour eux à la mission.
« Fukuyama a donné 13 baptêmes. M. Roland a découvert dans les localités voisines un certain nombre de chrétiens, venus de loin, qui ne s’étaient pas encore présentés à la mission.
« M. Villion lutte toujours pied à pied contre l’indifférence religieuse des hautes classes du Choshiu. Il constate un grand changement dans l’esprit public vis-à-vis du Missionnaire qui est, maintenant, respecté et salué partout où il passe. « Mon travail le plus assidu, écrit-il, est « toujours l’évangélisation de cette vallée de Zifuku mura, sur la route de Tsuwano, où le zèle « de notre brave médecin, Petro Hara, continue à préparer une moisson bien consolante. « Nombre de familles, les mieux posées du village, lisent avidement nos livres de religion et « attendent avec impatience mon passage pour m’exposer leurs objections et leurs doutes. Le « Seigneur nous a donné la consolation d’y faire, cette année, une précieuse recrue dans la « personne d’un maître d’école, Petro Moshimatsu, dont la bonne renommée remplit tous les « villages d’alentour.
« Quel bien font, jusque dans ces campagnes, les petits tracts de nos confrères de Tôkiô ! « La récente brochure sur les Trappistes a été un événement à Zifuku. Les gens se « l’arrachaient. Elle passait de maison en maison, et dans les meilleures. « De tels hommes, « s’écriait-on, une telle vie ! C’est la meilleure preuve de la vérité de la foi. »
« M. Marie, chargé du district de Hiroshima, résume ses travaux des quatre dernières années et remarque un heureux changement dans l’état des esprits. Un père de famille, qui venait d’assister à une de ses conférences, lui disait : « Il y a dix ans, un natif de Hiroshima, « membre d’une famille bouddhiste comme la mienne, ne vous aurait pas écouté et n’aurait « pas daigné vous adresser la parole. Aujourd’hui, les temps sont changés. Ceux qui, comme « vous, ont passé vingt ans au Japon, doivent être contents. »
« M. Marie est en relation avec des étudiants des diverses écoles. Sans espérer leur conversion immédiate, il compte sur eux pour l’avenir, et surtout sur ceux « de l’École « normale supérieure, qui seront demain les professeurs attitrés des grandes écoles. Ils « garderont de nous, dit-il, plus d’un souvenir agréable ; quand la vie les aura fatigués, ils se « souviendront peut-être de nos enseignements. » Trois de ces élèves sont de fervents catholiques.
« Les œuvres des enfants, des jeunes gens et des dames qui travaillent pour les pauvres, fonctionnent toujours avec fruit.
« M. Puissant voit accourir à lui de nombreux malades ; il a pu s’introduire dans beaucoup de familles. Ces relations lui ont permis de baptiser 101 enfants et 49 adultes à l’article de la mort. Tous les moribonds qu’il a pu aborder ont demandé et reçu le baptême dans d’excellentes dispositions.
« A Kobé, la paroisse, formée par les étrangers, donne satisfaction à M. Fage. « La messe « du dimanche a été bien suivie ; la plupart des hommes y assistent fidèlement. Grâce à « l’École Sainte-Marie, dirigée par les Religieuses du Saint-Enfant Jésus de Chauffailles, les « jeunes filles reçoivent une bonne éducation chrétienne. » Malheureusement, il n’y a pas encore d’école catholique pour les garçons.
« Pendant la retraite, profitant de la présence de tous les Missionnaires, j’ai béni une nouvelle église à Kobé ; elle est dédiée à saint Henri. « Jusqu’ici sans église, la paroisse de « Kobé, écrit M. Perrin, passait, pour ainsi dire, inaperçue, au milieu de cette cité japonaise. « Aujourd’hui, nous sommes sortis de l’ombre. Nombreuses sont les lettres de braves gens qui « me demandent de les recevoir et de leur enseigner la religion ; des shintoïstes même « viennent me prier d’aller visiter leurs malades... »
« M. Aurientis, après un rapide exposé de la situation de son poste de Kawaramachi, à Kioto, fait le récit de ses tristesses et de ses espérances, et il se félicite de la ferveur des catholiques, de leur dévotion à la sainte Eucharistie. Il raconte la touchante conversion d’une excellente dame de la haute société. « Elle est la fille d’un honnête païen, un médecin qui s’est « toujours montré d’un dévouement sans bornes pour les Sœurs et leurs orphelines ; elle est « mariée à un ingénieur, professeur à la Faculté des Sciences de l’Université Impériale. »
« M. Planès, établi dans un autre quartier de Kioto, à Nishijin, a constaté que, malgré les obstacles, l’idée religieuse y fait son chemin. « Ainsi, écrit-il, l’étude d’une religion est une « partie du programme facultatif des étudiants ; beaucoup admirent la beauté et la solidité du « christianisme ; il ne reste qu’un pas à faire pour l’embrasser. »
« La vie du missionnaire, écrit M. Castanier, étant un perpétuel mélange de joies et de « souffrances, il est inutile de mentionner que, pendant ce dernier exercice, j’ai eu ma part « d’épreuves ; mais la reconnaissance me fait un devoir de rendre à Dieu de particulières « actions de grâces pour les nombreuses consolations qu’il a daigné m’accorder. D’abord, j’ai « eu la joie de cueillir la jolie gerbe de 36 baptêmes, dont 30 d’adultes. Ensuite je suis « heureux de constater que la vie chrétienne se développe de plus en plus parmi mes « chrétiens »
« Les deux missionnaires de Matsue, M. Deruy et le P. Urakami, organisent une chrétienté de fondation récente. Le jour de l’Assomption, ils ont pu réunir 45 chrétiens dispersés. Ils ont établi une école de couture pour les dames de la ville et fondé des jeux pour les enfants ; par ces moyens, ils se mettent en contact avec les païens pour les attirer à la mission. Quelques baptêmes ont été les premiers fruits de leur zèle.
