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Rapport annuel des évêques

Année: 1917
Pays: Japon
Mission: Nagasaki
Rédacteur:Mgr Combaz

II. — Nagasaki

Population catholique 53.987
Baptêmes d’adultes 391
Baptêmes d’enfants de païens 755
Conversions d’hérétiques 3
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« Vous remarquerez, écrit Mgr Combaz, que si le chiffre des baptêmes d’enfants de païens in articulo mortis a légèrement augmenté, celui des adultes est inférieur à celui de l’année dernière. Vous n’en serez pas étonnés, puisque vous connaissez nos difficultés et la modicité de nos ressources.
L’absence prolongée de nos chers mobilisés, la mort dans l’espace d’une semaine de deux prêtres japonais, et enfin la longue maladie de plusieurs confrères, ont été pour nous des coups bien sensibles et dont les effets se feront sentir longtemps.
A la fin d’avril nous avons eu l’honneur et le plaisir de recevoir de nouveau la visite de Son Excellence Mgr Petrelli que j’ai accompagné jusqu’à Tokio. Comme il ne venait pas à titre officiel, son voyage n’a pas eu le grand apparat de celui de l’an dernier. Son Excellence a profité de son séjour pour visiter, à la grande joie du clergé et des fidèles, les différentes mis- sions du Japon et de la Corée. Elle a eu plusieurs entretiens avec M. le Ministre des Affaires étrangères à propos des cérémonies shintoïstes. Quel en a été le résultat ? Je l’ignore. Je crois qu’il y a encore échange de correspondances.
Le gouvernement japonais, quel que soit le ministère en exercice, tient ferme à ce que les enfants des écoles paient leur tribut d’hommages aux mânes des héros. Il croit, en exaltant le patriotisme et le culte de l’empereur, pouvoir éviter les bouleversements qui ont lieu en Chine et un Russie. Réussira-t-il ? Au moment où j’écris, à l’université de Waseda fondée par le marquis Okuma, 4.000 élèves âgés de 20 à 30 ans sont en grève contre les professeurs et l’administration de l’établissement. Pendant deux jours, ils ont occupé les locaux de l’école, n’y laissant pénétrer aucun membre du corps professoral. Ils ont arboré le drapeau rouge, entonné des chants de liberté et l’indépendance. N’est-ce pas plus redoutable pour l’avenir et la prospérité du pays que le refus de nos chrétiens de participer aux sacrifices offerts aux divins ancêtres ?
Quoi qu’il en soit, la venue de Mgr Petrelli semble avoir eu quelques bons résultats. Officieusement on aurait averti les autorités de Nagasaki de ne point presser l’exécution des ordonnances ministérielles. Il reste encore quelques petites tracasseries locales. Ainsi à Hitoyoshi, les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie avaient ouvert une salle d’asile où tout marchait fort bien ; parents et enfants étaient contents. Mais ces succès ont froissé la susceptibilité d’un directeur d’école du voisinage. A la rentrée des classes voici comment, devant les parents païens, s’exprimait ce personnage : « C’est très bien d’envoyer vos enfants à l’asile avant de les envoyer à l’école. Mais là, on les forme si bien qu’à l’école, ils sont d’emblée les premiers et que la masse ne peut les suivre. Il en résulte une situation anormale pour l’ensemble de la classe, ce qui est à éviter. » Logiquement il aurait dû conseiller à tous les parents d’envoyer leurs enfants à l’asile et d’élever ainsi le niveau des études. Mais nous sommes au Japon, et c’est le contraire qui eut lieu.
Voici comment un confrère résume les obstacles que présente l’évangélisation des païens ; la note me semble vraie, au moins pour le diocèse de Nagasaki : « Le diable a mobilisé toutes ses forces pour entraver notre marche en avant, voire même nous forcer à reculer. Ce sont les bonzes avec tous leurs mensonges et leurs basses calomnies, puis les « kannushi » (ministres du culte shintoïste) avec leurs accusations si connues d’aller à l’encontre des institutions nationales, et par conséquent d’être traîtres à la patrie. Enfin c’est le corps enseignant qui, d’après des instructions officielles mais secrètes, empêche la gent écolière de nous fréquenter, fait de dures remontrances à ceux ou à celles des élèves qui osent venir à nous, convoque même les parents aux écoles pour leur dire, sous le prétexte de patriotisme, d’empêcher les enfants de devenir chrétiens, le tout avec défense expresse aux uns et aux autres, sous l’obligation de secret national, de faire savoir à l’Européen qu’il a été question de cela à l’école. Ajoutez-y les efforts et les prodigieuses ressources d’une nuée de sectes protestantes. »
Après cet aperçu sur la situation générale, Mgr Gombaz passe en revue les œuvres et les districts de la mission.
« Le séminaire a pu continuer vaille que vaille sa marche régulière. Pendant l’hiver j’ai dû remplacer moi-même M. Drouet qui était allé à Béthanie refaire sa santé ébranlée. Il est revenu après Pâques, mais toujours dénué de forces. J’espère au mois de février prochain ordonner trois nouveaux prêtres; malheureusement ils ne sont pas robustes. Que d’années s’écouleront ensuite avant que le cours suivant ait terminé ses études. A tout prix il faut l’année prochaine admettre quelques nouveaux élèves. La dernière rentrée a eu lieu il y a cinq ans. Mais où trouver des ressources, et même un professeur si M. Drouet ne se fortifie pas ?
Les deux paroisses japonaises de Nagasaki continuent à être ferventes sous la direction de deux zélés prêtres japonais. Chaque matin l’assistance à la messe est nombreuse et beaucoup font chaque jour la sainte communion. M. Thiry, utilisant les rares loisirs que lui laissent la procure et son cours du séminaire, a établi pour les enfants des deux sexes des leçons de chant. Elles sont suivies avec ardeur, et les résultats font honneur au maître et aux élèves. Aux messes chantées et aux saluts, toute l’assemblée alterne avec les séminaristes. Cette participation aux chants liturgiques attire toute la jeunesse aux offices. Même pendant les vacances du séminaire, le service divin se fait comme d’habitude et très bien. Chaque soir, la leçon de catéchisme terminée, les enfants se réunissent à l’église pour la prière et chantent un cantique en l’honneur de la Sainte Vierge ou du Sacré-Cœur .
De l’autre côté de la rade de Nagasaki, au pied du mont Inasa se multiplient les usines. La plus ancienne fournit du travail à 13.000 ouvriers. Dans l’espoir de gagner un peu d’argent, nombre de nos chrétiens, et surtout des jeunes gens, quittent leurs îles pour s’y faire embaucher. Aussi la paroisse de Nakamachi s’accroît-elle rapidement. Son curé, le P. Shimauchi, plein de compassion pour ces âmes, va tous les dimanches leur dire une première messe dans une masure qu’il a louée à ses frais. Il lui faudrait, je ne dis pas une église, mais au moins une grande salle japonaise où il pourrait s’occuper, le soir, de l’instruction de ces jeunes gens, et célébrer, le dimanche, dans des conditions plus convenables. Le total des baptêmes conférés dans les deux paroisses de Nagasaki a été le 129. Voici l’histoire de l’un de ces baptêmes racontée par M. Salmon, mon vénérable vicaire général : « Le 19 juillet mourait au couvent, Maria O Iso, âgée de 48 