| Année: |
1905 |
| Pays: |
Laos |
| Mission: |
Laos |
| Rédacteur: | Mgr Cuaz |
V. — Laos
Population catholique 10.682
Baptêmes d’adultes 359
Baptêmes d’enfants de païens 40
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« Les chiffres du présent compte rendu, écrit Mgr Cuaz, prouvent que nos peines et nos sueurs ont produit quelque fruit. Si nous n’avons pu baptiser un plus grand nombre de catéchumènes, nous nous sommes appliqués à consolider les stations existantes, en développant l’esprit de foi chez nos néophytes, et en construisant des églises moins indignes de Notre-Seigneur.
« Le chiffre des baptêmes d’adultes, qui était de 228 l’an dernier, est de 359 cette année ; ce qui constitue un progrès notable. En outre, nous avons fondé deux nouveaux postes : l’un à Khôrat, l’autre au pays des Khâ.
« Les Khâ, parents des Sédangs et des Bahnars, forment plusieurs agglomérations sur divers points du Laos. Ceux que nous allons évangéliser sont les Khâ-ong, qui habitent sur la rive gauche du Mékong, à une ou deux journées à l’est de Bassac.
« Depuis sept ou huit ans, nos Khâ observaient quelques-uns des préceptes de notre sainte religion. Ils avaient, en effet, reçu la visite de phou-mi-boun (prophètes), prédécesseurs de ceux qui firent tant de tapage en 1903. Ces soi-disant prophètes, dont un ex-catéchumène, leur apprirent à réciter nos prières principales, à observer l’abstinence du vendredi ainsi que le repos du dimanche, et à ne pas boire d’eau-de-vie. Depuis lors, les braves sauvages ne font pas de superstitions ; ils sont même assez fidèles aux pratiques religieuses qui leur ont été inculquées, et ont construit, dans chaque village, une maison commune où ils se réunissent pour prier ensemble.
« Quand les missionnaires de Bassac furent mis au courant de ces faits, ils se rendirent à plusieurs reprises chez les Khâ, pour essayer de les gagner à Dieu. Ils furent toujours bien reçus, et chaque fois, invités à se fixer dans la région.
« Cette année, j’ai cru devoir accéder aux désirs des bons sauvages, et j’ai désigné M. Rouyer, pour aller, avec le P. Gabriel, un de nos prêtres indigènes, fixer sa tente au milieu d’eux.
« Ici, je laisse la parole à M. Rouyer : « J’ai visité, à la fin de mars, mes braves Khâ, qui se « sont montrés, comme toujours, très hospitaliers et enchantés de me voir. C’était l’époque « des « hai », c’est-à-dire de la culture des rizières sèches. Pendant la journée, il ne restait « presque personne dans le village ; mais, à la tombée de la nuit, je pouvais m’entretenir avec « les sauvages et leur faire le catéchisme. Matin et soir, il y avait prière en commun. On priait « bien, surtout, à Vong-kham-ohan et à Keo-kong-muang. Je parle des hommes ; car les « femmes, qui ne connaissent que le dialecte khâ, ne priaient point et n’assistaient qu’en très « petit nombre à la réunion.
« Ayant remarqué, dans tous les villages, que certains individus possédaient déjà une partie « du catéchisme, je plaçai un phou-son, ou catéchiste provisoire, à la tête de chaque groupe et « je promis d’envoyer dès mon retour à Houei-yang, ma résidence, un Kham-sôn, abrégé de la « doctrine en 12 petites pages. Je demandai, en même temps, la liste des catéchumènes par « familles.
« Là-dessus, je m’en revins, enchanté de ma tournée, et persuadé que l’œuvre du bon Dieu « allait marcher toute seule. Hélas ! j’avais compté sans le diable, qui m’attendait au détour du « chemin.
