| Année: |
1914 |
| Pays: |
Japon |
| Mission: |
Osaka |
| Rédacteur: | Mgr Chatron |
III. ─ Osaka
Population catholique 4.100
Baptêmes d’adultes 451
Baptêmes d’enfants de païens 1.182
Conversions d’hérétiques 4
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« Durant l’exercice 1913-1914, écrit Mgr Chatron, la mission d’Osaka a été éprouvée par la mort de MM. Luneau et Trintignac, qui, tous deux, laissent de profonds regrets. Je donnerai quelques détails sur ces bons et zélés missionnaires, en parlant du district qu’ils évangélisaient.
« Nos œuvres ont suivi leur marche ordinaire. Les ouvriers apostoliques ont donné de nombreuses conférences aux païens ; ils ont distribué une foule de brochures, tracts, livres pour faire connaître la doctrine catholique, réfuter les erreurs et les calomnies répandues par l’hérésie sur le compte de l’Eglise Romaine. En un mot, la bonne semence a été répandue à pleines mains.
« Les bulletins paroissiaux continuent à mériter la sympathie des néophytes. Chaque mois, ils vont porter, dans plus de 1.000 familles, les petites nouvelles des mission du Japon et les principaux événements du monde catholique. Ils maintiennent ainsi la fraternité et l’union parmi les fidèles.
« Il y a 4 districts à Osaka : Kawaguchi, Tamatsukuri, Uemachi et Kitano.
« Celui de Kawaguchi a été gravement éprouvé par la mort du bon M. Luneau, mon cher vicaire général. Sa piété profonde, sa régularité exemplaire, sa charité inépuisable, toujours prête à rendre service, soit aux confrères, soit aux chrétiens, faisaient de lui le modèle de tous. Aussi laisse-t-il de profonds regrets dans toute la mission. Depuis longtemps il souffrait de la goutte, qui parfois lui causait de très vives douleurs, sans jamais cependant lui enlever son calme et sa résignation. C’est cette maladie qui l’a emporté en moins de deux jours. Il est mort le 12 septembre 1914, dans la 67e année de son âge et la 36e de son fructueux apostolat.
« Il laisse un district parfaitement organisé, grâce au bon esprit que administration, si sage, a inspiré à toute la chrétienté. Les œuvres qu’il a fondées lui survivront.
« Le poste de Tamatsukuri a fait, lui aussi, une grande perte : M. Trintignac a été enlevé à l’affection de ses chrétiens, le 5 février 1914, par une crise d’endocardite. Ce pieux missionnaire avait été en quelque sorte gâté par la Providence, qui l’avait doué de très belles qualités : mémoire excellente, jugement très droit, grande facilité pour s’adapter aux us et coutumes de son pays d’adoption. Il avait cultivé et développé ses talents naturels par un travail assidu. Aussi possédait-il la langue japonaise, parlée et écrite, à la perfection. Il lisait les journaux du pays avec autant de facilité qu’il lisait l’Ami du Clergé.
« Je trouve à Tamatsukuri, dit M. Castanier, son successeur, un poste idéal, où les œuvres « fonctionnent très bien et la fréquentation des sacrements ne laisse rien à désirer. Le cercle « catholique des jeunes gens, l’association des mères chrétiennes, l’école maternelle, tout cela « met de la vie et de l’entrain dans cette charmante chrétienté. »
« M. Bousquet est tout heureux de posséder à Uemachi, une jolie chapelle et une belle salle de réunion, dont il profite pour donner des conférences aux païens. Les auditeurs viennent nombreux et se montrent très sympathiques. Plusieurs familles ont demandé à s’instruire.
« Parmi ces conversions, il convient de mentionner celle d’une femme de 60 ans, arrière petite-fille du « daimyo » chrétien Ukita, qui bâtit le château d’Okayama au XVIe siècle. Cette bonne vieille avait entendu dire que ses ancêtres étaient chrétiens, et que même un de ses oncles avait été mis à mort en haine de la foi… Etant venue assister aux conférences de M. Bousquet, elle demanda à se convertir, reçut le baptême, et elle est aujourd’hui le modèle de la chrétienté.
« A Hiroshima, M. Marie a découvert un « butsdan », ou autel bouddhique qui fait peur à tout le monde, car, d’après la tradition, celui qui aurait l’audace de l’ouvrir tomberait raide mort. Or, M. Marie a eu cette audace, et ne s’en porte pas moins bien. Au lieu des statuettes bouddhiques que le « butsdan » était censé contenir, notre confrère fut très étonné de trouver un crucifix posé sur une lettre écrite par un martyr, la veille de sa mort.
« Une jeune poitrinaire de Hiroshima ayant reçu le baptême, malgré l’opposition de ses parents, se vit abandonnée seule sans soins, presque sans nourriture. Cet abandon ne l’effrayait pas, et elle répétait sans cesse : « Je ne crains rien ; j’ai la Sainte Vierge jour et nuit « à côté de moi. »
« M. Puissant fait merveille à Kishiwada avec sa petite clinique « à l’Eau de Card » pour les maladies des yeux. Il a soigné 800 malades, en a guéri un bon nombre, les a prêchés tous, et il a eu la joie d’enregistrer 150 baptêmes à l’article de la mort.
« Les terribles événements d’Europe ont eu une pénible répercussion sur la paroisse européenne de Kôbé. Les chrétiens, qui sont presque tous employés dans des maisons de commerce, souffrent beaucoup de l’arrêt des affaires. Les commerçants ou dû fermer leurs bureaux, renvoyer leurs employés ou diminuer les salaires. Les épreuves de ce genre ramènent l’homme à Dieu, et nos chrétiens ont organisé une ligue de prières pour demander la paix.
« L’école de Sainte-Marie, installée dans un bel immeuble par les religieuses du Saint-Enfant Jésus, est fréquentée par toutes les filles des Européens catholiques. Les Sœurs donnent à ces enfants une excellente instruction et leur apprennent les chants liturgiques, pour rehausser la solennité du dimanche.
« M. Silhol vient de prendre la direction du poste de Maizuru. Il a trouvé là une bonne sève de vie chrétienne. Les néophytes sont assez dispersés, mais ils n’hésitent pas à faire une heure et même deux heures de marche pour venir, chaque dimanche, assister à la messe et recevoir la sainte communion.
« La femme d’un riche païen cherchait la paix du cœur sans pouvoir la trouver. Un chrétien, ami du mari, conseilla à ce dernier d’envoyer sa femme à l’église catholique, l’assurant qu’elle y trouverait la paix qu’elle cherchait… Elle y alla, vit, entendit, s’instruisit et reçut le baptême avec ses trois enfants. Aujourd’hui, elle a trouvé la paix et est heureuse.
« M. Relave a établi à Miyazu un ouvroir de couture, qui est fréquenté par de jeunes personnes, pensionnaires, demi-pensionnaires et externes. Les apprenties arrivent d’ordinaire avec une foule de préventions contre la religion catholique, mais l’affabilité et le savoir-faire de la maîtresse finissent par dissiper ces préventions. Peu à peu, les préjugés tombent ; les apprenties acceptent des livres de religion, les lisent et en viennent à assister aux offices à l’église. Elle prennent part aux prières, et plusieurs ont commencé l’étude du catéchisme. La bonne semence jetée dans leurs âmes produira tôt ou tard des fruits de salut.
« M.Birraux constate avec joie que, dans son district, où se trouve le fameux temple d’Isé, c’est-à-dire le berceau du shintoïsme japonais, les préjugés contre le christianisme tendent de plus en plus à disparaître. Parmi les baptisés de l’année se trouve une sage-femme qui, après son baptême, alla dire au bonze qu’étant devenue chrétienne, elle rompait toute relation avec le temple païen.─ « Dans quelle secte es-tu entrée ? demande le bonze. ─ Chez les catholiques. ─ Oh ! « alors, je n’ai rien à dire : en fait de christianisme, il n’y a que le « catholicisme de vrai et de sérieux ; le protestantisme n’est qu’une comédie. »
« M. Cettour travaille de toutes ses forces à ressusciter à Yamaguchi cette belle église du Japon, qu’y fonda saint François-Xavier au XVIe siècle. Son petit troupeau de néophytes se montre très pieux, très fidèle. Grâce au zèle et au dévouement de quelques institutrices catholiques, un grand bien se fait parmi les jeunes filles, dont plusieurs ont reçu le baptême et sont maintenant de vrais apôtres. En effet, ces jeunes fille, placées comme domestiques dans des maisons bourgeoises, ont tellement édifié leurs maîtresses par leur obéissance et leur bonne conduite, que celles-ci ont voulu savoir la cause de si excellentes dispositions. Elles l’ont sue, et touchées par la grâce, demandent à se faire catholiques.
« M. Cettour a donné beaucoup de conférences à Yamaguchi et dans les villages voisins : « Je me suis établi, dit-il, marchand de bonheur, de paix, de tranquillité pour ce monde et pour « l’autre… Je donne ma marchandise… pour rien. Hélas ! Rares sont ceux qui en veulent, « même à ce prix…»
« M. Marmonier se réjouit de voir ses orphelins grandir en âge, piété et sagesse. Les plus jeunes fréquentent l’école primaire ; les plus grands continuent leur instruction à l’école des Frères de Maire, « l’Etoile Brillante ». Grâce aux répétitions qu’on leur donne à l’orphelinat, ils occupent les premiers rangs de leur classe. Lorsqu’ils ont fini les cours, ils reçoivent un diplôme, avec lequel ils peuvent obtenir une place honorable dans la société, tout en gardant précieusement la foi reçue dès l’enfance.
« L’imprimerie a publié un bon nombre d’ouvrages nouveaux : vies de saints, tracts et brochures, livres de piété, qui vont entretenir la dévotion dans toutes les missions de l’Empire.
« La petite clinique a soigné et guéri un grand nombre d’enfants malades. Il y a eu 2.693 consultations. Outre les 20 baptêmes obtenus grâce à cette clinique, nos baptiseuses et infirmières ont ondoyé 128 petits moribonds.
« La splendide école de commerce, « l’Etoile Brillante », tenue par les bons Frères de Marie, poursuit ses succès. Les maîtres n’ont plus besoin de faire de la propagande : on les connaît maintenant. Comme leur école ne peut recevoir que 600 élèves et que ce nombre est déjà dépassé, ils se montrent plus difficiles aux examens d’admission.
« M. l’abbé N. Walter, aumônier de ce bel établissement, a su intéresser les élèves aux questions de religion ; et, après les classes, un grand nombre d’entre eux viennent avec plaisir apprendre l’histoire sainte et le catéchisme. Le dimanche, ils assistant à la messe, à une petite instruction faite pour eux, et récitent les prières comme les enfants chrétiens. Si on ne peut les baptiser de suite, à cause de l’opposition des parents, la semence répandue dans leurs âmes ne manquera pas de germer un jour ou l’autre. Déjà, beaucoup d’anciens élèves des Frères de Marie ont demandé et reçu le baptême.
« Les religieuses du Saint-Enfant Jésus de Chauffailles travaillent avec non moins de succès que d’ardeur dans leurs écoles, orphelinats, ouvroirs et asiles ; et leur zèle est récompensé par de beaux résultats. A Kôbé, elles ont organisé une école pour les filles des étrangers, qui y sont nombreux. Les enfants des catholiques sont heureuses de trouver, près des Sœurs, une instruction religieuse solide et une formation sérieuse à la vie chrétienne. »
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