ans, baptisée à l’article de la mort. Née près de Nagasaki avec un tempérament mélancolique, elle eût dès son enfance le dégoût du monde. A 26 ans elle se détermina à se faire « ama » (bonzesse). Elle fit son noviciat dans la secte Shinshu, eut la tête rasée et reçut l’habit religieux. De retour dans sa bonzerie, elle y vécut 22 ans sous la direction de l’une de ses compagnes. Tous les jours, ces « ama » ou religieuses bouddhistes se rendent de bonne heure à la pagode pour y vaquer à la prière et à la méditation. Puis, deux par deux, à tour de rôle, elles vont quêter la nourriture de la communauté. Elles annoncent leur présence avec une clochette, et récitent quelques prières bouddhiques comme remerciements. Ces religieuses ne vivent que de légumes et de fruits, ne mangent ni viande, ni poisson. L’austérité de O Iso était telle qu’il fut question de l’élire supérieure, mais l’état de sa santé s’y opposa. Devenue peu à peu comme insensée, elle fut renvoyée dans sa famille. Sa sœur qui jadis avait habité chez les religieuses du Saint-Enfant-Jésus et avait été baptisée, vint supplier la mère supérieure de donner l’hospitalité à la malade, de la catéchiser et de la baptiser. Par compassion, O Iso fut reçue au couvent ; elle apprit assez vite l’Ave Maria, mais ne put venir à bout du Pater et du Credo. Elle vécut là environ six mois, ses forces allant sans cesse en déclinant. Près de mourir, la raison s’étant réveillée, elle demanda et reçut le baptême le jour de la fête de N.D. du Mont-Carmel ; et pendant deux jours qu’elle vécut encore, elle ne cessa de s’unir aux prières et aux invocations qu’on lui suggérait. »
Les écoles tenues par les religieuses du Saint-Enfant-Jésus, fréquentées par 384 jeunes filles, sont toujours fort appréciées.
Le lycée va prospérant d’année en année sous l’habile direction des bons et dévoués Frères de Marie. Ils sont de plus en plus estimés par toute la population, et n’ont point été déçus dans leurs espérances d’une nombreuse rentrée. Ils ont 445 élèves, et se sont vus obligés d’en refuser un certain nombre, faute de local et de personnel.
Leur école apostolique, à Urakami, est aussi florissante. Elle compte 10 novices et 52 apostoliques. Les aumônes recueillies et le savoir-faire du directeur, M. Rusch, permettent de recevoir chaque année une quinzaine de nouveaux élèves. Deux des frères japonais prêtent, comme catéchistes, leur précieux concours à M. Raguet.
A quelques lieues au nord d’Urakami se trouve la ville d’Omura. Il y a quelques années seulement, on ne voyait là comme œuvre catholique que l’établissement de la Sainte-Enfance. Aujourd’hui, on y compte plus de 600 chrétiens venus d’ailleurs et attirés par le prix peu élevé des terrains. Ils sont une source de consolations pour le Père japonais, chargé de l’orphelinat, qui a pu glaner 18 baptêmes d’adultes.
« Les 19 chrétientés et les autres petits postes du district de Hirado ont été visités régulièrement, écrit M. Matrat, et presque tous les fidèles ont rempli leur devoir pascal ; 16.000 confessions répétées et 33.000 communions de dévotion sont une preuve de la vie chrétienne de ces âmes. C’est le district où les enfants chrétiens sont le plus en butte aux tracasseries des maîtres d’école. Cependant cette année il y a eu accalmie : ils attendent sans doute du Ministre de l’Instruction publique une réponse à leurs griefs, mais la réponse n’est pas encore venue.»
Aux îles Goto, M. Pélu ne peut plus comme jadis parcourir son immense district, et surveiller de visu le travail de ses dévoués auxiliaires. Ils ont recueilli une gerbe de 33 baptêmes d’adultes et ouvert le ciel à 134 enfants de païens ; ils enregistrent 25.735 confessions répétées et 75.464 communions de dévotion.
