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Rapport annuel des évêques

Année: 1911
Pays: Japon
Mission: Tôkiô
Rédacteur:Mgr Bonne

CHAPITRE PREMIER
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Groupe des Missions du Japon

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I. — Tôkiô

Population catholique 9.858
Baptêmes d’adultes 915
Baptêmes d’enfants de païens 245
Conversions d’hérétiques 7
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Le 11 mai 1911, Mgr Bonne prenait possession du siège archiépiscopal de Tôkiô, en présence de presque tous ses Missionnaires et des prêtres japonais réunis pour recevoir et fêter leur nouveau Pasteur.
Le Sacre du vénéré Prélat avait eu lieu quelques jours auparavant, le 1er mai, dans l’église de Notre-Dame des Martyrs de Nagasaki. Mgr Choulet, vicaire apostolique de la Mandchourie Méridionale, était venu se joindre à NN. SS. les Evêques du Japon et prendre part à cette inoubliable cérémonie, à laquelle assistèrent, avec les Missionnaires et les prêtres japonais de Nagasaki, plusieurs Confrères de Tôkiô.
Les ferventes prières offertes par tous en ce beau jour restent un gage précieux des bénédictions divines dont sera favorisée la carrière épiscopale du Pasteur auquel le Saint-Siège a imposé la direction de la Métropole du japon.


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« A un observateur éloigné, écrit Sa Grandeur, il est à peu près impossible de bien saisir la nature des difficultés et des obstacles que rencontre, au Japon, la prédication des missionnaires catholiques.
« Un fait, cependant, qui saute aux yeux et qui peut être constaté, même de loin, c’est que l’évangélisation de ce pays ne devient pas plus facile. L’indifférence religieuse paraît s’accentuer de plus en plus.
« Il existait déjà deux causes bien visibles à la situation difficile qui nous est faite.
« La première est le développement invraisemblable de la civilisation matérielle mal dirigée et de la science contemporaine mal interprétée, qui ont engendré, dans les hautes classes, le rationalisme athée, et, dans la classe populaire, le culte du bien-être et du plaisir. Les intellectuels ne veulent pas de Jésus-Christ, parce qu’ils ne croient qu’à eux-mêmes ; le peuple n’en veut pas, parce qu’il n’en éprouve ni le besoin ni le désir, et que ses attractions sont ailleurs.
« La seconde est le trouble, la confusion, le désordre produits dans les esprits sérieux, au sujet du Christ et de sa doctrine, par les multiples sectes protestantes qui se sont jetées sur le Japon comme sur une proie. Antagonisme et lutte, absence de principes et de lois établies, désaccord sur les points fondamentaux du dogme : voilà ce que les sectes ont entraîné après elles. Un Japonais sérieux qui veut étudier le christianisme et que sa mauvaise étoile conduit ailleurs que chez les catholiques, seuls dépositaires officiels de la vérité et de la doctrine chrétienne, se perd presque inévitablement au milieu des contradictions, tombe dans le scepticisme, et, finalement, dans le rationalisme athée.
« Mais, depuis quelque temps, une troisième cause, plus grave, plus sérieuse, semble être venue s’ajouter aux deux précédentes. Qui ne connaît la vague de stupeur et d’ahurissement qui envahit le Japon, lorsque la nouvelle s’y répandit que quelques-uns de ses enfants, entraînés par le courant du socialisme, avaient osé attenter aux jours de l’Empereur ! Des Japonais complotant contre la vie du Fils du ciel, du Père divin du peuple ! Le gouvernement, sinon affolé, du moins fortement troublé, crut voir dans cette chose inouïe une conséquence fatale du déclin de shintoïsme et du progrès des idées européennes ou chrétiennes.
« Le shintoïsme, religion essentiellement nationale, source du patriotisme et de la loyauté, n’est autre chose que le culte officiel de l’Empereur et de ses ancêtres, et, par concomitance, de tous les héros qui ont gravite autour du trône. Le shintoïsme croulant sous les coups répétés des idées modernes et du christianisme, il faudrait, pour le bien du pays, le remplacer par la vraie Religion de Jésus-Christ, le catholicisme tout pur, lequel, tout en mettant chaque chose à sa place, laisse à l’empereur son auréole de droits divins et son titre de représentant de Dieu. Malheur au Japon, si le shintoïsme disparaissant est remplacé par le rationalisme moderne ou le protestantisme qui y conduit ! Alors, c’en est fait du respect religieux de l’autorité, du prestige souverain de l’empereur et même de l’idéal sacré de la patrie... Alors, le socialisme aura beau jeu, et l’anarchisme lui-même pourra librement appliquer ses théories.
« Les hommes du gouvernement ne connaissent pas, pour la plupart, la Religion catholique. Pour eux, catholiques et protestants sont tous compris ensemble sous une même dénomination, le christianisme. Officiellement, le gouvernement n’en connaît que ce que ses agents, au Japon ou à l’étranger, lui ont appris. Il a vu que la majorité des trop célèbres socialistes qui ont le plus fait parler d’eux étaient des affiliés aux sectes protestantes, et il a résolu de faire machine en arrière, de redonner au shintoïsme son prestige déchu et d’arrêter les progrès de la religion chrétienne.
« La pression officielle a commencé : des instructions secrètes ont été envoyées par les Ministres soit aux Préfets, soit aux Directeurs des Ecoles de l’Etat. Le résultat de ces instructions sera un accroissement temporaire et factice du culte extérieur shintoïste, une poussée accidentelle de la jeunesse des écoles et des employés du gouvernement vers les petits temples séculaires appelés Miya, vers les rubriques nationales concernant les portraits de l’empereur, et, enfin, un renouvellement passager d’orgueil national. Pour nous missionnaires, le résultat le plus net sera une nouvelle couche de mortier appliquée au mur qui nous sépare du peuple, un nouveau coup d’épée donné à notre religion, un accroissement de difficultés dans notre œuvre.
« Voilà le champ actuel de bataille des prédicateurs de l’Evangile. Humainement parlant, et abstraction faite de la grâce et de la vertu du Très-Haut, la tâche est au-dessus de nos forces. Mais Dieu, qui se rit des projets des hommes et pour qui nul obstacle n’existe quand l’heure de son action a sonné, Dieu soutient notre courage et notre espérance. Malgré tout, nous faisons des conquêtes, isolées sans doute, mais d’autant plus glorieuses ; nous arrachons des âmes au paganisme pour les jeter, pleines de foi, dans le Cœur du Sauveur. Si, de temps à autre, quelques-uns de nos convertis, insuffisamment instruits ou trop longtemps isolés, se refroidissent, par contre, le gros bloc de nos chrétiens fidèles semblent, de toutes parts, redoubler de ferveur. Obéissant à la voix du Souverain Pontife, beaucoup approchent fréquemment de la source de vie cachée sous les espèces eucharistiques. Par là, ils mériteront d’obtenir pour eux la grâce de la persévérance, et pour leurs compatriotes, dont l’âme est faite de préoccupations matérielles et d’insouciance, la grâce de voir la lumière et de se convertir à la vraie foi.

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« Après cet exposé général de la situation, ajoute Mgr Bonne, passons maintenant aux détails de l’administration dans les divers districts.
« Tout d’abord, bien que les résultats de l’année qui vient de s’écouler ne diffèrent pas sensiblement de ceux des années précédentes, nous constatons, cependant, une progression ascendante très marquée dans le nombre des confessions et surtout des communions de dévotion : le chiffre des unes s’est élevé à 41.208 ; celui des antres à 84.882, ce qui est, en même temps, une preuve non équivoque d’une vie spirituelle plus intense chez les fidèles, et du zèle manifeste des Confrères à mettre en pratique les Décrets et Instructions du Saint-Siège.
« Il faut signaler également la prompte et première application, dans cette Mission, du Décret Quam singulari, relativement à la première Communion des petits enfants. Dans les diverses chrétientés, partout où là chose était possible, ce Décret a été porté immédiatement à la connaissance des fidèles, et, sous la direction des prêtres, parents et catéchistes se sont mis à préparer ces tout petits à l’accomplissement du devoir de la communion rappelé par les enseignements du Saint-Père.
« Il est très consolant aussi de constater, dans plusieurs districts, le progrès accompli dans l’étude du catéchisme et l’instruction religieuse. Hachiôji, Utsunomiya et Sekiguchi sont à citer à l’ordre du jour.
« Confiants dans la grâce de Dieu, nous nous sommes appliqués, partout, à cultiver les vertus chrétiennes dans l’âme de nos néophytes, et à cueillir, de-ci, de-là, avec beaucoup de peine et de persévérance, quelques nouveaux épis pour le grenier du Père de famille. Il en devrait résulter pour chaque poste une augmentation proportionnée du chiffre de la population catholique. Cependant, cette consolation n’est pas toujours accordée au pasteur de la paroisse : ainsi à Tsukiji, où se trouve la cathédrale, par suite de circonstances particulières, le chiffre des chrétiens qui fréquentent cette église a diminué considérablement ces dernières années.

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« Le poste d’Asakusa, qui a enregistré 18 baptêmes d’adultes bien instruits, continue à faire la consolation de son heureux titulaire, M. Lissarrague. Ce Confrère a fondé une annexe à Saruwakamachi, à l’extrémité de la ville : son rapport montre un véritable progrès réalisé dans le cours de cet exercice.
« M. Chérel, à Kanda, a conféré 14 baptêmes d’adultes, sans compter ceux administrés à l’article de la mort.
« Azabu a donné 21 néophytes. M. Tulpin, toujours content des bonnes dispositions de son peuple chrétien, qui s’est accru cette année de près de 100 nouvelles unités, signale, pour l’exercice écoulé, le retour aux pratiques religieuses de plusieurs vieux négligents et le zèle des infirmières chrétiennes à visiter et baptiser les malades dans les hôpitaux.
« La chrétienté de Honjo continue à prospérer sous la direction du prêtre japonais, M. Honjô, qui met tout son cœur à remplir parfaitement ses devoirs de pasteur et voudrait bien pouvoir rebâtir son église que l’incendie de 1905 a détruite de fond en comble. C’est une œuvre qui va s’imposer sans tarder.
« A Sekiguchi, chez M. Drouart de Lezey, qui a obtenu 15 baptêmes d’adultes, la joie est mêlée de regrets. Ce bon pasteur voudrait que tout soit parfait chez ses chrétiens.
« Pour maintenir la piété et exciter parmi eux le zèle si désirable de l’apostolat, il a établi, depuis quelques années déjà, un Bulletin mensuel paroissial, qui a eu un parfait succès. Il a établi, aussi, l’examen annuel public du catéchisme, œuvre de grande utilité. Enfin, il vient d’ériger dans sa paroisse l’Apostolat de la Prière, par lequel, surtout, il espère réagir contre le manque de prosélytisme dont il se plaint. M. Drouart termine son rapport en ajoutant :
« L’église de Sekiguchi, bénite sous le vocable de l’Immaculée-Conception, a été, dès le « principe, mise sous la maternelle protection de la Reine du Ciel. Grâce au zèle de M. « Demangelle, directeur de l’Orphelinat, elle lui est dorénavant consacrée d’une manière toute
« spéciale, car elle a l’honneur de posséder une magnifique grotte de Notre-Dame de Lourdes « et d’être devenue ainsi un lieu de pèlerinage. »
« A Hachiôji, M. Mayrand, qui ne ménage pas sa peine pour visiter ses multiples chrétientés disséminées sur une vaste étendue de pays, ne s’occupe pas seulement d’affermir la foi dans leurs cœurs, mais dépense jusqu’à son dernier sou pour leur procurer des installations dont ils ont besoin. Il signale dans son rapport un événement qui, pour modeste qu’il soit en lui-même, a eu pour son troupeau une réelle importance : l’acquisition d’un terrain bien situé à Miyadera et l’érection d’une belle chapelle, bénite solennellement le 9 juillet dernier.
« La paroisse japonaise de la ville de Yokohama, qui a compté 13 baptêmes d’adultes, vient de passer par une rude épreuve. Son église a été détruite par un incendie, le 15 décembre 1910. Nous espérons que le bonne Providence daignera un jour envoyer à M. Chabagno le nécessaire pour rebâtir cette chapelle. En attendant, faute de mieux, nous reconstruisons une salle qui en tiendra lieu.
« Voici quelques détails très intéressants sur le district Odawara-Yokosuka, visité régulièrement par M. Rey, malgré son double office de procureur de la Mission et d’aumônier des Dames de Saint-Maur de Yokohama.
« La situation de ce district, écrit-il, est un peu spéciale : la proximité de Tokiô et de « Yokohama, la douceur du climat, la facilité des communications, la beauté des sites et les « souvenirs historiques qui s’y rattachent, tout concourt à en faire une petite côte d’azur du « Japon… Les deux postes ou centres principaux sont Yokosuka et Odawara : il y a une petite « chapelle dans chacune de ces deux villes.
« Yokosuka est une ville de formation récente, pleine d’animation et de bruit, où passent et « repassent des chrétiens venus par nécessité ou pour chercher fortune, officiers, marins, « soldats, ouvriers de l’arsenal.
« Odawara est plus tranquille. Les chrétiens y sont peu nombreux, mais ils forment un petit « bloc uni, compact, et ayant le meilleur esprit. Un missionnaire, à résidence fixe dans cette « ville, verrait certainement augmenter son petit troupeau de fidèles, s’il s’en occupait « sérieusement. »

