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Rapport annuel des évêques

Année: 1925
Pays: Japon
Mission: Osaka
Rédacteur:Mgr Castanier

III. — Osaka.

Population catholique 4.629
Baptêmes d’adultes 180
Baptêmes d’enfants de païens 251
Conversions d’hérétiques 4


Pour le diocèse d’Osaka, comme pour toutes les Missions du Japon, écrit Mgr Castanier, l’événement le plus important du dernier exercice, c’est le Concile Provincial de Tokyo, tenu en octobre 1924. L’Eglise du Japon était là réunie, dans la personne de ses chefs, les Evêques, Vicaires Apostoliques, Préfets Apostoliques ou Supérieurs de Mission, sous la présidence du Représentant du Souverain Pontife, Son Excellence Mgr Marius Giardini, Délégué Apostolique au Japon. Dès le premier jour, les Pères du Concile, de nationalités, sociétés ou congrégations diverses, donnèrent l’impression que tous n’avaient au cœur qu’un seul désir : l’union complète des esprits et des volontés pour se consacrer entièrement à l’avènement du Règne de Dieu dans notre cher Japon. La parole de Notre-Seigneur « Ut sint unum » est bien réalisée, et c’est avec un grand sentiment de réconfort qu’on s’est séparé pour retourner chacun à son bercail.

Pendant toute la seconde moitié du XIXe siècle, la Société des Missions-Étrangères de Paris a dû seule assumer la tâche de recueillir l’héritage des martyrs, et ressusciter l’antique Eglise du Japon ; et au milieu de quelles difficultés !... Il est bon à tous les ouvriers apostoliques de se dire toujours, du fond du cœur : Servi inutiles sumus ; les vieux missionnaires survivants des premiers groupes apostoliques — Il en reste encore — le disent facilement, en constatant qu’après tant d’années d’efforts, le Japon est encore loin d’être converti. Les nouveaux arrivés eux, se rendent difficilement compte des difficultés que leurs aînés ont rencontrées ; ils feront bien de résister à la tentation de ne juger le travail de leurs prédécesseurs que d’après les résultats acquis. Qu’on ne l’oublie pas : Le Japon ne fut ouvert officiellement aux étrangers qu’en juillet 1899. Jusque-là, pour ne parler que de notre Mission d’Osaka, nous n’avions ici que deux villes ouvertes où les étrangers eussent la permission de résider et d’acquérir des terrains : Osaka et Kobé. En dehors de ces deux villes, les missionnaires ne pouvaient que voyager ou séjourner quelque temps dans chaque endroit, munis d’un passeport qu’il fallait renouveler tous les six mois.
Ce serait une histoire bien intéressante que celle des stratagèmes, des ruses innocentes que les missionnaires de cette époque durent inventer pour s’accrocher au sol dans les principales villes de l’intérieur. On ne résidait pas, puisque la loi le défendait, mais on avait une maison, parfois un terrain, loués ou acquis sous le nom d’un japonais bénévole ; on y séjournait d’abord quelques jours, puis quelques semaines, puis quelques mois. Au commencement, la police montrait un peu les dents ; on trouvait un prétexte, par exemple une indisposition, pour obtenir une prolongation de séjour... et, disons-le à leur louange, les gens de la police, sauf de très rares exceptions, finissaient par fermer bénévolement les yeux, sachant qu’ils ne seraient pas inquiétés en haut lieu. C’est ainsi que furent à peu près fondés tous nos postes de l’intérieur.
Ainsi, lorsque en 1899, après la révision des traités avec les puissances étrangères, le Japon reprit aux étrangers le privilège d’exterritorialité et leur donna en retour le droit de résider dans tout le Japon, le diocèse d’Osaka avait déjà des postes définitivement établis dans les principales villes, et un bon nombre de chrétientés avec un noyau de catholiques bien instruits travaillaient à implanter peu à peu la foi autour d’eux.
Maintenant, bien des préjugés sont tombés, bien des erreurs qui étaient pour nos aînés de graves obstacles ont fait place à un esprit plus large. Quelle surprise, par exemple, lorsque, à l’ouverture du récent Concile de Tokyo, le Ministre de l’Instruction Publique, dont dépend le Bureau des Religions, fit manifester aux Pères du Concile le désir de les voir, et, dans une cordiale entrevue, rendit hommage aux services rendus au Japon par le Catholicisme ; il fit même une comparaison tout à notre avantage entre notre Religion et les autres répandues actuellement au Japon, et, dans l’intérêt du pays, il nous demanda de continuer à nous dévouer à notre travail de missionnaires.
En 1903, le Japon s’étant développé d’une façon extraordinaire et la plus grande liberté, étant accordée à l’évangélisation, on vit clairement qu’il fallait multiplier les Ouvriers apostoliques et créer de nouvelles Missions. La Société des Missions-Étrangères souffrait déjà des entraves — qu’il est inutile de spécifier ici — mises à son recrutement et qui n’ont fait que s’aggraver depuis ; on appela au Japon des Missionnaires appartenant à d’autres nations. C’est ainsi que les quatre Missions de Tokyo, Nagasaki, Osaka et Hakodaté ont successivement cédé une partie de leurs territoires.
Sous ce rapport, la Mission d’Osaka a eu l’honneur de prendre l’initiative. En 1903, la grande île de Shikoku était cédée aux Pères Dominicains Espagnols de la Province de Manille et devenait la Préfecture Apostolique de Shikoku. Quelques années après, la Province de Wakasa était cédée aux Pères du Verbe Divin de la nouvelle Préfecture Apostolique de Niigata. Enfin, en 1923, cinq provinces civiles, toute la partie ouest du diocèse, étaient encore cédées aux Pères Jésuites de la Province d’Allemagne, et formaient le nouveau Vicariat Apos-tolique de Hiroshima.
Le diocèse d’Osaka compte encore sept préfectures civiles avec une population d’environ dix millions d’habitants. C’est plus que suffisant pour occuper l’activité de tous nos ouvriers apostoliques. Les confrères retirés des parties cédées se sont rapprochés du centre et l’on a pu ainsi fonder de nouveaux postes et installer définitivement la Religion dans des localités que le Missionnaire ne pouvait visiter jusqu’ici que de temps en temps.

Cette année, j’ai visité en détail tous les postes de la Mission, et j’ai pu me rendre compte par moi-même que l’équipe d’Ouvriers Apostoliques que le Seigneur m’a confiée est plus que jamais de tout cœur à son œuvre. Tous sont actuellement présents dans la Mission ; aucun n’est à la retraite. Chez beaucoup les cheveux ont blanchi ; les jeunes sont rares parmi nous ; chez tous l’entrain est le même, et les plus âgés ne sont pas les moins ardents au travail. Notre Père A. Villion est devenu, depuis quelques mois, le Doyen de notre Société. Ce vétéran, qui a dû céder son poste lors de la dernière division du diocèse, n’a pas voulu goûter le repos que ses quatre-vingt-trois ans rendaient si légitime. Sur sa demande instante et réitérée, il a été chargé du poste de Nara qui, au point de vue matériel, est un des moins bien installés de la Mission ; il s’y est remis au travail avec toute l’ardeur d’un jeune.

Pour ne pas dépasser les justes proportions que doit avoir ce compte rendu, je ne parlerai, cette année, que du centre de notre Mission, de la grande ville d’Osaka.
Osaka, avec son nom actuel, ne commence à paraître dans l’histoire qu’au XVIe siècle. Sur l’emplacement d’une redoutable forteresse élevée au siècle précédent par les bonzes de la plus puissante secte bouddhiste, le fameux Hideyoshi, qui devait devenir plus tard le premier persécuteur du catholicisme au Japon, fit construire un immense château-fort auquel travaillèrent pendant trois ans, trente et souvent soixante mille hommes (1583-1587). Il n’en reste guère aujourd’hui que les soubassements. Le visiteur y admire des blocs de granit aux dimensions cyclopéennes, amenés de fort loin par les daimyos désireux de plaire à celui qui venait de se rendre maître de tout le Japon.
Dans ce château, en 1586, le Taiko donna audience à un groupe de huit Pères Jésuites conduits par le P. Froez qui obtinrent la liberté de prêcher l’Evangile. Osaka vit s’élever plusieurs églises et, quand vint la persécution, donna des Martyrs à la Foi.
Auprès du château, les plus grandes familles vinrent résider et Osaka prit un développement considérable. Le Taiko y attira une importante population d’artisans et de marchands et c’est ainsi que commença le développement commercial de cette grande ville. Osaka qui, en 1700, avait 350.000 habitants en contenait 410.000 en 1781, et aujourd’hui, en 1925, après des agrandissements successifs, elle a une superficie totale de cent quatre kilomètres carrés et une population de 2.250.000 habitants. Sous ce double rapport de l’étendue et de la population, elle est devenue la sixième ville du monde et la première de l’Asie.
La ville d’Osaka est bâtie au fond d’une large baie, sur le delta de la rivière Yodo qui se divise en plusieurs branches avant de se jeter à la mer. Cette rivière coupe la ville en deux parties à peu près égales et en forme la grande artère. Malheureusement cette rivière a ses caprices et Osaka eut souvent à souffrir des inondations. Vers 1687, on essaya d’y parer, en creusant de nombreux canaux qui sont encore aujourd’hui une des curiosités de la ville. Ces travaux se révélèrent insuffisants. Enfin, il y a une trentaine d’années, on se mit définitive-ment à l’abri en détournant le cours de la rivière, réglant ainsi son débit dans sa traversée de la ville. Le réseau de canaux dans la ville même atteint une longueur totale de soixante-dix kilomètres environ.