Pour procurer à un plus grand nombre d’enfants de païens le bonheur du paradis, M. Pélu a établi des baptiseuses ambulantes ; dans le même but il a fait prendre le diplôme de sage-femme à plusieurs personnes qui, à la demande des maires, résident dans différents villages. L’autorité civile continue à donner à son œuvre de la Sainte-Enfance des marques de bienveillance. Comme l’ancien préfet de Nagasaki en décembre dernier, le nouveau, en juin, en a visité l’installation. Un journaliste de la localité, intrigué par ces visites réitérées, en a demandé l’explication à la sous-préfecture : « Aucun devoir strict, lui répondit le sous-préfet, ne nous obligeait à cette visite, mais vu la charité de l’œuvre pour adopter et entretenir les enfants abandonnés, il était convenable de notre part d’aller en exprimer notre gratitude. »
Le P. Honda dirige depuis 20 ans la chrétienté d’Imamura. Il n’avait trouvé à son arrivée qu’une pauvre vieille église branlante, attaquée par les termites et que son prédécesseur, M. Roussel, avait déjà pensé à remplacer. Quoique sans ressources il ne désespéra point. Il fit appel à la générosité catholique, et grâce à Dieu les secours arrivèrent. Aujourd’hui Imamura possède l’une des plus belles et des plus solides églises du diocèse. L’ornementation intérieure répond à l’extérieur. Ce superbe monument élevé à la gloire de Dieu est une prédication pour les païens qui le visitent nombreux, et pour les chrétiens il est la source d’un accroissement sensible de vie spirituelle.
De temps immémorial, il existait dans un village, même après l’arrivée des missionnaires et malgré leurs efforts pour la déraciner, une triste habitude : la jeunesse quittait le soir du dimanche la maison paternelle, et jusqu’à une heure tardive se réunissait pour festoyer et assister à des spectacles plutôt dangereux. Aujourd’hui les choses ont heureusement changé. Les jeunes gens, près de leur nouvelle église, sous la direction de leur zélé pasteur, ont formé une association catholique. Ils se réunissent le soir dans un local attenant au presbytère, reçoivent de deux maîtres d’école chrétiens une instruction pratique, se livrent à des travaux manuels, et, après une conférence religieuse, terminent la soirée par la prière. Les sacrements sont mieux fréquentés, à la joie des parents et du curé ; l’argent, autrefois follement dépensé, est employé en choses utiles. Le P. Honda est un prêtre zélé et intelligent, d’une fidélité au devoir exemplaire, et jouit parmi ses confrères d’une influence méritée dont j’ai éprouvé maintes fois les heureux effets.
Dans l’île d’Oshima les épis glanés ont été rares : 22 baptêmes d’adultes en tout. C’est bien peu comparé à autrefois. En mai dernier, il y eut à Nazé et à Daikuma une grande réunion des prêtres et des fidèles pour célébrer le 25e anniversaire de la première prédication de l’évangile dans ces îles lointaines avec discours, messe et salut d’actions de grâces. « En entendant ces chants parfaitement exécutés, j’eus bien quelques distractions et émotions, m’écrit M. Halbout, car je me rappelais que ces mêmes voix qui aujourd’hui célébraient la gloire de Dieu, ne savaient jadis que des chansonnettes peu faites pour exciter à la piété et aux bonnes mœurs. » Le chiffre actuel des chrétiens approche de 4.000, disséminés dans une quinzaine de villages.
En revenant sur la grande île, nous abordons à Kagoshima. De Hitoyoshi M. Raoult administre provisoirement ce poste qui a éprouvé cette année deux grosses pertes par la mort du titulaire, le zélé M. Cavaignac, tué à l’ennemi, et par celle du lettré M. Ono, professeur de hautes mathématiques. Comme je l’ai écrit autrefois, M. Ono, dont toute la famille était catholique, a hésité longtemps à recevoir le baptême. Il assistait aux offices, et quoique païen, expliquait l’évangile aux fidèles, mais ne voulait pas faire partie du troupeau, prétendant que le sentiment religieux ne s’éveillait pas dans son cœur. Pendant 20 ans, il resta à la porte du bercail. Enfin la grâce de Dieu l’emporta. Sur son lit de douleur, il disait à M. Raoult : « Si je guéris, je veux plus que jamais consacrer mon pinceau à défendre l’Eglise et à éclairer mes compatriotes. »
« Pour louer l’héroïsme de M. Cavaignac, écrit M. Raoult, ses œuvres parlent mieux que toutes les paroles. Je remarque seulement que ses chrétiens, après un moment de stupeur à la nouvelle de sa mort, se sont remis avec une nouvelle ardeur à vivre suivant ses enseignements ; s’ils le regrettent très vivement, ils sont aussi très fiers de l’avoir eu comme pasteur. »
Le poste de Kumamoto, laissé vacant par la mort du regretté P. Fukahori, a été confié à M. Ferrié. C’est avec une bien douce joie que, le 19 mai au soir, j’ai serré dans mes bras, après une séparation de dix ans, ce vieil ami, ce vétéran des luttes apostoliques, créateur chez les païens des postes de Sendai, Kagoshima et Oshima.
