| Année: |
1921 |
| Pays: |
Japon |
| Mission: |
Hakodaté |
| Rédacteur: | Mgr Berlioz |
IV. – Hakodaté
Population catholique 2.718
Baptêmes d’adultes 116
Baptêmes d’enfants de païens 146
Nous avons été bien éprouvés cette année, écrit Mgr Berlioz : le feu a détruit nos établissements de Hakodaté au mois d’avril ; la crise des catéchistes rend notre contact avec la population de moins en moins facile et efficace ; l’émigration décime toujours notre troupeau encore bien petit.
C’est cependant par un cri de reconnaissance que je veux commencer ce rapport. Le 20 juillet dernier, Son Eminence le Cardinal Préfet de la Propagande m’adressait les lignes suivantes, à propos de l’incendie de Hakodaté : « …Tantam jacturam sincere doleo, eamque Summo Pontifici in audientia diei undecimi vertentis Julii nuntiavi. Ipse autem charitate commotus, quinquaginta millia libellarum, pro oedificatione istius Ecclesiae Cathedralis elargitus est. » Un malheur d’ordre matériel procure donc à l’humble Eglise de Hakodaté l’insigne bienfait d’être spécialement rattachée à la base inébranlable de Celle qui a reçu les promesses du Fils du Dieu vivant !
Il y a plus. J’avais exposé à Son Eminence la crainte où j’étais de voir anéanti pour toujours l’important établissement que les Sœurs de Saint-Paul de Chartres avaient dans notre ville : le Saint-Père informé, daigna faire écrire aux Supérieurs de Chartres que sa volonté était de voir les établissements de Hakodaté maintenus. Et vraiment la Maison des Sœurs de Hakodaté méritait cette considération privilégiée : elle fut la ruche mère d’où partirent les premiers essaims qui ont enrichi les Missions de Tokio, de Nagasaki et de Corée. C’est à Hakodaté que furent formées les quatre premières sœurs indigènes, qui travaillent encore et qui, certes font honneur à la Communauté.
Je suis d’ailleurs heureux de le reconnaître, les Supérieurs de Chartres avaient prévenu depuis un mois le désir du Saint-Pre. Le 13 juin, en effet, la Supérieure de Hakodaté recevait de la Maison-Mère le télégramme suivant : « Reconstruisez ». A l’heure où j’écris ces lignes, l’école est reconstruite, et dans les meilleures conditions ; elle fonctionne déjà régulièrement ; la nouvelle pharmacie, toute en ciment armé, bravera désormais tous les incendies pouvant venir de l’extérieur. Il ne reste à construire que la Maison de communauté : Deus providebit !
Bien encourageantes aussi les consolations qu’a bien voulu nous prodiguer de toutes manières notre vénéré Supérieur de Société, depuis longtemps du reste bienfaiteur insigne de cette Mission ! Douces au cœur, les fraternelles sympathies de nos vénérés collègues à l’Assemblée générale de Hongkong. Et au Japon, de toutes nos Missions, sans excepter celles de nos anciens auxiliaires, de Sapporo et de Niigata, des communautés religieuses, de celles de MM. les Marianistes en particulier, quel concert de prières pour les pauvres incendiés, que de charitables aumônes ont été transmises soit pour la Mission, soit pour les sœurs !
Je veux encore mentionner ici, et, avec une reconnaissance spéciale, la très généreuse assistance dont nous a honorés Son Exc. M. Bapst, ambassadeur de France. A la date du 19 mai, avant de quitter le Japon, il daignait m’écrire les lignes suivantes : « Je viens de donner à la Banque Franco-japonaise l’ordre de vous verser comme ma contribution personnelle à l’œuvre de la réédification de l’église de Hakodaté une somme de mille yens. Ce sera mon don d’adieu au Japon. » A quelque temps de là, M. Hara, chef du Cabinet des Ministres, qui fut des nôtres dans des temps meilleurs, ayant eu connaissance du noble geste de notre Ambassadeur, voulut bien de son côté accompagner sa lettre de sympathies d’une offrande de 1.500 yens pour le relèvement de nos ruines. Dieu veuille que cet acte de charité de l’homme d’Etat que pleure aujourd’hui le Japon, lui ait valu d’offrir en réparation l’effusion de son sang à Celui qui l’avait régénéré dans le sien, et que les tourbillons de la politique lui avaient fait trop négliger !
