| Année: |
1912 |
| Pays: |
Malaisie |
| Mission: |
Malacca |
| Rédacteur: | Mgr Barillon |
II. ― Malacca
Population catholique 32.582
Baptêmes d’adultes 1.251
Baptêmes d’enfants de païens 842
Conversions d’hérétiques 27
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« Au cours de l’exercice 1911-1912, écrit Mgr Barillon, nous avons eu le bonheur d’enregistrer un nombre de baptêmes d’adultes supérieur à celui de chacune des cinq dernières années. Comme d’habitude, c’est surtout parmi les Chinois que les conversions se produisent. Il faut avouer, cependant, que nous avions compté sur un mouvement de conversions plus accentué. Après l’avènement de la république en Chine, la plupart des Chinois de ces pays-ci ont renoncé à beaucoup de leurs superstitions. Il semble donc qu’en conséquence, il se devaient se tourner plus facilement vers la religion chrétienne. Nous continuons d’espérer qu’il en sera ainsi dans un avenir relativement prochain ; mais pour le présent, cette consolation nous est refusée. Il y a même certains indices qui ne sont pas très encourageants. Devenus républicains, nos Chinois sont aussi devenus plus indépendants. Les chrétiens ne sont pas indemnes de ce nouvel esprit d’indépendance, et chez les païens il se transforme parfois en esprit nettement antichrétien qui se manifeste par des actes d’hostilité.
« C’est ainsi que, à Singapore, M. Devals, qui est spécialement chargé de l’élément Fokinois, a eu maille à partir avec une société secrète antichrétienne. Comme il avait ouvert une maison de doctrine dans un quartier de la ville très peuplé de Fokinois, les membres de cette société lui ont suscité toutes sortes de tracas, lacérant les affiches posées sur les murs du local et poussant des cris dans la rue pendant que le catéchiste expliquait la doctrine ou récitait les prières. Ils ont même osé aller provoquer dans sa propre maison un des chrétiens Fokinois le plus en vue, et, quelques jours après, ils l’ont fait attaquer en pleine rue et en plein jour par des vauriens qui l’ont grièvement blessé et l’auraient tué si des voisins n’étaient pas intervenus.
« Ailleurs, comme dans la région d’Ipoh, il n’est pas rare d’entendre des païens répondre aux missionnaires qu’être réformiste et avoir renoncé aux superstitions, c’est à peu près la même chose que d’être chrétien et que par conséquent il est inutile de recevoir le baptême.
« Quoi qu’il en soit, je remercie Dieu des bénédictions qu’Il s’est plu à répandre sur les travaux de mes Confrères, et j’espère qu’ils auront la joie de voir, malgré tout, les conversions se multiplier autour d’eux. J’ai l’intime conviction que cette faveur sera le fruit des nombreuses communions qui se font dans le diocèse. En effet, le chiffre des communions de dévotion dans tous nos établissements et dans la plupart des paroisses continue de s’accroître dans des proportions très consolantes. Il y a cinq ans, nous en comptions 108.550. Cette année leur nombre s’est élevé à 206.100, soit une augmentation de presque 100.000. Il y a, parmi elles, beaucoup de communions de petits enfants et beaucoup de communions du premier vendredi de chaque mois. Ces chiffres sont la preuve manifeste du zèle apporté par nos Confrères à propager la dévotion au Sacré-Cœur et à mettre en pratique les instructions du Souverain Pontife relatives à la communion des enfants et à la communion fréquente. N’y a-t-il pas là autant de présages assurés des bénédictions du Ciel ?
« Parmi les événements les plus saillants de l’année, je signalerai tout d’abord les améliorations considérables réalisées dans le poste de Seremban. Presque simultanément, l’église, le couvent et l’école des Frères ont été agrandis de moitié. L’église, bâtie par M. Catesson, était depuis longtemps déjà beaucoup trop petite. M. Ruaudel a enfin réussi à trouver les ressources nécessaires pour remédier à cet inconvénient, et maintenant, sans avoir les proportions d’une cathédrale, cette église est devenue assez spacieuse et très convenable. L’école des garçons et celle des filles ont été toutes deux construites aussi par M. Catesson, et la première avait déjà été agrandie et embellie par M. Nain. Mais le nombre toujours croissant des élèves nécessitait des extensions beaucoup plus radicales. Elles sont maintenant un fait accompli, et, sous ce rapport, la paroisse de Seremban n’a plus rien à envier a ses aînées.
« L’année dernière, j’avais le plaisir de mentionner le mouvement de conversions qui se produisait parmi les Chinois du poste minier de Titi, dépendant de celui de Seremban, et qui avait déjà donné bon nombre de baptêmes. Cette année, les conversions n’ont fait que se multiplier et M. Ruaudel a atteint le beau chiffre de 123 baptêmes d’adultes. Malheureusement la mine qui appartenait à des chrétiens vient d’être vendue à un syndicat européen. Cela va probablement motiver l’exode d’un certain nombre des nouveaux convertis. Mais nous les retrouverons ailleurs. Ils iront se fixer dans des chrétientés déjà existantes ou formeront le noyau de nouvelles stations.
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« Le 17 août dernier, Kuala Lumpur a été le théâtre d’un bien triste accident, heureusement unique dans les annales de la Mission. Ce jour-là je me trouvais à Pinang, lorsque, dans l’après-midi, je reçus un télégramme portant ces mots : « Eglise Saint-Jean brûlée » . Le télégramme m’était envoyé par M. Le Mahec, ce qui me fit soupçonner que le malheur avait dû arriver pendant l’absence de M. Renard, curé de la paroisse. Effectivement, le surlendemain j’apprenais que, le samedi 17, M. Renard était parti à 11 heures. pour Kuala Selangor afin d’y faire l’administration des nombreux chrétiens qui travaillent dans les grandes plantations de caoutchouc de la région.
« Vers deux heures un quart, un des Frères de l’école, qui est tout proche de l’église, aperçut la fumée et donna l’alarme. A ce moment-là, l’intérieur de la sacristie n’était déjà plus qu’un brasier, et les flammes eurent vite fait de se communiquer au toit, qui fut consumé Jusqu’aux trois quarts de la nef avant qu’on pût maîtriser l’incendie. Le sanctuaire et le maître-autel, contigus à la sacristie, ont particulièrement souffert ; mais les saintes Espèces renfermées dans un tabernacle coffre-fort ont pu être sauvées, quasi per ignem. On ne connaît pas au juste la cause de cet incendie : il y a peu de doute, pourtant, qu’il ne soit dû à une négligence du sacristain qui aura laissé quelque bougie allumée dans la sacristie.
« A son retour, M. Renard ne put que constater avec effroi toute l’étendue du désastre. Pour le réparer, il s’agissait de trouver une dizaine de mille piastres (environ 30.000 francs). Et comment faire ? Hâtons-nous d’ajouter qu’il fut vite encouragé et consolé par une véritable explosion de sympathies qui lui vinrent de tous côtés. Entre autres, le ministre anglican lui offrit de mettre son église à sa disposition....
« Dans un ordre de choses plus pratique, un comité se forma, la presse locale publia des appels à la générosité publique, des quêtes s’organisèrent. Non seulement les catholiques, mais encore les protestants et les païens donnèrent libéralement ; de telle sorte que les travaux de restauration sont commencés et que la vieille église St-Jean va sortir de l’épreuve rajeunie et embellie. En attendant, les offices du dimanche se célèbrent dans une grande salle de l’école des Frères.
« Dans la même ville de Kuala Lumpur, M. Le Mahec a pu enfin commencer la construction de l’église indienne. Il y a longtemps qu’on travaillait à recueillir des fonds dans ce but. Mais ils venaient bien lentement, parce qu’en général les Indiens sont pauvres, et aussi, il faut bien le dire, parce que ceux qui pourraient donner ne sont pas toujours de bonne volonté. En désespoir de cause, M. Le Mahec me demanda de le laisser quêter dans toutes les paroisses du diocèse où cela serait possible. Je le lui permis bien volontiers, et il a réussi presque au-delà de ses espérances. Les Chinois de Singapore, en particulier, se sont montrés très généreux. Je doute, cependant, qu’il puisse faire son église aussi grande qu’il la voudrait pour sa nombreuse congrégation. Mais il fera ce qu’il pourra, eu égard surtout au prix excessif des matériaux.
« Voici donc nos établissements de la capitale des Etats Fédérés qui, plus encore que ceux de Seremban, vont être tous à neuf. Il y aura huit ans au mois de décembre que j’y bénissais l’église chinoise de Notre-Dame-du-Rosaire. La belle école des Frères n’a que quatre ans d’existence. Le nouveau couvent va être inauguré dans quelques semaines. L’église Saint-Jean est en voie de restauration. Et, enfin, on y jette les fondations de la nouvelle église indienne. Daigne Notre Seigneur attirer beaucoup d’âmes à Lui dans ce grand centre administratif et commercial !
« En quittant Kuala Lumpur, j’ai le plaisir d’ajouter que, depuis son retour de France, M. Terrien continue de jouir d’une très bonne santé. Il en profite pour visiter les populeux villages de son district et pour s’occuper activement de ses catéchumènes qui sont assez nombreux, particulièrement du côté de Klang.
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« Au Sud de l’Etat de Pérak, M. Perrissoud prend soin des chrétientés indiennes de Tapah et de Telok Anson avec un dévouement au-dessus de tout éloge. Ces deux localités sont séparées par une distance d’environ 25 milles, et le Missionnaire réside tantôt dans l’une et tantôt dans l’autre. Malgré l’extrême modicité de ses ressources, il a, par un véritable tour de force, trouvé le moyen de compléter l’installation de ces postes en agrandissant leurs églises et en les dotant tous deux d’une petite maison très convenable. Jadis, Tapah avait plus de chrétiens que Telok Anson ; mais cette dernière station est devenue plus importante, avec une population de 650 fidèles, contre 450 à Tapah. M. Perrissoud s’occupe aussi des chrétiens indiens de la région de Stiawan, qui ne sont pas encore très nombreux. D’ailleurs, la difficulté des communications et les frais occasionnés par ces voyages l’empêchent de réitérer ses visites autant qu’il le désirerait.
« La paroisse chinoise et eurasienne d’Ipoh est de nouveau sous la houlette de M. Coppin, revenu de France aussi vaillant que par le passé. Je lui ai donné comme assistant notre jeune prêtre chinois, le Père Michel Sit, qui, par son zèle et sa connaissance des différents dialectes chinois, rend d’énormes services à cette chrétienté. M. Coppin se plaint de la tiédeur d’un certain nombre de ses chrétiens qui habitent assez loin de l’église. Mais il trouve une compensation dans la ferveur de ceux qui sont groupés autour du prêtre et surtout dans l’assiduité de la jeunesse à fréquenter les sacrements, de sorte que les communions qui, l’année dernière, avaient été de 6.200, se sont élevées, cette année, à près de 12.000.
« A la paroisse indienne d’Ipoh, M. Sausseau se félicite aussi d’avoir un groupe de chrétiens qui s’approchent des sacrements au moins tous les mois, et d’autres qui le font régulièrement tous les dimanches. « Nul doute, ajoute-t-il, que si mes chrétiens étaient moins « éloignés de l’église, ce nombre serait beaucoup plus considérable. » En effet, lorsque cette église fut bâtie, elle se trouvait à proximité de tout un groupement de familles chrétiennes. Mais ces familles étaient établies sur des terrains qui ont été repris par le Gouvernement, et elles ont été obligées d’aller se réfugier au Tamil Settlement, situé à un bon mille plus loin. De là, la difficulté d’avoir les enfants pour le catéchisme en semaine. Pour remédier à cet inconvénient, M. Sausseau vient d’ouvrir une petite école paroissiale, au moyen de laquelle il espère pouvoir plus facilement préparer les enfants, d’abord à la communion privée, puis à la communion solennelle.
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« Voici maintenant la conversion d’une vieille indienne relatée par M. Souhait, curé de Bagan Serai, et due à la protection de la sainte Vierge.