« A Myadzu, M. Relave emploie des aumônes venues de France à élever une grande salle destinée à des conférences religieuses. Son ouvroir de couture, patronné par le maire de la ville, est bien connu dans le pays ; il attire à la mission un bon nombre de dames, qui apprennent en même temps à estimer notre sainte Religion.
« M. Wagner commence son compte rendu par un cri de reconnaissance : « Merci au « bon Dieu qui a daigné réaliser mes espérances et augmenter le pusillus grex de Nara. « Pendant l’exercice qui vient de finir, 19 adultes sont entrés au bercail. Je suis heureux de « rendre aux anciens chrétiens le témoignage que, pour la plupart, ils gagnent en bon esprit et « en piété. La pratique de la communion fréquente commence à s’implanter parmi eux. Les « païens sont mieux disposés vis-à-vis du catholicisme. Ils commencent à se demander si la « Religion ne serait pas bonne à quelque chose, et ils assistent à nos conférences. J’ai recueilli « avec plaisir, sur les lèvres d’un professeur, cette déclaration significative : « Nous sommes « bien obligés, nous professeurs, de reconnaître que notre enseignement de la morale est « absolument inefficace. »
« A Otsu, le Missionnaire ne fait que semer. Il a distribué près de 6.000 tracts religieux et visité un grand nombre de familles païennes, « en attendant dans un esprit de soumission à la volonté divine l’heure de la récolte ».
« Le grand événement de l’année pour Okayama, dit M. Duthu a été l’inauguration de la « salle de conférences, aménagée pour un nombreux auditoire. » Ce Confrère constate que tous ses baptêmes ont été cueillis parmi les habitués de ses conférences.
« Cette méthode d’évangélisation a été aussi adoptée avec succès par M. Hébert à Tomashima. Ses chrétiens sont fidèles à leurs devoirs religieux et s’habituent à la communion fréquente.
« Leurs voisins de Fukuda rivalisent de zèle avec eux.
« A Shimonoseki, M. Trintignac a installé, avec le concours d’un instituteur chrétien, une école du dimanche pour les enfants païens ; son but est d’essayer d’atteindre les parents. Il sème la bonne parole par des « conférences avec projections lumineuses, qui, offrant toujours « une grande attraction, sont un moyen d’instruire les païens sur les questions religieuses ».
« M. Birraux a donné également plusieurs séances à Tsu. Elles ont été très suivies et ont produit une excellente impression.
« Il ne compte que 11 baptêmes ; mais il a plusieurs familles de catéchumènes dont l’instruction est avancée.
« M. Geley écrit de son côté : « L’an dernier à pareille époque, je voyais de nombreux épis « qui, me semblait-il, ne demandaient qu’à mûrir. J’ai été en partie déçu ; la rosée bienfaisante « n’est pas encore venue féconder le champ ; je n’ai eu que 7 baptêmes d’adultes. Tous ces « néophytes tiennent un bon rang dans la société. Depuis quelque temps, des professeurs du « lycée, des médecins, des ingénieurs viennent me demander, qui des renseignements sur la « Religion, qui des livres. Quelques-uns vont jusqu’à me manifester, dès la première entrevue, « leur désir de s’instruire. Sur le nombre quelques-uns aboutiront, espérons-le, au port du « salut ; c’est d’un bon augure pour l’an prochain. »
« M. Daridon fait les mêmes réflexions. Il est heureux du résultat des grandes conférences publiques qu’il a inaugurées à Tottori, avec le concours de quelques catéchistes et de plusieurs Confrères.
« Au sujet de mes baptisés de l’année, j’aurais des choses bien édifiantes à raconter, écrit « M. Cettour ; je me bornerai à citer deux faits.
« A la Noël dernière, je baptisai le fils du général Mitsumaki. Augustin Goro, âgé de 27 « ans. Nature enthousiaste, portée aux excès et aux aventures, il était de ces hommes qui ne « peuvent pas rester médiocres. Ma première rencontre avec lui eut lieu chez un dentiste « chrétien. Il m’avoua que l’idée d’un bien primordial révoltait sa nature de Japonais. Il ne « pouvait, disait-il, admettre les prétentions d’un Être qui est au-dessus de tout, qui ne subit « pas d’autorité supérieure et n’a pas d’égal, qui règne seul et sur les esprits et sur les mondes. « Je le laissai dire et surtout se contredire. Insensiblement, je le ramenai à la raison et à la « réflexion. Il me fit des excuses et nous nous séparâmes bons amis. Le lendemain, il revint « me voir. Sa mère, morte depuis 10 ans, et d’autant plus regrettée qu’une autre avait pris sa « place au foyer, lui était apparue en rêve durant la nuit, et lui avait dit qu’il n’y avait qu’un « seul Dieu, une seule Religion, un seul moyen de salut. Il avait cru cette parole aimée et, dès « lors, il mit toute l’ardeur de son tempérament à l’étude de la Religion. Le père de Goro fut « enchanté de sa conversion ; il vint lui-même me remercier et, à la Noël, il organisa seul « toute la fête. Que la sainte Vierge garde ce jeune homme dans la foi de son baptême et, peu « à peu, les autres membres de sa famille viendront à nous.
« Le 13 février, je baptisais deux femmes qui comptaient à elles deux, 165 ans ! La « première, Anne Takabayashi Chise, est l’ancienne maîtresse de thé et de fleurs des « princesses Mori. Pour honorer ses 87 printemps, le Prince impérial, lors de sa visite à « Yamaguchi, lui a remis une magnifique coupe en or. Elle garde sa mémoire et toute sa « lucidité d’esprit ; elle n’a rien perdu de ses manières distinguées ni de la grâce ravissante de « ses gestes de femme d’éducation. Le jour de son baptême, elle a revêtu ses habits de taffetas « blanc brodé d’or, qu’elle n’avait pas mis depuis 62 ans. Après la cérémonie du baptême, elle « se tourna vers les assistants et leur dit : « Je suis plus fière aujourd’hui d’être la servante de « Jésus-Christ, que je ne l’étais, jadis, d’être celle d’un grand daimyô. C’est la dernière fois « que je revêts ces habits, derniers lambeaux de ma vanité ; si le Père veut les accepter, je les « offre à mon nouveau maître, à Notre-Seigneur. C’est en connaissance de cause que « j’embrasse aujourd’hui la Religion que j’ai méprisée autrefois. »
« Ces paroles firent une profonde impression sur les assistants.
« Le bel habit est transformé en voiles des quatre couleurs liturgiques pour le tabernacle.
« Notre seconde néophyte, une brave femme sans famille, a édifié tout le monde par sa foi « et sa patience durant une maladie de trois mois ; elle s’est éteinte à la mission, où je l’avais « fait amener afin de la faire mieux soigner. Sa mort a été celle d’une prédestinée. »

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« C’est dans l’œuvre de l’éducation que l’on rencontre le plus de consolations parmi les Japonais d’aujourd’hui, reprend Mgr Chatron. Tout jeune fils de prolétaire est convaincu qu’il a dans son cartable et au bout de son pinceau, un képi galonné, ou une toge, ou une usine, ou un office, ou une agence, ou une fabrique, que sais-je encore ? et il travaille avec une fiévreuse passion pour en faire sortir quelque chose.
« La belle École de l’Etoile Brillante, tenue par les zélés Marianistes, contient 600 élèves, presque tous des meilleures familles d’Osaka et des environs. La réputation de ces habiles professeurs n’est plus à faire. Leur dévouement, leur savoir-faire, la sincère affection qu’ils portent aux enfants, la discipline qu’ils maintiennent avec fermeté et sagesse leur ont conquis l’estime de tous.
« En dehors des temps de classe, ils tiennent des réunions de jeunes gens, dans lesquelles on traite les questions religieuses. Ces réunions sont suivies par un grand nombre d’enfants dont quelques-uns se conduisent en catéchumènes, se rendant à la chapelle pour prier et assister aux offices...
« Après que les élèves ont quitté l’école avec leurs diplômes, leurs maîtres ne les perdent point de vue. Ils ont créé une Association d’Anciens élèves. Chaque année il y a réunion générale, avec discours, jeux, banquet ; ainsi se conservent l’union et les relations amicales. Plusieurs Anciens occupent déjà des positions très honorables.
« Les Religieuses du Saint-Enfant-Jésus de Chauffailles ont continué avec zèle et dévouement leurs diverses œuvres : écoles, orphelinats, ouvroirs et asiles.
« L’École Supérieure, établie à Osaka, a déjà reçu un bon nombre d’élèves ; elle promet d’être un succès. Malheureusement les bâtiments convenables font encore défaut.
« Daigne la divine Providence nous venir en aide et nous permettre d’achever une œuvre si importante. »


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