Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport annuel des évêques

Année: 1909
Pays: Laos
Mission: Laos
Rédacteur:Mgr Prodhomme

V ─ Laos

Population catholique 12.137
Baptêmes d’adultes 209
Baptêmes d’enfants de païens 32
___


En l’absence de Mgr Cuaz, retenu en France par la maladie, M. Prodhomme, provicaire de la mission du Laos, rend ainsi compte des travaux des missionnaires pour l’année qui vient de s’écouler :
« Le succès n’a pas répondu à tous nos désirs. Au point de vue des chiffres, c’est peut-être même, depuis la fondation de la mission, l’année la plus pauvre que nous ayons eue. La première cause, je crois, de la faiblesse de nos résultats, provient de la maladie qui a paralysé le zèle de nos confrères.
Plusieurs d’entre eux ont dû quitter pour un temps leur poste pour aller se soigner à Béthanie et même en France. D’autres, sans être obligés de s’absenter, se sont vus contraints de suspendre leur travail plusieurs mois, pour prendre quelque repos. L’administration des districts n’a donc pu se faire avec la régularité et le soin désirables.
« Des obstacles d’une autre nature entravent également l’œuvre de l’évangélisation au Laos. C’est d’abord la malheureuse passion de l’opium, qui met le désarroi dans plus d’une région. Plusieurs de nos chrétiens, autrefois fumeurs d’opium avant leur conversion, mais qui avaient renoncé à cette funeste habitude au moment du baptême, se sont laissé entraîner par l’exemple de leurs compatriotes païens et sont retombés dans leur triste défaut.
« Dans la partie française du Laos, sur les bords du Mékong, on parle beaucoup de ce qui se passe en Annam, en particulier de la révolte du De-Tham. Les nouvelles qui nous arrivent, grossies en route par l’imagination des narrateurs, ne sont pas sans créer ici un certain malaise. Les esprits sont inquiets, l’ordre et la paix sont plus difficiles à maintenir et les missionnaires trouvent moins de docilité chez leurs néophytes.
« Cet état d’esprit, je me hâte de le dire, n’est pas général et, si on s’écarte des rives du Mékong, on rencontre des chrétientés plus paisibles et qui donnent de vraies consolations aux missionnaires.
« M. Combourieu, qui est chargé du poste de Tharé, écrit : Cette année, le Sacré-Cœur a « visiblement béni mon district. Comparés à ceux des derniers exercices, les chiffres du « compte rendu accusent une augmentation : le nombre des baptêmes d’adultes est passé de « 49 à 56, celui des confessions répétées, de 4.675 à 5.974, et celui des communions de « dévotion, de 4.211 à 6.847. Tous les endurcis, tant catéchumènes que chrétiens, sont venus, « d’un commun élan, demander ou le sacrement de baptême ou celui de la réconciliation. »
« M. Combourieu loue aussi le bon esprit de ses chrétiens, et les sentiments de filiale déférence qu’ils lui témoignent. Malheureusement, les forces du missionnaire semblent décliner ; puissent les prières que les missionnaires et les chrétiens adresseront pour lui à Dieu au jour prochain de ses noces d’argent lui rendre force et santé pour de nombreuses années !
« Le bon esprit que M. Combourieu constate chez ses néophytes se manifeste aussi dans les autres districts. M. Cancé écrit :
« Je dois noter une augmentation sensible du nombre des confessions et des communions « de dévotion. La récitation des prières du soir en famille et l’assistance quotidienne à la « sainte messe sont de plus en plus en honneur parmi les chrétiens. » Tout n’est cependant pas parfait dans ce district, car le missionnaire ajoute : « Deux ou trois fumeurs d’opium et joueurs de profession sont, pour la jeunesse, une pierre d’achoppement d’autant plus à craindre, qu’un des chefs du village fait partie de ces opiomanes et n’est pas le moins intoxiqué. » M. Cancé, avant d’admetttre au baptême un certain nombre de catéchumènes, a cru bon d’attendre une année encore, pour mieux s’assurer de leurs dispositions.
