| Année: |
1919 |
| Pays: |
Japon |
| Mission: |
Nagasaki |
| Rédacteur: | Mgr Combaz |
II. — Nagasaki
Population catholique 55.457
Baptêmes d’adultes 294
Baptêmes d’enfants de païens 552
Conversions d’hérétiques 2
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Le petit compte rendu que j’ai l’honneur de vous présenter, écrit Mgr Combaz, ne diffère pas beaucoup du précédent. Les obstacles à l’évangélisation que je signalais l’an dernier, n’ont point disparu ; au contraire, les circonstances se sont aggravées. De tous côtés, on déserte la campagne pour chercher, dans les usines, un travail mieux rétribué. Les yeux et les cœurs se tournent vers le commerce et l’industrie. Chacun, comme Perette, se berce de l’espoir d’acquérir les richesses et de jouir de la vie présente, parce que, pour quelques-uns, cette guerre a été une source d’énormes profits. Les missionnaires qui s’occupent de l’élément purement païen ont un champ bien ingrat à défricher ; s’ils n’étaient soutenus par la grâce et l’amour des âmes, ils finiraient par perdre courage. Les païens fuient tout entretien religieux et restent sourds et aveugles devant ce qui touche au surnaturel. Le gouvernement japonais, s’il a mis extérieurement une sourdine à ses tracasseries envers les catholiques, n’en continue pas moins, par ses agents, à les désigner comme antipatriotes et sectateurs d’une religion étrangère. Sous les auspices du ministre de l’intérieur, dit-on, des bonzes parcourent villes et campagnes pour combattre les idées « dangereuses », c’est-à-dire le christianisme et les idées venues d’Europe parmi lesquelles les pharisiens du Japon ne veulent pas établir de distinction. Nous aimons à espérer que la présence à Rome, au nom du Gouvernement, de M. Yamamoto, capitaine de vaisseau et excellent catholique, aura les plus heureux résultats et nous prions à cette intention.
Dans de telles conditions, le petit nombre de baptêmes d’adultes et d’enfants de païens n’est guère en rapport avec la peine et l’ardeur de mes chers confrères. Plus de 87.000 confessions répétées et 300.000 communions de dévotion, sont une preuve évidente du zèle des pasteurs et de la piété des fidèles.
Comme vous le savez, la mort a privé la Mission de deux saints et vaillants missionnaires, MM. Ferrié et Salmon. M. Ferrié est mort sur la brèche, nous laissant un bel exemple de zèle apostolique et de patience inaltérable au milieu de bien vives souffrances. Le vide qu’il a laissé à Kumamoto n’est pas encore comblé.
M. Salmon, après une longue maladie pendant laquelle ses forces s’affaiblissaient sans cesse, eut à supporter de douloureuses épreuves au cours de ses dernières semaines. Dieu a voulu le purifier dès ici-bas des légères taches que les saints eux-mêmes ne peuvent éviter dans cette vallée de larmes, et le faire jouir aussitôt du bonheur des élus. Il nous a quittés le dernier jour du moins de saint Joseph.
Ce n’est point une exagération de dire qu’il était tout à tous. Les sympathies témoignées même par les non catholiques à l’occasion de sa mort et de ses funérailles en sont une preuve. Puisse-t-il continuer de là-haut à diriger sa paroisse et inspirer ses successeurs. M. Lemarié, dont je n’ai pas vaincu saris peine l’humilité, le remplace comme Vicaire Général.
Le bon Dieu nous a aussi ménagé de douces consolations pendant cet exercice : l’ordination de trois prêtres japonais, dans le courant de 1918, et, dans les familles les plus pieuses de divers districts, l’intronisation solennelle du Sacré-Cœur. Malgré leur pauvreté, de nouvelles familles contribuent à l’Œuvre de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance, elles se réunissent plusieurs ensemble pour parfaire la petite somme exigée. Je pense néanmoins qu’elles participent aux indulgences accordées à ces œuvres de miséricorde.
Dans le courant de l’année, nous avons eu la joie de revoir en bonne santé MM. Martin et Brenguier dont nous avons célébré les noces d’argent avec celles de M. Bouige ; et, le 5 de ce mois, nous serrerons dans nos bras MM. Cotrel et les deux frères Bois. Leur long voyage de trois mois rappelle les aventures d’Ulysse et de Télémaque ; le diable redoutant leur zèle, semble avoir semé toute espèce d’obstacles à leur retour.
Partout nous avons célébré le plus solennellement possible la fête de la victoire. A Nagasaki, les membres de toutes les nations alliées ont assisté au Te Deum. A Biwasaki, les lépreux eux-mêmes voulurent fêter à leur manière ce beau jour. Leur généreux aumônier leur offrit un grand festin auquel tous firent honneur, et, après la fête qui suivit, le doyen des lépreux (18 ans de présence) se fit l’interprète des sentiments de ses camarades. Une représentation théâtrale à laquelle participaient des lépreux, compléta la joie de ces infortunés.
Dans les deux paroisses japonaises de Nagasaki, rien ne laisse à désirer de la part des pasteurs et des fidèles. Ceux-ci ont beaucoup de piété, et les enfants assistent avec ardeur au catéchisme, qui a lieu chaque jour dans la soirée à l’issue des classes réglementaires. La mauvaise santé du P. Urakawa m’a obligé à dégarnir encore un poste pour lui donner un aide. Il s’occupera surtout désormais de ses leçons de littérature japonaise au Séminaire.
Je vous ai parlé, naguère, du grand nombre d’ouvriers chrétiens venus des îles, pour travailler aux usines d’Inasa, de l’autre côté de la rade de Nagasaki ; ils sont environ 700 et leur nombre augmente sans cesse. A tout prix, il fallait se procurer un lieu de réunion, convenable ; c’est fait. Les ouvriers se sont cotisés, toutes les chrétientés, à la demande du P. Schimauchi, ont envoyé, leur obole, quelques aumônes sont venues de France et d’Amérique. Ainsi a-t-on pu élever une gracieuse chapelle au-dessus des usines de Mitsubishi ; elle domine la rade dans un endroit magnifiquement situé. J’ai eu le plaisir de la bénir récemment, au milieu d’un grand concours de fidèles et même de païens sympathiques. Cependant le prix extraordinaire des matériaux et de la main d’œuvre laisse encore, hélas ! un déficit assez considérable. Le jour de la bénédiction, les chefs de la chrétienté nouvelle m’ont exprimé leur reconnaissance, et m’ont assuré qu’ils n’oublieraient, dans leurs prières, aucun de leurs bienfaiteurs. Quand les circonstances le permettront, il y faudra un prêtre en permanence pour l’instruction des enfants et de leurs parents.
Outre le travail de la procure, M. Thiry a assumé, en remplacement de M. Salmon, le soin de la paroisse européenne et des Sœurs.
Le lycée des Marianistes continue à prospérer. Le nombre des élèves atteint 580 et beaucoup ont été refusés. La réputation des Frères comme parfaits éducateurs est maintenant établie. Le profite de l’occasion pour les remercier de leur dévouement et de leur aimable concours. L’école apostolique à Urakami, les œuvres des Sœurs de toutes les Congrégations, progressent aussi d’année en année.
Dans la grande chrétienté d’Urakami, le fait saillant de cet exercice a été l’organisation des catéchismes, grâce à M. Reynaud, du diocèse de Hakodaté, qui se fait une joie de se dévouer corps et âme pour la jeunesse. Outre plusieurs centaines de jeunes gens groupés sous l’égide du Sacré-Cœur, et un nombre plus grand encore de jeunes filles de la Congrégation de la Sainte Vierge, 900 enfants appartiennent aux catéchismes de persévérance, et 6 à 700 aux catéchismes préparatoires à la première communion et à la confirmation. Tous ceux-ci viennent par groupes, au retour de l’école, réciter leur catéchisme trois fois par semaine ; les autres se réunissent tous les dimanches et sont interrogés sur une page ou deux de catéchisme. Chacun reçoit sa note. Les absences sont soigneusement inscrites, et M. Reynaud n’hésite pas à parcourir les différents hameaux pour stimuler parents et enfants.
La population catholique des îles de l’entrée du port de Nagasaki, a légèrement augmenté malgré de nombreux départs ; elle est desservie par deux zélés prêtres japonais. Leur santé malheureusement ne répond pas à leur bonne volonté. L’un d’eux est couché depuis plus d’un mois avec une maladie assez grave des intestins, dont, j’espère, il se remettra.
A Sotome, M. Heuzet se dépense à ranimer le zèle des catéchistes et la ferveur des chrétiens. « Tous, dit-il, à l’exception de trois, ont rempli leurs devoirs de l’année. » Dans une de ses chrétientés assez éloignée et dépendant d’un village païen, quelques jeunes gens sont allés travailler aux mines de charbon, et leur conduite laisse à désirer. Le missionnaire se plaint aussi de la négligence des parents à envoyer leurs enfants au catéchisme. Il a eu quelques baptêmes d’enfants de « séparés » in articulo mortis. On dit que les « Séparés » de Shittsu auraient tous signé une promesse écrite de ne pas se convertir. Il a eu aussi la consolation d’établir l’Œuvre de la Propagation de la Foi et de la Sainte-Enfance, et son appel a été largement entendu. Peu à peu, les confessions et communions fréquentes se multiplient ; mais les jeunes gens, quand arrive l’âge de gagner leur vie, mettent l’intérêt de leur âme au second plan, et adieu les bonnes résolutions.
Son voisin, le Père japonais Iwanaga, a obtenu onze baptêmes d’adultes, malgré de grandes difficultés. Une cinquantaine de ses chrétiens a émigré, soit en Corée soit dans les mines de Karatsu. Ce bon Père se plaint aussi que les parents négligent l’éducation chrétienne de leurs enfants. Il n’a pu encore établir sur une base solide la communion fréquente pour les hommes et les jeunes gens, mais il a la consolation de voir enfin s’élever, après des années d’attente, une belle et spacieuse église.
Comme le pasteur de l’île de Kuroshima, M. Cotrel, après une absence de cinq ans, annonce son retour prochain. « Toutes ses ouailles sont dans la jubilation, écrit M. Breton, qui, tout en gardant son propre district, a prodigué ses soins à la chrétienté qu’avait dû laisser son confrère. La population augmente, mais l’île, ne pouvant s’agrandir, près de 300 personnes, ces dernières années, ont été obligées d’émigrer. La plupart se sont rendues à Omura. Pour la première fois dans l’île, le saint viatique a été porté ostensiblement au village païen, où habitait un chrétien baptisé depuis deux ans. Le missionnaire a baptisé deux adultes et a le bon espoir que toute la famille ne tardera pas à les imiter.
Le district de Hirado a été privé de son pasteur pendant quelques mois. M. Matrat était allé à Béthanie, prendre un repos bien mérité et de nouvelles forces. Les soins les plus empressés n’ont pu le guérir de maladies incurables, ni diminuer le poids de ses ans ; mais il est revenu beaucoup moins affecte de sa maladie de cœur. Le retour de son alter ego, M. Bois Joseph, dissipera encore ses craintes de mourir sans la présence d’un confrère. Dans ce beau district de plus de 8.000 chrétiens, la confession et la communion fréquentes parmi la jeunesse sont en grand honneur. Quelques enfants, garçons et filles, font même plusieurs lieues à pied pour s’approcher de la sainte Table.
« C’est principalement, dit le missionnaire, aux vierges Amantes de la Croix, que ces enfants sont redevables de leur bon esprit et de leur piété. Grâce au dévouement inlassable de ces pieuses personnes qui rayonnent sans cesse dans le district, toute l’enfance est formée à la vie chrétienne. »
M. Matrat fait tous ses efforts pour multiplier le nombre de ces vierges et établir çà et là, de petites succursales composées de trois ou quatre membres. Il leur doit aussi seize baptêmes d’adultes et dix-neuf d’enfants de païens. Malheureusement, cette année, la mort a fauché parmi elles plusieurs personnes qui étaient comme les colonnes de la Communauté.
« Nos chrétiens, ajoute le Père, chose extraordinaire, n’ont pas eu d’ennuis sérieux à subir de la part des petits officiers, pour refus de participation à des cérémonies superstitieuses. Toutefois, dans un village qui compte 156 catholiques vivant au milieu de nombreux païens, les maîtres d’école voulurent une fois obliger les élèves chrétiens à fêter le dieu du village, et, tous ayant refusé d’obéir, durent comparaître devant le Directeur. Celui-ci leur posa deux questions, espérant sans doute leur arracher quelque réponse compromettante. Il leur demanda d’abord quel était pour eux le personnage le plus digne d’estime et d’amour ; immédiatement un garçonnet de onze à douze ans se leva et répondit au nom de tous : c’est Dieu, créateur du ciel et de la terre, notre Maître à tous. Le maître ne fit aucune réflexion, bien que le Japon païen regarde le premier commandement de Dieu comme attentatoire à la Majesté de l’Empereur, seul « véritable Très-Haut » ; mais il ajouta : « Après votre Dieu, qui aimez-vous et estimez-vous le plus ? — Sa Majesté l’Empereur », répondit une petite fille. Alors, après quelques paroles pour sauvegarder sa dignité, le Directeur les congédia et depuis ils ne furent plus inquiétés.
L’événement le plus notable dans ce district a été, à Tabira, l’achèvement et la bénédiction d’une très belle église en briques.
« A Amakusa, comme dans les districts païens, écrit M. L. Garnier, le temps n’est pas propice à la diffusion de notre sainte Religion. Tout le monde veut gagner beaucoup d’argent ; la religion ne rapportant rien au point de vue matériel, les cœurs comme les pensées s’en détachent. L’argent, rien que l’argent, voilà la seule préoccupation du moment pour les païens ! Je n’ai eu que 12 baptêmes d’adultes. Mes chrétiens cependant, grâce à la protection de la Sainte Vierge et aux efforts de mon vieux catéchiste, ne cèdent pas encore à la soif de l’or ; ils sont plus ou moins fervents, mais restent foncièrement attachés à leur foi.
Au cours de ma tournée de confirmations dans le Nord et le centre de Goto, j’ai été très édifié partout de la piété des fidèles et de la solide instruction des enfants. M. Osaki, prêtre japonais formé à l’école du regretté M. Pélu, pendant dix-huit ans, le remplace et dirige tous ses jeunes confrères. Il s’acquitte fort bien, et, à la satisfaction générale, de son ministère difficile. Il a pris à cœur d’établir à Tainoura, sur des bases solides, la communauté des vierges indigènes spécialement chargées de la Sainte-Enfance et du catéchisme des enfants. Pour augmenter leurs ressources, il vient de leur procurer le moyen d’élever des vers à soie. Levées chaque jour à quatre heures du matin, ces vierges consacrent une heure de prière et à la méditation, puis assistent à la messe si un prêtre se trouve présent. Après un très frugal déjeuner, elles se mettent au travail et plusieurs d’entre elles, emportant leur nourriture qui consiste en une simple boule de pommes de terre écrasées, s’en vont au loin, par les chemins les plus accidentés, à la recherche des petits enfants moribonds ou dont on veut se débarrasser. Elles ont préparé au baptême dix-sept adultes, et baptisé ou fait baptiser 41 enfants. Malgré leur pauvreté et leur vie pénible, elles ont toujours le sourire aux lèvres, car elles travaillent pour plaire à Dieu avant tout. Il y a eu, dans tout le Goto, 33 baptêmes d’adultes et 133 d’enfants de païens.
A part quelques îles du centre, partout on a le plaisir de voir de belles églises en briques, et même parfois des presbytères fort convenables ; toutes ont été bâties avec les cotisations des chrétiens. Une partie de la pêche de chaque samedi est réservée pour la construction ou les réparations des églises. Vous devinez s’il faut des années pour accumuler la somme nécessaire.
Dans ce voyage, j’ai béni une gracieuse église toute en pierres de taille, dans la petite île de Kashiragashima où vivent trente familles chrétiennes. C’est dans cette île, il y a presque cinquante ans, après la découverte aux Goto de descendants d’anciens chrétiens, qu’aborda pour la première fois, afin d’administrer un malade, un missionnaire français déguisé en médecin japonais, M. Cousin, devenu plus tard évêque de Nagasaki. La mort l’a empêché de fournir le secours qu’il avait promis pour la construction d’une église, à l’endroit même où il avait commencé à remplir son ministère apostolique.
Ces braves insulaires, pendant cinq ans, ont travaillé sans relâche et réussi à économiser chaque année, sur leur pauvreté, 4 à 500 yen au prix de mille sacrifices. Ils ont pu ainsi élever une élégante petite église qui défilera, je l’espère, les fourmis blanches, et restera un monument de la piété des fidèles. Quelle sainte joie sur tous les visages le jour de la bénédiction !
Dans le district de Higo, la chrétienté de Kumamoto, privée de son pasteur, est restée néanmoins fidèle aux pratiques de la religion, grâce au dévouement sans borne de MM. Lemarié et Bulteau. Pour les raisons déjà dites, là comme dans tous les districts païens, l’œuvre de l’évangélisation a été difficile. Mais, grâce au concours des Sœurs du Saint-Enfant-Jésus de Chauffailles, des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie à Biwasaki, des Sœurs de Saint-Paul de Chantres à Yatsushiro, par leurs dispensaires, leurs écoles, leur abnégation, leur vie édifiante et désintéressée, on compte dans tout le district 95 baptêmes d’adultes et 180 d’enfants de païens.
M. G. Raoult, qui dirige les chrétientés de Kurume et Omuta, brûle de réaliser le désir de M. Sauret mourant, c’est-à-dire la construction d’une église dédiée au Sacré-Cœur ; d’autant plus que, dans son voisinage, les luthériens ont élevé un temple pour fêter le 400e anniversaire de leur triste patron. Mais il ne néglige point de travailler à l’église spirituelle ; il a établi la communion des premiers vendredis du mois, et une trentaine de personnes y assistent fidèlement.
Malgré 57 baptêmes de chrétiens et de quelques adultes, la vieille chrétienté d’Imamura très voisine de Kurume, ne cesse de diminuer, car 65 de ses membres viennent de partir pour le Brésil. Les cinq cents Japonais catholiques de cette colonie demandent toujours un prêtre de leur nationalité, et je ne puis exaucer leur légitime désir. Quelques-uns ont émigré en Californie. M. Albert Breton, détaché du diocèse de Hakodaté, en prend soin il a même emmené récemment un jeune homme, pour lui faire faire ses études cléricales au Séminaire américain des Missions Etrangères de Maryknoll.
M. Bertrand, après avoir prodigué son dévouement et ses forces aux chrétientés de Nakatsu et d’Oita, pendant l’absence de M. Brenguier, est obligé maintenant de faire l’intérim à Fukaoka et Fukuma à cause du départ de M. Bœhrer, malade. Cet excellent missionnaire, bien que d’une santé médiocre, trouve le moyen de faire face à tout son district de Kokura, voit sans cesse augmenter le nombre des fidèles, non seulement par le chiffre des nouveaux baptisés (il en a enregistré 33), mais surtout par l’arrivée de chrétiens d’autres régions. S’ils sont laborieux, ils y trouvent du travail, puis l’aisance, et finissent par s’y établir d’une manière définitive. Les nombreuses usines ou manufactures élevées dans les villes toutes récentes de Moji, Yawata, Wakamatsu, etc., font concurrence à celle d’Osaka et semblent déjà l’emporter. Pour s’occuper activement des besoins spirituels de ces fidèles, il faudrait plusieurs missionnaires à demeure, ou, tout au moins, des catéchistes zélés. Que peut un prêtre tout seul avec un seul catéchiste et sans le nerf de la guerre ?
M. Martin, à son retour de France, a pris la place de M. Cavaignac à Kagoshima, tout en conservant la haute direction de Sandai où réside le P. Arijasu. Ce missionnaire a tout ce qu’il faut pour plaire à la gent guerrière de Satsuma. Il a immédiatement profité de la popularité attachée à son nom et à celui de M. Cavaignac, pour faire plusieurs conférences publiques, dont l’une au lycée supérieur de la ville, devant 800 élèves. Il travaille aussi à ramener à la pratique religieuse, de nombreux chrétiens des îles Oshima perdus dans la grande ville.
Voilà donc le modeste résultat des travaux de l’année. Il reste bien au-dessous de nos désirs, et ne répond certes pas aux efforts de mes chers confrères. Malgré cela, nous restons pleins de courage, et résolus à travailler pour la gloire de Dieu, dans la mesure de nos forces.
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