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Notice nécrologique

CESBRON Théodore

M. CESBRON

MISSIONNAIRE APOSTOLIQUE DE MALACCA

Né le 9 février 1854
Parti le 31 mars 1880
Mort le 13 octobre 1914


M. Théodore-Joseph-Victor Cesbron naquit le 9 février 1854, à la Boissière-du-Doré (Nantes, Loire-Inférieure), et fut baptisé le lendemain dans l’église de la paroisse.
Entré au grand séminaire de Nantes en 1874, il reçut le sous-diaconat le 29 juin 1878. Au mois de septembre suivant, il était admis au Séminaire des Missions-Etrangères. Ordonné prêtre le 21 février 1880, il partit de Paris le 31 mars pour la presqu’île de Malacca.
Arrivé à Singapore le 1er mai, il y resta quelque temps comme vicaire du vénéré M. Paris, à la paroisse de Saint-Pierre et Saint-Paul ; puis, fut transféré à l’église de l’Assomption à Pinang. Il revint bientôt à Singapore pour y apprendre le tamoul et exercer le saint ministère dans la chrétienté indienne, qui commençait à se développer. Enfin, en mars 1884, le vicaire apostolique l’envoya à la paroisse indienne de Saint-François-Xavier à Pinang. C’est là qu’il allait passer toute sa vie de missionnaire, à titre de vicaire ou de curé.
De 1884 jusqu’à la fin de 1889, il est vicaire de M. Fée ; mais bien souvent il se trouve seul chargé de toute la paroisse, car le curé doit faire de fréquentes et longues absences pour organiser la colonie chrétienne de Bangon-Seraï, à 30 milles de Pinang. Il n’y eut donc presque rien de changé dans ses occupations et ses responsabilités quand, en décembre 1889, M. Fée à bout de forces, alla chercher aux Indes et en France le repos dont il avait si grand besoin. L’absence du curé se prolongea jusqu’au mois d’octobre 1892.
A cette époque, personne ne se doutait que bientôt M. Cesbron, lui aussi, se trouverait dans la pénible nécessité d’avoir recours aux soins éclairés de médecins français. Sa santé s’était toujours maintenue forte et robuste. Mais en 1893 il faillit perdre la vie dans un accident de voiture. On le releva avec de graves contusions et une jambe fracturée. A la suite d’un traitement imparfait, il se vit dans l’impossibilité de faire aucun travail et dut partir pour la France. Pendant de longs mois il se vit condamné à une immobilité complète sur un lit chez les Frères de Saint-Jean-de-Dieu, avec un poids attaché à la jambe malade, pour l’allonger peu à peu et remédier ainsi à la contraction qu’elle avait subie. Ceux qui ont connu M. Cesbron savent qu’il avait un excellent cœur, mais qu’il n’était pas toujours un ange de patience. Et pourtant, il se montra si résigné et si courageux, dans cette dure épreuve, que le bon M. Delpech, supérieur du Séminaire de Paris : « En vérité, je n’aurais jamais cru qu’un homme « comme M. Cesbron pût supporter un pareil traitement avec tant de patience. »
Revenu à Pinang en juin 1896, il reprit la direction de la paroisse Saint-François-Xavier. Sauf une grande faiblesse de la jambe blessée, qui se faisait sentir à la moindre fatigue et lui interdisait toute marche un peu longue, il paraissait assez bien remis. Mais il avait compté sans l’influence déprimante que le retour dans les pays chauds exerce assez souvent sur des constitutions ébranlées. En juillet, lui, jadis si robuste, se vit coup sur coup affligé d’infirmités dont la guérison réclame un climat tempéré. Bon gré, mal gré, il dut donc reprendre le chemin de la France, l’année même qui suivit son retour en mission. Cette fois, son exil allait durer dix ans.
La guérison ne venant pas et le désir qu’il avait de mourir en mission l’emportant sur toute autre considération, M. Cesbron écrivit à l’évêque de Malacca, que, malgré ses infirmités, il croyait pouvoir rendre encore quelques petits services. Il nous revint donc en novembre 1907 et fut très heureux de retourner à sa chère paroisse indienne de Pinang, pour prêter son concours à son ami intime, M. Louis Perrichon, qui en était curé.
Pendant deux ans, l’état de sa santé resta satisfaisant. Quant aux cinq dernières années de sa vie, elles ne furent guère qu’une lutte continuelle contre la maladie, avec de courtes périodes d’un mieux relatif, pendant lesquelles il pouvait rendre de petits services à M. L. Perrichon. Mais l’anémie s’accentuait de plus en plus et une diarrhée chronique finit par amener l’épuisement. Depuis longtemps, le malade se préparait à la mort. A partir du 20 septembre 1914, il ne put plus quitter le lit, et le 13 octobre, il rendait son âme à Dieu.
« Ce que j’ai le plus remarqué chez M. Cesbron, écrit M. Louis Perrichon qui l’a soigné « avec tant de dévouement, c’est son exactitude. Quand il n’était pas trop fatigué, il allait dire « la messe au couvent et y arrivait toujours à l’heure fixée. Même exactitude pour son bré« viaire et ses exercices de piété. Le cher défunt était aussi un bon conseiller. Ses conseils, il « les donnait à sa manière, mais ils étaient marqués au coin du bon sens. Enfin, il aimait « beaucoup ses confrères, et son grand plaisir était de se trouver en leur compagnie. »



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