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« M. Joseph Bertrand, chargé de la Léproserie de Gotemba, à laquelle il donne si généreusement tout son cœur, est toujours bien content de l’esprit des malades qui vivent avec lui loin du monde, comme il convient à des lépreux. Il a eu la joie d’administrer 15 baptêmes d’adultes.
« L’hôpital contient, à l’heure actuelle, près de 80 lépreux ou lépreuses, et, pour les soigner, consoler et réjouir, un seul homme qui est le père de tous : pas une infirmière, pas une religieuse ! Les lépreux se soignent entre eux.
« C’est à 24 de ces pauvres malades que, récemment, dans une première visite faite à l’hôpital, j’ai administré la Confirmation, signant du saint Chrême, chez plusieurs, l’unique partie du front que la lèpre avait respectée. Lépreux et lépreuses, accompagnés des parrains et des marraines, ont défilé devant moi. Plusieurs ne pouvant marcher étaient portés par les autres. Quel défilé ! Aucune plume ne saurait le décrire. Chose admirable ! j’ai constaté avec bonheur que la joie, même une franche gaieté n’était pas absente de ce royaume de la douleur supportée avec résignation. Ils ont organisé à leur façon jusqu’à une fanfare japonaise pour fêter leurs hôtes ou célébrer leurs fête de famille.
« Le zèle de M. Billing, à force de persévérance et de sacrifices, est parvenu à restaurer la chapelle et la résidence de Numazu. Il a obtenu 15 baptêmes d’adultes. Sa grande préoccupation actuelle est d’évangéliser l’île d’Oshima, où il a fait déjà plusieurs voyages d’exploration. Il nourrit l’espoir d’y établir bientôt une chrétienté.
« Les autres chrétientés qui se trouvent sur le Tôkaidô se sont maintenues et aucun fait particulier n’est signalé par les Missionnaires qui en ont la charge.
« De Matsumoto, M. Cesselin fait remarquer, dans son rapport annuel, un réveil de patriotisme étroit et ombrageux, dont l’effet est d’exciter la méfiance contre nous. Ce réveil provient du fait que cette ville se trouve dans le voisinage de l’endroit où Kôtoku et sa bande d’anarchistes cuisinèrent, il n’y a pas longtemps, leurs drogues infernales.
« Nos auxiliaires de la Société du Verbe Divin occupent maintenant deux postes : Kanazawa et Toyama. En regrettant que le nombre de ceux qui, dans leurs parages, désirent entendre la bonne parole soit si restreint, ils font tous leurs efforts pour hâter le jour où, devenus plus familiers avec la langue japonaise qu’ils étudient, ils pourront prêcher avec plus de fruit.
« M. Cadilhac, que chrétiens et païens révèrent comme un patriarche dans sa bonne ville d’Utsunomiya, rend témoignage au bon esprit, à l’esprit de famille, qui règne dans son troupeau. En rendant grâce à Dieu des 36 baptêmes qu’il a comptés, des 62 confirmations administrées et des 2.737 communions distribuées, il se plaît à reconnaître la multitude de bénédictions par lesquelles la Providence a daigné récompenser la foi de ses néophytes...
« Dans le district de Chiba, M. Caloin constate la difficulté croissante qu’il éprouve à instruire, les enfants, à cause de la distance qui sépare ses paroissiens.


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« Nos dévoués et très estimés auxiliaires, les Frères Marianistes, ont eu, cette année encore, de brillants succès. Pour ne parler que de Tokiô, disons que l’Ecole de I’Etoile du Matin a compté 830 élèves, chiffre qui n’a jamais encore été atteint. Les rentrées ont été si nombreuses qu’on s’est vu obligé, en présence de l’impossibilité de recevoir tous les candidats qui se présentaient, d’établir un examen d’admission. Ce fait montre, mieux que des phrases, l’estime dans laquelle ces habiles éducateurs et leur œuvre sont tenus par nos Japonais.
« Pour faire face à ces nouveaux besoins, un beau terrain, idéalement situé, a été acheté, à proximité de l’Ecole de l’Etoile du Matin, au prix de 300.000 francs, fruit d’une souscription volontaire japonaise, patronnée par un Comité d’honneur où figuraient le Président du Conseil, le Ministre de l’Intérieur, le Ministre de la Guerre, actuellement Gouverneur Général de la Corée, et le Ministre de la Marine.
« Il reste maintenant à se procurer l’argent nécessaire pour élever les constructions. Le même Comité a fait aussi un appel dans le but de parfaire l’œuvre commencée, et la voix de ces hommes illustres ou d’élite sera entendue.
« Les RR. Pères Jésuites ont enfin pu acquérir un vaste terrain sur lequel ils vont commencer l’œuvre pour laquelle ils sont venus. Avec les trois nouvelles recrues qui leur sont annoncées pour le mois prochain, leur nombre sera de six.

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« Nos autres communautés religieuses, toujours si appréciées pour leur zèle, leur dévouement et leur charité, continuent à prospérer. Dans presque tous leurs établissements, il y a un accroissement du nombre des élèves. Des Constructions très coûteuses ; mais requises par la nécessité, et bien adaptées aux nouveaux besoins, sont venues, fort à propos, modifier, agrandir et multiplier les locaux et les salles de classes.
« Ainsi, dans le courant de cette année, les Dames de Saint-Maur sont parvenues à achever très heureusement leur résidence de Tôkiô et les nouvelles constructions destinées au pensionnat et aux trois écoles, supérieure, primaire et maternelle. Tous ces bâtiments ont grand air : ils abritent 474 élèves.
« Leur maison de Yokohama, avec son pensionnat européen, ses écoles supérieure et primaire, son ouvroir et son orphelinat, contient tout un monde : 647 élèves. La direction de tant d’œuvres réunies est une lourde charge pour une seule supérieure. C’est dans cette maison que, le 20 janvier dernier, s’est éteinte pieusement la vénérée Mère Sainte-Mathilde, fondatrice des œuvres des Dames de Saint-Maur en Malaisie et au Japon. Elle était dans la 97e année de son âge. Partie de France en 1852, elle avait séjourné 20 ans en Malaisie quand elle arriva au Japon, en 1872. On peut résumer sa vie de dévouement en lui appliquant ces paroles des Saints Livres : Vraiment, elle avait un courage viril dans un cœur de femme.
« L’Ecole supérieure de filles tenue également par les Dames de Saint-Maur à Shizuoka est encore de date récente. Elle jouit d’une réputation toujours croissante et de la sympathie universelle.
« Les Sœurs de Saint-Paul de Chartres, réalisant aussi de nouveaux progrès, viennent d’inaugurer une grande maison, bien aménagée, et contenant deux beaux dortoirs, parfaitement aérés, et une magnifique salle de récréation. En outre, pour laisser plus d’espace et plus de liberté à leurs œuvres d’enseignement, trop à l’étroit dans le terrain qu’elles occupent, à Kanda, depuis une trentaine d’années, elles ont résolu de transférer ailleurs leur orphelinat ; et ce projet a déjà reçu un commencement de réalisation par l’installation provisoire d’une partie de l’œuvre dans un local situé près de l’église d’Azabu
« Les Dames du Sacré-Cœur, dont l’œuvre se développe normalement, ont vu le nombre de leurs élèves monter, pour cette seconde année d’exercice, au chiffre déjà respectable de 121. Pour compléter leur installation, et en vue d’un prochain accroissement de leur population scolaire, elles ont jeté les fondements d’une nouvelle et spacieuse maison, destinée à abriter, en même temps, l’école primaire et l’école maternelle.
« Il est à remarquer que toutes ces écoles que les Sœurs de Saint-Maur, de Saint-Paul et du Sacré-Cœur ont ouvertes à Tôkiô, donnent l’instruction à tous les degrés. Elles peuvent recevoir des enfants à l’école maternelle, pour les faire passer successivement à l’école primaire, à l’école supérieure et à des cours spéciaux de langues et d’arts d’agrément. Toutes ces écoles ont l’approbation officielle et suivent avec succès les programmes des écoles publiques. En dehors de l’école normale supérieure des filles, ce sont les seuls établissements où une fille puisse commencer et terminer son éducation dans la même maison.


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« Les autres œuvres de la Mission, dirigées par elle, ont continué à faire le bien. A Kanda, la Maison de famille pour les étudiants catholiques a donné l’hospitalité à une douzaine de jeunes gens chrétiens fréquentant différentes écoles de la capitale. M. Ligneul, qui surveille ces jeunes gens et leur fait des conférences religieuses, rend témoignage à leur bonne tenue et à leur bon esprit.
« Dieu a daigné répandre aussi ses bénédictions sur nos œuvres de presse dont le succès continu est dû au zèle actif et dévoué de MM. Drouart de Lezey et Lemoine. Que la lumière brille bientôt dans l’esprit du peuple si intéressant que nous évangélisons ! »


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