« J’envoyai donc les catéchismes comme je l’avais promis. Une dizaine de jours après, je « reçois une lettre que je m’empresse de lire. Les Khâ-ong me font savoir qu’ils abandonnent « la religion catholique, parce qu’ils la jugent trop difficile à pratiquer pour eux, leurs femmes « et leurs enfants, etc. Je me contente de répondre que si les Khâ ont quelque chose à débattre « avec moi, je les prie de se donner la peine de venir me trouver. Je m’imaginais alors que le « chef lui-même était à la tête du mouvement de recul ; mais il n’en était rien, comme la suite « me le prouva. En effet, pendant une de mes absences, le P. Gabriel voit arriver toute une « députation des Khâ. Les envoyés disent qu’ils ont reçu les Khamphi (livres sacrés) que je « leur ai envoyés, et qu’après en avoir délibéré, hommes et femmes se sont jugés incapables « d’apprendre tout ce qu’ils contiennent. Si on ne peut être catholique qu’à ce prix, ils aiment « mieux se séparer du Père, et suivre leur religion comme auparavant. Le P. Gabriel leur « remonte le moral de son mieux, leur disant qu’ils n’ont qu’à observer la religion comme ils « le font depuis des années, et que petit à petit on les instruira. Ils s’en retournent réconfortés, « suppliant qu’on ne les abandonne pas et qu’on aille les visiter de temps en temps. L’incident « est clos, je pense.
« A Ban-na-ngam, un des villages khâ, les gens ont déjà construit une maison pour « recevoir le missionnaire à l’époque de la visite, mais il faudra de toute nécessité bâtir aussi « une petite église. Aurai-je quelques baptêmes, cette année ? S’il ne s’agissait que des « hommes, je dirais oui ; malheureusement, les femmes ne savent pas encore beaucoup de « catéchisme. »
« C’est à Bang-houei-yang, sur le Mékong, que résident actuellement M. Rouyer et le P. Gabriel, son vicaire. Il y a, dans cette localité, un petit nombre de catéchumènes laotiens dont l’instruction est très difficile, à cause de l’opposition que rencontrent toujours les convertis de la part des membres de leur propre famille. Ici, le mari veut se faire chrétien, la femme ne veut pas, et le mari est obligé de capituler devant elle. Là, c’est la femme qui est bien disposée, et le mari qui ne veut pas entendre raison.
« En somme, nous avons plus d’espoir du côté des Khâ que du côté des Laotiens qui les entourent. Ainsi à Na-ngam, nous avons 111 catéchumènes khâ, et 250 dans trois autres villages. Déjà quelques personnes ont été baptisées et offertes comme prémices à Jésus par Marie, le jour de sa glorieuse Assomption.
« Pour arriver plus vite à Khorât, rendons-nous-y à vol d’oiseau, et saluons, en passant, la belle église de Bassac, dédiée par M. Couasnon au saint Enfant Jésus. Le poste de Bassac, fondé depuis dix ans, compte aujourd’hui 600 chrétiens. L’événement de l’année est la conquête pacifique de cette ville par la France, à la suite du dernier traité avec le Siam.
« Après Bassac, nous apercevons Ban-uêt, où M. Juge recueille la succession de M. Rouyer. Dans ce district, deux grandes villes, qui avaient demandé le catéchuménat du temps des phou-mi-boun, n’ont point persévéré et ont maintenant des pagodes desservies par des bonzes, ou cho-houa. Quel dommage qu’il nous ait été impossible de battre le fer lorsqu’il était chaud, en plaçant là des missionnaires à demeure ! Les hommes nous manquaient, et nos catéchumènes ont reculé.
« Nous rencontrons ensuite Oubon, avec ses 1.000 chrétiens. Oubon est le berceau de la mission du Laos, qui y prit naissance, il y aura bientôt vingt-cinq ans.
« Durant le dernier exercice, les communions de dévotion ont presque triplé à Oubon. Là, comme à Nong-seng, ont apparu, depuis un an déjà, les cornettes blanches des Sœurs de Saint-Paul de Chartres. Puisse la venue de nos dévouées religieuses inaugurer une ère de prospérité pour ce beau district, que M. Dabin, un des vétérans du Laos, voudrait voir complètement organisé, avant de chanter son Nunc dimittis !
« En remontant le Moun, on arrive à Si-than, annexe d’Oubon, où M. Marchi, vicaire de M. Dabin, administre 158 chrétiens et prépare 46 catéchumènes au baptême. La nouvelle chapelle du poste s’achève peu à peu.
« De là, il faut voyager pendant huit jours à cheval, ou pendant vingt-cinq jours en chariot, pour arriver à Nakon-raxasima, vulgairement Khorât (pacage des bœufs royaux).
« M. Anthelme Excoffon, aidé de M. Perroudon, est chargé d’implanter la religion chrétienne dans ce point terminus de la mission, et d’y créer un nouveau foyer d’évangélisation, dont la lumière et la chaleur se répandront aux alentours ; peut-être même plus loin, grâce au va-et-vient des caravanes laotiennes, qui pourront, un jour ou l’autre, remporter avec elles un germe de christianisme.