« Ce n’est pas sans crainte, écrit-il, que le 23 mai 1917 j’ai pris la direction du poste de Kumamoto. Mon long séjour en France m’avait fait perdre l’usage du japonais, mes infirmités ne me donnaient guère l’espoir d’accomplir un travail régulier, tel que l’exigeait ma nouvelle position. Mais, c’est la guerre. Pendant que nos jeunes confrères sont au front pour défendre au prix de leur sang le sol de la patrie, les vieux et les infirmes doivent donner ici tout ce qui leur reste de force et de vigueur pour soutenir notre œuvre d’évangélisation. Je n’ai jamais beaucoup connu le P. Fukahori, mon prédécesseur. Mais, si je me permets de le juger par ses œuvres, par la bonne tenue des chrétiens, je puis affirmer que c’était un prêtre très pieux, très zélé, plein de science, et surtout très prudent. Les chrétiens conservent pour lui une grande estime et demandent souvent des messes pour le repos de son âme. »
Le bon M. Bulteau continue à se dépenser sans compter à la léproserie de Biwasaki. Sa charge d’aumônier n’est pas une sinécure, car le personnel attaché au couvent est nombreux, et. un seul prêtre d’une santé moins robuste ne saurait suffire à la besogne ; lui, trouve encore moyen d’aider les confrères voisins arrêtés par la maladie. C’est un auxiliaire précieux et difficile à remplacer. Il a enregistré 88 baptêmes obtenus presque tous par les catéchistes ambulantes au service des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie.
M. Sauret, à Kurumé, malgré l’état très précaire de sa santé, a pu administrer 152 baptêmes.
Dans le district de Fukuoka, placé sous la garde de Notre-Dame-des-Victoires, M. Bœhrer s’emploie de tout son cœur et de toutes ses forces à la conversion des eta, nombreux dans ces parages. Les eta sont au Japon une classe d’hommes ressemblant assez aux parias des Indes. Quoique vivant à l’aise pour la plupart, ils ont à subir une espèce d’ostracisme qui leur ferme impitoyablement toutes les portes des administrations. Depuis deux ans le missionnaire guerroie contre les bataillons infernaux de toutes armes : protestants, bonzes et kannushis, voire même sorciers et maîtres d’école. Fort du secours divin, il progresse quand même ; il a eu 20 baptêmes d’adultes ou d’enfants de païens.
Le départ de M. Brenguier, mobilisé, a fait de M. Bertrand un grand missionnaire ambulant. Son district occupe tout le nord du Kiushiu, de l’ouest à l’est, et comprend de nombreuses villes industrielles, créées comme par enchantement, car il y a quelques années à peine, c’étaient de petits villages sur le bord de la mer. Que peut faire dans cette immensité, avec un seul catéchiste, ce cher confrère souvent arrêté par la maladie ! Malgré cela il a obtenu 27 baptêmes sur un terrain difficile et dont les habitants ne passent pas pour avoir un caractère commode.
C’est dans cette région, entre Nakatsu et Kokura, que les Pères Trappistes viennent d’acheter quelques hectares de terrain. Ils ont l’intention, après la fin des hostilités, d’y établir une succursale pour leurs postulants et leurs novices, recrutés pour la plupart dans nos vieilles chrétientés, et incapables de supporter, avec la sévérité de la règle, la rigueur du climat du Hokkaido.
A la bonne renommée que répandent déjà dans le diocèse les œuvres multiples de plusieurs familles religieuses, les Cisterciens vont ajouter un nouveau lustre. »




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