« Le dimanche de Pâques, après la messe, on vint me dire qu’une païenne qui était bien « malade demandait à me voir. Je m’empressai de me rendre à l’endroit indiqué et je trouvai « là une vieille femme ayant tout l’air d’une sorcière. A côté d’elle, une fille de quinze à seize « ans me regardait d’un air effarouché. La vieille Juanambal m’apprit que c’était son unique « enfant et qu’elle était idiote et estropiée. Je demandai à Juanambal pourquoi elle m’avait fait « appeler. Elle répondit qu’elle était fâchée de m’avoir dérangé, mais qu’elle n’avait rien à me « dire et que surtout elle n’avait nullement l’intention de se faire chrétienne. Un peu surpris, je « lui représentai la gravité de son état ; mais j’eus beau parlementer, je n’arrivai pas à la « convaincre. Je pris donc le parti de me retirer. J’avais à peine fait quelques pas qu’elle me « rappelle et me demande d’emporter ses bijoux, parce qu’elle avait peur des voleurs. C’était « un commencement de confiance.
« Peu de temps après, je retourne la voir et essaie de nouveau de lui parler de notre sainte « religion. Elle ne veut rien entendre. « Je suis païenne, dit-elle, et je veux mourir païenne. » « Cependant, le même jour, elle fit déposer chez moi le peu d’argent qu’elle avait. Je sentis « que sa confiance augmentait, et je recommandai aux chrétiens de prier pour cette pauvre « âme.
« Deux jours plus tard, Juanambal me fit appeler de nouveau et me demanda l’extrême-« onction. Je lui expliquai qu’auparavant elle devait recevoir le baptême et lui proposai de lui « envoyer mon vieux catéchiste pour l’instruire. Elle y consentit, écouta de son mieux les « explications du catéchiste, mais finit par dire qu’elle voulait encore réfléchir.
« Pendant la nuit, on m’avertit qu’elle était de plus en plus mal. Je courus vers elle, et « lorsqu’elle m’aperçut elle m e dit « Père, Père, donnez-moi le baptême ; je vais mourir, et je « veux mourir chrétienne. » Comme je lui demandais si elle croyait aux principales vérités de « notre religion « Je crois à tout », répondit-elle ; et, pour la première fois, elle se mit d’elle-« même à prier en s’écriant : « Divine Mère, Notre-Dame de Lourdes, ayez pitié de moi ! »
« Ne doutant plus de l’intervention de la sainte Vierge dans la conversion de cette pauvre « païenne, je la baptisai sous les noms de Madeleine-Marie. Aussitôt, un calme extraordinaire « se répandit sur sa figure, et c’était un spectacle édifiant de l’entendre prononcer les noms de « Jésus, Marie, Joseph, et supplier le bon Dieu de lui donner une place dans son Paradis. »
« Au mois d’août et au mois de septembre, les Frères ont célébré le Jubilé de diamant de leurs écoles de Pinang et de Singapore. Il y a, en effet, soixante ans qu’ils sont venus s’établir dans la Mission et prendre la direction des écoles Saint-François-Xavier et Saint-Joseph. Depuis cette époque, et surtout dans les 20 dernières années, ils ont considérablement agrandi leurs établissements et élargi leur sphère d’action. Ils ont maintenant cinq écoles dans le diocèse : à Singapore, Pinang, Kuala Lumpur, Malacca et Seremban ; ils vont en construire une autre à Taiping, et j’espère bien qu’avant longtemps ils s’établiront à Ipoh. Il y a dix ans ils n’avaient guère plus de 2.000 élèves, et ils en comptent maintenant plus de 4.500. C’est dire quels grands services ils ont rendus et continuent de rendre à la Mission. Aussi, nous avons été heureux d’avoir une occasion spéciale de les en remercier de tout cœur.