« Khôrat n’est qu’à huit jours de barque d’Oubon, au moment des grandes eaux, et à treize heures de chemin de fer de Bangkok. Aussi ai-je dessein d’y établir une sorte de procure, où nos confrères du sud trouveront plus aisément et, à meilleur compte, les choses dont ils ont besoin. L’installation d’un établissement de ce genre nous coûtera cher, mais les services qu’il paraît destiné à rendre à la mission ne me permettent pas de reculer devant la dépense.
« M. Mazeret, consul de France à Khôrat, a offert l’hospitalité aux missionnaires avec la plus grande amabilité, en attendant qu’ils eussent trouvé à se loger convenablement ailleurs. La chose n’était pas facile, car il fallait acheter un terrain et s’y installer. Mgr Vey a dû faire une démarche à Bangkok, pour obtenir à nos confrères la permission d’acheter le terrain qui leur était nécessaire ; en effet, personne n’osait leur vendre sans autorisation. Toutes les difficultés furent vaincues les unes après les autres, et le 14 juin dernier, la messe a été célébrée pour la première fois à Khôrat.
« M. A. Excoffon m’écrit à la date du 11 août : « Je compte encore, sur les doigts d’une « seule main, le nombre de mes catéchumènes. Mon auditoire est de trois personnes, « auxquelles j’essaie d’inculquer les premiers éléments de la doctrine. Ces commencements « sont bien modestes, mais je garde l’espoir de voir augmenter mon petit troupeau. Quelques « païens viennent me demander des médecines ; je me garde bien de les leur refuser ; car tout « en soignant le corps, je dis une bonne parole et prie le bon Dieu de la faire fructifier. Un « jeune homme veut se convertir et entrer à mon service. Un chrétien de Juthia, établi à Khok-« kruet près de Khôrat, demande à revenir à Dieu, et m’annonce qu’il a ondoyé 4 enfants de « païens. Pour moi, je n’ai fait jusqu’ici qu’un seul baptême, celui d’un petit enfant moribond. « Le cher ange est parti pour le ciel, le jour même. »
« Khôrat, dit encore M. A. Excoffon, est une ville cosmopolite, où plusieurs races se « coudoient à la recherche de la fortune. Il y a des Siamois, des Chinois, des Indiens et des « Laotiens.Les premiers, maîtres du pays, aiment le jeu et les plaisirs ; les Chinois gagnent de « l’argent par le commerce ; les Indiens vantent leurs médecines et essaient de les débiter à un « bon prix. Quant aux Laotiens, comme partout et toujours, ils recherchent le doux farniente.»
« Je dois dire que c’est M. Prodhomme qui a présidé à l’installation de MM. Excoffon et Perroudon à Khôrat. Le cher provicaire va nous revenir bientôt, par le Mékong, avec les deux nouveaux missionnaires qui nous ont été envoyés de Paris.
« Reprenons maintenant notre excursion à vol d’oiseau, et rendons-nous à Se-song, dans la province de Jasunthon, à huit journées de cheval de Khôrat. C’est là que réside M. Hospitalier. Ce cher confrère a baptisé 28 adultes à Nong-khon. Il a voyagé par tous les temps, sur terre et sur eau, pour distribuer à ses catéchumènes le pain de la bonne parole.
« Son plus proche voisin, M. Figuet, chargé du district de Ban-doun, dans le Muang-amnat, a été éprouvé, avec ses chrétiens, par un incendie qui a dévoré, le jour même de Noël, l’église du poste et onze maisons appartenant aux néophytes. Ban-doun renaîtra de ses cendres, comme le phénix, plus vigoureux et plus prospère, grâce au savoir-faire de M. Figuet, qui depuis sept mois est occupé à relever les ruines causées par le sinistre.
« A cinq journées de cheval de Ban-doun, dans la direction du nord, est le village de Song-khon, où M. Mercier exerce son zèle sur une race réputée assez ingrate ; mais dont il a su gagner l’affection. Il lui sera facile désormais de faire du bien aux âmes. Il lui faudrait une chapelle plus convenable que celle qui existe actuellement. Pour la construire, hélas ! notre confrère n’a que sa bonne volonté, ce qui ne suffit pas.
« Le domaine de M. Xavier Guégo est situé sur les deux rives du Mékong, à 12 lieues de Song-khon. Puisse-t-il, l’an prochain, à l’exemple de son glorieux patron, ramener à Dieu beaucoup de pécheurs et baptiser beaucoup de païens dans son district de Sieng-vang !
« Son vicaire actuel, M. Gouin, lui a prêté main forte à Tha-ré et à Paksan, où il a su se faire apprécier.
« M. Malaval, ancien vicaire de M. Guégo, a hérité des villages sô de Dong-mak-bà, Pong-kin et Bung-hua-na : il s’occupe activement de ces gens simples, de même origine que les Khâ.
« En remontant encore le Mékong, on passe à côté de la petite chapelle de Ban-si-mang, sur la rive française, et l’on arrive bientôt à Nong-seng.
« M. Berthéas, tout en remplissant son office de procureur de la mission, a pris soin de la paroisse pendant l’absence de M. Prodhomme, et surveillé la construction des dépendances de l’évêché. Il a eu la joie, au milieu d’occupations si multiples, de recueillir une jolie gerbe de 15 baptêmes.
« M. Fresnel, qui est chargé du district de Kam-kom, près de Nong-seng, a été plus heureux encore, puisqu’il a eu 27 baptêmes d’infidèles. Pour se venger de lui, sans doute, le démon l’a fait dévaliser par des voleurs.
« A Tha-ré, province de Sakon, grâce à la belle récolte de l’an dernier, bon nombre de retardataires ont enfin répondu aux pressantes sollicitations de M. Combourieu, aidé de MM. Cance et Gouin. Aussi ce district, qui compte 6 annexes, a-t-il fourni 105 baptêmes de païens.
« C’est l’annexe de Thung-món, qui vient en tête avec 30 baptêmes d’adultes, écrit M. « Combourieu. Je tiens d’autant plus à le dire, que cette belle gerbe est le fruit des sueurs d’un « jeune missionnaire, M. Gouin, qui a admirablement travaillé durant les quelques mois que « Votre Grandeur lui a permis de passer dans mon district. Ce cher confrère, après avoir semé « et arrosé, n’a pas eu la consolation de cueillir de ses mains la moisson ; mais elle était déjà « mûre quand il a été appelé ailleurs. »
« J’ai eu le bonheur de donner la confirmation à 251 chrétiens du district de Tha-ré, le plus important de toute la mission, puisqu’il compte 2.320 néophytes.
« M. Gratien, titulaire de Xang-ming, administre 550 chrétiens, répartis en 4 villages et parfois assez difficiles à conduire.
« Son voisin, M. Stocker, s’occupe du nouveau district de Don-thoi et de l’annexe de Kut-chok ; total, 130 chrétiens et 75 catéchumènes, récemment détachés de Xang-ming. Le missionnaire a beaucoup à faire auprès de ces déshérités du monde, qu’on appelle « phi-pob » (gens au mauvais œil), loups garous, etc. ; mais M. Stocker s’est attaché à eux, et l’affection qu’il leur porte est un gage du bien qu’il est appelé à réaliser au milieu d’eux.
« Le P. Athanase réside à Phon-sung, village situé à deux journées de Don-thoi, et cerné par les eaux pendant plusieurs mois de l’année. Malgré les minces résultats obtenus jusqu’ici, notre zélé prêtre indigène ne perd point courage et supporte gaîment les privations que son isolement lui impose.
« Vieng-khouk demeure stationnaire. Le voisinage de deux grands centres païens, Vieng-chan et Nong-khai, lui cause un réel préjudice. M. Jeantet a néanmoins baptisé 14 adultes, dont 7 in articulo mortis.
« A l’est de Vieng-khouk, toujours sur le Mékong, Paksan, avec ses deux annexes, Nong-bua-hi et Keng-sadok, compte 800 chétiens, auxquels sont venus se joindre depuis peu 240 « phon-thung » de Na-don. Ces gens sont des nomades qui ont déjà changé trois ou quatre fois de village, pour obéir aux caprices de leurs chefs. Ils réalisent assez bien le dicton laotien : « Tous les trois jours, il change de maison ; et tous les trois mois, il change de village. » Aussi sont-ils pour nous une cause de perpétuels soucis. Ils habitent actuellement des toub, ou huttes, à Nasât, en face de Keng-sadok, chrétienté fervente de 420 âmes, où je dois placer bientôt un missionnaire, qui sera également chargé de Na-sat.