« A Xang-ming a eu lieu la bénédiction de la nouvelle église qui, sans être une merveille, fait néanmoins bonne figure à côté des pagodes des villages païens situés dans le voisinage. Les chrétiens ont travaillé avec ardeur à sa construction ; ce sont eux qui en ont coupé et préparé les bois ; avec leurs petils chars ils sont allés jusqu’à Nong-seng pour chercher la chaux nécessaire.
« M. Marchi annonce 32 baptêmes pour l’année. C’est un chiffre d’autant plus consolant, qu’il n’est que depuis peu à Xang-min. A Na-boua, M. Barriol se félicite du bon esprit de ses fidèles, dont le nombre s’accroît sensiblement, grâce aux nombreuses naissances et aussi à une vingtaine de païens qui viennent de recevoir le baptême. Notre confrère a bon espoir pour l’avenir de son poste. Il vient de construire une résidence dont il avait grand besoin.
« Si, du nord-ouest, nous passons dans le sud-ouest, toujours sur la rive siamoise, nous rencontrons d’abord M. Bouchet, établi à Ban-uet. Ce confrère a fondé un nouveau poste sur la rive gauche de la rivière Moun, un peu au-dessus de Phimoum.
« Le district d’Oubone avec ses annexes continue à prospérer. Les chrétiens de ce poste ont montré, cette année, un grand esprit de foi dans une circonstance où, cependant, leurs intérêts matériels élaient engagés.
« De son côté, M. Dézavelle, bien secondé par le P. Ambroise, prêtre indigène, a jeté les fondements de deux nouvelles petites chrétientés. Les catéchumènes y sont assez nombreux et pleins de bonne volonté, malgré l’opposition d’un bonze siamois, venu de Bangkok, qui les menace des foudres du roi de Siam s’ils continuent à étudier la doctrine catholique.
« De son côté, le P. Gabriel, habitant la partie française du Laos, a pu, lui aussi, fonder une nouvelle station chrétienne chez les gens simples de la tribu des Khas. Mais leur préparation au baptême lui demandera beaucoup de temps et de patience.
« M. Malaval a réussi, avec beaucoup de peines et de fatigues, a doter chacun de ses deux principaux postes d’une petite église. Le travail est presque terminé et, grâce à Dieu, la santé du missionnaire n’en a pas eu trop à souffrir. Les Sos sont tiers de leur pasteur, et désormais ils n’auront plus à rougir devant les Laotiens, leurs voisins. Ils pourront même lever la tête haute devant ceux qui, autrefois, se moquaient d’eux.
« L’œuvre des écoles devient de plus en plus urgente au Laos : à l’avenir, les missionnaires devront s’en occuper activement, pour que l’instruction de nos chrétiens ne soit pas trop inférieure à celle des païens. Les Siamois installent de nombreuses écoles de garçons sur la rive gauche du Mékong et font venir du Siam même les maîtres pour les diriger ; ils ont aussi en abondance l’argent pour les payer.
« Il nous sera cependant plus facile de soutenir le concurrence pour les écoles de filles, car le gouvernement siamois et le gouvernement français n’ont encore rien fait pour en établir. Quant à nous, nous venons de construire une école à Oubone ; depuis deux mois, les religieuses de Saint-Paul de Chartres s’y sont installées. A Nong-seng, la construction du pensionnat s’avance rapidement sous l’habile direction de M. Fresnel, qui a déjà bâti, il y a quelques années, la belle église dédiée à saint Joseph.
« En résumé, dit en terminant M. Prodhomme, les missionnaires du Laos ont travaillé avec zèle, et cependant le résultat immédiat de leurs efforts est minime. Ils n’oublient pas que Dieu est un maître juste, qui tient compte du travail et de la bonne volonté ; pour le succès, il dépend de lui : Ego plantavi. Apollo rigavit, Deus autem incrementum dedit. »



~~~~~~~~


<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam