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Rapport annuel des évêques

Année: 1885
Pays: Malaisie
Mission: Malacca
Rédacteur:Mgr Gasnier

Presqu’île de Malacca. 1885

Population catholique 10,938
Baptêmes de païens 915
Baptêmes d’enfants de païens 89

La mission de la Presqu’île de Malacca, quoique assez éloignée du théâtre des hostilités entre la France et la Chine, a cependan ressenti quelques fâcheux effets de cette longue et pénible lutte. « Les esprits étaient considé-rablement irrités, dit Mgr Gasnier, et souvent des mar-ques violentes d’hostilité se sont manifestées dans la popu-lation chinoise. Nos chrétiens étaient sans cesse exposés aux railleries, aux insultes et quelquefois aux menaces des gens de basse condition. Quelques néophytes ont été vio-lemment frappés. »
Malgré ces difficultés, nos confrères ont cependant atteint le chiffre élevé de plus de 900 baptêmes d’adultes. Tous les nouveaux districts établis depuis quelques années ont continué it se développer.
10 Singapore. _ Paroisse du Bon-Pasteur : 1,620 catho-liques. _ 1 école de garçons : 260 élèyes ; 1 école de filles : 229 élèves ; 2 orphelinats : 36 garçons, 64 filles.
Paroisse de Saint-Pierre et Saint-Paul 835 catholiques.
_ 1 école de garçons : 15 élèves ; 1 école de filles : 30 élèves.
Le gouvernement anglais a confié aux Dames de Saint--Maur ou du Saint-Enfant Jésus le soin du grand hôpital général de Singapore. Cet établissement, où sont reçus des malades de toute nationalité, n’avait jusqu’à présent que des Chinois pour infirmiers, et le service laissait fort à désirer. Mgr Gasnier songeait depuis quelque temps à élever un autre hôpital à ses frais, lorsque le médecin en chef vint le prier de lui trouver des infirmiers sûrs et dévoués. Sa Grandeur profita de cette circonstance pour proposer de confier l’hôpital général aux religieuses. La proposition fut agréée par le gouverneur, présentée au Con-seil législatif et transmise à la métropole qui l’approuva.
Depuis le 1er août, dit Mgr Gasnier, les bonne Sœurs ont fait des merveilles : elles ont transformé cet hôpital. Les malades protestants et catholiques iraient sur leurs deux genoux pour les remercier, et quand le général, accompagné du gouverneur, a visité officiellement l’hôpi-tal, il y a quinze jours, ce général a publiquement déclaré qu’il n’avait jamais vu d’établissement aussi bien tenu. »
L’éducation de la jeunesse attire particulièrement l’at-tention des missionnaires de Singapore ; elle est difficile et dispendieuse, parce qu’elle doit être sur le même pied que celle qui est donnée dans les établissements de l’État. Cette année, les efforts de tous ont été couronnés d’un plein succes. « L’école Saint-Joseph a eu 90% dans les exa-mens, et a été la première des grandes écoles de toute la colonie. Le couvent a eu 92% ; mais il n’avait pas le même nombre d’enfants dans les hautes classes. »
La mission indienne a fait de sensibles progrès. Les sacrements sont très fréquentés ; il ne manque qu’une église séparée, car les Chinois et les Indiens ne peuvent pas rester ensemble. Un terrain est donné ; une somme, bien petite, il est vrai, mais suffisante pour commencer, a été recueillie, de sorte qu’avant un an la missionindienne aura son autonomie.
20 Bukit-Timah. _ 295 catholiques. _ 1 école de garçons : 12 élèves.
Cette paroisse est confiée à M. Belliot, qui en même temps prête son concours à M. Galmel à Singapore. Cette année, notre confrère a obtenu un certain nombre de bap-têmes d’adultes.
30 Sarangoon. _ 370 catholiques. _ 1 école de garçons : 15 élèves ; 1 orphelinat : 4 enfants. Johore, 6o catholiques. Poutiane, 30 catholiques.
Ces trois postes sont confiés à M. Saleilles ; quoique tourmenté de temps en temps par la fièvre, notre confrère con-tinue courageusement son œuvre. Pendant son absence à Hong-Kong, les protestants avaient envahi son troupeau ; mais depuis son retour, il. a pu, avec la grâce de Dieu, ramener ces brebis errantes.
Les Indiens sont confiés à M. Meneuvrier. Notre con-frère a sous sa direction 270 catholiques. _ 1 école de garçons : 43 élèves ; 1 école de filles : 21 élèves ; 2 orphelinats : 19 enfants.
L’ancienne plantation de M. Perié reprend un peu au spirituel ; le chef Kan-Sou étant mort, son fils se montre mieux disposé.
