| Année: |
1918 |
| Pays: |
Japon |
| Mission: |
Tokio |
| Rédacteur: | Mgr Rey |
CHAPITRE PREMIER
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Groupe des Missions du Japon
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I. – Tokio
Population catholique 10.396
Baptêmes d'adultes 553
Baptêmes d'enfants de païens 283
Conversion d'hérétique 1
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« Aucun événement saillant, écrit Mgr Rey, ne marque l’exercice présent et les rapports des confrères sur leurs œuvres fournissent en général peu de détails. Tous les ouvriers apostoliques ont eu à cœur de s’acquitter de leur mieux des charges supplémentaires imposées par le départ des mobilisés ; très pris par leurs travaux, il se sont contentés presque tous d’en envoyer les résultats sans commentaires.
« Mon vicaire général, M. Cadilhac, chargé de l’administration de trois départements, qu’il parcourt toute l’année avec la vigueur d’un jeune Missionnaire malgré ses 60 ans, a obtenu 15 baptêmes d’adultes et 50 d’enfants de païens in articulo mortis.
« M.Mayrand exerce également son ardeur et ses jambes dans un immense district, dont « l’étendue a triplé depuis la guerre. « Toujours en tournée », écrit-il, « je ne puis m’arrêter « nulle part assez de temps pour donner à mes diverses chrétientés les soins qu’elles « réclameraient. Partant, le bien déjà fait se maintient à peu près, mais il n’y a pas de progrès. « A peine les nouveaux chrétiens remplacent-ils les morts et, si l’on tient compte des départs, « leur nombre diminue plutôt. Toutefois je n’ai qu’à me louer du bon esprit de tous, surtout de « ceux de mon district, qui regardent vraiment le Missionnaire comme leur père. Ils l’ont très « bien prouvé en décidant que toutes les réunions à l’église se termineraient par la récitation « d’un « Ave Maria » pour le Missionnaire, et en observant ponctuellement leur décision.
« Peut-être l’ont-ils prouvé mieux encore en offrant spontanément de se cotiser pour lui « venir en aide à cause du renchérissement de la vie. Je les ai vivement remerciés de leur « générosité ; et, comme je sais combien se lasse vite une générosité dépendant de la bourse, « et que le meilleur moyen de l’entretenir est de se montrer soi-même désintéressé, je n’ai « accepté leurs cotisations qu’à condition de les employer à une œuvre de la mission. C'est le « Séminaire qui en profitera ; d’après ce qui a été réglé, nul doute qu’en moins de 5 ans ils ne « réunissent 3.000 yen pour une bourse de séminariste. »
« M. Delahaye, chargé de la ville et du district de Shizuoka, se déclare satisfait, lui aussi, de l’esprit de son troupeau et de l’état de ses œuvres. Si les baptêmes d’adultes restent rares, ce n’est pas faute de catéchumènes. Il y en a une trentaine qui étudient depuis plus d’un an. Mais M. Delahaye préfère remettre leur baptême à plus tard afin de mieux compléter leur formation, d’autant plus qu’ils sont assez éloignés de l’église et en plein village païen, où les coutumes deviennent souvent des servitudes. Néanmoins, il y a tout lieu d’espérer que l’année prochaine sera féconde.
« L’école ouverte à Shizuoka, en 1902, par les Dames de Saint-Maur est devenus très prospère ; 150 élèves en fréquentent les différentes classes.
« A Nagoya et dans le district qui dépend de cette ville, M. Birraux, de la mission d’Osaka, et dont la résidence est à Tsu, s’occupe toujours avec zèle de suppléer le titulaire de ce poste, mobilisé depuis 1914. Il acquiert chaque année de nouveaux titres à la reconnaissance de notre mission.
« Le lointain district de Shinshu, dont Matsumoto est le poste le plus ancien et le plus important, les trois petites chrétientés d’Odawara, de Kamakura et de Yokosuka, à quelques heures seulement de Tokio par le train, et dont les titulaires son également mobilisés, reçoivent en général une fois par mois la visite de l’Archevêque quand d’autres devoirs de sa charge ne l’appellent pas ailleurs.
« Cela ne va pas sans inconvénients mais, dans les circonstances difficiles que nous traversons, il importe d’aller au plus pressé et de maintenir coûte que coûte nos chrétientés au moins dans le statu quo ante. Empêchons avant tout nos chrétiens de tomber dans le relâchement, l’oubli de leurs devoirs religieux, ce qui en amènerait fatalement quelques-uns à l’apostasie.
« A Yokohama, M. Evrard, notre doyen de mission, a continué son ministère au couvent des Dames de Saint-Maur et à la paroisse Japonaise de Wakabacho. Pour le soulager quelque peu, j’avais déchargé M. Balette de ses fonctions de procureur de la mission afin de l’envoyer à Yokohama diriger la paroisse Japonaise. Notre cher confrère fit ses préparatifs de départ avec son ardeur habituelle, prit froid et fut emporté en quelques jours par une crise d’urémie dont il souffrait depuis longtemps sans que nous le sachions. Il est mort le 20 janvier.
