| LAUMONDAIS Michel Clément |
M. LAUMONDAIS
DIRECTEUR AU COLLÈGE GÉNÉRAL DE PENANG
M. LAUMONDAIS (Michel, Clément), né à Saint-Denis-de-Gastines (Laval, Mayenne), le 22 novembre 1849. Entré laïque au Séminaire des Missions-Etrangères, le 7 septembre 1871. Prêtre, le 30 mai 1874. Parti pour le Collège général de Penang, le 15 juillet 1874. Mort à Penang, le 30 mars 1922.
Michel-Clément Laumondais naquit le 22 novembre 1849, à Saint-Denis-de-Gastines, dans le département de la Mayenne, alors diocèse du Mans. Il appartenait à une famille très chrétienne, où les vocations ecclésiastiques et religieuses n’étaient pas rares. Ses parents apportèrent tous leurs soins à l’éducation religieuse du jeune enfant, en qui on découvrait bientôt les signes de l’appel divin. Il commença sans tarder ses études. Elles permettaient de belles espérances ; aussi quelques pères Jésuites, qui le connaissaient bien, essayèrent-ils de l’attirer à leur noviciat de Laval ; un attrait plus fort l’entraînait vers la Société des Missions-Étrangères. Il entra au Séminaire de la rue du Bac. Il y fut un aspirant sérieux et pieux ; son amour de la liturgie lui mérita le poste de sacristain. Il fut ordonné prêtre le 15 juillet 1874, et, le même jour, fut nommé directeur au Collège de Penang.
Il y trouva, en arrivant, un de ses condisciples de Paris, M. Girard, et un compatriote de sa paroisse même, le Supérieur, M. Laigre-Filliatrais. Désormais, sa vie s’écoule tranquille et calme, sans événements extérieurs, marquée seulement par des changements de classes ou de charges, suivant les circonstances. Dès le début, il enseigna la grammaire. Ses loisirs furent consacrés à l’étude des langues, pour lesquelles il avait une remarquable facilité : il apprit successivement l’anglais, le malais, l’annamite, le chinois et le japonais. Comme il avait les aptitudes les plus diverses, il fut chargé successivement de différents emplois : infirmier, sacristain, procureur. En cette dernière qualité, il eut à exécuter des travaux importants, entre autres une chapelle à Mariophile, notre maison de campagne, et la plus grande partie des nouveaux bâtiments du Collège lui-même.
Ces travaux achevés, il donna sa démission de procureur et prit la classe de théologie, vacante par suite du rappel de M. Metge à Paris comme directeur. Il la conserva près de 25 ans, jusqu’en 1915, où il demanda à en être déchargé pour enseigner la rhétorique, puis enfin la grammaire. En plus de sa classe principale, il fut chargé du cours d’histoire ecclésiastique et le garda presque jusqu’à la fin. Pendant de longues années aussi, il fut Secrétaire du Conseil du Collège.
Affable, et toujours prêt à rendre service, M. Laumondais était très aimé des Pères de la mission de Malacca, qui volontiers recouraient à lui, surtout à l’occasion des fêtes. A plusieurs reprises, il suppléa même l’un ou l’autre des curés de l’île de Penang, malade ou absent spécialement à Pulo-Tikus, paroisse sur laquelle se trouve le collège. Les fidèles, eux aussi, avaient recours à ses services et souvent à sa bourse ; jamais il ne refusait.
La forte santé de M. Laumondais résista bien à un climat chaud et débilitant pour les Européens. Il eut cependant à souffrir du foie, et en 1897, il dut prendre un peu de repos ; il alla à Hong-kong, et en profita pour pousser jusqu’au Japon, où il retrouva ses anciens élèves. Il recouvra ses forces et les conserva si bien qu’en 1916, lorsque M. Girard, malade, abandonna la procure, il put s’en charger de nouveau et la garder jusqu’en 1920. A la mort de M. Beaublat, en août 1911, M. Robert, procureur général, ne pouvant le remplacer aussitôt, eut recours à M. Laumondais pour faire l’intérim qui dura trois mois.
Quand il revint au Collège, sa mine florissante nous trompa sur l’état réel de sa santé ; la vieillesse se manifesta tout d’un coup, les soins lui furent prodigués, mais ne pouvaient rien contre elle. Pendant deux mois, ses forces déclinèrent rapidement ; il ne pouvait plus célébrer la messe, ni même sortir de sa chambre ; l’intelligence elle-même s’obscurcissait, aussi ne se rendait-il pas bien compte de la gravité de son état. On lui administre les derniers sacrements, et le 30 mars, à neuf heures du soir, paisiblement, sans souffrances apparentes, il rendit son âme à Dieu.
Il fut enterré le lendemain ; les Pères de Penang et un grand nombre de fidèles avaient voulu se joindre à nous pour montrer en quelle estime ils tenaient le vénéré défunt.
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