| Année: |
1916 |
| Pays: |
Laos |
| Mission: |
Laos |
| Rédacteur: | Mgr Prodhomme |
V. — Laos
Population catholique 12.509
Baptêmes d’adultes 313
Baptêmes d’enfants de païens 49
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« La mobilisation et la maladie ont fait pendant cette année de grands vides au Laos, écrit Mgr Prodhomme ; 21 missionnaires sont absents, il ne m’en reste que 14, dont plusieurs ont été ou sont encore sérieusement indisposés. Cinq ont passé assez longtemps à l’ambulance de Vientiane, et deux autres auraient dû y aller se faire soigner à leur tour ; mais ils ont préféré rester chez eux plutôt que d’abandonner leurs chrétiens.
« Dès que M. Couasnon eut quitté Bassac pour se rendre à Hongkong, où sa santé ne se rétablit guère malgré les bons soins qu’il reçoit, je chargeai M. Pierre Excoffon de le remplacer, provisoirement du moins. Hélas ! ce bon confrère ne tarda pas lui-même à tomber malade, et, vers la mi-juillet, il vint à l’évêché chercher les soins que réclamait son état. Le procureur de la mission et la supérieure des Sœurs de SaintPaul de Chartres firent tout ce qu’ils pouvaient pour lui procurer un peu de soulagement, mais sans y réussir, et je dus l’envoyer, lui aussi, à Vientiane. Il va mieux maintenant, niais les soins du docteur lui sont encore nécessaires.
« A Oubone, mon cher provicaire, M. Dabin, a été très éprouvé par la maladie pendant les mois d’avril et de mai ; on craignit même pour sa vie. Aujourd’hui, il est à peu près guéri et s’efforce de faire face à tous les besoins de son ministère, avec le concours de M. Boher et du P. Athanase. Ce dernier vient d’être envoyé pour quelque temps à Bassac, où le P.Gabriel est atteint de la fièvre.
« La région au nord-ouest d’Oubone compte 6 chrétientés, distantes les unes des autres de 25, 30 et 40 kilomètres. Or, depuis la mobilisation de M. Anthelme Excoffon,M. Quentin reste seul pour administrer tous les néophytes. Sa tâche est vraiment bien lourde.
« Les stations de Bangmoukh, Savannakhet et Songkhon sont privées de missionnaire depuis le départ de M. Jouve. M. Xavier Guégo y fait bien quelques courtes apparitions ; mais ce zélé confrère ne peut s’en occuper sérieusement, absorbé qu’il est par les soins à donner aux chrétiens du vaste district de Sienvang.
« De son côté, M. Malaval, nommé récemment procureur de la mission, se trouve dans l’impossibilité de visiter régulièrement les deux stations de Dongmakba et de Phongkhiou.
« Nongseng, le centre du vicariat, a beaucoup souffert cette année de l’absence de l’évêque, retenu par la maladie à Vientiane, et des changements successifs de procureurs.
« M. Chabanel, curé de Dondon, va de temps en temps à Khamkom dire la messe, entendre les confessions et baptiser les nouveau-nés ; mais c’est tout ce qu’il peut faire pour remplacer le titulaire du poste, qui est allé porter secours à M. Combourieu dont la santé laissait à désirer.
« M. Gouin, lui aussi, a passé près de deux mois à l’ambulance de Vientiane ; aujourd’hui il est retourné à Kengsadok, et sa santé est redevenue assez bonne. Pendant la maladie de ce cher confrère, M. Delalex, curé de Paksane, a pris soin de Kengsadok et de ses annexes.
« Au mois de mars, M. Bouchet ayant été obligé de se rendre à l’ambulance de Vientiane pour refaire sa santé, les chrétiens de l’endroit, presque tous de race tonkinoise, et quasi abandonnés depuis le départ de M. Figuet, me le demandèrent pour curé parce qu’il parlait leur langue. J’acquiesçai à leur désir, et je n’ai qu’à m’en féliciter, car M. Bouchet a déjà fait beaucoup de bien à ses ouailles, et a su se concilier l’estime des Français qui résident à Vientiane.
« Au-dessous de Vientiane, sur la rive droite du grand fleuve, se trouve Viengkhouk, principale station de M. Jantet qui en a six à desservir. Lui aussi a été malade cette année. La fièvre et une affection du foie l’ont arrêté plus d’une fois au milieu de ses travaux. Sa santé est bonne en ce moment ; mais il a à faire des courses longues et pénibles, surtout à la saison des pluies.
« M. Barriol est chargé des districts de Naboua et de Donthai, dans le sud-ouest du Laos. Ce bon confrère, empêché lar la fièvre, s’est borné à me donner des chiffres dans son rapport.
« A Xangning, M. Alazard, après avoir été ajourné à Saïgon même lors de la mobilisation, a dû, depuis cette époque subir plusieurs visites médicales. Il pourrait bien être encore rappelé à Saïgon pour passer devant un conseil de revision.
« Dans la région de Tharé, il ne reste que M. Combourieu très fatigué en ce moment, et le P. Antoine, jeune prêtre laotien. A eux deux, ils doivent pourvoir aux besoins spirituels de 3.000 néophytes, répartis en 6 chrétientés très éloignées les unes des autres.
« Le départ de M. Fresnel m’a obligé de fermer le pensionnat des garçons. Celui des filles voit augmenter le nombre de ses élèves, grâce à la bonne direction des Sœurs de Saint-Paul de Chartres. A Oubone, les mêmes Sœurs réussissent admirablernent dans la formation des religieuses indigènes, et leurs orphelinats marchent fort bien. La mission compte actuellement 28 religieuses indigènes, 5 novices, et 6 postulantes. Nous avons 12 élèves au petit séminaire. J’aurais voulu organiser une école préparatoire au petit séminaire, mais j’ai dû remettre à plus tard l’exécution de ce projet. Après la guerre seulement, nous pourrons aller de l’avant, avec la grâce de Dieu. »
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