Plus que jamais à cause du nationalisme qui s’affirme, quelquefois jusqu’à l’exclusivisme, nous avons besoin d’auxiliaires indigènes pour rester en contact avec les âmes. Or, notre budget nous commande des restrictions là où les besoins de l’apostolat exigeraient des dépenses plus considérables. Aux quinze catéchistes que nous avons pu conserver, la Mission alloue 17 yens par mois. C’est insuffisant : aussi les missionnaires doivent-ils s’ingénier pour suppléer à ce qui manque ; c’est le plus souvent au prix de nombreuses privations. Pourrons-nous, par une œuvre basée sur le dévouement et l’esprit de sacrifice, remédier à ces difficultés, du moins en partie ? Nous allons l’essayer, en donnant un plus grand développement et une organisation plus solide à nos groupements de religieuses indigènes.
Mais le mal qu’il nous est impossible d’enrayer, c’est celui de l’émigration. Le japonais s’expatrie facilement : le pays n’est ni assez grand ni assez riche pour nourrir sa population toujours croissante. Le territoire de Hakodaté étant relativement pauvre, le mouvement d’émigration y est encore plus accentué qu’ailleurs ; c’est la raison de la diminution du nombre des catholiques constatée dans le recensement. On part chercher fortune à Tokio, en Corée, en Chine, en Océanie, en Amérique…
M. Chambon a pris la direction du Séminaire de Sendai où il remplace M. Hervé, nommé chef de poste à Hakodaté et aumônier des sœurs de Saint-Paul. M. Hutt a été nommé curé de la cathédrale et laisse son poste de Kameda aux mains de M. Anchen.
Nous avons eu la visite du Très Révérend Père Dom Marie Bernard, abbé de Notre-Dame des Dombes, Délégué du Révérendissime Général de l’ordre de Citeaux. Il amenait avec lui six nouvelles religieuses pour notre couvent de Trappistines. Dom Bernard a fait l’éloge du personnel : les frères convers japonais ont excité son admiration. Il n’a pas été moins satisfait du Monastère des Religieuses, au double point de vue du spirituel et du temporel. Il a pu constater que la Règle de Saint-Benoît peut porter d’aussi beaux fruits dans l’âme japonaise que chez les moines d’occident. En donnerai-je un exemple dont nous sommes encore tout édifiés ? Au moment même où notre infortuné premier ministre tombait sous le poignard d’un assassin, une sœur converse japonaise, âgée de vingt-six ans, allait mourir. Humble, effacée, ayant toujours eu conscience de son infériorité, et d’ailleurs d’une apparence chétive et timide, elle croyait avoir été admise au couvent par pitié. Dieu avait permis qu’elle passât et restât inaperçue toute sa vie. Au dispensaire des sœurs de Saint-Paul, où elle avait été employée, on disait simplement d’elle qu’elle était d’une humeur pacifique. Après le grand incendie du 26 août 1907, les bonnes Mères Trappistines mirent leur hôtellerie à la disposition des orphelines des sœurs de Saint-Paul. Notre petite Jeanne-Marie était du nombre des réfugiées ; elle avait alors douze ans, et c’est depuis ce moment qu’elle éprouva un vif attrait pour le cloître. Son apparence chétive ne la recommandait guère à une telle vie de pénitence, elle fut pourtant admise au postulat, puis au noviciat régulier et enfin à la profession. L’été dernier on s’aperçut qu’elle dépérissait, mais sans qu’elle demandât à être relevée de son obédience plutôt fatiguante. La Mère prieure lui confia alors le soin des poules. Oh ! quels soins elle donnait à ses petits poussins ! Et comme le poulaillier était tenu proprement ! Entre temps elle désherbait le chemin sous les rayons du soleil, toujours silencieuse et souriante. Mais vint le jour où elle dut subir la visite du médecin ; il ordonna un repos immédiat et absolu. Elle obéit, non sans protester doucement qu’il lui coûtait d’être condamnée à une vie de paresseuse, pendant que toute la communauté était au travail. Cependant, le mal empirant, elle dut non seulement se reposer, mais garder le lit. Le 26 septembre, l’évêque eut à entrer dans la clôture ; il profita de l’occasion pour faire une visite à l’infirmerie. Sœur Joséphine voulut se lever ; je la trouvai agenouillée près de son lit, son petit sourire habituel sur les lèvres, répondant timidement aux questions adressées. Pas la moindre plainte pas la moindre contraction de la physionomie qui trahit ses souffrances pourtant très vives.