« A Wakabacho, M. Evrard n’a pu que maintenir le même niveau de vie religieuse. Le chef du poste et le catéchiste, tous deux âgés, n’ont plus assez de forces pour multiplier les visites aux fidèles ; et la dévouée Sœur Marguerite, catéchiste volontaire, a trop peu de temps pour visiter d’autres familles que celles des orphelines sorties de sa Maison. C'est à cette Sœur qu’on doit les meilleurs résultats : la préparation d’une trentaine de personnes à la confirmation et force baptêmes in articulo mortis.
« Des chrétiens venus de Nagasaki pour travailler dans les docks et chantiers de Kanagawa et de Tsurumi ont augmenté un peu le nombre des fidèles de Wakabacho ; mais, d’autre part, le personnel de l’orphelinat ayant diminué à cause de la cherté de la vie, la population totale de la paroisse et du couvent reste à peu près la même que l’an dernier. Au couvent, quelques novices Japonaises sont arrivées très à propos pour se mettre en état de remplacer, dans quelques années, les Sœurs âgées, Quant aux écoles, elles fonctionnent normalement et l’exiguïté de leurs locaux ne permet pas d’accueillir toutes les demandes d’admission. Il s’y fait un bien immense quoique peu apparent.
« Peu après avoir écrit son rapport, notre cher confrère M. Evrard est tombé malade ; ses jambes lui refusent tout service.Cette dure épreuve, il l’accepte avec son stoïcisme chrétien, et son grand esprit de foi sacerdotale ; incapable de se lever, il travaille dans son lit, il classe les papiers de la mission dont il a la charge et trace les innombrables écritures que la bureaucratie Japonaise ne cesse de demander. Le retour de M. Lemoine coïncidant avec cette maladie de M. Evrard a été une vraie bénédiction pour nous, il a sauvé la situation.
« A Yokohama, la paroisse du Sacré-Cœur, uniquement affectée aux catholiques étrangers, a fêté solennellement, le 6 juin 1918, les noces d’or sacerdotales de son curé, M. Pettier, dont la vie s’est presque entièrement écoulée en cette ville. Pendant 25 ans environ, notre cher confrère a été le procureur de notre mission et, pendant 40 ans au moins, il a dirigé la paroisse. Ses ouailles ont fait les choses largement : compliments, congratulations, messe en musique et un cadeau pécuniaire pour éteindre les dernières dettes de l’église. Ils n’ont rien omis pour manifester leur attachement à leur vénérable pasteur. Mais hélas ! un voile de tristesse a assombri l’éclat de cette belle fête de famille. La vue de M. Pettier a beaucoup baissé depuis quelques années et il est menacé de cécité s’il ne change de climat. Il ne peut plus réciter son bréviaire et à peine lit-il sa messe à l’aide d’une loupe ; aussi demande-t-il depuis longtemps à être déchargé de ses fonctions, mais par qui le remplacer ?
« Tokio, avec ses six paroisses, contient environ 5.000 chrétiens ; mais sans doute en compterait-on davantage si l’on pouvait découvrir tous ceux que le mirage de la capitale attire de toutes les parties du Japon. Cette ville est maintenant le centre principal de nos œuvres. Les circonstances actuelles m’ont obligé à réaliser, en janvier 1918, un plan que j’avais conçu dès mon sacre mais dont je différais l’exécution. Pour remédier à la pénurie d’ouvriers, à la disparition ou à l’immobilisation de plusieurs, au manque de personnel, j’ai centralisé dans notre plus vaste terrain à Koishikawa, Sekiguchi, plusieurs œuvres, entre autres le Séminaire, l’œuvre des étudiants et l’orphelinat. Enfin, pour surveiller le tout, j’ai transporté là aussi ma résidence. L’œuvre des étudiants, très délicate et que pour cette raison je soigne particulièrement fait assez bonne figure. Ses 22 élèves suivent les cours de l’ « Etoile du Matin » l’école des Marianites ; et leur nombre augmentera chaque année si le prix des denrées s’abaisse enfin.
« Notre Séminaire comprend toujours seize élèves, mais plusieurs sont malades et un autre a dû interrompre ses études pour accomplir son service militaire. En décembre 1917, j’ai eu le bonheur de conférer les ordres mineurs à nos deux tonsurés qui, cette année, feront le pas décisif.
« Les écoles tenues par les religieux et les religieuses dans le diocèse conservent un niveau élevé, il n’y a qu’à renouveler les éloges pour les Sœurs de Saint-Paul et les Dames du Sacré-Cœur à Tokio, les PP. Jésuites à la capitale, les Marianites à Tokio et à Yokohama, les Dames de Saint-Maur à Tokio, Yokohama et Shizuoka.
« Notre léproserie se maintient quoique le prix des denrées ait triplé ; quand tout semble perdu, des bienfaiteurs surgissent.
« M. Drouart de Lezey qui, malgré ses 70 ans, a bien voulu accepter la direction de cet hôpital, avec celle de la petite chrétienté de Numazu, s’ingénie avec un dévouement inlassable à trouver les ressources nécessaires. »
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