A Pahan, au nord-est de Johore, une compagnie s’est formée pour exploiter l’étain. Jusqu’à ce jour aucun mis-sionnaire n’a encore pénétré dans cette contrée, mais Mgr Gasnier a l’intention d’en envoyer au plus tôt.
40 Mata-Tinghy. _ 200 catholiques.
Cette paroisse est placée sous la direction de M. Loh, prêtre chinois, qui s’acquitte de sa tâche avec un grand zèle.
50 Malacca. _ 690 catholiques. _ 1 école de garçons : 180 élèves ; 1 école de filles : 80 élèves ; 1 orphelinat : 50 enfants.
La grande question, à Malacca comme à Singapore, est l’éducation. Aussi M. Délouette a-t-il travaillé de tout cœur la prospérité de son école ; il l’a mise sur un excellent pied. « Cette année il y avait 180 élèves dans l’école des garçons et ils ont obtenu 71% au lieu de 45 ou 47% qu’on avait ordinairement. » Au couvent toutes les élèves ont été reçues.
M. Vignol, chargé des Chinois de Malacca, travaille à réunir les débris de la chrétienté fondée par M. Borie, chez les sauvages.
60 Quala-Lumpur. _ 100 catholiques.
Nouveau poste établi par M. Letessier. Tout est à créer : église, presbytère, école ; notre confrère travaille à cette œuvre avec une ardeur au-dessus detout éloge, il s’occupe en même temps des sauvages Sakaïs. Ces sauvages habitent les forêts qui s’étendent sur une longueur de cinquante milles entre Quala-Lumpur et Simgei-Ujou. Plusieurs se montrent disposés à embrasser notre sainte religion ; déjà un chef a fait construire une maison pour le missionnaire.
70 Kinta. _ 250 catholiques. _ 1 école de garçons : 10 élèves.
Au nord de Salangore se trouve Perack ; dans ce royaume qui prend son nom de la rivière principale, il y a un autre cours d’eau appelé le Kinta. C’est là que s’est fixé M. Allard ; il faut pour aller chez lui entrer dans la grande rivière de Perack, puis remonter le Kinta pendant deux jours et trois nuits. Notre confrère a formé une chrétienté de 250 Chinois, venus pour la plupart de son ancien poste, à Tahëping ; il a construit une église et maintenant il est occupé à établir un catéchuménat ; 59 baptêmes ont été cette année la récompense de son zèle.
80 Tahëping. _ 540 catholiques.
A 70 milles au nord-est de Kinta, la ville de Tahëping prend un développement considérable ; il y a un bon nombre de chrétiens portugais, employés du gouvernement ; les Chinois y sont en nombre très considérable. C’est M. Pouget qui occupe ce poste ; il est aidé par M. Barillon. Nos deux confrères, très éprouvés par la fièvre, n’ont pu travailler autant qu’ils le désiraient ; à plu-sieurs reprises ils out dû aller iu Pinang chercher les soins que réclamait leur état.
90 Bukit-Martajam. _ 880 catholiques. _ 1 école de garçons : 27 élèves ; 1 école de filles : 25 élèves ; 1 orphe-linat : 15 enfants.
Situé dans la province de Wellesby, le district de Bukit--Martajam est toujours confié à M. Sorin. « Ce cher con-frère ; écrit Mgr Gasnier, travaille beaucoup et il obtient des succès ; sa chrétienté de Matchan-Bubo est un petit modèle de ce que pourraient être nos villages chinois.»
100 Pinang. _ Paroisse de l’Assomption (ville euro-péenne). _ 1,100 catholiques. _ 1 école de garçons : 280 élèves ; 1 école de filles 268 élèves ; 2 orphelinats : 159 enfants.
« Les écoles de Pinang, dit Mgr Gasnier, vont aussi bien que possible ; le Frère directeur est très capable et les enfants très pieux. L’école du couvent va également très bien. »
110 Poulo-Tikous. _ 860 catholiques. _ 1 école de garçons : 80 élèves ; 1 école de filles : 34 élèves.
M. Damais a reconstruit l’école des filles, et la chrétienté portugaise a retrouvé sous sa direction une nouvelle ferveur.
120 Baleck-Pulao. _ Tout en s’occupant activement des besoins spirituels et temporels de ses chrétiens, M. Page a commencé la construction d’une vaste église en pierres de granit taillées.
130 La paroisse de Saint-François Xavier confiée à MM. Fée et Cesbron, est toujours dans l’état le plus prospère. Nos confrères ont aussi dans le royaume de Perack, la chrétienté de Saint-Joseph. Il y a quatre ans, l’endroit où est située cette dernière chrétienté était un véritable repaire d’éléphants et de tigres ; cette année, 118 nouveaux colons, pour la plupart récemment baptisés, sont venus s’y installer. L’administration civile qui a compris que l’agriculture était pour cette contrée la véri-table source de la richesse, s’est empressée à plusieurs reprises d’aider les missionnaires et les chrétiens.




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