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Rapport annuel des évêques

Année: 1890
Pays: Malaisie
Mission: Malacca
Rédacteur:Mgr Gasnier

II. ─ Malacca .

Population catholique 14.861
Baptêmes de païens 2.042
Baptêmes d'enfants de païens 257


Cette année encore les résultats obtenus dans le diocèse de Malacca sont des plus consolants .
« Si, nous écrit Mgr Gasnier, 1e chiffre de 2.042 baptêmes d’adultes, comparé à celui de l’année dernière, lui est légèrement inférieur, cette différence n’est que pour l’extérieur, car le nombre des baptêmes administrés à l’église à des catéchumènes valides est supérieur à celui de l’année 1889.»
Dans son compte-rendu, Mgr l’évêque de Malacca nous invite à parcourir avec lui les principales stations de son diocèse :
La ville de Malacca qui donne son nom au diocèse, est bien déchue de son antique splendeur au double point de vue religieux et politique. Ruinée par les guerres,d’un accès difficile, Malacca a été supplantée par Syngapour, le commerce y est nul. Des milliers de chrétiens qui l’habitaient jadis, il n’en reste plus que 450 sous la juridiction de l’évêque de Malacca, et 1.500 sous celle de l’évêque de Macao. La population se compose surtout de Chinois enrichis qui ne peuvent ou ne veulent retourner en Chine ; uniquement préoccupés des jouissances matérielles, ils sont difficilement accessibles à l’Évangile.
Kwala-lumpou est le centre d’un district confié à M. Letessier ; malgré le mauvais état de sa santé, notre confrère a eu 59 baptêmes. Les autorités locales sont très bien disposées, elles viennent d’accorder au missionnaire un magnifique terrain auprès de l’église pour y construire un catéchuménat.
A Seremban, tout est à faire ; cependant M. Perrichon y a obtenu 26 baptêmes. L’église de la localité a été construite par M. Paul, résident britannique, catholique dévoué.
A Syngapour, Mgr Bourdon s’occupe spécialement des hôpitaux militaires et civil, et fait le service de la garnison. Sa Grandeur apporte dans l’exercice de ce ministère laborieux et pénible un zèle et un dévouement qui édifient les missionnaires, lui gagnent les cœurs de ceux qui en sont l’objet et opèrent des conversions. « Je remercie Dieu, écrit Mgr de Malacca, de m’avoir donné un si digne collaborateur, et tous les confrères se joignent à moi pour demander au Seigneur qu’il nous soit conservé encore pendant de nombreuses années. »
« Le travail ordinaire se fait à Syngapour, continue le prélat. Les sacrements sont fréquentés, comme le prouvent les 19.700 communions de dévotion de l’année. Le culte a un éclat qui ne serait pas déplacé dans bon nombre de grandes églises en France. Nos enfants sont à l’abri de l’erreur dans les écoles si bien tenues par les frères qui ont 325 élèves et par les sœurs qui élèvent 347 jeunes filles. Cette année j’ai accepté le patronage d’une société qui peut se nommer un cercle catholique. La jeunesse y est attirée par des conférences sur des sujets pratiques, des concerts, etc... Il faut soutenir les jeunes gens sortis de nos écoles, sans quoi tous nos soins seraient perdus. Les familles doivent être visitées, et tout cela marche bien.
« M. Délouette, comme vicaire général, est seul pour le ministère extérieur. Le chapitre se compose donc de l’évêque et de son grand vicaire. Les chanoines sont encore à venir, et comme je l’ai dit à Rome, les meilleures stalles sont encore dans les bois.
« L’église chinoise se développe, M. Vignol qui en est chargé, compte actuellement 1.270 paroissiens. Il faut leur faire de la place, car les Chinois viennent très régulièrement à l’église. Il n’y a eu que 54 baptêmes, il faut espérer que l’église étant agrandie, le nombre des catéchumènes augmentera.
« A Notre-Dame de Lourdes, M. Meneuvrier n’a eu que 15 baptêmes. Il lui a fallu visiter les nombreux indiens qui sont dispersés de tous côtés. C’est un travail très pénible et très absorbant.
« A Sarangong, M. Saleille a obtenu 53 baptêmes d’adultes à l’église et 348 à l’hôpital. Le poste de Johore lui donne beaucoup d’occupations. »
Mgr Gasnier passe ensuite en revue les districts du nord. Pinang est le principal centre de cette partie de la mission. Les œuvres y sont nombreuses et prospères : écoles des Frères et des Sœurs , hôpital tenu par les Dames du saint Enfant-Jésus. « Nous devons, écrit le prélat, à Pinang comme à Singapour, toute notre reconnaissance à ces excellentes religieuses pour les soins dévoués qu’elles ont prodigués à bon nombre de nos confrères. M. Mariette qui à Pinang est chargé de la colonie chinoise, a baptisé 89 adultes.
M. Gazeau, à Thaëping, a obtenu, avec le concours de M. Allard le fondateur du poste, le chiffre de 447 baptêmes d’adultes. Spoh est un poste de fondation récente, l’église a été bénite le 31 août dernier, et M. Barillon y a conféré à 84 adultes le sacrement de la régénération. A Batu-gaja, le vétéran de la mission, M. Allard, déploie toujours un zèle que ni l’âge ni les fatigues ne ralentissent, et que Dieu se plaît à récompenser : 72 personnes à l’église et 638 à l’hôpital ont, cette année, reçu le baptême de ses mains. La chrétienté de Matchan-buboh va toujours en progressant ; il y a sept ans elle ne comptait que 200 néophytes, aujourd’hui elle en a 700 ; M. Terrien, qui la dessert, a eu 52 baptêmes, ce chiffre eût été plus considérable si le missionnaire avait eu pour l’aider un personnel suffisant de catéchistes.
L’année 1890 a été pour le diocèse de Malacca une année jubilaire. Il y a cinquante ans que Sa Sainteté Grégoire XVI par un bref en date du mois de février 1840, a détaché la presqu’île de Malacca de la mission de Siam et l’a érigée en Vicariat apostolique. A cette occasion un Te Deum a été chanté dans toutes les églises du diocèse.
Mgr de Malacca termine son compte-rendu par ces quelques lignes qui résument la situation : « Le bien se poursuit très lentement mais sûrement. Nous devons remercier Dieu de nous donner toutes les facilités possibles pour faire le bien. Le gouvernement nous est toujours on ne peut plus favorable. Les populations sont bien disposées au moins parmi les pauvres ; malheureusement le mouvement fébrile qui agite le monde du commerce, ne lui laisse pas le temps de songer à l’éternité. On ne parle actuellement que des découvertes de mines d’or; les mines d’étain continuent d’employer des milliers de bras. C’est parmi les agriculteurs que nous trouvons les meilleures dispositions... »









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