Sous l’ancien régime, les daimyos envoyaient à Osaka les produits de leurs provinces pour y être négociés. Aussi les plus farouches de ces potentats se voyaient obligés de subir la loi des marchands de la grande ville. Se gouvernant elle-même et défendant jalousement ses privilèges, cette métropole conserva un esprit d’indépendance qui en imposa toujours aux maîtres de l’Empire. Cet esprit n’est pas mort, et aujourd’hui Osaka est, de tout le Japon, la ville la plus férue de progrès et la plus ouverte aux idées nouvelles. Placée au centre de l’Empire, avec de multiples facilités de communication tant par terre que par mer, avec des habitants chez qui une hérédité et un entraînement séculaires ont développé de remarquables aptitudes pour le commerce, la ville d’Osaka est appelée à jouer un rôle de plus en plus important.
Un observateur superficiel pourrait croire qu’Osaka est une ville aux idées matérialistes d’où toute vie de l’esprit est absente. Il n’en est rien. Sous l’ancien régime, Osaka possédait un genre de littérature à elle ; de nos jours, l’école littéraire d’Osaka est toujours vivante et ses théâtres, plus prospères que jamais, y continuent la tradition ancienne. Le journalisme y est prospère et puissant. Les deux plus grands journaux du Japon, 1’« Osaka Mainichi » et l’« Osaka Asahi » sont installés dans d’importants bâtiments et tirent chacun à plus d’un million d’exemplaires.
Le Bouddhisme s’est implanté de bonne heure dans la région d’Osaka. Le plus ancien temple de la ville est celui de Tenneji qui date de 593 ; il a été plusieurs fois brûlé au cours des siècles ; les bâtiments actuels sont du commencement du XIXe siècle. Puis, dans tous les quartiers de la ville, s’élèvent des pagodes bouddhiques ou shintoïstes. Chaque saison amène ses fêtes religieuses qui sont à ce moment-là la grande affaire préoccupante de la population.
Ainsi le sentiment religieux se conserve au fond des cœurs parmi cette population absorbée tout le long de l’année par des préoccupations matérielles.
Dernièrement, la municipalité a fait une enquête au sujet des croyances religieuses, parmi les élèves qui fréquentent les écoles secondaires de la ville. A cette enquête ont répondu 9.064 élèves dont 5.129 garçons et 3.993 filles. Voici quelques-unes des questions posées et les réponses qui ont été faites :


a) Quelle est la Religion de votre famille ?
Réponse : Bouddhisme Garçons 4.493 Filles 3.480
» Shintoïsme » 382 » 1.181
» Christianisme » 175 » 154

b) Croyez-vous à l’existence d’une divinité quelconque ?
Réponse : Oui Garçons 3.553 Filles 3.141
» Non » 816 » 460
» Ignorent » 760 » 284

c) Immortalité de l’âme ?
Réponse : pour Garçons 2.074 Filles 2.157
» contre » 1.325 » 346

d) Nécessité d’une religion ?
Réponse : pour Garçons 4.381 Filles 3.839
» contre » 365 » 91

e) Quelle religion préférez-vous personnellement ?
Réponse : Bouddhisme Garçons 1.664 Filles 1.492
» Shintoïsme » 307 » 379
» Christianisme » 678 » 835

Ce qui ressort clairement de cette enquête, c’est que les classes élevées à Osaka ne sont nullement sans religion, mais qu’elles restent, en très grande majorité, attachées aux vieilles religions du pays.
Les sectes protestantes se sont établies à Osaka dès l’ouverture du pays aux étrangers, c’est-à-dire dans les environs de 1870. La ville compte 77 temples ou lieux de prêche, avec 171 indigènes occupés à la prédication ; le nombre des prédicants étrangers ne dépasse pas la quarantaine. Il est difficile de connaître le chiffre exact des adeptes. Les protestants disent qu’ils sont 13.290 pour toute la ville ; mais il est douteux qu’en fait ils dépassent les 10.000.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, quand le Saint-Siège fit appel à la Société des Missions-Étrangères pour ressusciter l’ancienne Eglise du Japon, nos premiers missionnaires durent, en vertu des nouveaux traités, s’établir dans les ports ouverts ; Osaka était du nombre. Un terrain y fut prêté en 1870 pour la Mission catholique ; M. Cousin, (mort en 1911 évêque de Nagasaki) vint tout de suite l’occuper ; il se hâta d’y construire une résidence ; puis, en 1879, une église vint compléter l’installation. Cette résidence est l’évêché actuel et l’église sert de cathédrale.
Le poste de Kawaguchi est confié actuellement à M. Birraux. Le compte rendu de l’an dernier a raconté comment ce confrère fut amené à découvrir, dans des montagnes distantes seulement de cinq lieues d’Osaka, un groupe de descendants des chrétiens du XVIIe siècle. Durant cet exercice, M. Birraux n’a pas épargné sa peine pour ramener au bercail ces brebis égarées. Tous les mois, et parfois toutes les semaines, il les a visitées, s’ingéniant pour leur rendre service et s’intéressant surtout aux malades et aux enfants. Grâce à quelques dons vraiment providentiels, il vient d’y installer une femme catéchiste à demeure, après y avoir acheté un petit terrain et bâti une maison qui sert déjà d’école de couture pour les jeunes filles de la région et où est installé aussi un modeste oratoire. Dieu bénit le zèle de ce dévoué missionnaire : il a déjà pu administrer quelques baptêmes et il espère bien que ces braves gens reviendront peu à peu à la foi de leurs pères.
Le poste d’Uchiawajimachi vient en second lieu, à Osaka, par date de fondation. Etabli au centre de la ville, il occupe un emplacement trop exigu : il n’a pas quatre cents mètres carrés. Malheureusement, le terrain est si cher à cet endroit, et nos ressources sont si limitées, qu’il est impossible actuellement de s’agrandir. C’est M. Vagner qui est chargé de ce poste. Depuis plusieurs années, il y donne ses soins à une chrétienté fervente, tout en consacrant ses moments libres aux cours de littérature française que lui a demandés l’Université de Kyoto.
Tamatsukuri est le troisième poste d’Osaka. Il a été fondé en 1889. A cette époque, le quartier de Tamatsukuri n’était qu’un faubourg avec de nombreux espaces vides. Il fut facile d’acheter un terrain suffisamment grand et convenablement situé. De ce fait le poste de Tamatsukuri est le mieux installé de ceux d’Osaka : église, salle de conférences, qui sert sur semaine d’école maternelle, presbytère, habitations pour le personnel, etc., et il reste encore un grand jardin où se réunissent tous les catholiques d’Osaka pour la procession de la Fête-Dieu. Ce poste, qui compte près de 600 catholiques, est confié actuellement au doyen de nos prêtres japonais, M. Nagata.
Le quatrième poste d’Osaka est Kitano. Fondé en 1906, il est installé maintenant d’une façon convenable. Grâce au zèle de M. Geley qui en est chargé, le nombre des chrétiens augmente chaque année, et la fidélité des jeunes néophytes à pratiquer leur religion est vraiment admirable. M. Geley a cueilli la jolie gerbe de 36 baptêmes.

En dehors des quatre postes situés dans la ville même, il y a encore, dans la préfecture civile d’Osaka, ceux de Kishiwada et de Sakai. Cette dernière ville n’est à vrai dire qu’un simple faubourg d’Osaka dont elle n’est séparée que par une rivière. Kishiwada, dont la population est de 35.000 habitants, est plus éloignée à l’Est, sur les côtes voisines de la baie d’Osaka. Ville de filatures, elle a une population ouvrière parmi laquelle on compta de bonne heure quelques familles chrétiennes. La Mission, dès 1881, y établit un oratoire avec maison d’habitation pour le missionnaire. Depuis quelques années, M. Puissant y est installé et compte maintenant près de 200 chrétiens. Pour améliorer l’installation matérielle du poste comme pour former ses chrétiens à la vie chrétienne, notre confrère se dépense avec un zèle inlassable.
La ville de Sakai compte aujourd’hui 80.000 âmes. Au XVIe siècle, alors qu’Osaka ne faisait que commencer, Sakai était le grand port de la région. Ses marchands faisaient le commerce avec la Corée, la Chine, le Siam, les Portugais et les Espagnols. Saint François Xavier, en route pour la capitale, s’arrêta ici quelque jours. Il y eut là une chrétienté fervente que la persécution anéantit. Depuis deux ans, M. Cettour y a fondé un nouveau poste et y travaille avec un zèle que rien ne rebute ; il multiplie visites à domicile et conférences religieuses. Dieu bénit son zèle car il compte déjà 125 catholiques.

Partout les missionnaires continuent le travail de chaque jour avec une admirable fidélité. Nous avons cueilli une gerbe de 564 baptêmes ; elle est bien loin de répondre à nos communs souhaits, mais quelle somme de travail cela représente ? Dieu seul le sait et nous en tiendra compte. Nos catholiques deviennent de plus en plus fervents : sur 4.629 fidèles, nous avons eu la consolation d’enregistrer 113.120 communions de dévotion.
Nos écoles ont continué de progresser ; à la dernière rentrée, elles ont eu plus d’élèves qu’elles n’en pouvaient recevoir. Un fait à signaler, c’est que le Lycée de filles, fondé récemment par les Sœurs de Nevers, a reçu la reconnaissance officielle du Gouvernement ; ce qui leur permet de donner à leurs élèves le diplôme de fin d’études, au même titre que les écoles publiques. D’autre part, les Sœurs du Sacré-Cœur ont acheté un magnifique terrain, situé entre Kobé et Osaka, à une distance à peu près égale de ces deux grandes villes ; elles pourront s’y installer définitivement et y développer leurs œuvres. Bientôt elles vont commencer à bâtir.

La Providence n’a pas voulu que nous fussions exempts d’épreuves. Depuis le grand tremblement de terre de Tokyo surtout, on vit plus que jamais dans une sorte d’appréhension continuelle. Notre sol est si fréquemment secoué ! Le 23 mai dernier (1925), à onze heures dix du matin tout le territoire du diocèse d’Osaka fut violemment ébranlé ; dans la ville même d’Osaka la secousse fut plus violente que toutes celles ressenties depuis nombre d’années. Le centre de ce tremblement de terre était au nord de notre Mission, dans une région relativement peu peuplée qui touche à la mer du Japon. On y compte une quarantaine de villages et deux petites villes dont la plus importante n’a que 10.000 habitants. Toute cette région a subi un vrai désastre ; dès la première secousse, la plupart des maisons s’écroulèrent ; immédiatement l’incendie se déclara en plusieurs endroits ; il y eut 300 morts, 400 blessés et plus de 3.500 maisons furent détruites. Dans la région sinistrée, nous avions deux postes : Miazu et Maizuru. Heureusement les dégâts furent purement matériels.
« Bénie soit la Divine Providence qui nous a si bien protégés ! »



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