Jusqu’à la fin cette humble fleur du cloître s’épanouit, sous l’action de la grâce, dans toute sa beauté. Quand on lui disait : « Bon courage, sœur Joséphine, nous allons prier pour demander quelque soulagement à vos douleurs ». — « Merci ! répondait-elle, il vaut mieux que je souffre, laissez-moi souffrir. » Ce fut ainsi pendant quinze jours une agonie supportée sans une plainte, sans une impatience, une agonie « dégustée » par amour pour Jésus crucifié. Dévorée d’une soif ardente elle se refusa toujours à l’étancher, jusque dans les deux heures d’étouffement qui précèdèrent sa mort. On lui avait demandé de s’offrir en victime à une intention particulière : l’holocauste ne pouvait être plus complet ni mieux offert. Humble violette du paradis, sœur Joséphine embaumera longtemps de son pieux souvenir, tous ceux qui l’ont connue.
Passons maintenant le détroit du Tsugaru, et visitons sommairement les divers postes de l’île Nippon. A Hirosaki, réside M. Favier. La chapelle, comme celles de sept autres chrétientés de ce territoire est due à la générosité américaine dont fut le zélé intermédiaire Mgr Dunn, aujourd’hui évêque auxiliaire de New-York. Construite par M. Montagu en 1910, elle a subi, depuis, bien des assauts : les grands typhons très fréquents au changement de mousson ; les tempêtes de neige, à chaque hiver ; les pluies de la saison froide, détrempant, le jour, le crépissage extérieur, pénétrant les moindres fissures des bois, et puis gelant, la nuit, l’avaient fort endommagée. Avec l’aide de ses chrétiens et de quelques bienfaiteurs, M. Favier a fait les réparations nécessaires. Elles étaient terminées pour la fête de l’Assomption.
Le poste de Sambongi offre un intérêt particulier : son établissement est entièrement dû à la générosité d’une famille chrétienne, dont l’influence locale est assez considérable. Le terrain construit dont ces braves gens ont doté la Mission, fournit une base modeste, il est vrai, mais suffisante au fonctionnement actuel de nos œuvres. Le plus grand attrait de Sambongi vient de la ferveur des membres de ce foyer patriarcal, ferveur dont le rayonnement s’étend à toute la parenté, qui est nombreuse et fournit un contingent régulier de catéchumènes. De cette maison bénie est sortie une religieuse trappistine, Maîtresse des novices de chœur depuis 1915. Mère Agnès n’oublie pas son cher Sambongi, où l’a baptisée le Père Faurie. Les grâces que la pieuse moniale appelle sur son pays natal, M. Daussier saura bien les faire fructifier en les joignant à celles que mérite le zèle de son action personnelle.
Un peu plus loin, nous trouvons M. Mathon, revenu de France à l’automne dernier, après une absence de plus de cinq ans ; le voilà réinstallé dans son ancien poste. Pour une cause ou pour l’autre, hélas ! les brebis du bercail ont été bien dispersées. Il a donc fallu recommencer. Dieu merci, après un an, la vie semble renaître, la petite chapelle n’est plus déserte et une famille de catéchumènes fait sa préparation au baptême. Les visiteurs réguliers, jeunes gens pour la plupart, donnent assez bon espoir pour l’avenir. Que sainte Elisabeth. Patronne d’Ichinoseki, daigne nous amener les âmes de bonne volonté et féconder les efforts de son zélé missionnaire.
A Kesen-Numa, sur la côte, à l’est d’Ichinoseki, j’ai fait la visite pastorale au mois de juin. C’est le poste de la Mission dont l’accès est le plus difficile, par le mauvais temps surtout, ou à l’époque du dégel. Heureux ceux qui, comme le brave M. Cesselin, ont bonnes jambes, et ne craignent pas de patauger dans la boue, avec nécessaire de messe sur le dos. Mais, à l’arrivée, quel délicieux paysage vient faire oublier les fatigues du chemin ! C’est la petite rade de Kesen-Numa délicatement découpée, dans un encadrement de collines toutes boisées ; c’est la ville active et affairée, marché de toute la région de ce versant est. La pêche y est abondante, les plantes marines forment un bon revenu, on y trouve même des perles. Mais ce qui est mieux, on y trouve de très bons chrétiens. Les plus anciens remontent à 1882 et furent baptisés par M. Lemaréchal. M. Jacquet y construisit une fort jolie chapelle sous le vocable de Saint-Michel. Le zélé M. Cesselin y a recueilli l’héritage de ses prédécesseurs, et certes, il lui fait donner tout son rendement. C’est toujours une douce consolation pour l’Evêque d’y venir remplir son devoir de la visite pastorale. Dans ce coin de Kesen-Numa, séparé du monde soi-disant civilisé, on se retrouve dans le bon vieux Japon d’autrefois où fleurissent tant de vertus naturelles atrophiées, hélas ! dans le Japon moderne.
M. le Maire et notre ville de Sendai ont été honorés cette année d’une attention délicate de la part de Sa Sainteté Benoît XV. Lorsque Son Excellence Mgr Petrelli, nonce au Pérou, était venu représenter le Saint-Paul aux fêtes de l’intronisation de Sa Majesté l’Empereur, M. le Maire de Sendaï lui avait manifesté le désir de posséder la photographie des objets envoyés par le Prince Idate Masamune au Pape Paul V. Son Excellence a fait demander au Saint-Père la photographie désirée, et voici la réponse qu’il m’a fait parvenir : « Sa Sainteté, très heureuse de pouvoir satisfaire le désir de M. le Maire de Sendaï, non contente de faire envoyer la photographie, a voulu faire le fac-similé de ces mêmes objets, et a daigné me les faire envoyer à Manille. La liste de ces objets offerts par l’Ambassadeur Kasekura était, selon les originaux conservés au Vatican, la suivante : une boîte en bois laqué contenant la lettre du Prince à Sa Sainteté ; un petit cordon en soie brodée contenant ces objets. Je vous envoie par paquet recommandé la dite boîte et les documents, vous priant de vouloir bien les présenter à M. le Maire. »
La lettre de l’illustre Daï-myo qui fut le fondateur de Sendaï, est écrite sur papier fort, à semis de paillettes or et argent sur toute une surface. Ce papier mesure environ trente centimètres dans le sens de la hauteur des lignes de caractères, et soixante dans l’autre sens. Les moyens employés à Rome pour la reproduction de ce document sont tellement perfectionnés, qu’il n’y paraît aucune trace de photographie ; on se trouve en face de la forme réelle. A l’endroit de la lettre, c’est-à-dire sur la surface ornée, sont reproduits les caractères du texte japonais. A cause de leur forme abrégée et de quelques archaïsme n’importe quel japonais, même instruit, n’est pas à même d’en déchiffrer le sens complet. A l’envers de la feuille, on admire l’écriture très nette et la forme artistique de la traduction latine, faite par le B. Louis Sotelo O. F. M. , qui fut le guide et le conseiller de la fameuse Ambassade.
Quant à la boîte tenant lieu d’enveloppe, les ornements extérieurs en sont reproduits très fidèlement, tellement que les connaisseurs eux-mêmes en sont dans l’étonnement.
La remise de ces objets faite par mon cher Vicaire général, a eu presque le caractère d’un événement. M. le Maire et son conseil municipal se sont montrés très flattés, comme en fait foi l’adresse qu’ils ont fait parvenir au Souverain Pontife par l’intermédiaire de Son Excellence le Nonce du Pérou.
Une autre fête, bien consolante, doit encore nous arrêter à Sendaï ; celle de la promotion au sacerdoce de Petrus Doï, retour de Rome, à la fin de ses études ecclésiastiques au collège de la Propagande. Régulièrement il aurait dû être ordonné à Saint-Jean de Latran, mais comme une circonstance inattendue l’avait soumis de nouveau au service militaire, il fallut bien, quoique à regret, se conformer aux exigences canoniques. Afin cependant d’adoucir les regrets de ce pieux jeune homme, dont tous rendaient bon témoignage, Sa Sainteté daigna lui donner comme gage d’une bénédiction privilégiée, la médaille d’or de son pontificat de l’année courante. Quelques mois après son retour au Japon, les autorités militaires lui ayant notifié son exemption du service régulier, il put vaquer en paix à la préparation prochaine des ordres majeurs. La prêtrise lui fut conférée le 1er mai, au milieu des confrères réunis à Sendaï pour la retraite annuelle. Deux semaines après, le nouveau prêtre se rendait à Morioka, pour y être initié au Saint Ministère, par M. Pouget, auquel espérons-le, il rendra les plus précieux services.
A Koriyama, M. Lafon a eu à lutter pendant plusieurs mois contre les préventions des notables de la localité, à propos d’un plan grandiose qu’ils sont en train d’exécuter pour doubler l’importance de leur ville. Koriyama n’était qu’un village à l’époque encore rapprochée de la féodalité. Aujourd’hui, il a l’ambition de supplanter Fukushima, chef-lieu du département. Un large plateau dominant la ville basse a été converti en terrains de constructions. De larges espaces ont été aménagés pour les emplacements futurs des bureaux de la Préfecture. Le tracé des rues, a été complètement établi, et même de nombreuses maisons construites pour garnir l’échiquier.
La Mission catholique, installée depuis 1913, sur le bord du plateau, était la toute dernière maison de la ville. Et voilà que maintenant, elle occupe le milieu, entre l’ancienne et la nouvelle. Tout irait pour le mieux sans les exigences de la ligne droite, mais le tracé du nouveau plan n’a pu respecter notre terrain ; il faudra démolir une clôture et reculer la maison du catéchiste. Le motif d’utilité publique est incontestable, mais le droit à un dédommagement proportionné aussi. En bons marchands japonais, MM. les notables pensaient que nous serions assez payés par l’honneur d’être enclavés dans un bon endroit de la grande ville. Tel ne fut pas l’avis de M. Lafon.
Après bien des négociations infructueuses, notre confrère prit conseil auprès de deux bons chrétiens, hommes de loi, l’un juge au tribunal de Fukushima (M. Yasuda), et l’autre (M. Amano), converti de M. Cornier , qui a son étude à Tokio. Tous deux se montrèrent d’une grande obligeance, et nous les en remercions ici. Leur conclusion était identique ; les notables étaient dans leurs torts, il suffisait de prendre quelques précautions pour affermir les droits de la Mission. M. Amano de Tokio, eut la bienveillance de faire lui-même les démarches nécessaires. Elles eurent aussitôt le résultat désiré.
Un beau jour, le Délégué des notables vint à la Mission informer M. Lafon qu’ils acceptaient toutes les conditions formulées par lui et que les travaux du nouveau tracé allaient être commencés incessamment. A l’heure qu’il est, tout doit être terminé. Deo gratias.
Un jeune homme de Hakodaté apparenté au prince Katsura, vient d’être admis au collège de la Propagande. C’est le quatrième que nous y envoyons depuis 1905. Puisse-t-il devenir un bon prêtre comme ses trois aînés !
Deux autres bons sujets, candidats au Lycée supérieur, sont, depuis le printemps dernier, dans notre maison préparatoire de Sendaï, M. Chambon leur enseigne le latin et les forme peu à peu à la vie ecclésiastique.
L’expérience nous a appris que, dans les circonstances actuelles, nous devons nous borner pour le recrutement sacerdotal, au choix de jeunes gens doués d’une nature foncièrement religieuse et d’un âge relativement avancé.
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