« C’est à peu près dans le même temps que les Sœurs de Saint-Maur sont venues s’établir d’abord à Pinang, puis à Singapore. De là elles ont essaimé daims les cinq autres villes que j’ai nommées plus haut. Leurs sept écoles sont fréquentées par 2.700 élèves, et leurs orphelinats abritent 825 enfants. Ces chiffres sont plus éloquents que n’importe quelles paroles, et je ne cesse de remercier Dieu de tout le bien qui se fait dans notre cher diocèse par l’intermédiaire de nos dévouées Religieuses.
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« Avant de terminer ce compte rendu, je crois utile et intéressant de consigner ici un certain nombre de renseignements qui nous ont été fournis par le dernier recensement officiel.
« Ce recensement fut fait en mars 1911, mais les résultats complets n’ont été publiés que cette année.
« Rappelons tout d’abord que les pays qui composent le diocèse de Malacca constituent comme trois sections différentes au point de vue politique et administratif.
« Il y a, en premier lieu, la Colonie proprement dite, sous le gouvernement exclusif des Anglais, et comprenant l’Ile de Singapore, l’Ile de Pinang avec la Province de Wellesley, le Territoire de Malacca et celui des Dindings.
« Nous avons ensuite les Etats Malais Fédérés, ou Pays de Protectorat, qui ont encore à leur tête des Sultans ou Chefs, mais où les Anglais gouvernent pour eux. Ce sont les Etats de Pérak, de Selangor, de Pahang et les Negri Sembilan.
« Enfin, il y a les Etats appelés Indépendants, où le Sultan a pour assistant un « Adviser », ou Conseiller anglais, qui « l’aide » à gouverner. De ces Etats indépendants, il n’y a que celui de Johore qui appartienne au diocèse de Malacca, ceux de Kédah, Tringanu et Kelantan faisant encore partie de la Mission de Siam, quoique ayant passé sous la suzeraineté anglaise par le Traité Anglo-Siamois de mars 1909.
« Voici maintenant les chiffres donnés par le Recensement :
Colonie 714.069
Etats Fédérés 1.039.999
« Le recensement n’a pas été fait dans Johore ; mais les documents officiels comptent une population d’environ 250.000 ; ce qui fait un total de 2 millions pour toute la Mission.
« On sait, d’autre part, que la Péninsule Malaise est un des pays les plus cosmopolites et il serait fastidieux de donner une liste même approximative de toutes les nationalités qui s’y coudoient. Il est plus pratique de diviser la population d’après les principales races, et nous obtenons les résultats suivants :
Européens 10.652
Eurasiens 10.721
Malais 661.046
Chinois 803.087
Indiens 254.520
« Il est aussi très intéressant de suivre l’accroissement progressif de la population. C’est surtout dans les Etats Fédérés que cette augmentation est frappante, car c’est vers ces contrées nouvelles que l’immigration est plus intense. En 1891, la population des Etats Fédérés était de 418.509 ; en 1901, de 678.595 ; et en 1911 de 1.039.999. Soit un accroissement de 62 o/o dans la première de ces deux décades et de 52 o/o dans la seconde. De plus, si nous considérons cette augmentation par rapport aux principales races, nous trouvons que, de 1901 à 1911, les Européens y ont augmenté de 125 o/o, les Eurasiens de 73 o/o, les Malais de 34o/o, les Chinois de 43 o/o, et les Indiens de 195 o/o à cause du nombre énorme de coolies qui sont venus travailler dans les plantations de caoutchouc.
« Enfin, les tableaux du recensement nous donnent les chiffres suivants pour la population des cinq principales villes :
Singapore 259.610
Pinang 101.183
Kuala Lumpur 46.718
Ipoh 23.978
Malacca 21.191
« Si donc, après avoir relevé tous ces calculs, nous réfléchissons que notre population catholique n’est que de 32.000, c’est-à-dire un catholique pour 62 personnes, nous voyons clairement que nous ne sommes qu’un pusillus grex. Mais il convient d’ajouter qu’il n’y a guère plus de 30 ans que notre Mission a commencé de se développer sérieusement. Nous n’avons qu’à continuer nos travaux et à redoubler nos efforts, et le petit troupeau continuera de s’accroître par la grâce de Dieu et la protection de la très sainte Vierge. »
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