« A Sieng-yun, un peu au sud de la ville française de Pak-hin-boun, M. Quentin regrette encore ses phoñ-thung de Na-don, partis à la recherche de la terre promise, et campés à Na-sât pour prendre haleine.
« Comme compensation, écrit M. Quentin, une nombreuse famille est venue demander « asile à Sieng-yún. Tous ses membres paraissent animés des meilleures dispositions, et j’ai « lieu d’espérer qu’ils deviendront bons chrétiens. »
« Mais, ajoute notre confrère, je ne voudrais pas terminer mon premier compte rendu sans « rappeler le souvenir de la fête de saint François de Sales, patron de l’église de Sieng-yún. « Cette fête a revêtu, cette année, un caractère tout particulier. En effet, elle a réuni un grand « nombre de confrères autour de Votre Grandeur, qui a rehaussé l’éclat de la solennité en « conférant 92 confirmations, en bénissant selon toutes les règles liturgiques la belle cloche « offerte par le vénéré M. Delpech, et en présidant la procession du Saint-Sacrement. Cette « triple fête, à la préparation de laquelle M. A. Excoffon avait mis tout son cœur et toute « l’activité de son zèle, a été aussi comme le couronnement de son apostolat à Sieng-yún. Son « départ a causé d’unanimes regrets, car les œuvres de Sieng-yún représentent le fruit du « ministère qu’il a exercé dans ce district. »
« Le compte rendu de Dôn-dôn accuse 17 baptêmes d’adultes. « Ce n’est pas brillant, écrit « M. Pierre Excoffon ; et cependant je n’ose pas me plaindre, puisque c’est un des plus beaux « chiffres obtenus jusqu’ici à Dôn-dôn. Le bon Dieu m’a d’ailleurs donné d’autres « consolations.
« Aux environs de Pâques, un catéchumène de Phouvadon vint me demander le baptême. « Je l’interrogeai sur tout le catéchisme ; il savait et comprenait la doctrine mieux que « beaucoup de vieux chrétiens. Ses réponses étaient claires et nettes. Après quelques jours de « préparation, je le baptisai et le renvoyai dans son pays. J’ai lieu de compter sur lui pour « porter la bonne nouvelle à ses compatriotes païens.
« Dans le même temps, m’arrivait un autre catéchumène, conduit lui aussi par son bon « ange et ne rêvant qu’une chose : le baptême pour lui-même et pour ses compatriotes « laotiens. Que de fois déjà il a répété cette phrase : « Oh ! Père, si tous les Laotiens se « convertissaient à la religion de Notre-Seigneur, quel beau jour pour moi ! » Je lui indiquai la « prière de saint François-Xavier pour les infidèles, en lui recommandant de l’apprendre par « cœur et de la réciter tous les jours.
« Quant aux chrétiens du district, sauf de rares exceptions, ils ont fidèlement observé les « préceptes de notre sainte Mère l’Église. »
« Au séminaire de Nazareth, que dirigent M. Burguière et le P. Lazare, nous avons 14 élèves. Ils font preuve de bonne volonté et d’application au travail ; ils ne laissent rien à désirer au double point de vue de l’obéissance et de la piété. Daigne Notre-Seigneur leur accorder la persévérance !
« Parmi les postes que j’ai visités, je signalerai spécialement les districts de Tharé et Pak-san comme méritant des éloges tout particuliers. J’ai eu l’occasion de revoir ainsi 14 chrétientés qui m’étaient connues et de donner 611 confirmations. Les consolations ont largement compensé les fatigues, et je suis disposé à faire, à la fin de décembre, une grande tournée dans le sud de ma mission.
« Les Religieuses de Saint-Paul de Chartres, qui dirigent les deux orphelinats de Nong-seng et d’Oubon, se sont mises à l’œuvre dès le premier jour, et ont appris la langue du pays tout en travaillant. Les enfants se sont facilement habitués et attachés à elles.
« Grâce à l’expérience acquise pendant cette première année, je ne doute point qu’elles ne nous aident efficacement à procurer un progrès réel à nos différentes œuvres .
« Que saint Paul obtienne à ses chères filles son amour des âmes, celles des enfants surtout !
« Comme bibliographie, je signalerai, pour mémoire, la publication, faite avec subvention du gouvernement de l’Indo-chine, d’un Lexique français-laotien, que nos confrères de Nazareth ont édité, en y mettant, comme d’ordinaire, tout leur dévouement et tous leurs soins.»
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